T.035 – Un état des lieux honnête

« Cieux, écoutez ; terre, prête l’oreille, car l’Eternel parle… »

Du haut de Son trône, plus élevé que le ciel étoilé, le Créateur de l’univers ouvre la bouche pour S’adresser à toute Sa création. Sa voix résonne avec autorité, elle sort de l’antre de l’infini, jaillit au travers de certains hommes que le Tout-puissant a choisis parmi des milliers et parcourt la terre en vue d’atteindre les oreilles et les cœurs. Les prophètes parlent, mais on ne les écoute guère.

Et la Bible, témoignage immortel, comme une bouche vivante, vient parler à son tour. Elle ne crie pas sur les toits comme l’ont fait les prophètes, puisque ce temps est révolu. Mais elle vient chuchoter à l’oreille des humains, discrètement, en secret. Elle parle doucement, mais clairement, à ceux qui cherchent la Vérité. A ceux qui s’interrogent sur le pourquoi de leur existence, sur le motif de la fatalité qui s’acharne contre eux. Sur la raison de leurs difficultés et du silence de ce Dieu invisible et énigmatique. L’Eternel, par Sa Parole, vient donner et redonner Son message…

« J’ai nourri des enfants, et je les ai élevés… »

Mon âme, as-tu souvenir du jour où Dieu l’Eternel est devenu ton Père ? As-tu réminiscence de tout ce qu’Il a fait pour toi ? As-tu compté le nombre de jours où Il t’a nourri ? As-tu pensé réellement combien ta nourriture a été une grâce, un bienfait, un réconfort ? As-tu pris conscience de la parfaite paternité de ce Dieu, qui t’a nourri, aussi bien sur le plan physique que par Sa Parole pleine d’Amour et de Vérité ? Oui, le Seigneur nourrit Ses enfants. Libre à eux de prendre ou de laisser la nourriture. Cette nourriture, Il la leur a donnée.

Mon cœur, toi qui te plains sans cesse, pourquoi penses-tu si souvent que tu es livré à toi-même ? Depuis combien d’années l’Eternel Dieu t’a-t-Il pris sous Sa tutelle ? Depuis quand est-il ton Instituteur ? N’y a-t-il personne qui t’enseigne et t’indique la voie ? Dieu S’est proposé d’être ton éducateur, Il a donné Ses instructions. Il a exhorté, averti, châtié et il continue de le faire, comme un Père envers Ses enfants. Comment pourrait-Il Se prétendre Père s’Il ne le faisait pas ?

Le Seigneur a élevé Ses enfants depuis l’aube de la création, depuis le jardin d’Eden. Depuis qu’Il eut créé un fils, qu’il appela Adam, et une fille, qu’Il appela Eve. Tels furent Ses premiers enfants. Il les a nourris et Il les a élevés au milieu de la beauté qu’Il avait créée pour eux. Il a eu d’autres enfants depuis, des milliers d’enfants de toutes races, de toutes provenances, des quatre coins de la terre. Des milliers d’enfants inscrits dans le livret de famille de Dieu, par la vertu du cachet officiel de la foi en Jésus-Christ, l’unique et véritable Messie.

Le Père a nourri Ses enfants avec le meilleur pain, celui issu du Ciel, qui donne la vie. Il les a abreuvés avec la meilleure eau, celle qui renouvelle la pensée et donne l’intelligence, l’eau vive de Son Esprit. Et Il les a élevés : comme un père aimant élève ses enfants. Il les a élevés : du statut d’esclave au rang d’héritier. Il les a élevés au-dessus de leur condition de brebis errantes et pauvres.

« Mais ils se sont rebellés contre moi. Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître : Israël n’a point de connaissance, mon peuple n’a point d’intelligence. »

La rébellion, terrible maladie. Terrible fléau. C’est cette maladie qui fit de Lucifer, l’ange porteur de lumière, une créature ténébreuse et un instrument du néant. C’est ce fléau qui détruisit la terre lorsque la guerre éclata dans le ciel, la guerre entre les anges rebelles et les anges fidèles à Dieu. La guerre entre le bien et le mal, entre la voix du mensonge et celle de la Vérité. La terre était devenue informe et vide, le néant l’avait emporté. Mais Dieu, Créateur de la vie, recréa la vie. Il créa un Eden à l’image de Son Royaume. Un Eden où poussaient les fleurs et les fruits, mais aucun chardon, aucune ronce. Un Eden habité par des animaux magnifiques, tous paisibles et bienveillants. Dieu ne pouvait pas créer de créatures malveillantes. Dieu n’est pas malveillant. Cet Eden qu’Il S’était créé ne connaissait ni violence, ni effluve de sang. Les animaux étaient là pour glorifier leur Créateur. Personne n’avait idée de leur faire du mal, ni de les sacrifier. La nourriture ne faisait pas défaut. La température était agréable, il n’y avait pas d’intempérie. Les premiers enfants de Dieu étaient nus, ils n’avaient besoin de se protéger de rien et ils n’avaient rien à cacher. Tout était parfait.

Les animaux, quelque soit leur rang dans la création, sont des créatures honorables. Ils sont cités en exemple, à la honte de l’humanité qui se croit de beaucoup supérieure et qui n’est pas capable de régner sur eux de manière douce et équitable. Les animaux connaissent leur maître, ils ne vont pas chercher ailleurs. Même les bêtes qui souffrent de la cruauté de leur possesseur sont capables de leur rester fidèles, alors qu’elles auraient raison de fuir pour chercher un meilleur maître. Mais l’humanité, qui pourrait avoir comme maître Dieu — le Créateur de la vie, l’Inventeur de l’Amour — est coupable de la plus grave des infidélités. Elle accorde à des idoles le divin pouvoir et s’y réfugie aveuglément, sans penser une seconde combien son choix est absurde et sa croyance irraisonnée. Elle confond création et Créateur, et adore n’importe comment, n’importe quoi. Les animaux, en termes de fidélité, semblent supérieurs, même à ceux qui se proclament enfants de Dieu.

Quel enfant n’aime son père que le dimanche ou le samedi ? Quel enfant prend des mains de son père le cadeau qu’il lui donne, pour le laisser fermé et le ranger dans le grenier, sans jamais le déballer ni en avoir l’utilité ? Quel enfant dit à son père « je t’aime » pour le trahir ensuite, en faisant exactement le contraire de ce qu’il lui a commandé ? Quel enfant remercie son père du bout des lèvres, mais se plaint et l’accuse par derrière, en parole, en acte et en pensée ? Quel enfant s’allie avec le pire ennemi de son père, malgré ses avertissements et tout le mal que cet ennemi a causé à ce dernier ? Quel enfant change de père, en lui préférant son ennemi ? Peut-on encore l’appeler « fils » ?

Un animal n’est pas un fils, mais il ne fait pas tout cela. Un animal — parce qu’il vit pleinement sa vie d’animal dans la condition que Dieu lui a choisi, sans s’élever au-dessus — adore son Créateur en Lui rendant gloire, même inconsciemment.

Toutes les mauvaises actions et les mauvaises paroles découlent d’un manque de connaissance et d’un manque de foi, non pas en la capacité de l’être humain, mais en Dieu, comme Père Tout-puissant et Source de Vérité absolue.

De tous les animaux, qui peuvent s’avérer simples et fidèles, il en est un qui est fourbe et rusé par-dessus tout. Malhonnête et pernicieux, il vient se faufiler dans l’humanité et rampe sans faire de bruit. Il a observé les humains et a trouvé les failles. Il vient proposer des vérités mensongères et des solutions utopiques, il offre des placébos et des chimères. Il extirpe peu à peu de l’humanité ce qui la rendait belle, comme il retira la beauté de la nudité des premiers humains en Eden, lorsqu’il fallut soudain confectionner de grotesques habits en fourrure au prix de la vie des animaux innocents. Adam et Eve ont-ils pleuré lors du tout premier sacrifice ? Peut-être ont-ils trouvé la dépouille de leurs protégés, peut-être l’ont-ils enterrée tristement en se promettant de ne plus jamais commettre le mal. Mais une fois chassés d’Eden, ils eurent faim. Il n’y avait plus autour d’eux l’abondance qu’il y avait dans le jardin magnifique que Dieu leur avait aménagé. Leur cœur s’endurcit. Prêtant foi au serpent, ils avaient choisi de devenir des dieux et à partir de ce moment, il se passa le contraire de ce que le menteur leur avait prédit : la connaissance devint de plus en plus rare sur la terre, ainsi que l’intelligence.

On construisit des tours, des citadelles, des nations. On inventa toutes sortes de choses. Alors, l’humanité prit l’envol d’une fusée vers l’inconnu. La connaissance de Dieu et la véritable sagesse se firent de plus en plus rares. Des religions se créèrent, toutes plus ou moins contradictoires et incertaines. Puis la science érigea son trône, comme la reine Certitude, mais elle changea constamment de visage, ne pouvant apporter aucune constance ni sécurité aux humains. Et même parmi les enfants de Dieu, le serpent ancien s’infiltra pour imposer sa marque, sans même qu’ils puissent s’en apercevoir. Les chrétiens se mirent à adorer la science. Les chrétiens se mirent à adorer l’argent et le prestige. Ils prirent l’habitude de puiser davantage dans les ressources humaines que dans les ressources de Dieu. Ils recherchèrent de plus en plus la sécurité dans le confort, au lieu de la chercher dans la Vérité.

Mon âme, ne comprends-tu donc pas que tout ce qui te freine, ce qui t’entrave, ce qui te fait souffrir est dû au manque de connaissance ? Pourquoi ne recherches-tu pas l’intelligence de Dieu, que Son Esprit et Sa Parole peuvent te procurer et développer en toi ? Pourquoi recherches-tu en permanence des solutions terrestres à tes problèmes terrestres ? Jusqu’à quand continueras-tu d’ignorer la cause du mal qui te ronge ?

« Ah ! Nations pécheresses ! Peuple chargé d’iniquités ! Race de méchants ! Enfants corrompus ! Ils ont abandonné l’Eternel, ils ont méprisé le Saint d’Israël, ils se sont détourné par derrière. »

Quelle souffrance que celle d’un Père qui a tout fait pour Ses enfants, qui a tout sacrifié, jusqu’à Sa vie et Sa sainteté… Quitter Son incomparable Royaume, Son trône magnifique, la compagnie du conseil des chérubins et des séraphins. Quitter la perfection, la quiétude, la transparence de la mer de cristal pour se plonger dans les eaux troubles et polluées de la vie sur terre, hors d’Eden. Quitter la Sainteté et l’excellence de la pureté pour se retrouver sur une terre profane et hostile, au milieu de nations païennes et de complots sournois. Renoncer à Son rang, à Sa divinité pour enfiler la tunique d’un simple homme, une tunique salie par les contraintes de la vie terrestre. Une tunique maculée de sang, du sang de Son propre sacrifice… Et tout cela, fut-ce-t-il annoncé ou accompli, a-t-il eu un réel impact dans le cœur des hommes ? Dans le cœur d’Israël ? Dans le cœur des enfants de Dieu ?

Les humains font des alliances qui ne durent pas. Celle que Dieu a proposée est une alliance qui ne finit pas. Elle n’a comme frontières que l’orgueil et la désobéissance des hommes. Cette alliance est sainte, mais qui la considère comme telle ? Qui prend soin d’elle comme de sa propre vie ? Qui considère sa valeur de manière concrète, quelles que soient les conditions présentes, sans les laisser prévaloir sur elle ? Qui adore Dieu sept fois par jour ? Qui se lève la nuit pour L’adorer ? Pas même moi qui écris ces lignes. A mes yeux, je suis un traître, un traître de cette alliance. Le regard des saints anges est rivé sur moi et, tandis qu’ils rapportent fidèlement à Dieu tout ce que je fais et tout ce que je dis, j’oublie leur regard. J’oublie le regard de Dieu. J’oublie qu’Il est mon Père. Je me mets en colère. Je parle comme s’Il n’était plus là. J’agis comme si j’étais livrée à moi-même. Je me lamente. Je laisse le serpent me dire beaucoup de choses. Je les écoute, plutôt que d’écouter Dieu. Je suis comme Eve. Je n’ai pas le droit de lui en vouloir pour ce qu’elle a fait, car à sa place, j’aurais certainement fait pareil.

Chaque jour, une voix se fait entendre pour nous dire « Ils ont abandonné l’Eternel. Ils ont méprisé le Saint d’Israël ». Chaque jour, le nom de Dieu est profané. Chaque jour, Son alliance est trahie. Mais même à Pierre, qui renia publiquement son Maître par trois fois, la repentance fut offerte, ainsi que le pardon. Cette voix, qui dénonce l’infidélité, ne s’adresse pas qu’aux malfaiteurs et aux traîtres. Nous sommes tous des traîtres, quand nous songeons à l’immense abîme qui nous sépare de Dieu, s’Il n’eut pas pris sur Lui l’initiative de faire de nous des fils et des filles. Or, Il choisit de nous remodeler à Son image, comme si nous avions été formés le sixième jour à partir de la poussière. A Ses yeux, grâce au premier-né d’entre les morts — Jésus-Christ le Juste — nous occupons le même rang qu’Adam et Eve avant leur acte de désobéissance et nous avons la perspective de vivre éternellement dans un Eden renouvelé et cette fois, incorruptible.

« Où vous frapper encore, si vous continuez vos révoltes ? Toute la tête est malade, et tout le cœur, languissant. De la plante du pied jusqu’à la tête, il n’y a rien de sain ; ce ne sont que blessures, meurtrissures, et plaies vives, qui n’ont point été pansées, ni bandées, ni adoucies avec l’huile. »

Peut-on imaginer un enfant, qui a tant causé de mal et qui a tant été châtié, qu’il ne reste plus de place sur tout son corps pour le châtier une nouvelle fois, tant sa peau est couverte de bleus et de blessures ? S’il rentre ainsi à la maison en ayant une fois de plus dépassé les bornes, son père peut prendre la baguette, mais où frappera-t-il ? La question, qu’il se posera sera : comment châtier encore mon enfant ? Comment faire pour qu’il comprenne enfin ? » Bien sûr, les châtiments corporels violents sur les enfants sont à proscrire ; c’est une image pour nous faire comprendre le dilemme de Dieu. En réalité, les blessures dont il est question sont dans le cœur et dans la tête des humains. Elles ne sont souvent pas visibles physiquement, mais on peut aisément les voir au travers de leurs conséquences, à savoir, notre comportement.

Ce que décrit cette affirmation, c’est l’état de ma tête, siège de ma pensée et de mon entendement, et l’état de mon cœur, siège de mes sentiments et émotions. Et puisque la tête et le cœur sont ensembles le noyau qui constitue ma personnalité, mon être intérieur, s’ils sont malades, toute ma personne en est gravement affectée. Ce n’est pas une hypothèse. Dieu ne parle pas en hypothèses, mais Il dit la Vérité qu’Il connaît parfaitement, combien même cette vérité est intrinsèque. Le Seigneur, qui m’a faite et qui sait tout de moi, connaît mon état intérieur. Je peux le cacher sous des habits somptueux. Je peux le camoufler sous un sourire angélique. Dieu voit dessous. Il sait quand je suis au bord des larmes. Il connaît tous les drames que j’ai vécus. Il connaît le nombre des cicatrices dans mon cœur et déclare qu’il y a même des plaies vives qui n’ont pas pu cicatriser.

Quand on a une plaie sanglante, se prendre un autre coup fait extrêmement mal. Nous connaissons tous l’expression « remuer le couteau dans la plaie », c’est ce que nous faisons tous, nous, les humains. Nous remuons le couteau dans les plaies qui sont vives et nous concentrons nos efforts pour ne plus souffrir, en essayant tout un tas de stratégies. Mais certaines de nos plaies n’ont pas été pansées ni bandées, ni adoucies avec une huile. Quelle huile peut bien adoucir une plaie vive ? L’Esprit de Dieu est la seule huile bienfaisante. Et Sa Parole, le seul pansement, le seul bandage à appliquer, le temps de la cicatrisation et de la guérison.

Parfois, il suffit d’une odeur, parfois d’un son, d’une mélodie. Pourquoi le Seigneur nous a-t-Il créés avec des sens en si étroite relation avec notre émotivité ? Le sens olfactif, par exemple, est directement relié à une partie du cerveau propre aux émotions. Les personnes hypersensibles ne le sont pas seulement en qualité de sensibilité émotionnelle, mais également en termes de perceptions sensorielles. Pourquoi est-ce ainsi ?

Il suffit de sentir une odeur précise pour fondre en larmes, tandis que les pensées étaient à des milliers de lieues du sujet qui attriste subitement. Une seule odeur. Un seul son. Une seule mélodie. Et nous voilà plongés dans une souffrance torturante, dans une nostalgie sans fin, en dehors de l’espace et du temps, car ancrés dans nos souvenirs les plus personnels et les plus douloureux. C’est une plaie qui s’ouvre. Une blessure enfouie. Une meurtrissure, comme celles que nous accumulons tout au long de notre vie sur terre. Mais nous ne sommes pas en mesure de les soigner, même si certains payent des fortunes dans l’espoir d’y parvenir un jour. Aucun psychologue, ni aucun psychiatre, ni aucun guérisseur ne peut changer l’état des lieux que l’Eternel Dieu a fait sur l’être humain dans son for intérieur, depuis que le péché est entré dans l’homme.

Les plantes peuvent soigner les maux physiques et avoir des vertus apaisantes, mais elles ne peuvent procurer la paix intérieure. Les pierres sont des jolies créations de Dieu, mais elles n’ont aucun pouvoir pour guérir, ni aucun impact sur la personnalité. Les techniques de relaxation et activités sportives issues des traditions orientales ne sont que des moyens de capter les énergies émotionnelles pour donner à l’homme l’illusion qu’il les maîtrise et qu’il les transforme à sa guise. Mais en vérité, dans cette thématique ancestrale de la condition humaine et de son mal existentiel, il n’est pas question d’énergies, il est question de blessures, de meurtrissures, de plaies vives. Le cœur du problème reste le même, que l’on se détende, que l’on se sente un avec la nature ou que l’on fume un joint pour planer au-dessus de sa condition. La souffrance est là. Le réveil est là. La plaie finit toujours par s’ouvrir.

« Votre pays est dévasté, vos villes sont consumées par le feu, l’étranger dévore vos campagnes sous vos yeux ; tout est dévasté comme après un ravage fait par l’étranger. »

L’humanité a-t-elle des yeux pour voir ? A-t-elle des oreilles pour entendre ? Chaque pays ici-bas est dévasté par le péché et ses conséquences. Chaque ville est consumée par le feu de la convoitise, de l’idolâtrie, de l’orgueil. Et l’étranger dévore le fruit de notre labeur, il le fait sous nos yeux impuissants.

La société profite des humains. Quand nous travaillons, il y a toujours quelqu’un qui essaie de tirer profit de nos efforts. Même si nous épargnons de l’argent petit à petit dans l’espoir de réaliser un projet, il y a toujours quelqu’un qui tire profit de ce que nous espérons épargner. La société est faite ainsi : le gouvernement se sert, il fait des promesses, mais utilise ses fonds à sa guise, ne poursuivant en vérité qu’un seul but. Et une poignée d’hommes se partagent le monde. Pour l’instant, c’est eux les propriétaires par l’entremise de Satan, pendant que des millions d’humains triment, crèvent de faim et souffrent — en plus des meurtrissures invisibles — de blessures et maladies physiques. Malgré l’abolition de l’esclavage, il y a toujours des esclaves et il y a des hommes libres, mais un jour la justice de Dieu viendra s’établir sur la terre et ceux qui se croyaient libres reconnaîtront leur captivité dans le péché. Ils devront se repentir de leurs actes ou devront disparaître définitivement de la surface de la terre.

La terre est dévastée, comme après un ravage causé par l’étranger. L’étranger, c’est Lucifer qui apporte continuellement au monde, qu’il croit dominer pour toujours, une fausse lumière et de fausses promesses. Quand une vie est fondée sur cette fausse lumière, sur ces fausses promesses, la désillusion est un ravage incomparable et la mort est souvent la seule issue accessible à l’homme dans une pareille épreuve. Quand un foyer est fondé sur de fausses croyances et sur le mépris de la loi de Dieu — le mépris de Sa justice — la prospérité n’est que passagère et le bonheur apparent d’un tel foyer n’est pas solide.

« Et la fille de Sion est restée comme une cabane dans une vigne, comme une hutte dans un champs de concombres, comme une ville assiégée. »

Les véritables enfants de Dieu peuvent se retrouver dans cette parole, car elle décrit parfaitement l’état dans lequel ils se trouvent. L’apôtre Paul nous appelle « le temple de Dieu », mais actuellement, nous ne ressemblons pas à un temple, nous n’avons rien d’un bel édifice majestueux comme celui de Salomon. Nous ressemblons à une petite cabane précaire et fragile, comme une hutte au milieu de nulle part. Futurs citoyens et rois de la Jérusalem céleste, nous ne ressemblons pas encore à un beau temple. Les pierres sont souvent mal taillées, elles sont friables par endroit, elles ne sont pas encore bien cimentées ensembles. Tout est à venir.

Les véritables enfants de Dieu se sentent comme une ville assiégée, car les peuples ennemis qui adorent les idoles et servent d’autres dieux dévorent nos campagnes. Ils prennent toujours plus de place, toujours plus d’emprise dans notre vie, dans notre foyer, dans notre cœur. Nous luttons comme des exilés pour garder notre identité d’enfants de Dieu, de race élue. Nous luttons pour garder la foi dans les temps qui sont les nôtres. Nous nous sentons assiégés de toute part. Et si nous sommes seuls, c’est encore plus dur, parce que notre cabane est visiblement misérable et que rien ni personne ne nous rappelle qui nous sommes réellement.

Mais il y a une voix qui S’est fait entendre. Elle a été mise par écrit pour que nous la lisions, pour que nous l’apprenions, pour que nous l’entendions véritablement. Cette voix S’adresse à nous aujourd’hui, avec autant de force et de persévérance qu’il y a des milliers d’années. Elle interpelle et dit : « Cieux, écoutez ; terre, prête l’oreille, car l’Eternel parle… »

Cette voix m’a parlé et j’ai commencé à l’entendre au plus profond de moi. Elle m’a soulagée. Cette voix connaît qui je suis, ce que je suis, dans quel état je suis. Cette voix me rassure, et elle m’exhorte à la laisser me remplir. La connaissance qu’elle m’apporte est salvatrice et bienfaisante pour moi. Elle panse et bande mes blessures. Elle guérit mes meurtrissures. Elle cicatrise mes plaies vives.

J’ai commencé à l’apprendre par cœur, pour que l’ennemi ne cause plus de ravage en moi. Ainsi, je peux me la réciter pour que, si nouvelles blessures il y a, elles n’aient pas le temps de me faire mal.

Dieu a déversé Son huile sur mes plaies. L’Esprit-Saint, c’est Lui qui me montre quel pansement choisir ; c’est Lui qui a ouvert ma Bible au livre d’Esaïe, quand je demandais à Dieu « Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? ». Et dans ces lignes, dans tout ce premier chapitre, j’ai trouvé des réponses à mes questions et un miroir honnête pour ne plus me mentir.

Que ces lignes parlent également à tous ceux que le Seigneur veut toucher, aux quatre coins de la terre, car Sa Parole est intemporelle, immortelle et toute-puissante. Elle atteint l’âme au plus profond et sauve ceux qui se noient dans la douleur et dans l’ignorance.

Que Dieu vous touche et vous bénisse. Que Sa grâce surabonde, là où elle n’a pas encore été pleinement reçue.

Texte biblique tiré d’Esaïe 1:2-8.

Anne-Gaëlle

 




T.034 – Le cœur de Dieu

J’ai passé une journée bien étrange. Alors que, depuis des jours, je me lamentais sur mon sort, noyée dans des difficultés administratives et financières, et dans un grand sentiment de solitude. Tandis que je me réfugiais quotidiennement dans les petits sentiers invisibles des champs de canne à sucre – me sentant moi-même invisible – la main de Dieu est venue m’arracher à mon insignifiance et elle m’a délivrée des griffes de la mélancolie.

Je passais des heures entières à marcher dans les champs de cannes, plus hautes que moi, car elles me cachaient du reste du monde. Je recherchais la tranquillité à tout prix et le moindre bruit me rendait agressive. Je m’isolais et, dans des endroits que j’estimais assez vierges de l’esprit du monde, assez perdus pour qu’aucune âme ne vienne à passer par là, je m’adressais à Dieu en pleurant.

Certes, le Seigneur m’avait maintes fois encouragée et Il m’avait appris tant de choses, mais dans ces jours-ci, il m’était impossible de m’en souvenir ou de me les approprier. Je ressentais en moi une grande souffrance qui n’avait cesse de remonter à la surface. Je ne saurais dire exactement d’où me provenait cette douleur intense ; elle prenait la forme d’un manque d’amour, d’un rejet cruel, d’un sentiment d’abandon.

Malgré la sympathie des habitants, je demeurais très solitaire, trop solitaire pour réussir à m’intégrer. Cette société, quoique plus joviale et plus détendue qu’en Europe, restait malgré tout la société des hommes et femmes d’aujourd’hui, à mille lieues de mes aspirations idéalistes. N’est-ce pas un paradoxe cruel que d’avoir un cœur qui fuit le monde et de désirer de tout son cœur être aimé ? L’un et l’autre ne sont pas compatibles… Alors, je priais Dieu de me donner la faculté de me satisfaire de ma vie solitaire, sans amitié, sans amour, et la force de rester vivante pour Lui, mais surtout pour ma fille et nos animaux qui seraient perdus sans moi.

La misère matérielle venait à rajouter à cette dimension morose une dose supplémentaire de dramatisme. Je n’avais même plus les moyens de faire la cuisine. Ayant fraîchement déménagé, je me trouvais en permanence au milieu de mes cartons et de mes affaires disposées un peu partout à même le sol. Sans pouvoir ranger ce foutoir, à défaut de meubles, je me sentais comme dans un chantier en ruine. Chaque jour passait dans l’attente d’un peu d’argent et, aussitôt qu’il en rentrait une once, j’allais le dépenser dans un esprit de survie.

Les problèmes administratifs ne se résolvant pas, j’essayais de les oublier en fuyant dans les champs de cannes.

Ma misère matérielle — survenue après avoir épuisé toutes les économies que j’avais faites avec tant de sacrifices — me poussait également à fuir dans les champs de cannes.

Mon incapacité momentanée à tisser des liens avec les habitants ou à renouer avec mes anciens amis, que je n’avais plus contactés depuis des années, m’incitait à m’isoler dans les champs de cannes.

Et entourée de toutes ces tiges épaisses et denses, qui formaient un mur entre moi et le monde, je laissais libre cours à ma mélancolie.

Dans un moment de grande tristesse, je dis à Dieu que même ici, sur cette île paradisiaque où Il m’avait donné un toit, je désirais mourir. Je m’imaginais tenant une fiole de poison dans la main et buvant comme dans « Roméo et Juliette », sauf qu’à part ma fille, je me disais qu’il n’y aurait personne pour déplorer ma mort. Prisonnière du présent, j’étais incapable de m’élever au-dessus de ma condition. Le séjour des morts, dans lequel il n’y a ni pensée, ni sentiment, m’apparaissait comme l’endroit ou l’état idéal… Mais, Dieu merci, il y avait à la maison, au milieu des cartons, une fille, un chien et deux chats qui m’attendaient et je gardais encore la notion du temps et des responsabilités, et, plus que tout, je gardais en moi la conviction d’appartenir à Dieu et donc l’interdiction absolue de mettre moi-même fin à mes jours.

Je me souviens de la dernière prière que j’ai adressée à Dieu, le soir, lors de ma marche quotidienne, avant de revenir à la maison : « Seigneur, ce que je souhaite le plus au monde, c’est que tu me délivres de mon insatisfaction et que tu diriges chaque seconde de ma vie. Prends les rênes et conduis-moi, je ne sais pas où je vais ». C’était la veille d’une journée extraordinaire…

Je marchais de bon matin, vers le centre du village, pour me rendre à la salle informatique afin de suivre mes démarches en cours, lorsqu’une dame âgée me salua gaiement. Il y avait dans ses yeux beaucoup d’amour. Elle me dit gentiment qu’elle me trouvait jolie : un compliment qui vint du cœur de manière spontanée et qui me fit le plus grand bien. Cette dame avait un chapelet autour du cou et je compris qu’elle était – comme la majorité des habitants de cette île – catholique. Mais elle semblait avoir un amour sincère pour Dieu, ainsi que pour son prochain.

Elle me raconta combien elle était bénie, car elle avait des enfants et ils étaient pour elle le plus beau cadeau que Dieu lui avait donné. Cette dame âgée souriante, avec son modeste chapeau et ses savates, me raconta son témoignage de la grâce de Dieu qui lui avait donné la force de tenir bon dans la misère, elle qui était veuve et dont la vie fut jonchée d’épreuves et de miracles. Nous discutâmes quelques minutes, puis je lui dis « au revoir » ; elle me quitta en me donnant le conseil de demander chaque jour à Dieu la force dont j’avais besoin…

Je voulais consulter l’état de mon compte bancaire, car je redoutais depuis plusieurs jours une catastrophe… Mais je fus agréablement surprise en découvrant qu’une somme avait été créditée, ce qui me permettait ce jour de me réapprovisionner en nourriture, et même d’acheter enfin un parapluie ! La pluie, dans le pays où je vis, est très forte et toujours imprévisible…

Mon soulagement fut d’autant plus grand, lorsque j’ouvris mon courrier électronique et découvris le message d’un ami, celui qui m’est le plus cher au monde. Son message, annonçant une triste nouvelle, n’était pas pour me réjouir ; mais il arrivait après plusieurs semaines de silence afin de me montrer qu’il pensait à moi, qu’il ne m’oubliait pas et que dans son cœur, j’existais encore. Bien que pleurant à chaudes larmes à cause de la triste nouvelle, je souriais car mon cœur grelottait de moins en moins.

Cet ami me rappela aussi que ma présence épistolaire – ce que j’écris pour partager mes expériences et mes réflexions avec d’autres chrétiens – a de la valeur, et qu’il y a quelque part des personnes à qui cela profite. Cela me donna le sentiment de ne pas être complètement inutile dans ce monde, le sentiment d’exister vraiment.

En sortant de la salle informatique, je me dirigeai vers la poste, en vue du distributeur. Je passais devant la mairie quand je lus une affiche « Heures de permanence des élus ». Ces mots, que je ne lisais que machinalement, eurent dans mon esprit un effet étrange. « Les élus » répétai-je. Cela sonnait à mes oreilles avec tant d’importance ! « Ces personnes doivent avoir la grosse tête… », pensai-je. Ils ont été élus, choisis consciemment parmi tant d’autres ! Ils occupent une place spéciale et ont beaucoup de considération de la part des concitoyens. Sur le coup, je les enviais presque. « Les élus » répétais-je. Puis, vint un moment d’éblouissement céleste : je réalisais soudain pourquoi cette affiche m’avait tant interpelée… Moi aussi, je suis élue ! Je suis élue, choisie consciemment par Dieu parmi tant d’autres ! Il m’a choisie et, même si la raison de Son choix est un mystère que je ne pourrai jamais percer, Il m’a élue ! Je me rendais à l’évidence que Dieu seul savait pourquoi Il me voulait et aussi, qu’en aucun cas il regretterait son choix. Ma misère me parut soudain injustifiée. Je pris conscience que mes faiblesses présentes n’étaient pas une entrave au choix de Dieu dans Son plan majestueux qui ne pouvait que dépasser mon entendement.

Sur le chemin du retour, je reçus un appel téléphonique du directeur du collège le plus proche, dans lequel je tentais vainement d’inscrire ma fille depuis plus d’un mois. Il m’appelait pour me rassurer et me dire que, s’il n’y avait présentement pas encore de possibilité, il y aurait toujours une solution et qu’elle se présenterait à moi en son temps. Il était très aimable et respectueux. Quand je lui dis que j’allais continuer de prier, il me parla avec une touche d’humour du Saint-Esprit et je sus que, même ainsi, Dieu me rappelait Son omnisciente présence : Il me faisait un petit clin d’œil pour m’encourager !

Une fois rentrée à la maison, je décidai, dans la force des circonstances, de prendre le car pour descendre en ville avec ma charrette à courses. Mais, prise dans la préparation d’un courrier, je loupai le bus et dus me résoudre à prendre le suivant. Le chauffeur fut celui dont la compagnie m’était le plus agréable et avec qui j’avais pu discuter quelques fois. Il témoignait d’un grand intérêt pour moi et me demandait souvent où j’en étais dans mon installation. Apprenant que j’aimais marcher, il me proposa de faire une randonnée avec lui. Depuis mon arrivée sur l’île, je déplorais de ne pas encore avoir pu faire de vraie randonnée, celles qui durent au moins toute une journée et qui se font sur des parcours escarpés et perdus. Ma fille n’aimant pas marcher en montagne, je n’avais personne pour m’accompagner.

Le sourire et l’amabilité du chauffeur de bus me réconfortèrent. Il me témoignait beaucoup de respect et me disait qu’il aimait bien discuter avec moi. Cela donna encore un coup de poing sur mon sentiment d’insignifiance !

Mon mal-être commençait à décroître. Dieu me souriait. Je n’étais pas seule. Il m’avait rappelé que, malgré mes états d’âme, Il m’avait consciemment choisie. Il m’avait montré qu’il est possible de vivre dans les difficultés et dans la misère, possible de vivre et de vieillir seule, comme cette dame âgée qui demandait à Dieu chaque jour la force nécessaire. Il m’avait montré d’où vient cette force et Il m’avait exhorté à la Lui demander.

Il me rappelait aussi que, pour chaque problème, il y aurait toujours une solution et que ce n’était pas à moi d’essayer de la forcer à apparaître, mais que seul l’Esprit de Dieu est en mesure de le faire, en Son temps. Et Il me prouva que, souvent, les problèmes sont déguisés en urgences et en détresses, mais qu’en vérité, ils se résolvent parfois d’eux-mêmes – sans même qu’on s’en aperçoive – parce que le Seigneur S’en occupe discrètement, comme Il S’est occupé de mon solde bancaire.

Dieu me permit de me remémorer la bénédiction liée à la descendance, puisqu’un enfant, c’est un cadeau de Dieu, même si, souvent dans ses difficultés, une mère a tendance à l’oublier. Cette dame au crépuscule de ses jours remerciait le Seigneur pour sa descendance. Dans sa vieillesse, elle n’était pas complètement seule : ses enfants restaient présents, même loin, ils pensaient à elle et lui donnaient l’affection qu’ils avaient reçue étant petits. Là était la bénédiction issue de la semence d’amour qu’elle avait plantée autrefois et dont elle avait pris soin avec labeur.

Aujourd’hui, je ne vois pas forcément ma bénédiction, je ne l’identifie pas comme telle, mais aux jours de ma vieillesse – s’il me sera permis de vieillir – je verrai les fruits de cette bénédiction.

Dieu me permit également d’entrevoir qu’en dehors de mon univers esseulé, il y a des personnes bien réelles que ma présence importe et sur qui mon existence peut avoir un impact. Des personnes animées par des sentiments bienveillants à mon égard. Comme un magicien pouvant sortir d’un chapeau haut-de-forme un lapin, Dieu peut susciter des êtres pour qui je peux jouer un rôle, directement ou indirectement.

En y songeant, je pris la décision une fois rentrée chez moi de prendre ma plume, mais je n’étais pas encore au bout de mes surprises…

Je fis mes courses avec énergie et tranquillité d’esprit. Comme il me restait encore une heure avant le dernier bus, je décidai de la passer près de la côte, devant la grandeur de l’océan, afin de m’imprégner de la paix présente en ce lieu. A cet endroit surplombant la plage de galets noirs, le sol était recouvert d’un mélange herbeux vert et beige, formant un tapis volumineux et douillet, d’une douceur sans pareille. Je m’y allongeai et regardai les vagues. C’est alors que j’eus une autre illumination céleste…

La douceur sur laquelle mon corps reposait – qui était comme une caresse m’englobant toute entière – c’était la douceur du cœur de Dieu dans lequel je pris conscience d’exister réellement. Le contact si doux de cette couverture végétale me donna littéralement la sensation d’être dans le cœur de Dieu !

Je remerciai le Seigneur pour cette douceur et pour la grâce immense d’être ici. Je réalisai qu’il ne pouvait y avoir aucun autre endroit au monde où je me sente autant chez moi que sur cette île où Dieu était venu me chercher jadis, quand Il m’avait choisie parmi les brebis égarées ; cette île où Il continuait de Se révéler à moi dans toute Sa plénitude, au travers de Sa création et de Ses créatures.

La sensation d’être chez soi est une sensation ordinaire pour la plupart des humains, mais pour moi, c’est seulement à 35 ans que je la découvre et il m’est impossible de décrire ce que cela produit en moi… Une paix profonde. Un sentiment de sécurité absolue. Une grâce merveilleuse.

J’étais si triste à l’idée de devoir quitter ce lieu, que j’emportai avec moi une touffe de cette plante qui recouvrait le sol. Je cherchais à saisir cette sensation merveilleuse d’être dans le cœur de Dieu, à la saisir de toutes mes forces et à la ramener chez moi. Je me connaissais et je savais que la mélancolie était toujours là, tapissée au fond de moi et prête à surgir pour me clouer à nouveau sur le sol de ma turpitude. Cette mélancolie qui prend sa source dans la nostalgie, quand le présent présente des vides que l’on ne peut combler…

Arrivée chez moi, j’eus tout juste le temps de déballer mes courses et d’offrir à ma fille les petites choses que, par la grâce de Dieu j’avais pu acheter, lorsque le téléphone sonna. C’était un ancien ami, un être cher qui venait d’être informé de mon retour sur l’île, après ma longue absence de neuf années. Il était très ému et très heureux de me parler. Et dans la conversation, il glissa en pleurant une phrase qui me marqua profondément : « Anne-Gaëlle, je t’aime, parce que tu es dans les gènes de mon cœur, dans les gènes de mon âme, je t’aime ! »

Personne ne m’avait jamais dit cela et je compris que les écluses du ciel venaient de s’ouvrir pour susciter un ami et lui faire dire ce que mon Dieu voulait tellement que je comprenne : je suis aimée ! Je suis dans les gènes du cœur de Dieu ! Dans les gênes de Son âme ! Mon âme et l’âme de mon Sauveur sont reliées par l’Amour, quoiqu’il arrive et quelque soit le temps qui passe !

Quand on se sent aimé, la mélancolie a moins de pouvoir. Elle ne nous entraîne plus constamment dans un repli sur soi et la vie peut reprendre le dessus, sans plus avoir besoin de se cacher. Quand on se sent aimé, on ne vit plus dans la honte et dans la peur. Peur des autres, de leur regard, peur des défis ou du lendemain…

Il ne s’agit pas de chercher l’amour en particulier. Il s’agit de savoir reconnaître les marques de l’Amour de Dieu, les traces de Son passage, qui précède le nôtre. Comme me le rappela cet ami au téléphone, c’est Jésus seul qui trace mon chemin et personne d’autre. Cette phrase me troubla, parce que cet ami n’était pas chrétien.

Je n’ai pas ici de frère en Christ, mais pour Dieu, ce n’est pas un obstacle, car s’Il veut me dire quelque chose, Il le fait sans être handicapé par le fait que je sois probablement la seule chrétienne dans mon entourage. S’il a quelque chose à me dire ou à me montrer, Il ne se limite pas dans Ses moyens : Il peut ouvrir la bouche de n’importe qui. Il peut incliner le cœur de n’importe qui pour accourir à mon secours. Dieu seul choisit Ses intermédiaires.

Il faut se rappeler que notre alliance, scellée par le sang de l’Agneau, ne vieillit pas. C’est une alliance vivante, avec un Dieu vivant. Il ne sert à rien de s’appuyer uniquement sur des expériences passées, même si, dans ces souvenirs, nous étions aimés de Dieu. Il faut savoir que nous continuons à l’être dans le présent ! Il faut nous construire de nouveaux souvenirs dans lesquels Dieu continue à être notre Dieu et à nous révéler personnellement son Amour.

Je crois que beaucoup de chrétiens se reposent sur leurs souvenirs les plus glorieux, sans que leur âme soit véritablement en repos. Ils se repaissent de leurs exploits passés, en termes de foi, et ne se posent plus la question de savoir ce qu’il en est aujourd’hui. Cette attitude ne peut être satisfaisante que dans la mesure où l’on accepte la compromission et où l’on fuit la remise en question et le changement. Il me semble que notre Seigneur a parlé de cela dans une de Ses lettres aux sept Églises et que cet avertissement nous concerne tous.

Il faut oser dire à Dieu ce qui nous trouble présentement. Il ne faut pas craindre de Lui dire franchement ce que nous pensons ou ressentons, car là est notre liberté et pour nous, la seule manière sûre de faire appel à Lui. Si nous avons l’impression de perdre la foi, et même si nous aimerions parfois disparaître, il faut le Lui dire.

Par ce témoignage de confiance envers Lui, nous L’honorons. Par notre sincérité, nous L’honorons. Par notre attente – parce que nous en sommes réduits à attendre et savons que Lui seul peut mettre fin à notre attente – nous L’honorons. Et Dieu, qui honore ceux qui L’honorent, interviendra. Il viendra encore et encore pour nous rappeler certaines choses et, entre toutes, la plus importante, celle qui brise notre douloureuse insignifiance : nous sommes aimés.

« Je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature, ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, notre Seigneur » (Romains 8:38-39).

«  Ne vous inquiétez de rien, mais en toute occasion exposez vos demandes devant Dieu, par des prières et des supplications, avec des actions de grâce, et la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ » (Philippiens 4:6-7).

Soyez bénis, consolés, fortifiés !

Avec toute mon affection fraternelle,

Anne-Gaëlle




T.033 – Une soif inexprimable

Comme un puits sans eau, je me réveille desséchée. Une langueur profonde souffle en moi et remplit mon être d’un vide étrange. Cette langueur extrême m’assèche ; peu à peu le vide s’empare de moi. Puis vient la peur, la panique, la solitude. J’ouvre les yeux, j’essaie de crier, mais aucun son ne sort de ma bouche. Autour de moi, malgré le silence : le mal, l’incertitude. Je ne ressens que manque ; rien de beau ne percute mon âme. Les oiseaux chantent mais je ne perçois aucune mélodie. Tout semble creux, absurde. Et cette crainte tapissée au fond de mon cœur, elle m’empêche de respirer. J’ai soif, si soif ! Mon âme étouffe dans sa cage ! Ce monde est une cage.

Où est la lumière ? Où est l’oxygène ? Où est la pluie ? J’étouffe. Je crie de l’intérieur. La vie pèse trop lourd. La beauté n’atteint pas mes yeux. Je n’ai plus la force de fuir. Et où que j’aille, cette soif sera là. Elle fait partie de moi. Elle me tourmente dès le lever et rien de terrestre ne peut l’apaiser. Je suis incapable de l’exprimer telle qu’elle est. Ce n’est pas la soif d’eau, ni de nourriture. Ce n’est pas la soif de sensation, ni d’aventure. Ce n’est pas la soif d’objet, ni de fortune. Ce n’est pas la soif de projet, ni la soif d’activité. Ce n’est pas une soif de dimension humaine. C’est une soif divine. Car même au milieu de toutes ces choses, elle est là, elle persiste et elle m’empêche de jouir de la vie.

Si je suis matériellement riche, cette soif ineffable m’empêche de jouir de mes richesses. Si je suis entourée de ma famille ou de mes amis, elle m’empêche de jouir de leur compagnie. Si je suis entourée de beauté, elle m’empêche de l’apprécier à sa juste valeur. Si je suis dans l’abondance de nourriture, de mets succulents, elle m’empêche d’y trouver mon plaisir. Et si j’avais un mari, s’il me prenait dans ses bras et me prodiguait une tendresse sincère, cette soif étrange qui habite en moi formerait un rideau invisible entre nous : un rideau qui m’empêcherait de recevoir ses caresses.

Cette sensation de soif est tel un précipice abrupt qui me donne le vertige. Comme un séisme terrifiant à l’intérieur de moi, un séisme qui me prive de la moindre sécurité. Cette soif me coupe du monde, elle me coupe de la vie. Et pourtant, c’est elle qui me permet de revenir à la vie… Car la soif dont je parle, c’est la soif du Dieu vivant.

Elle me prend dès le lever, cette étrange maladie. Comme un nageur pris de crampe en pleine course : impossible de continuer à nager, impossible de continuer à vivre. Je n’arrive pas à faire semblant. Je n’arrive pas à vivre avec cette crampe !

Tel un cerf-volant, dont le fil se déroulerait sur plusieurs kilomètres, qui partirait si haut, si loin qu’on ne pourrait plus le voir. L’enfant qui tient le cerf-volant panique : « Où est mon cerf-volant ? » Cette soif intense, que je ressens si fort, ressemble à la panique de l’enfant. Le cerf-volant s’est trop éloigné. Alors, la soif grandit au fur et à mesure que le fil se déroule, inexorablement. Il faut tirer sur le fil ! Il faut ramener le cerf-volant ! Il ne s’agit pas d’un jeu, ni d’un passe-temps. C’est de spiritualité dont je parle. Elle s’envole et disparait. Et le fil, c’est ma relation avec mon Créateur.

Dans ce monde anti-spirituel, il arrive si facilement que la spiritualité s’éteigne dans la vie du croyant. Dieu a inscrit Son Nom dans le cœur de ses élus. Il a implanté en eux une soif si profonde et si insatiable que Lui seul est en mesure de la combler vraiment. Seule l’Eau divine remplit les puits que nous sommes. Mais cette soif cruelle, qu’Il a mise en nous, n’est pas là pour nous tourmenter indéfiniment, ni pour nous couper de la vie. Au contraire, elle est là pour que nous l’identifiions et que nous réagissions : c’est elle qui nous permet de tirer sur le fil pour ramener le cerf-volant. C’est elle qui nous pousse à rechercher à tout prix l’irremplaçable Présence de notre Dieu vivant.

Il ne s’agit pas de tradition, ni de devoir moral, ni de placébo pour guérir notre mauvaise conscience. Il s’agit d’un cri du plus profond de l’âme, d’un appel au seul Etre capable de combler notre soif et de guérir ses symptômes.

En ce jour, des milliers de chrétiens se rejoignent et se réunissent en assemblées pour rendre un culte à Jésus-Christ. Je ne souffre plus de ne pas me joindre physiquement à l’une d’entre elles. J’ai gravi ce matin une partie de ma montagne, ou devrais-je dire « de Sa montagne », car elles Lui appartiennent toutes. J’ai cherché un endroit sauvage au milieu de Sa création. J’ai lâché mes cheveux en guise de voile, puisque c’est celui que mon Créateur m’a donné pour couvrir ma tête en Sa Présence. Je me suis assise sur la mousse végétale douce et humide qu’Il a déposée sous mes pieds. Et j’ai contemplé ce qu’il y avait devant, autour, à terre et au-dessus de moi…

J’ai contemplé les arbres, les plantes, les pierres, le ciel et la lumière du soleil. Puis j’ai commencé à Le remercier pour tout cela, ainsi que pour chacun de Ses bienfaits me concernant. Je Lui ai dit que j’avais choisi le temple de Sa création pour Lui offrir mon culte et que, même si j’étais seule, je venais ici pour Le rencontrer et Lui rendre grâce, au même titre que ceux qui se rassemblent dans un édifice avec des croix, des bancs et des pupitres. Et la soif qui me torturait est partie.

Le chant des oiseaux s’est transformé en mélodie. Un magnifique rapace en voie d’extinction a volé par deux fois au-dessus de moi. Le soleil a brillé d’une étincelante lumière. Le vent a sifflé un air doux et paisible, comme pour me conter la douceur de Dieu. Chaque trèfle m’a soudain montré sa perfection, se dressant fièrement autour de moi et dansant dans la brise. Les pousses de bambou se sont mises à me saluer gaiement et il m’a semblé que le vent à lui seul n’en était pas l’auteur. Car c’est dans Sa création que le Dieu vivant manifeste Son Amour à ceux qui le Lui réclament, et à tous ceux qui cherchent dans la nature des marques de Sa Bonté et de Sa Présence dans ce monde.

Un homme s’est approché de moi, venant du haut de la montagne. Il m’a demandé si tout allait bien. Peut-être était-ce ma solitude ou le fait d’être assise par terre au milieu des arbres qui l’interpellait. Je le saluai et lui répondis que j’étais en prière. Il crut que j’avais des problèmes : « C’est pour évacuer… » suggéra-t-il. Alors, je rétorquai joyeusement : « C’est pour dire merci ! »

Dans les mœurs humaines, quand on se tourne vers Dieu, la prière est associée à une requête ou un appel au secours, ce qu’elle peut être en toute liberté pour tout chrétien qui a compris le lien paternel qui le relie à Dieu. Mais dans les mœurs divines, prier c’est respirer, c’est boire à la Source, c’est être libre et heureux. Car prier, c’est être un avec notre Créateur et Sauveur. C’est vouloir être auprès de Lui, même s’il n’y a rien à y gagner sur le plan terrestre. Prier, c’est Lui dire merci, sans forcément avoir quelque chose à Lui demander.

Pour être capable de Lui dire merci, il faut être en mesure de s’émerveiller devant la moindre de Ses créations, devant le moindre être vivant qu’Il a façonné. Mais cette faculté de s’émerveiller est trop souvent inexistante ou éteinte, parce que le vide dans l’être humain prend tant de place que tout tourne autour du besoin de le remplir ! Mais tout ce qui n’est pas spirituel n’est que néant, ce qui revient à remplir le vide avec du vide. Cette soif si exigeante ne se laisse pas guérir facilement… Elle est nocive pour qui ne sait pas l’identifier.

Il faut être en mesure de reconnaître sa soif intérieure : soif de Dieu pour les croyants et soif indéfinissable pour tous ceux qui ne le sont pas encore… Il faut reconnaître que rien de ce que l’homme a créé ne peut égaler ce que Dieu a créé et que rien, à part le Dieu vivant, ne peut combler cette soif. Mais pour cela, il faut, dans bien des cas, avoir touché le fond : avoir vécu assez de déceptions et avoir assez souffert pour prendre conscience de ses propres limites et de la superficialité de la civilisation humaine moderne dans toute sa mondanité.

Et pour ceux que le diable tient occupés avec milles activités et artifices, il faut qu’ils apprennent à écouter leur soif et ne pas la couvrir avec encore plus d’occupations. Il leur faut se sensibiliser à l’appel de Dieu de se dénuer du monde pour entrer dans une dimension spéciale, pour certains encore inconnue : la véritable spiritualité qui prend sa source dans la prière et dans la contemplation, dans le cadre de la simplicité et du dénuement. Dans cette dimension spéciale, Dieu dessine autour du croyant un cercle de lumière qui l’accompagne partout où il va ; une protection visible, une grâce palpable dans laquelle réside la seule véritable Sécurité et le seul véritable Bonheur.

Une seule pensée remplit ma tête : Jésus, le Roi de l’univers. Comme un parfum enivrant, je veux sentir Sa Présence, recevoir Ses dons, Le comprendre, comprendre Sa manière d’agir. Je veux tout connaître de Lui, parce qu’Il m’a créée moi, parce qu’Il m’a appelée par mon nom, un nom qu’Il m’a donné. Parce qu’Il S’est révélé à moi quand je n’étais alors qu’un être misérable et charnel, loin de me douter qu’il existe une dimension ô combien supérieure et infiniment meilleure : la vie spirituelle, la vie avec le Dieu vivant !

Si j’étudie Sa Parole, c’est dans l’optique d’apprendre de Lui et d’échapper à la folie de ce monde voué à la destruction finale. Lire Sa Parole m’abreuve de Sa Paix et de Son Amour.

« J’écouterai ce que dit Dieu, l’Eternel, car il parlera de paix à son peuple et à ses bien-aimés, afin qu’ils ne retournent plus à la folie » (Psaume 85:9).

Le Psaume 85 me parle de Sa miséricorde et d’espoir :

« La vérité germera de la terre » (Psaume 85:12).

« La justice marchera avec lui et il la mettra partout où il passera » (Psaume 85:14).

Notre Seigneur a dit : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés » (Matthieu 5:6).

La paix est déjà disponible pour tous ceux qui la recherchent en Dieu, par le Prince de Paix, qui n’est pas le prince de ce monde et dont le royaume n’est pas de ce monde, mais qui a créé ce monde – avant qu’il ne se corrompe – et tout ce qu’il contient de beau, de merveilleux, d’authentique. Sa Paix est disponible dans la contemplation avec les yeux du cœur, par l’Esprit de Dieu, qui nous ouvre à la rencontre avec notre Créateur dans toutes Ses manifestations glorieuses.

Les montagnes sauvages, que l’homme ne peut guère transformer à sa guise, sont une marque de Sa Grandeur et de Sa Supériorité sur l’homme. La flore multicolore aux milliers de senteurs et saveurs et avec toutes ses vertus médicinales, est une marque de Sa grande Sensibilité et de Son immense Génie. La complexité du corps humain, dans ses différents systèmes et leur parfaite coordination, est une marque de Son infinie Intelligence et de Sa Sagesse. Toute la faune dans sa multitude diversifiée est une marque de Son incommensurable Liberté artistique et du caractère grandiose de Ses Initiatives. Moi-même, je suis un mystère, sans être un mystère pour Lui. La galaxie est un mystère pour l’homme, mais Dieu n’a aucune question dont Il ignore la réponse.

Tout dans Sa création et dans Son œuvre au quotidien fait l’objet de mon émerveillement et le sujet de ma contemplation. C’est ainsi et seulement ainsi, que ma vie ici-bas prend un sens et que la terrible douleur enfouie dans mes entrailles charnelles disparaît : être Son œuvre parmi Ses œuvres, adorer, non pas la créature, mais le Créateur, et voir dans tout ce que Dieu crée le reflet de Sa gloire. Préférer la création de Dieu à la création de l’homme.

Certains prétendent que l’homme a créé Dieu. Mais l’homme ne peut rien créer de parfait. Pourtant, l’homme s’élève dans ces temps si sombres au-dessus de son rang par une mystérieuse déification. Et il s’exalte de tout ce qu’il crée ; il en oublie que Dieu lui fournit les matières premières et qu’Il lui donne l’intelligence et les lois physiques nécessaires pour inventer des choses. L’homme ignore que chacune de ses inventions a d’abord été pensée par Dieu – ou par le diable – avant qu’elle ne soit pensée par l’homme. C’est Dieu qui a donné à l’homme la faculté de penser ; Il sonde chaque pensée avant qu’elle ne se manifeste oralement ou sous la forme matérielle. Que Dieu agrée ou non les créations humaines, Il reste Juge et Propriétaire de l’univers qu’Il a modelé, et rien ni personne ne pourra jamais égaler le plus grand de tous les inventeurs. Ce n’est pas Dieu qui est une invention de l’homme, mais c’est l’homme qui est une invention de Dieu !

Au lieu de se glorifier d’être Sa créature, la plupart des humains rejettent l’idée d’être créé : une idée qui les amoindrit à cause de leur orgueil. Ils préfèrent avoir pour créateur le hasard, le néant, le big-bang, ou bien ils optent pour l’incertitude des agnostiques. L’homme se veut créateur et non créature. Mais tout ce qu’il crée est à double tranchant : une médaille qui brille de face et qui, de l’autre côté, n’apporte que misère, injustice et destruction. Et l’homme prétend que tout ce qu’il crée peut remplir le vide – remplir le puits asséché que nous sommes – et ainsi apaiser la soif intérieure. Mais la création de l’homme ne rendra sa soif que plus forte, sans jamais l’étancher. Un jour, il sera forcé de s’en rendre compte.

Ce jour là, enfin je me sentirai moins seule, avec ma soif invisible et inexprimable. Ce jour-là, je ne serai plus un coquelicot au milieu d’un champ de blé. Ce jour-là, les gens ouvriront leurs yeux et salueront à leur tour les pousses de bambou qui dansent dans le vent. Ils complimenteront les trèfles qui se dressent fièrement et ils admireront la forme des cailloux. Ils s’émerveilleront devant les branches des arbres en fleurs, entortillées et longues, qui s’élèvent vers le ciel. Ils lèveront les yeux et souriront à l’oiseau, au rapace majestueux, qui tournoie dans les airs. Ils observeront tout cela et jouiront des diverses saveurs et parfums de la création, sans avoir besoin d’en créer des artificielles. Ils aimeront la création, au lieu de la détruire. Ils aimeront chaque créature et comprendront enfin que rien ni personne n’existe par hasard. Le hasard sera un mot banni du dictionnaire, car ce sont les personnes athées qui l’ont inventé ; il sera remplacé par l’expression « providence divine » et personne n’osera plus remettre en question l’existence de Dieu, ni la Genèse.

C’est dans l’optique de voir venir ce jour que j’accepte d’être un coquelicot solitaire dans un champ qui n’est pas le mien, aussi longtemps que le Seigneur attendra. Cette attente devient un fardeau dans la mesure où je laisse le fil se dérouler et le cerf-volant se perdre au loin, mais si chaque jour je prends soin de mon cerf-volant, si j’apporte ma soif à Dieu et que je Le cherche dans la prière et l’action de grâce, mon attente s’en trouve plus douce et moins éprouvante.

Je remercie Dieu pour ma douleur, car c’est cette douleur qui me pousse vers Lui. Je Le remercie pour le vide en moi, car c’est ce vide qui me pousse vers Lui. Je Le remercie pour ma soif intérieure : elle est mon hydromètre spirituel. Comme Blaise Pascal l’a si joliment formulé : il y a en chaque personne un vide : un vide qui a la forme de Dieu. N’essayons pas de le remplir avec autre chose. Allons à la Source boire l’Eau du Christ, celle qui jaillira éternellement de nos cœurs le temps venu.

A tous mes frères et sœurs en Christ, isolés ici-bas, éprouvés ou dans l’incertitude, cherchez refuge dans la contemplation et dans la prière. Nous n’avons pas besoin de temple fait de main d’homme, avec des ornements et des services religieux, si ces services religieux ne sont pas sincères, ni authentiques, s’ils sont ordonnés par des instances corrompues. Ne croyez pas que votre solitude et votre isolement vous coupent de la Grâce de Dieu ; au contraire, sachez que le véritable adorateur est capable d’adorer Dieu tout seul, sur une montagne sauvage, dans une grotte ou dans le désert, ou même dans son lit, s’il n’est plus capable de le quitter. Sachez que l’Amour du Christ est comme une puissante cascade, même si elle ne fait pas de bruit. N’ayez pas peur du silence et vous découvrirez des chants que vous ne connaissez pas.

« J’estime qu’il n’y a point de proportion entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir, qui sera manifestée en nous. En effet, la création attend, avec un ardent désir, que les enfants de Dieu soient manifestés, car ce n’est pas volontairement que la création est assujettie à la vanité, mais c’est à cause de Celui qui l’y a assujettie, dans l’espérance qu’elle sera aussi délivrée de la servitude de la corruption, pour être dans la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Car nous savons que jusqu’à présent, toute la création soupire, et souffre les douleurs de l’enfantement ; et non seulement elle, mais nous aussi qui avons les prémices de l’Esprit, nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. Car nous sommes sauvés en espérance. Or l’espérance que l’on voit n’est plus espérance ; en effet, comment espèrerait-on ce que l’on voit ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, c’est que nous l’attendons avec patience. » (Romains 8:18-25).

« Vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions « Abba, Père ». Car l’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu. Et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui. » (Romains 8:15-17).

« Réjouissez-vous dans le Seigneur » (Philippiens 3:1).

« Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâce en toutes choses, car telle est la volonté de Dieu en Jésus-Christ à votre égard » (Thessaloniciens 5:16-18).

Que Dieu vous bénisse abondamment !

Anne-Gaëlle




T.032 – Un partenaire à toute épreuve

Je suis ici, dans cette maison pleine de couleurs, une maison chaleureuse qui me reçoit le temps de me reposer, le temps de contempler Ta Gloire et d’écrire, puisque c’est à cela que Tu m’appelles, Seigneur Yeshoua. Je voulais continuer à dormir ce matin,  mais en vain : le titre de ce texte résonne dans mon esprit, ainsi que son contenu. Et je Te dis « je pourrai écrire tout à l’heure, ou bien demain… ». Puis, j’ai considéré cette maison bien calme et colorée, cette solitude hors norme – puisque j’ai laissé ma fille pendant trois jours – et cet ordinateur que j’ai emmené avec moi, en vue de me distraire dans le train : tout s’apprête et insiste soudain pour me pousser à écrire. Alors, je Te dis « oui », de tout mon cœur, si c’est pour cela que Tu m’as fait vivre tout ce que je vais écrire.

Le partenariat avec les humains peut être très décevant. Qui peut parfaitement répondre à nos attentes ? Qui peut respecter pleinement ses engagements en tout temps ? En réalité, personne ne le peut. C’est pour cela que les partenaires se séparent tôt ou tard : rares sont ceux dont le partenariat dure toujours et résiste aux épreuves, ainsi qu’aux déceptions qui viennent le briser. Mais il existe un Partenaire par excellence, un partenariat hors du commun dont l’alliance est indestructible. C’est de Celui-là dont il faut que je témoigne…

Quelle aventure ce fut que de déménager par le train ! Je quittai mon appartement et, malgré avoir envoyé beaucoup de colis par bateau, il restait sept bagages ainsi que les trois cages avec nos animaux. J’étais seule avec ma fille, pour qui le port de charge lourde est à proscrire. Et dans toutes les difficultés qui nous attendraient, il y avait deux changements de train ; nous n’aurions que peu de temps pour aller d’un quai à l’autre avec tous nos bagages…  Je ne serais pas honnête si je déclarais avoir affronté cette épreuve de ma foi en toute quiétude. Quand on a peu d’argent et quand le voyage est gracieusement offert, la pression est grande : l’adrénaline est à son apogée à la pensée de louper un train !

Dès le départ, les choses s’annonçaient compliquées : pas de taxi, des allers-retours à pieds jusqu’à la gare, chargée comme un âne. Il fallait partir une heure et demie avant le départ du train alors qu’en voiture, il aurait fallu dix minutes ! Mais je ne me suis pas découragée, car au fond de moi, je comptais sur mon Partenaire invisible : Celui qui allait me tenir la main durant tout le voyage. Le deuxième aller jusqu’à la gare, j’ai levé le pouce et une voiture s’est arrêtée pour me prendre. Le conducteur me déposa à la gare et porta mes valises jusqu’au quai. Malgré le nombre restreint de voyageurs, des mains solidaires soulevèrent nos bagages. Puis le train partit, nous emmenant dans une étrange euphorie.  Qui l’aurait cru ? Dans ce village fermé où personne ne nous disait bonjour, où jamais personne ne nous souriait, ce jour où nous avions vraiment besoin d’aide, les gens se mirent à nous sourire et à nous aider.

Arrivées à la gare où nous devions prendre notre correspondance, les mains solidaires déposèrent nos bagages sur le quai. Je me précipitai vers un contrôleur pour lui demander, le visage rempli d’appréhension, sur quel quai était notre prochain train. Et l’angoisse s’envola lorsqu’il me dit « ici-même ». Partenariat divin ! Dieu avait déjà résolu le problème ! Il y avait tant de quais, tant de distances entre chaque quai, des escaliers, des petits ascenseurs… Mais nous n’avions qu’à rester où nous étions et nous avions même assez de temps pour avancer jusqu’au bon wagon. Pour la montée dans le train, d’autres mains solidaires attrapèrent nos valises et nos animaux, et ainsi se prolongea l’euphorie…

Durant le trajet, le premier couple à qui j’ai demandé s’il s’arrêtait à Avignon m’a proposé de l’aide : ces personnes avaient le même changement de trains que nous ! Ce couple et une tierce personne portèrent nos bagages jusqu’à l’emplacement prévu pour notre wagon, bien qu’ils s’éloignaient de leur emplacement à eux : cette disposition surnaturelle à nous aider jusqu’au bout, à l’encontre de leur propre intérêt, me surprit beaucoup ! A force d’être habituée à l’indifférence générale, un élan de gentillesse désintéressée est une surprise sans pareille. Et le plus extraordinaire fut que cette fois encore, il n’était pas nécessaire de changer de quai ! Ainsi se déroula en toute simplicité le second changement de train, celui qui m’avait empêché de dormir la veille, tant je le redoutais…

Mon appréhension ne se limitait pas au transport des valises. J’avais également une crainte vis-à-vis du contrôleur : il m’avait été impossible d’acheter des billets pour mes animaux, car le guichet était exceptionnellement fermé, lorsque je m’étais rendue avec cette initiative à la gare de la ville la plus proche, la veille du départ. Mais durant tout le voyage, pas un contrôleur ne me les demanda. Les cages entassées les unes sur les autres étaient pourtant une réelle attraction pour les voyageurs qui n’avaient cesse de les regarder et de faire des commentaires à leur propos. Mais les contrôleurs ne les remarquèrent pas.

Jusque dans les moindres détails, tout fut divinement agencé pour notre voyage. Alors que je m’inquiétais à propos de la place disponible pour notre encombrante cargaison, il y avait dans chaque train un endroit parfait pour tout déposer, non loin de notre regard, et malgré le grand flux de passagers. Une dame me proposa spontanément d’échanger nos places avec elle, car elle était tout au fond du train et cela nous permettait d’être avec nos animaux sans gêner personne. Dans le train suivant, l’espace voyageur était rempli à ras-bord ! Mais dans l’entrée, devant les toilettes, il y avait un espace suffisant pour entasser toutes nos affaires. Par une divine coïncidence, la porte des toilettes était scellée avec un écriteau « hors d’usage ».

Un partenariat à toute épreuve, un Partenaire fidèle et omniscient. Quand on Lui donne l’honneur de Le laisser occuper Sa place, de Se charger de tout, absolument tout, jusque dans les moindres détails, Il démontre Ses qualités parfaites et Son pouvoir. Il Se manifeste par tout ce qu’Il utilise. Des mains, des sourires, des regards. Il utilise la force des uns, les moyens des autres. Il incline les cœurs. Il réquisitionne ce qui appartient à l’un pour le mettre à la disposition de l’autre : à la disposition de celui qui se trouve dans le besoin et dont l’âme crie à Lui. Il ouvre les yeux des uns et ferme ceux des autres, selon la situation et le danger potentiel. Et Il organise tout selon Sa Sagesse, dont la fondation se trouve dans une seule et même pensée qui traverse toute la terre : la pensée de Son Amour bienveillant qui veut le bien de l’autre. Le bien de tous ceux qu’Il aime. Voilà le secret de Sa Sagesse.

Avant de quitter définitivement la région, mon Dieu avait résolu tous mes problèmes, ou presque… J’avais des meubles et des affaires que je n’avais pas réussi à vendre et dont il me fallait me débarrasser. Il m’offrit l’amitié d’une personne qui les prit pour les stocker chez elle. Elle me fit la promesse de les vendre lors du grand vide-grenier d’été qui doit avoir lieu dans le village, et de m’envoyer le gain. Pour chaque problème, le Seigneur semblait déjà connaître la solution ! Mais un nouveau problème se présenta à moi…

Il fallait faire renouveler la carte d’identité de ma fille avant notre départ, ce que j’avais pris soin de faire : on me donna un rendez-vous à la mairie de la ville voisine deux jours avant le déménagement afin de venir récupérer la carte. Mais ce jour-là, j’appris que la carte n’était pas prête ; on ne me donna aucun renseignement sur la cause de ce retard, ni sur le délai à attendre ! Le système informatique et judiciaire impose au demandeur de carte d’identité de revenir en personne à la mairie dans laquelle la demande a été faite. Ma colère n’y pouvait rien changer. Mais je savais au fond de moi que cet important retard dans la production de la carte avait obligatoirement une cause, je veux parler bien sûr du point de vue spirituel. Si le Tout-Puissant permettait ce retard, Lui qui d’habitude coordonne si parfaitement tous les évènements et les circonstances, alors il fallait qu’Il ait une bonne raison de me faire à nouveau traverser la France pour revenir dans cette ville…

Il se passa deux semaines avant que je reçoive la bonne nouvelle de l’arrivée de cette précieuse carte d’identité, sans laquelle il est évidemment impossible de prendre l’avion. Il n’est pas nécessaire de décrire mon inquiétude, tandis qu’il ne restait que quelques jours avant la date du grand départ pour notre déménagement en outre-mer. J’achetai donc des billets de train pour effectuer le voyage de plus de 800 km afin d’aller récupérer cette carte. Je partis seule pour un rapide aller-retour, déplorant de perdre une somme importante dans ce voyage : l’argent que je comptais utiliser pour louer une voiture et nous rendre à l’aéroport de Marseille le jour J. Heureusement, peu avant avoir quitté le village où j’habitais, j’avais fait la connaissance d’une jeune femme très sympathique qui habite dans la ville où se trouve la mairie en question, et elle m’offrit de m’héberger gratuitement pendant mon séjour. C’est dans sa maison que je me trouve en cette heure, sa maison colorée.

A peine montée dans le train, alors que je n’avais parcouru que quelques kilomètres, le train s’arrêta brusquement. Le commandant de bord annonça d’une voix tremblante un accident de personne – un suicide – et par conséquent une immobilisation prolongée du train. Une personne désespérée s’était jetée sur les rails et les pompiers devaient ramasser les morceaux du corps. Une ambiance morose s’est installée peu à peu parmi les passagers. Le message de désespoir, les images épouvantables qui s’imposent dans l’imaginaire de chacun, l’empathie pour le conducteur dans cette situation traumatisante, la compassion des uns, la colère des autres, l’angoisse des complications pour tous ceux qui ne peuvent pas poursuivre leur voyage comme prévu… Cette étrange situation amena certains passagers à se poser des questions essentielles et à parler les uns avec les autres dans un climat de solidarité.

Une dame très intelligente m’adressa la parole : un esprit scientifique,  professeur d’université. Elle me parla de manière philosophique sur la vie, le monde et l’être humain. Nous échangeâmes avec simplicité sur nos croyances respectives. Ce ne fut pas un débat, mais plutôt une discussion merveilleuse. De toute ma vie, je n’avais jamais joui d’un tel échange avec une personne de sciences qui ne partage pas la foi chrétienne : ni orgueil, ni prétention, ni animosité ne vint ternir notre dialogue. Etant écrivaine et curieuse par-dessus tout, elle me demanda un de mes écrits. Je lui fis donc lire un texte, le seul que j’avais encore dans mon ordinateur. C’était la première fois que je l’emmenais dans le train ; je n’aurais jamais imaginé son utilité dans ce sens ! Elle le lit et me posa des questions sur ma foi, puis je lui fis le récit émouvant de ma conversion. Ainsi passèrent les trois heures d’arrêt au milieu de nulle part, enfermés dans un train. Puis je lui fis don de mes coordonnées, remettant en prière son cœur au Dieu de l’infini, qui nous avait placées côte-à-côte.

Cette personne, manifestement très optimiste, ne comprenait pas que je perçoive la nature humaine avec un regard à son goût trop pessimiste. Tandis que j’essayais de lui expliquer que la perfection et la pureté véritable n’existent qu’en Dieu, elle m’exposait ses croyances dans le domaine de la psychologie, comme quoi l’humain serait en mesure de se guérir et de s’améliorer par ses propres moyens. Lui disant de quoi Jésus m’avait sauvée et quelle transformation Il a opérée en moi, j’espérais qu’elle comprendrait et qu’elle réviserait ses théories sur le potentiel humain, afin qu’un jour elle aussi fasse appel au seul vrai Sauveur de l’humanité. Mais elle parla du verre à moitié vide et du verre à moitié plein. Pour elle, je faisais partie de ceux qui ne voient que le verre à moitié vide… Pourtant, c’est dans ce vide que Dieu est venu faire Sa demeure, c’est par ce vide qu’Il manifeste Son abondance et me remplit chaque jour.

Soudain, cette dame, qui avait commencé à me tutoyer, reçut un appel téléphonique qui la bouleversa. Elle se détourna de moi et se mit à pleurer. Elle reprocha des choses graves à son mari qui restait stoïque en face d’elle. J’entendis dans ses propos tout le contraire de ce qu’elle m’avait affirmé lors de notre discussion. Je compris que Dieu faisait soudain tomber son masque d’optimiste : profondément blessée, elle constata combien sa confiance l’avait trompée, et à quel point le cœur humain n’est pas fiable. Je restai silencieuse, intriguée par ce qui se passait, sans pour autant m’en mêler. Dieu savait. J’attendis qu’elle sèche ses larmes pour lui donner le petit papier avec mes coordonnées. Un jour peut-être en fera-t-elle bon usage.

Pendant le trajet entre Nice et Paris, puisque le train avait trois heures de retard et que j’avais loupé ma correspondance, je téléphonai à la mairie qui m’attendait le jour même, afin de reporter si possible mon RDV au lendemain. C’est alors que je pris conscience de ne pas avoir l’ancienne carte d’identité, dont la remise est absolument obligatoire. Je fus prise de panique en me rappelant l’endroit où je l’avais oubliée : dans la photocopieuse de la poste, où j’étais allée la veille, à Nice. Dans cette situation subitement angoissante, je dus m’en remettre à mon Partenaire céleste, qui Lui seul a le pouvoir d’arranger les choses les plus chaotiques et de réparer les erreurs les plus grotesques ! En effet, mon erreur était stupide : je n’avais nul besoin de faire une photocopie de cette ancienne carte d’identité, je l’avais fait par pur sentimentalisme, afin d’avoir un souvenir de ma fille quand elle était un beau bébé potelé…

La carte d’identité oubliée dans la photocopieuse fut gracieusement remise au guichet, et Dieu toucha le cœur de l’agent qui accepta de la rendre à ma mère. Elle fut envoyée par Chronopost à la mairie, où la nouvelle carte m’attendait, pour qu’elle arrive le jour suivant. Une personne se désista à cette date et on m’accorda un RDV de dernière minute. La précieuse carte d’identité pouvait alors enfin m’être remise !

Arrivée à Paris, je devais changer de gare. La dame avec qui j’avais si bien conversé était parisienne, elle m’avait bien expliqué comment faire et quel bus prendre. A l’arrêt de bus, je constatai que je n’avais pas de monnaie. J’abordai une personne souriante, la première que je vis, et elle m’offrit gracieusement un ticket, ce qui me permit de monter immédiatement dans le bus et d’arriver à l’autre gare à temps pour ma correspondance.

Dans le second train, un homme âgé m’aborda. Il devait descendre au Mans et comptait faire la route restante jusqu’à chez lui en voiture, celle-ci étant restée au parking de la gare. Il me proposa gracieusement de m’emmener dans la ville où je devais me rendre, et même de me déposer devant la maison colorée de mon hôte. Il n’habitait pas dans cette commune, et je ne pouvais que remercier mon Sauveur de faire venir à moi tant de gentillesse et tant d’aide, sans jamais s’en lasser ni être en panne de ressources !

J’aurais pu finir mon voyage en train, mais je n’avais que dix minutes pour prendre ma correspondance, et je devais me rendre au guichet pour faire changer mon billet de retour, sans quoi l’échange ne serait plus possible. L’homme me témoigna une grande courtoisie : il m’accompagna au service de vente, sollicita pour moi l’intérêt de l’agent de gare et partit chercher sa voiture, en m’attendant dans le parking. La personne au guichet fut très compréhensive. Mon billet fut échangé sans frais supplémentaires, ceci grâce au retard du train qui avait été immobilisé pendant trois heures, ce qui m’avait fait louper mon rendez-vous. Ce que cet agent compatissant ne savait pas, c’est que, retard ou non, je devais décaler le rendez-vous : par ma propre faute, puisqu’il fallait attendre l’envoi en Chronopost qui arriverait le lendemain. Autrement dit, j’aurai dû de toutes manières repousser mon retour et, en temps normal, ce changement est facturé à une somme non négligeable.

J’arrivais donc dans la maison où je me trouve à cette heure. La dame me reçut avec une attitude plus qu’amicale. Elle me confia la clef de sa maison, sa nourriture qu’elle mit à ma disposition, et me confia également une partie de son cœur, lorsqu’au cours de la soirée elle me parla de son enfance, de sa jeunesse, de sa souffrance et de tout ce qu’elle avait enduré. Je compris le pourquoi de mon voyage. Dieu avait suscité une personne qui l’écoute, quelqu’un qui cherche à la comprendre. Je ne dirais pas que deux soirs suffisent à transformer une vie, ni trois heures dans un train immobile. Mais je sais que cela n’est qu’une petite fenêtre dans le temps, et que Dieu a le pouvoir de susciter d’autres fenêtres, quand Il le jugera bon, et où Il le voudra. La vie est faite ainsi : une suite de moments décisifs, qui peuvent apporter dans leur contexte une prise de conscience pour avancer, se libérer et grandir.

La majorité des personnes savent cela, mais la fenêtre est vite refermée, puis oubliée. Et ils ne savent pas que Dieu en est l’architecte. Ils se fabriquent des maisons, des édifices entiers sans savoir qu’ils ne peuvent rien contrôler et que tôt ou tard il pleuvra sur leur édifice, et qu’il y aura toute sorte de grêlons qui s’abattront dessus, jusqu’à les obliger à sortir de leur sécurité artificielle et à faire tomber leur masque.

J’ai appris que, finalement, je n’aurais plus besoin de louer une voiture pour me rendre à l’aéroport. Le père de mon amie de jeunesse – celle, qui m’avait proposé de nous conduire – vient d’acheter une fourgonnette, qui est à notre disposition pour le grand départ. Ainsi, ma colère pour l’argent qui a été dépensé dans le train devient injustifiée. Là, où quelque chose disparaît, apparaît autre chose. La difficulté laisse place à la facilité. L’injustice n’est qu’une façade obscure ; elle s’effrite et laisse paraître une justice insoupçonnée…

J’ai moi-même beaucoup appris pendant ces voyages. J’ai finalement réussi à laisser Dieu guider toutes choses. J’ai senti combien mon angoisse a diminué, pour finir par se transformer en douce quiétude. Il m’a suffit de dire au chauffeur de bus à Paris « j’ai la foi » pour sentir le moteur prendre de la vitesse, et passer à chaque fois que le feu était orange, parce qu’il fallait que je change de gare et que je n’avais que trois quarts d’heure. Il suffit d’une parole, d’un regard, d’un sourire pour véhiculer la force de Dieu, quand on a foi en Son Amour qui nous accompagne, où que nous allions.

Autrefois, je luttais comme une brave évangéliste pour enseigner aux autres la doctrine de la Rédemption. Je croyais qu’il fallait tout expliquer, comme une enseignante avec des petits enfants. Certes, le temps est court pour cela, quand on croise une personne et que l’on ne dispose que de quelques heures ou de quelques minutes. On ne connaît pas la personne, on ne sait pas ce qu’elle a traversé, ce en quoi elle croit et ce qu’elle refuse de croire. On ne voit pas ses blessures. On ne sait rien d’elle. Evangéliser de cette manière équivaut à distribuer des tracts à la sortie d’une école, tandis que les jeunes ne cherchent qu’à décompresser et que le sol se recouvre de ce que personne n’est prêt à recevoir.

J’ai compris que la réelle évangélisation dans ce monde si complexe ne peut se faire qu’en partenariat avec Dieu, et uniquement avec l’ouverture d’esprit que suscite la compréhension de Son Amour. L’expérience personnelle de ce partenariat divin, de cette alliance d’Amour extraordinaire, surtout dans les péripéties les plus éprouvantes, conduit inexorablement à véhiculer quelque chose de spécial, d’indescriptible autour de soi. Cela nous pousse à aller à la rencontre de certaines personnes pour qui le Seigneur éprouve une grande affection, et souvent elles viennent d’elle-même, poussées par une force invisible.  Des personnes qui se trouvent à un croisement de leur vie, qui ont ou auront besoin de quelque chose : d’une parole, d’un geste, d’une rencontre.

Il ne s’agit pas de leur réciter la Bible, mais de leur parler du meilleur des partenaires. Il ne s’agit pas de sauver leur âme – car cela seul Dieu peut le faire – mais d’ajouter l’ingrédient particulier qui manque à leur cheminement spirituel. Il n’y a pas de recette, pas de directive générale, seulement un Partenariat surnaturel duquel découlent chaque moment spécial, chaque situation qui puisse contribuer au développement de chacun. Un partenariat à toute épreuve.

Je souhaite à chacun de vivre ce Partenariat chaque jour toujours plus, jusqu’à son dernier souffle. Je souhaite à chacun de voir les épreuves et les défis, les changements imprévus et les nouvelles difficultés comme faisant partie de ce Partenariat. Non comme des contraintes, mais comme une alliance. Puisque c’est ainsi que notre Roi veut agir dans ce monde, laissons-nous librement guider par notre Partenaire céleste, cherchons avant tout la sécurité de Son Amour et reposons-nous toujours sur Sa Sagesse, en toutes circonstances. Cette alliance ne consiste pas à vouloir tout diriger et à vouloir tout comprendre. Cette alliance est notre force et notre liberté dans ce monde. Je vous souhaite de vivre réellement cette alliance.

Que Dieu vous bénisse. Qu’Il nous apporte l’ingrédient manquant dans notre cheminement spirituel. Qu’Il le fasse pour tous ceux qui cherchent en Lui leur refuge, dans ces temps où il se passe de plus en plus d’événements étranges et de tragédies. Et qu’Il le fasse aussi pour les autres, parce que Son Amour couvre toute la terre et que la perdition n’est pas Sa volonté.

« Je recommande donc, avant toutes choses, qu’on fasse des requêtes, des prières, des supplications et des actions de grâces pour tous les hommes ; […] afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Car cela est bon et agréable aux yeux de Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés, et qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2:1-4).

« Il faut secourir les faibles, et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20:35).

« [Dieu] nous a rendus capables d’être ministres de la nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie » (2 Corinthiens 3:6).

« Tous les sentiers de l’Éternel ne sont que bonté et fidélité, pour ceux qui gardent son alliance et ses témoignages » (Psaume 25:10).

« Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent, et il leur fera connaître son alliance » (Psaume 25:14).

Anne-Gaëlle

 




T.031 – Des créatures inachevées

Ce jour a été pour moi vraiment spécial : après de longs mois d’attente, j’ai revu une personne dont j’avais une très mauvaise opinion et Dieu m’a donné une bonne leçon…

En effet, je nourrissais semaine après semaine de la rancune envers cet homme – qui se trouve être de ma parenté – parce que j’avais cru ses beaux discours avant de devenir sa locataire et de venir m’installer dans ce village que j’ai tellement méprisé par la suite. Après avoir amèrement regretté, j’ai organisé peu à peu mon départ et lutté de toutes mes forces pour témoigner de mon zèle dans les conditions les plus difficiles. Tous les efforts et la fatigue pour repeindre les murs et arranger cet appartement, qu’il m’était impossible d’affectionner, tout cela nourrissait en moi une sensation d’injustice.

Il avait empoché la caution de mon prédécesseur sans rien arranger dans le logement et m’avait demandé de tout remettre en bon état par mes propres moyens, ce qui équivalait pour moi à faire le travail d’un autre sans aucune aide ni rémunération. En d’autres termes, il fallait que je répare les bêtises et enlève la saleté d’un autre, et que je le fasse gratuitement… Comme le Christ le fait pour nous tous ! Mais Lui le fait sans broncher, sans Se plaindre une seule fois, tandis que moi, j’ai laissé ma perception m’induire en erreur et je me suis lamentée…

Outre les questions d’appartement, je reprochais à mon oncle de ne pas s’être occupé de nous, de ne nous avoir jamais invitées, ma fille et moi, alors que nous nous étions géographiquement rapprochées de lui. Je lui reprochais de ne pas avoir tenu sa promesse de me présenter à ses amis. Je lui en voulais de nous avoir laissées dans la plus grande des solitudes pendant toute une année, ce qui nous a semblé être une éternité.

J’étais tellement déçue et écœurée par sa négligence, tellement irritée par l’esprit de profit que je lui attribuais, que je n’ai eu cesse ces dernières semaines de le critiquer et, dans mon indignation, de médire sur sa personne devant d’autres. Tandis que je me préparais à affronter la dureté et l’intransigeance de cet oncle que je prenais pour un monstre, le Seigneur m’a rappelé à l’ordre…

J’ai passé beaucoup de temps à repeindre, à nettoyer, à retoucher, à rafistoler, de manière à ce qu’il se plaigne le moins possible, car je ne pouvais pas répondre parfaitement à toutes ses exigences. J’étais malade d’angoisse. C’est alors qu’il est arrivé : il nous a immédiatement invitées au restaurant, où nous avons mangé copieusement. Il s’est montré très courtois avec moi. Il nous a posé beaucoup de questions et a fait preuve d’un grand intérêt pour notre avenir, ainsi que d’une grande curiosité vis-à-vis de notre future cadre de vie. Nous avons agréablement bavardé et j’en ai oublié toutes mes craintes !

L’état des lieux fut rapide : il ne regarda rien en détail, il s’exclama d’admiration devant la blancheur des murs, lorsque je lui montrai fièrement que j’avais également repeint le salon, qui est la pièce la plus vaste. Il jeta de brefs coups d’œil dans les autres pièces, tandis que je le guidais en commentant mon travail. Après avoir rempli son formulaire, il resta encore pour écouter mes mésaventures concernant la préparation de mon déménagement, ainsi que le récit de mes difficultés. Puis il sortit un moment et revint en me tendant une liasse de billets, ceci en me souhaitant un bon nouveau départ.

Telles furent ses paroles : « Pour t’aider à redémarrer… Parce que tu le mérites : tu as un cœur en or ». J’en fus complètement bouleversée, d’autant plus qu’il me serra dans ses bras et m’embrassa à deux reprises. Cet oncle que j’avais tendrement aimé dans mon enfance, et que la vie avait éloigné de moi jusqu’à ne devenir dans mon ressentir qu’un glacial inconnu, un lointain propriétaire…

Moi, le monstre de médisance, le puits de rancune. Moi au cœur si noir d’impuretés, j’avais à ses yeux un cœur en or ! Ai-je déjà reçu dans ma vie leçon plus parlante que celle-ci ? Oui, je le crois bien : une fois ou deux, peut-être plus, mais ces leçons furent vite oubliées… Comment mon Seigneur et Père peut-Il encore, après tant d’années et après tant d’erreurs de ma part, avoir si grande compassion pour m’offrir une autre leçon, d’une façon si aimante ? Serrée, embrassée, complimentée de manière injustifiée sur ce cœur qui est le mien et que Lui seul connait vraiment. Et avec tant de générosité, puisque ce sont des coups de règle sur les doigts que je méritais, et non une liasse de billets avec un copieux repas !

Mon oncle m’offrit également un très joli stylo, celui-là même avec lequel j’écris ces mots dans mon journal. Ce stylo est muni au bout d’une petite lampe : c’est pour me rappeler symboliquement que j’ai besoin de lumière. La Lumière de Dieu, je ne peux pas la générer en moi. La miséricorde de Dieu, je ne peux pas la générer en moi. Je ne peux rien générer de bon en moi, je veux dire, rien de pur.

Tous les êtres humains – chrétiens, païens ou athées – ont en eux de bonnes et de mauvaises choses, mais rien de pur, rien de parfait. Je crois que c’est cela que l’apôtre Paul voulait dire quand il a écrit que le bien n’habite pas en l’homme : il n’y a rien de vraiment parfaitement bien dans l’être humain, car le bien qu’on trouve est souvent limité et corrompu par le mal. Quand on le sait déjà, on est moins déçu par les fausses promesses, les mensonges, les fraudes et autres supercheries, puis on se pose moins de questions quant à la versatilité de certains caractères.

Mais ne voir dans l’homme que le mal et le péché est une attitude bien dangereuse : cette attitude pousse inévitablement à adopter une tournure d’esprit très étroite qui assèche le cœur et nous place là où nous n’avons pas le droit de nous placer : dans la position de juge suprême. Et pour sûr, cette attitude nous rend à la longue méprisant et rancunier, et donc incompétent en qualité de justice.

L’être humain qui ne perçoit que les travers de son prochain en oublie qu’ils ne sont tous deux que des humains et donc, par définition, des créatures petites et inachevées pour lesquelles le Créateur a encore beaucoup de leçons en réserve…

La médisance est une épice nocive dont on pourrait tous se passer. Et pourtant, elle assaisonne les conflits et les guerres, et les engendre parfois. Mais même si elle peut être basée sur des faits réels, rien ne la justifie, car elle ne révèle au mieux qu’une partie de la réalité : seul Dieu omniscient connaît la totalité des faits dans toute leur vérité. Seul Dieu peut soulever le rideau de chaque existence, de chaque vie privée, de chaque vie secrète. Seul Dieu peut révéler ce qui se cache derrière : les sacrifices des uns et des autres faits en silence dans l’anonymat, les douleurs qui poussent les uns et les autres à mal agir, les difficultés que les uns ou les autres traversent sans forcément le laisser paraître, la fiabilité du succès – friable ou solide – dont les uns et les autres peuvent de vanter… Dieu sait tout en vérité tandis que nous, nous ne savons rien, et bien souvent nous nous trompons sur les autres, tout comme nous nous trompons sur nous-mêmes.

Ainsi, il est impératif pour moi d’écrire mes erreurs et, par la grâce de Dieu, de les corriger, et nécessaire d’avertir les uns et les autres, en toute humilité. Même si cela me coûte cher, car nombreuses sont les larmes que j’ai versées et grande est l’humiliation que j’éprouve. Quand notre Père nous reprend, c’est douloureux et soulageant à la fois. Cela blesse l’orgueil, cela brise le cœur qui se remplit de honte. Mais cet embarras est salvateur, puisqu’il est précurseur du salut. La Rédemption par le sang parfait du Christ est un baume qui apaise et guérit. Comme un baume gras sur une cuisante brulure, le pardon du Père efface progressivement la douleur et le trouble. Quelle joie soudaine, là où il n’y avait que honte et regrets !

Dieu est un Père qui pardonne tout en offrant Sa sagesse pour continuer la route. Il offre Sa sagesse divine sous la forme de conseils bienveillants, d’une affection palpable et de multiples bienfaits, jusque dans les détails pratiques et les besoins les plus matériels. Avec tant d’attentions, il est difficile de concevoir combien nos offenses et tout le mal que nous avons fait peuvent Le tourmenter. Et pourtant, Il en souffre. Il souffre pour nous, Il prend tout sur Lui et Il nous tend Sa main. Toujours et encore, encore une autre fois.

Je découvre en Dieu toujours plus l’image d’un Père, une image qui se renouvelle chaque jour : il le faut, car l’image terrestre de ce que l’on appelle un « père » est souvent tellement déformée… Ce père-là, certains ne veulent même pas y penser. Pour moi comme pour bien d’autres, ce sont des eaux troubles et amères, des mers agitées, un océan d’abandon, un iceberg de solitude, des orages de colère. Ce sont des paysages désolés, des croquis inachevés, des mélodies muettes, des plaies béantes. C’est tout un univers de glace que peut renfermer en soi le seul mot « père ».

Alors, il faut réapprendre à aimer ce mot. Il faut le comprendre à nouveau, se faire une nouvelle image de sa réelle définition, de sa véritable signification dans les cieux. Jour après jour, déception après déception, l’Esprit de Dieu œuvre en ce sens afin de faire régner la miséricorde divine dans nos cœurs d’enfants de Dieu, ainsi que dans notre perception trop humaine.

En apprenant à mesurer l’Amour du divin Père au-travers de Sa parfaite éducation à notre égard, nous deviendrons assez petits pour relativiser tout le mal qui nous pousse à nous haïr les uns les autres, et assez grands pour déceler de la lumière même chez nos ennemis, puis assez sages pour percevoir les lueurs du bien dans chaque être humain avant de le condamner et de le mépriser.

Que Dieu nous offre Son regard juste et miséricordieux, ainsi que l’humilité et la patience nécessaires pour nous modérer dans nos élans négatifs.

Soyez richement bénis !

Anne-Gaëlle

« Car je sais que le bien n’habite point en moi, c’est-à-dire, dans ma chair, parce que j’ai la volonté de faire le bien ; mais je ne parviens pas à l’accomplir » (Romains 7:18).

« De la plante du pied jusqu’à la tête, il n’y a rien de sain ; ce ne sont que blessures, meurtrissures et plaies vives, qui n’ont point été pansées, ni bandées, ni adoucies avec l’huile » (Esaie 1:6).

« Si quelqu’un d’entre vous pense être religieux, et ne tient point sa langue en bride, mais trompe son cœur, la religion d’un tel homme est vaine » (Jacques 1:26).

 « Celui qui n’aime point [son prochain], n’a point connu Dieu ; car Dieu est charité » (1 Jean 4:8).

« Pour nous, nous avons connu et cru l’amour que Dieu a pour nous : Dieu est charité ; et celui qui demeure dans la charité, demeure en Dieu et Dieu en lui » (1 Jean 4:16).

« Et quoi que vous fassiez, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes » (Colossiens 3:23).




T.030 – Se tromper de cible

N’est-ce pas une erreur bien humaine que de se tromper de cible ?

Nous nous fixons toujours des objectifs, même inconsciemment, et ce sont très souvent nos douleurs et nos hantises qui se prêtent à les définir. Nous pouvons ainsi passer notre vie à poursuivre des objectifs trompeurs et quasiment inatteignables, tandis qu’ils grandiront et gagneront en importance au fur et à mesure que nous nous en approcherons, d’où l’éternelle insatisfaction qui nous caractérise. Ou, bien au contraire, si ces objectifs sont aussi éloignés que les étoiles, les échecs en seront tout aussi nombreux. Alors, on finira, soit par se mentir – essayant malgré tout encore et encore et croyant que le prochain essai sera le bon – soit par se laisser mourir, car incapable de se fixer de nouveaux objectifs, ce qui conduit à la dépression.

La question n’est donc pas de pouvoir atteindre oui ou non nos précieux objectifs, mais il s’agit plutôt de chercher à les analyser et à comprendre. Je dois surtout être honnête quand j’examine ma volonté. C’est seulement ainsi que je prendrai conscience que je tiens dans mes mains le mauvais arc et que je vise la mauvaise cible.

Depuis plusieurs semaines, je projette un déménagement de 11 000 km par rapport au lieu où je me trouve. Il va sans dire que c’est une entreprise coûteuse : en terme d’argent, de temps, d’énergie et de démarches diverses. Le Seigneur est certes à mes côtés, mais je suis humainement seule pour tout organiser et pour tout faire.

Dieu sait combien ce projet me tient à cœur. Il sait que je n’ai sur toute la terre aucun endroit auquel je puisse prétendre appartenir, aucun lieu dans lequel j’ai pu planter racine, aucune patrie ici-bas avec laquelle je puisse m’identifier. Il sait qu’il n’y a aucune place où je me sente à ma place, aucune à part cette île, qui fut pour moi le lieu de rencontre avec mon Créateur et mon Rédempteur, lieu de conversion, lieu de baptême et point de départ d’une nouvelle vie en Christ, il y a maintenant onze ans. Il sait que depuis que j’ai quitté ce lieu, je n’ai jamais retrouvé ce que j’ai perdu, ni jamais retrouvé le privilège que j’avais d’être réellement accueillie.

Le Seigneur Jésus est très bien placé pour connaître cette étrange et douloureuse sensation que d’être un étranger là où l’on se trouve et de ne pas appartenir à cet endroit, ni à tous ceux dans lesquels on chemine ici-bas. Qui peut le comprendre mieux que Lui ? Il a quitté Son ciel de Gloire pour venir S’installer sur la terre de manière passagère, cette terre toute corrompue qui n’a rien de commun avec Son Royaume céleste tellement parfait. Il a également quitté Son foyer, le foyer de Sa jeunesse à Nazareth, où Il avait Sa famille, Ses amis et les coutumes de Ses ancêtres, sur lesquels tout Son peuple a fondé son identité. Il quitta tout cela pour devenir un nomade, un sans-foyer, un marginal itinérant qui parcourait les routes poussiéreuses de diverses contrées et cultures, Se faisant traiter de traitre et de « hors-la-loi ». Il ne retrouva plus sur terre la douce chaleur du village de Son enfance. Il sait combien cette sensation est cruelle et Il sait combien la solitude est amère.

Jésus sait tout cela et, dans Sa grande bonté compatissante, Il comprend ce qui m’anime. Mais pourtant, pendant de longues semaines, c’est comme s’Il S’était contenté de rester là, à me regarder et à attendre… Je déplorais Son attitude passive, tandis que je tentais par de nombreux efforts d’organiser mon déménagement. Souffrant de voir mon projet au statut de rêve abstrait et de ne pouvoir le concrétiser, je passais mon temps à faire mes comptes.

Comme le suggère la raison humaine, je calculais la somme de tout ce dont j’aurais besoin financièrement dans chaque étape de mon projet. Je calculais la somme de toutes les économies et gains possibles durant les mois jusqu’à la date de départ souhaitée. Et je calculais ce qui me restait encore à obtenir. Mais incapable de me fier à ces calculs, qui s’avéraient toujours faux et qui s’effritaient jour après jour comme des châteaux de sable, je refaisais sans cesse de nouveaux calculs…  Tout allait de travers et je manquais inlassablement ma cible : la somme à atteindre pour enfin réaliser mon projet.

Puis, quelque chose d’imprévisible arriva, à priori pour moi un grand malheur : j’eus un accident de voiture, provoqué toute seule par ma simple inattention, à force de réfléchir à l’argent qui me manquait et de ne pas me concentrer sur la route. C’est ainsi que je perdis ma voiture. Mon assurance-automobile ne pouvait intervenir, car là-dessus j’avais également cherché à économiser, souscrivant la formule la plus basique. Sachant cela, au moment de l’accident, je fus très angoissée : à mes yeux, c’était tout mon projet qui s’écroulait subitement. Pas de voiture, donc pas de travail. Point de travail, donc point d’économie. Et sans économie, pas de possibilité d’obtenir la somme fixée, donc impossible d’atteindre ma cible !

Paniquée et seule, tandis que je sortais du fossé dans lequel je m’étais enfoncée, je vis en face de moi arriver une voiture qui s’arrêta pour me faire signe de me retourner, ce que je fis aussitôt. J’aperçus un véhicule de police avançant vers moi, avec deux gendarmes qui arrivèrent à la rescousse. Ils s’occupèrent de tout et gérèrent la situation sans que j’aie besoin de faire quoi que ce soit. Un court moment après l’accident, ma voiture et moi furent emmenés par un dépanneur vers le garage du village le plus proche. Le garagiste se démena pour trouver, parmi ses voitures de prêt toutes en circulation, une qu’il puisse récupérer immédiatement pour la mettre gracieusement à ma disposition. En un rien de temps, je repartis travailler comme s’il ne s’était rien passé. Tout se passa si vite et fut si bien orchestré que j’en eus le souffle coupé.

Dieu savait exactement à quelle heure et en quel lieu j’aurais cet accident et Il mit tout en œuvre pour faire venir les bonnes personnes au bon moment, là où j’en avais grandement besoin. Cette expérience assez singulière eut pour effet de me détendre un peu. Mais cette sensation d’être serrée dans Ses bras fut malheureusement de courte durée, car, au fond de moi, je craignais plus que jamais pour la concrétisation de mon projet : pour mon objectif d’épargne, auquel j’attribuais de plus en plus d’importance. Je devrais certainement arrêter mon petit job bien lucratif, dont la condition requise est d’avoir un véhicule. Et je ne pourrais plus me servir de ma grande voiture pour le déménagement, mon plan initial étant de la faire transporter complètement chargée par bateau. Et le pire était que, de toute évidence, il me faudrait quatre fois plus de temps pour mettre la somme requise de côté…

Toute mon angoisse d’envola le jour où je reçus le rapport d’expertise : l’accident étant survenu pendant mon travail, l’assurance professionnelle prit en charge le sinistre en me dédommageant du dépannage et en rachetant ma vieille épave à un prix que je n’aurais pas osé imaginer. Cette sournoise angoisse repartit aussi vite qu’elle était venue, le jour où j’avais soudain perdu le contrôle de mon véhicule. Je compris alors que cet accident – qui m’avait fait lâcher les rênes de mon existence présente – était la manière surprenante et imprévisible dont Dieu avait agi : se servant d’un mal pour le transformer par des circonstances miraculeuses en bien, et pour apporter par ce biais solution et délivrance.

Ma manière de procéder n’était pas bonne et mon plan n’était pas celui du Seigneur. Je m’étais attachée à l’idée qu’il me faudrait travailler dur durant tous les mois qu’il me resterait avant le déménagement. Je laissais ma fille seule à la maison, dès le matin tôt, et de longues heures jusqu’au soir. J’étais physiquement trop épuisée par les heures de ménage pour être encore capable en rentrant de m’occuper correctement de mon enfant et de ma maison. Je n’en pouvais plus de courir et de tous ces trajets à foncer d’un domicile à un autre, de village en village, en craignant d’arriver en retard. Mais je me cramponnais à mon objectif qui trônait dans mon esprit sur un haut piédestal. Je prenais très souvent des analgésiques assez forts pour tenir le coup, croyant qu’il n’y avait pas d’autre moyen, pas d’autre chemin pour arriver à mon but. Puis, Dieu m’a soudain délivrée de ma fatigue et de mes obligations. Et Il m’a libérée de mon angoisse.

L’indemnisation de l’assurance est arrivée, trop peu pour racheter une bonne voiture, mais assez pour payer les billets d’avion : pour un adulte, un enfant et trois animaux de compagnie. Quelle joie ce fut d’être enfin en mesure de régler la question de l’avion ! Quelle délicieuse euphorie ! Je louais Dieu pour cela, mais ce fut de bien courte durée, car je commençai à sentir une nouvelle vague d’angoisse…

J’étais encore bien loin de la somme fixée, même en faisant abstraction des billets d’avion. Et surtout, je n’avais toujours pas trouvé de logement là où je comptais déménager. La cruauté du temps qui passe jour après jour, sans jamais vouloir s’arrêter un peu, accentuait l’intensité de ma crainte. N’ayant pas de solution d’hébergement, je ne pouvais en aucun cas risquer de nous retrouver dehors sous les ponts… J’attendais donc nerveusement que les choses se concrétisent avant de réserver le vol. C’était naturellement ma manière de procéder : d’abord m’assurer des conditions les plus sûres, puis agir. Mais, paradoxalement, cette attente m’éloignait encore plus de mon objectif, puisqu’elle réduisait chaque jour un peu plus les chances de partir le jour prévu au tarif souhaité. Quelle ambigüité était-ce là : chercher la sécurité et, dans cette mesure, la perdre !

Je compris enfin que, depuis le début, je m’étais trompée de cible. L’objectif à atteindre n’était pas de mettre une certaine somme de côté – aussi raisonnable cela paraissait-il – pour couvrir tous les frais liés au grand déménagement. Cette somme n’aurait jamais été atteinte. Et même si elle l’avait été un jour, l’objectif serait devenu plus grand et l’angoisse serait restée la même.

Le Seigneur, en me donnant par des circonstances miraculeuses la somme nécessaire pour l’achat des billets d’avion, ne m’avait-Il pas prouvé qu’Il pourvoie en temps voulu de Sa manière et selon Son plan ? Doit-Il Se confiner dans une méthodologie humaine ? N’a-t-Il pas le droit de choisir Ses méthodes ? N’y a-t-il pas, pour Lui, plus de gloire à réaliser des choses surprenantes que personne ne peut prévoir et que Lui seul connaît ? Se glorifierait-Il autant en suivant à la lettre un petit plan conçu par un humain qui n’y connaît pas grand-chose ? Doit-Il suivre la même chronologie que celle que l’esprit humain – prisonnier à l’intérieur de l’espace et du temps – impose à la raison de manière tout à fait catégorique et hermétique ? Et est-ce un témoignage de foi que de suivre un tel raisonnement ? Quel est donc le véritable objectif ?

J’ai compris que mon vrai objectif est de marcher par la foi, contrairement à l’habitude que j’avais prise de toujours tout calculer. Mon vrai objectif est de m’appuyer sur ce que Dieu me donne présentement, et non pas sur ce qui me manque encore. Mon objectif est de me fier à ce que Dieu est, et non à la fausse sécurité des placements, des certificats et des preuves. Mon objectif est de mettre mon cœur dans le cœur de Dieu : c’est-à-dire de ne compter que sur l’assurance qu’Il m’aime et sur Son omnipotence si je me confie en Lui.

Il me faut oublier l’ancienne cible et ne plus mettre ma foi dans des calculs chimériques qui n’aboutissent à rien, puisque je ne suis pas maître des circonstances. Je ne sais finalement pas grand-chose, car, dans ma condition humaine si limitée, je ne connais que peu de choses. En vérité, dans tout ce qui m’arrive, je ne suis sûre de rien ; mais il y a une certitude inébranlable et indéracinable : l’Amour tout-puissant de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Voilà désormais ce sur quoi je fonde la réalisation de mon projet, et non plus sur des critères terrestres et matériels.

A force d’attendre que les choses se concrétisent, je n’attrapais pas la main que Dieu m’avait tendue et je ne l’entendais pas me dire : « Voilà ma fille pour tes billets d’avion. C’est aussi simple que cela ». Mais nous autres, les humains, nous aimons bien nous compliquer la vie. Nous créons nous-mêmes la plupart de nos problèmes. Nous nous imposons des règles selon nos coutumes et nos traditions. Nous pensons que nos méthodes sont les seules qui soient valables et efficaces. Quelle erreur grossière ! Une erreur qui éloigne de Dieu, puisqu’elle est aux antipodes de la foi toute simple et authentique que Jésus nous a enseignée et par laquelle Abraham – notre modèle de foi – a marché. Cette fois enfantine et sincère qui nous remplissait à l’aube de notre vie chrétienne, alors que nous venions de nous convertir au système de valeurs de Dieu.

Mais le monde et son système de valeurs qui nous entourent en permanence reprennent si facilement le contrôle… Nous sommes comme des éponges qui nous imbibons du jus de la mentalité qui nous environne, le jus amer des croyances populaires de notre société. Quelle prison est-ce là ! Or, Jésus nous recommande de ne pas nous laisser influencer et de ne pas laisser le système qui nous entoure déteindre sur nous et sur notre manière d’agir. Il nous met en garde tout le long de la Bible, jusque dans l’Apocalypse lorsqu’Il S’adresse aux Églises.

La foi brise les murs de la prison. Par la foi, nous ne dépendons plus des circonstances ou des objectifs erronés que nous nous fixons si maladroitement. Nous ne dépendons plus que de Dieu et cheminons en nous laissant porter en toute confiance par Sa Grâce souveraine et Sa toute-puissance.

J’ai acheté les billets d’avion. J’ai changé mon idée à propos de la date. J’ai changé la chronologie de mes idées. J’ai changé de méthode. Et j’ai bien sûr avant tout changé d’objectif. Ce cheminement pédagogique m’a poussé à changer mes objectifs dans d’autres domaines également, puisque cette leçon ne se limite pas au sujet de la réalisation d’un projet ; elle peut s’étendre sur tous les sujets pour lesquels nous émettons un désir et nous nous fixons un but.

Par exemple, une personne qui se trouve beaucoup trop corpulente et d’une laideur accablante pourrait changer de cible en arrêtant d’essayer de maigrir et de s’acheter toute sorte de cosmétiques et de produits d’amaigrissement. Elle redéfinirait son objectif en visant le bien-être dans le corps que Dieu lui a donné, et en prenant soin d’elle sans chercher à se transformer. Elle y trouverait joie, santé et satisfaction. Elle rendrait gloire à Dieu en se découvrant un charme qui lui est propre.

Une personne qui ne plaît à personne peut avoir comme objectif grandissant celui de se marier, afin de prouver au monde et à elle-même qu’elle peut être aimée, que sa présence et sa compagnie peuvent être jugées agréables, puis, par cet être aimant, oublier sa profonde solitude qui n’a cesse de la torturer. Cette personne peut redéfinir ses objectifs en vivant par la foi en l’Amour du Christ pour elle et en se voyant mariée à Lui. Elle n’est pas forcée de faire abstraction de son désir, mais il reviendra se mettre au statut de désir, et non plus au statut de cible à atteindre à tout prix. Ainsi, le jour où l’amour viendra frapper à sa porte, cela aura évité de gâcher cette rencontre qui aurait pu facilement se fendre sous l’avalanche de l’impulsive obstination.

Pour chaque chose, il est bon d’examiner ses intentions, ainsi que la nature profonde des motivations qui nous habitent. En changeant de cible (objectif) et d’arc (méthode), on se rend compte que Dieu n’est plus un spectateur passif, mais qu’Il prend les rênes. Un grand soulagement vient s’installer dans le cœur du chrétien, même si la situation n’est pas encore complètement dénouée et si la délivrance n’est pas encore complète ou visible.

Gloire à Dieu, notre enseignant et pédagogue, qui n’a cesse de nous instruire : ceci car Il souhaite le meilleur pour nous, c’est bien cela Son objectif !

C’est sur cette base que j’ai effectué ce grand pas de foi : suivre la chronologie de Dieu et ne pas m’inquiéter pour demain, ni pour le jour de mon déménagement. Nous ne dormirons certainement pas sous les ponts en arrivant sur l’île. Je n’aurai pas non plus à mendier. Dieu – j’en suis sûre – nous réserve une belle surprise : en temps voulu, selon nos besoins et à Sa manière. Car Il agit peu par peu, au fur et à mesure, sans quoi le mot « foi » ne voudrait plus rien dire.

L’Homme, qui a construit des satellites, veut avoir une vue aérienne afin de connaître tous les endroits de la terre et de pouvoir mieux contrôler le monde, ce qu’il croit véritablement bien faire. Il en oublie que seul Dieu est Dieu ; Lui seul a une vue panoramique sur tous les évènements, en dehors de l’espace et du temps.

« Vous demandez, et vous ne recevez point, parce que vous demandez mal » (Jacques 4:3).

« Tenez-vous donc fermes dans la liberté, dont Christ vous a rendus libres, et ne vous remettez pas de nouveau sous le joug de la servitude » (Galates 5:1).

« Le but du commandement, c’est la charité, qui procède d’un cœur pur, et d’une bonne conscience, et d’une foi sincère » (1 Timothée 1:5).

« Or la foi rend présentes les choses qu’on espère, et elle est une démonstration de celles qu’on ne voit point » (Hébreux 11:1).

« Tout ce que l’on ne fait pas avec foi, est un péché » (Romains 14:23).

Soyez bénis !

Anne-Gaëlle




T.029 – Petites réflexions au crépuscule de la vie

Vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Ne pas reporter à demain de devenir meilleur. Ne pas faire comme s’il me restait des décennies pour améliorer mon comportement.

Comprendre et assumer les conséquences de mes fautes et oser supplier Dieu de les réparer si je ne peux pas le faire moi-même.

Ne pas rejeter la responsabilité de mes actes sur mes conditions de vie et les épreuves que je traverse, car tant que je vivrai, je serai toujours éprouvée, et tant que le péché prédominera sur la terre, les conditions idéales ne peuvent pas exister.

Si je devais comparaître aujourd’hui devant Dieu, pourrais-je Lui dire « C’est à cause des mauvaises conditions dans lesquelles j’étais réduite à vivre » ? Ces circonstances présentes sont pour la plupart indépendantes de ma volonté. Mais elles sont étroitement liées à des choix que j’ai faits, même si je pensais ne pas avoir le choix. Or, j’ai toujours le choix : dans ma manière de réagir et de faire face aux difficultés.

Une plante essaie toujours de pousser et de grandir, quelques soient les paramètres et facteurs environnementaux. Plantée dans le désert ou dans un sol non fertile, elle va centrer tous ses efforts pour capter l’humidité, mettre en réserve la moindre goutte d’eau, mettre à profit chaque rayon de soleil et se protéger du vent ou de l’excès de chaleur. Tout sera naturellement mis en œuvre pour que, malgré sa « malchance », elle pousse quand même. Sa croissance sera certes lente et sa vie bien plus courte que les autres plantes, mais elle aura fait le maximum pour surmonter son handicap et atteindre son objectif biologique, qui est de grandir et de se reproduire.

Même les plantes ont des choses à nous enseigner, comme le sens de l’adaptation… Ne sommes-nous pas appelés à optimiser notre croissance spirituelle au beau milieu de nos « facteurs environnementaux » ? Ne sommes-nous pas appelés à assurer — même dans les milieux hostiles — une « reproduction spirituelle », fruit du témoignage chrétien ?

Ne pas craindre d’être trop mauvais pour servir Dieu. Si ce jour était le tout dernier de ma vie ici-bas, je ne dirais pas « Tant pis, je suis trop mauvais, je ne peux pas parler aux autres de l’amour de Dieu ». Je me dirais au contraire que recevoir et partager l’Amour de Dieu était ma raison d’être et que, s’il ne me restait que quelques heures, il ne faudrait pas perdre une seule miette de ma vocation, indépendamment de tout ce qui me freine.

Si je ne suis pas quelqu’un de bien et si cela se voit autour de moi. Si mon témoignage de vie est médiocre, car, au quotidien, je n’arrive pas encore à me maîtriser et à apprivoiser mon caractère rebelle ou impulsif : mon approche en tant qu’évangéliste — c’est-à-dire témoin de Jésus-Christ — sera différente de celle des « chrétiens modèles ». Mais en aucun cas je suis dispensée de témoigner ; le témoignage de la foi chrétienne ne leur est pas exclusivement réservé.

J’ai le droit — quelque soit ma faiblesse — de parler de la grâce de Dieu, parce que j’ai le droit de la vivre et puisque c’est justement elle qui me fait vivre.

La Grâce de Dieu, dont je m’abreuve chaque jour, est la base de mon témoignage : je suis petite, limitée, prisonnière dans tout ce qui m’éprouve continuellement, mais Dieu m’offre Son pardon et le privilège de Le connaître et de L’aimer malgré tout. Et jour après jour, même à pas de fourmi, Il me libère. Alors, ce témoignage, que je crois minable et honteux, est un véritable témoignage de la Grâce toute-puissante et imméritée de Dieu. Le diable voudrait que je ferme ma bouche et que je ne témoigne pas ; il veut que la honte soit et reste mon partage. Mais je dois vivre ma vocation, quelques soient mes défauts et mon comportement quotidien.

Je me déteste à cause de tous mes défauts, mais je m’aime grâce à l’Amour de Dieu. L’Amour de Jésus pour moi nettoie ma honte, essuie mon manque d’amour propre et me revêt de Son estime. Une douche céleste toujours disponible, chaque fois que mon mauvais comportement me salit. Ainsi, je peux combler le fossé entre la perfection que je désire en moi-même et l’imperfection qui me caractérise.

La perfection est attirante, mais paradoxalement souvent agaçante ou ennuyante pour nous autres, les humains. La tendance naturelle chez l’Homme est de toujours chercher la petite bête chez son prochain. Si l’on me pense visiblement trop parfaite, on cherchera sans relâche mes défauts et mes faiblesses, et on finira par les découvrir. On testera mes limites, on m’éprouvera jusqu’à ce que je montre ne serait-ce qu’une seule faiblesse. C’est ce qu’on appelle le harcèlement…

Ainsi se conduisent les humains. C’est pourquoi bien souvent on regrette amèrement de s’être montré trop bon. Alors, à quoi bon vouloir à tout prix cacher ses défauts ? On sera éprouvé d’une manière ou d’une autre : les défauts agacent l’entourage, mais la perfection est tout aussi dérangeante. L’absence apparente de défaut est parfois même un argument de rupture ; sans doute est-elle quelque peu difficile à vivre dans une relation.

Les personnes à priori parfaites sont effrayantes et parfois démoralisantes, car elles sont le miroir inversé de notre imperfection : on se sent petit et misérable à côté d’elles. Elles sont intimidantes ; on ose à peine leur adresser la parole. C’est sans doute l’effet que produisaient les beaux et prestigieux pharisiens, il y a 2 000 ans, sur le peuple de simples paysans sans grande éducation, ni vie religieuse assidue. Je n’aurais moi-même jamais osé les approcher.

Pourtant aux yeux de Dieu, la perfection sur terre n’existe pas encore : Il voit les défauts cachés aussi nettement que les défauts visibles. En vérité, même les personnes à priori irréprochables ont des luttes cachées qu’ils n’aiment pas mettre en lumière.

Jésus a rétabli dans la foi l’égalité entre tous : Juifs et non Juifs, citoyens libres et esclaves, riches et pauvres, hommes et femmes. Il en est de même à propos de l’évolution spirituelle : si mon aspiration la plus profonde est de Lui appartenir et de vivre à Sa Gloire, Il me place dans Son estime au même rang que les chrétiens irréprochables, parce que je vis par la foi en Sa Grâce, tout comme Abraham.

Cela ne me donne pas le droit de vivre n’importe comment et n’est pas un prétexte pour me contenter de ma médiocrité et ne pas évoluer. Au contraire, ce principe fondamental est le moteur de ma vie. Quand je me lève, quand je me couche, quand je tombe, quand je me sens misérable, c’est cela qui me permet de continuer à vivre sans abandonner le combat.

Quand je regarde les apparences, ce combat me semble tout à fait absurde. Mais l’apparente absurdité n’est qu’un mensonge, un argument de Satan, une arme pour nous réduire à néant. La Grâce de Dieu à elle seule anéantit l’absurdité de nos efforts éphémères et, donc, la soi-disant absurdité du combat : voilà la victoire que nous pouvons vivre dès à présent !

Je continuerai à prier, même si toutes mes prières commencent par « Je t’en supplie, pardonne-moi, Seigneur ». Je continuerai à écrire lorsque de nouvelles impulsions spirituelles bousculeront encore et encore mon esprit repentant. Je continuerai à partager ma lumière dans ces moments qui illuminent ma vie. Je continuerai à partager mes trésors, même si à mes yeux je suis plus pauvre que tous ceux qui aiment les recevoir.

Vivre chaque jour comme si c’était le dernier, c’est ne pas manquer une occasion de donner, même si l’on pense qu’on n’a rien à donner. C’est ne pas manquer une occasion de mettre de l’ordre, là où le chaos ou la confusion ont régné jusqu’à présent. C’est ne pas manquer une occasion de réparer les torts que nous avons pu causer. C’est ne pas manquer une occasion de nous rapprocher de Dieu, car notre dernière heure ici-bas, nous ne savons quand elle adviendra et il faut qu’elle soit vécue en toute conscience auprès de notre Père et Maître.

La fin d’une histoire est toujours plus importante que le début. Si elle commence mal, elle peut se terminer bien. Il faut qu’elle se termine bien. Si, jusqu’à présent, j’ai raté ma vie, même si je suis au crépuscule de mon existence terrestre : si je vis mon dernier jour dans le bain spirituel du véritable repentir et de l’Amour céleste, régénéré par une foi vivante, cette dernière journée à elle seule suffit pour remplir entièrement le livre de ma vie que je laisserai derrière moi. Les chapitres antérieurs auront été comme arrachés : l’Editeur ne s’en soucie guère.

La foi vivante, c’est la foi en la Grâce imméritée de Dieu, offerte par le biais du sacrifice de Jésus-Christ, notre Sauveur : foi qui transforme, qui ressuscite les morts et qui donne la vie éternelle.

Voilà peut-être le pourquoi de ma petitesse : être remplie ponctuellement de la grandeur de la Grâce divine et de sa Plénitude, ce qui à mon niveau ne peut être vécu qu’avec une grande intensité. Cela afin d’être un canal — même ponctuellement — de cette Grâce qui nous est accordée à nous tous aussi longtemps que Dieu le voudra.

Non, Satan, je ne me tairai pas.

Voici donc quelques notes, mes chers frères et sœurs en Christ, rédigées spontanément dans un moment de lutte personnelle, tandis que je traverse douleur et doute. Je me lève dans le noir et, à la lumière d’une lampe de poche, j’écris ces réflexions par peur qu’elles disparaissent aussitôt. Je vous les envoie, car je crois que beaucoup de chrétiens luttent et souffrent secrètement, beaucoup se pensent indignes de se voir comme des témoins de notre Seigneur, malgré leurs difficultés.

« Certainement c’est en vain que j’ai purifié mon cœur, et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence. Car je suis frappé tous les jours, et mon châtiment revient chaque matin » (Psaume 73:13-14).

Que Dieu purifie, non seulement votre cœur et votre corps, mais aussi votre regard, afin que vous puissiez vous voir selon Sa perception.

« Si donc quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature ; les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5:17).

Que Dieu vous accorde la Grâce de vivre pleinement la relation miraculeuse et privilégiée entre sauvé et Sauveur.

 « J’ai cherché l’Éternel, et il m’a répondu ; il m’a délivré de toutes mes frayeurs. L’a-t-on regardé ? On en est illuminé, on n’a pas à rougir de honte. Cet affligé a crié, et l’Éternel l’a exaucé, et l’a délivré de toutes ses détresses. L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les délivre. Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon ! Heureux l’homme qui se retire vers lui ! » (Psaume 34:5-9).

Que Dieu vous donne la Grâce de vivre chaque jour qu’Il vous offre, comme si ce fut le dernier.

Soyez bénis,

Anne-Gaëlle

 




T.028 – Un sadique marionnettiste

Je désire de tout mon cœur revenir à Dieu. Je voudrais plus que tout que ma vie soit une louange, que mes paroles et le son de ma voix soient remplis de Son Amour et que mon attitude soit le reflet de mon adoration.

J’ai touché les bas-fonds de la misère. Je ne crois pas qu’il soit possible de tomber plus bas. Mais le Seigneur ne m’a pas exterminée, Il m’a laissé vivre et, tandis qu’Il m’observait avec Ses saints anges, Il n’a pas baissé les bras, ni ne m’a abandonnée. Je ne mérite pas Son Amour à mon égard. Je ne mérite rien de tout ce qu’Il me donne.

Le diable m’a fait danser une danse diabolique et je n’ai rien pu faire pour couper le fil : comme une marionnette misérable, je me suis laissée contrôler et je l’ai laissé me dicter ma conduite. J’avais si honte que je voulais mourir. Comment Dieu pouvait-Il m’aimer encore ? Comment pouvait-Il accepter un traître, une créature insupportable qui, même si elle fut jadis Son enfant bien-aimée, s’était corrompue, noyée, perdue dans le gouffre de la vilénie ?

Mais je suis bien en vie. La danse diabolique est finie. J’ai compris qu’il y a une porte de secours pour échapper au sadique marionnettiste. Cette porte, je veux la prendre.

« Que ses bien-aimés triomphent avec gloire ; qu’ils poussent des cris de joie sur leur couche ! Les louanges de Dieu sont dans leur bouche, et l’épée à deux tranchants dans leur main » (Psaume 149:5-6).

Cette épée peut couper le fil du marionnettiste, aussi épais soit-il. C’est la Parole de Dieu plus tranchante que la méchanceté de Satan et plus puissante que sa soif de destruction.

« Que tout ce qui respire loue l’Eternel ! » (Psaume 150:6).

C’est pour cela que je respire encore. C’est pour cela que je suis encore vivante.

J’ai perdu tant de temps, tant d’énergie à lutter amèrement dans un mauvais combat. Mon ennemi n’est pas ma fille qui se rebelle de plus en plus, ni les personnes qui me font du mal, ni même aucun être humain sur la terre, ni moi-même et tous mes défauts. Mon ennemi est invisible et il œuvre sournoisement jour et nuit, tandis que dans mon orgueil d’enfant de Dieu, je me pensais trop chrétienne pour tomber sous son influence. Mais cet ennemi qui m’observe sait comment provoquer ma chute ; il y est parvenu à de nombreuses reprises.

« Ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à combattre, mais contre les principautés, contre les puissances, contre les princes des ténèbres de ce siècle, contre les puissances spirituelles de la méchanceté dans les lieux célestes » (Éphésiens 6:12).

« Le diable, votre ennemi, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer » (1 Pierre 5:8).

Plus bas que terre, j’ai le choix entre mourir ou revenir à Dieu. Le Christ a dit à la femme misérable qui avait été prise en flagrant délit et qu’Il a relevée : « Va et ne pèche plus » (1 Jean 8:11). Il m’a dit la même chose, mais j’avais trop honte, car j’étais incapable de suivre sa directive, incapable de couper le fil du sadique marionnettiste. La Bible raconte-t-elle si cette femme a réussi à changer et à dominer ses mauvais penchants ? A-t-elle immédiatement réussi ? On imagine que oui, car cette rencontre avec le Maître, qui l’a sauvé de la condamnation, a certainement transformé sa vie. Sa bouche n’était plus remplie de désirs inassouvis, mais de louanges pour son nouveau Maître.

Si je respire, c’est pour Le louer. Je ne suis certes pas digne de le louer, ni d’espérer faire partie un jour de Ses élus pour régner. Mais j’ai des poumons et je respire, alors je suis apte à Le louer. C’est ainsi que je veux vivre désormais. Je voudrais me délecter de Sa Grandeur, me rassasier de la splendeur de Ses attributs divins et demeurer dans cette douce béatitude, à Ses pieds chaque jour.

Mon ennemi sourit déjà : il n’est pas convaincu de sa défaite. Il viendra m’infliger la prochaine épreuve et la prochaine tentation. Mais il se peut que je ne la remarque même pas, si toute mon attention est plongée dans la grandeur du Tout-Puissant, Créateur des cieux et de la terre.

Si je regarde bien, quand une difficulté me harcèle au point de me faire tomber d’une manière bien misérable, je prends conscience que pendant ce temps le doigt de Dieu avait soulevé d’autres fardeaux ; ceci afin de ne pas être éprouvée par trop de choses à la fois…

« Aucune tentation ne vous est survenue, qui n’ait été une tentation humaine. Or, Dieu est fidèle, et il ne permettra point que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il vous en donnera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter » (1 Corinthiens 10:13).

Oui, Dieu se soucie de moi quand je tombe, et même si ma conduite L’offense énormément. Il est rempli de tristesse de me voir avoir changé, de ne plus être moi-même. Et Il me laisse vivre pour que j’aie encore une chance de me ressaisir.

« Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu fais bien, ne relèveras-tu pas ton visage ? Mais si tu ne fais pas bien, le péché est couché à ta porte, et son désir est tourné vers toi ; mais toi, tu dois dominer sur lui. » (Genèse 4:6-7).

Comment le pourrais-je ? Le passé m’a montré mille fois que j’en suis incapable. Ce  sont les mots que mon ennemi me murmure chaque jour. Ce qu’il veut, c’est que je mette un terme à ce conflit en m’ôtant la vie, c’est à priori la seule solution humaine à ma portée. Mais si j’étais morte, je ne pourrais plus louer Dieu et je ne serais plus jamais une bénédiction pour quelqu’un ici-bas. Je ne pourrais pas non plus étudier la Vérité et la partager au temps voulu par Dieu. Voilà suffisamment de raisons pour lesquelles le diable s’acharne à tout mettre en œuvre pour m’anéantir. Sans oublier qu’en me détruisant, il atteint indirectement Dieu puisqu’il touche au fruit de Son Amour, celle en qui Il avait mis Son Saint-Esprit et qui était sous Sa protection.

Il y a pourtant une autre solution : celle de rester en vie, de respirer, de louer Dieu et de Lui faire confiance.

Mon attitude déplorable mériterait la mort ; elle est suffisante pour provoquer sur la terre la colère de Dieu. Mais Il ne S’est pas mis en colère contre moi, Il n’a pas arrêté mon cœur pour que je ne respire plus. Il m’a gardée en vie et même protégée, tel un vieil objet rouillé et crasseux qu’Il considèrerait comme étant précieux, car ayant sans doute l’intention un jour de le récurer et de laisser apparaître la véritable couleur de cet objet, enfouie sous la crasse…

« L’Éternel est compatissant et miséricordieux ; lent à la colère et abondant en grâce » (Psaume 103:8).

Alors, cela constitue en soi un bon projet et une bonne résolution : rester vivante pour louer Dieu de tout mon être et ne plus honorer le diable. Le Seigneur a le pouvoir d’enlever toute la saleté, toute la rouille spirituelle. En plaçant ma foi dans Son Sacrifice et en Le louant sincèrement de manière constante, je Le laisse purifier mon être intérieur et je me place sous Sa protection, au cœur de Sa Présence.

« Tu es le Saint, qui habites au milieu des louanges d’Israël » (Psaume 22:4).

Il y a une croyance qui s’avère extrêmement fausse : on a tendance à croire qu’à force de grandir dans la foi et d’augmenter ses connaissances de la Vérité, on est à l’abri au-dessus de l’ancienne condition de pécheur. On pense à tort qu’à un certain stade, il est plus dur pour le diable de nous atteindre et qu’il n’essaie même plus, car nous faisons partie des anciens, de « l’invulnérable élite » des élus de Dieu. Mais la vérité est que plus on en sait sur la Vérité et plus on devient la cible de Satan. Et plus on acquière d’expérience et de sagesse divine, plus il fait preuve de ruse et de finesse pour nous atteindre.

« Que celui qui croit être debout, prenne garde qu’il ne tombe » (1 Corinthiens 10:12).

Le plus sage de tous les rois que la terre a comptés n’a-t-il pas fini sa vie dans la plus absurde des idolâtries ? Sa foi si solide s’est transformée peu à peu en incertitude et en quête d’autre chose. Je ne suis pas plus que Salomon et je remercie le Seigneur que son déclin soit mentionné dans la bible ; cela m’aide à comprendre et à louer Dieu pour Sa patience et Sa miséricorde envers moi, dont le cœur bat encore, malgré tout le mal que j’ai fait. Je n’envie pas Salomon pour sa sagesse. Je n’envie personne parce que la Grâce qui m’est offerte est si grande que je ne voudrais l’échanger pour rien au monde. Dieu me laisse vivre. Il me laisse le temps de prendre conscience de mon état, ceci sans que je m’endorme dans mon péché. Tant de personnes sont mortes sans avoir pu se repentir, sans avoir pris conscience de la nécessité de louer Dieu, ni de connaître leur raison d’être ici-bas.

Le diable cherche toujours à détourner notre attention de l’essentiel pour nous amener à nous concentrer sur des choses secondaires, des éléments passagers, nous faisant croire qu’ils sont au centre et qu’ils sont durables. Les épreuves paraissent toujours insurmontables et interminables. Puis, nos échecs et nos chutes semblent inavouables et impardonnables. Mais en vérité, notre perception est déformée par la loupe satanique placée devant nos yeux. En louant mon Créateur et mon Rédempteur, je brise cette loupe.

Il n’y a qu’en Dieu que je peux trouver le recul et le repos dont j’ai besoin pour affronter le passé (ses conséquences), le présent (mes épreuves) et l’avenir (imperceptible) ; sans crainte et sans honte, sans m’attarder sur des détails éphémères que mon esprit humain cherche sans relâche à photographier et à répertorier.

Louer Dieu, c’est arrêter de m’inquiéter, arrêter de m’irriter, arrêter le temps et me blottir dans Ses bras de Père. Prendre conscience que je respire et respirer dans Sa Présence. Comprendre que si je suis là, c’est uniquement par Sa Grâce. Comprendre qu’Il est le Maître de ma vie et que c’est Lui et Lui seul qui fait battre mon cœur.

« Louez l’Éternel ! Car il est bon de psalmodier à notre Dieu, car il est doux, il est bienséant de le louer. C’est l’Éternel qui bâtit Jérusalem, qui rassemble les dispersés d’Israël ; qui guérit ceux qui ont le cœur brisé, et qui bande leurs plaies. Il compte le nombre des étoiles ; il les appelle toutes par leur nom. Notre Seigneur est grand, et d’une grande puissance ; son intelligence est infinie. L’Éternel soutient les humbles, et il abaisse les méchants jusqu’à terre. Chantez à l’Éternel avec des actions de grâces; psalmodiez sur la harpe à notre Dieu » (Psaume 147:1-7).

« Faites tout à la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10:31).

Que le Seigneur offre à tous ceux qui dansent la mauvaise danse la Grâce d’en prendre conscience et de réaliser la chance immense qu’ils ont aujourd’hui de saisir l’occasion de se ressaisir ainsi que de comprendre ce qui se trame réellement dans les coulisses invisibles.

Que Dieu leur accorde comme Il me l’a accordé la faculté de se relever et, tant qu’ils respirent, de Le louer de toute leur âme : comme seuls peuvent le faire ceux qui ont été sauvés et rachetés à si grand prix.

Soyez bénis,

Anne-Gaëlle




T.027 – Amour ou parodie

L’amour humain est imparfait. Souvent maladroit, il piétine le cœur de l’être aimé, croyant pouvoir le rendre heureux. Il cherche à contrôler, à dicter sa propre définition du bonheur ou de la réussite. Il opprime et oppresse, il asservit pour sa propre cause. L’amour humain est un dictateur inconscient qui avance aveuglément en croyant bâtir un empire, mais en courant à sa perte. Il détruit plus qu’il ne croit construire.

Il veut toujours assujettir l’objet de sa convoitise. Il croit connaître le bon chemin, il le voit tout tracé, comme s’il était Dieu. Mais une mère connaît-elle le chemin que ses enfants emprunteront un jour ? Un époux sait-il combien de temps il partagera sa vie avec sa conjointe, combien d’années leur restent à demeurer ensemble ? Le véritable ami respecte-t-il vraiment le choix de l’autre sans essayer de lui imposer son opinion, ni de le convaincre de changer d’avis ?

L’amour humain peut être cassant, blessant ; ses eaux troubles sont souvent la source de nombreux conflits et de terribles drames. On croit connaître l’objet de son amour, comme un objet familier que l’on connaît par cœur et que l’on pense posséder et, souvent, on se trompe. Les dégâts sont parfois pharaoniques : c’est tout un empire qui s’écroule…

L’amour humain cherche à tenir l’être aimé en laisse, souhaitant le garder toujours à sa portée. Il veut le rendre docile, lui dicter sa conduite et le transformer. Il souhaite changer la personne à sa convenance, et ceci avant même de se donner à elle : l’amour humain ne se donne pas gratuitement.  Il est sournois et rusé, même s’il n’en a pas l’apparence puisque, bien des fois, il semble dépourvu de mauvaises intentions. Quand il offre quelque chose, si cette chose n’est pas utilisée selon son propre désir, il cherche à se la réapproprier, ne serait-ce qu’en critiquant l’usage et en en déplorant la perte. L’amour humain mesure, compte, pèse, calcule. Il ne fait rien au hasard. Il prend un air généreux, mais bien souvent ses offrandes ne sont qu’un investissement judicieux pour son propre profit.

Le tableau que je peins est sombre. Sans doute semble-t-il que l’auteure de ce tableau ait connu beaucoup de déceptions et de drames. Elle peint ce tableau avec le pinceau de la souffrance, car elle a peut-être été trop peu ou trop mal aimée. Mais ce n’est pas la frustration, ni l’amertume qui me fait peindre ce tableau de l’amour humain. C’est le désir de le comparer avec un autre tableau. J’ai l’intention de décrire combien l’Amour divin est plus beau, plus noble et plus salvateur.

L’Amour divin ne trouve pas sa raison d’être dans le désir de transformer l’objet de son amour. Il s’offre à lui sans condition. Il ne regarde pas à la fonctionnalité, ni aux intérêts. Il ne met pas la personne aimée dans une cage dorée en lui faisant croire qu’elle est libre. Au contraire, il lui montre la cage, il lui ouvre la porte et il lui apprend comment s’envoler.

L’Amour divin  ne dicte rien, n’impose rien qui puisse nuire à l’objet de son amour. Ce n’est pas un dictateur qui use de son autorité pour soumettre la personne à un chantage qu’il croit légitime. Aucun chantage ne peut être légitime, car le chantage est une violence. L’Amour divin n’use jamais de violence. Il ne frappe pas au visage, il n’humilie pas. Il pénètre au plus profond de l’âme et guérit l’humilié. Il n’enchaîne pas, mais il brise les chaînes.

L’Amour divin englobe l’être aimé sans l’étouffer. Il est comme l’eau chaude qui réchauffe le cœur transis de froid. Il est comme une caresse pour l’orphelin. L’Amour divin est doux et apaisant. Il n’emprisonne pas. Il n’oblige pas à suivre un chemin qu’il croit être le bon ; il est lui-même le chemin. Il se propose et attend patiemment. Il n’impose pas une recette toute faite, la recette des ancêtres qui ont fait comme ceci ou comme cela et dont il faudrait suivre les traces à tout prix. L’Amour divin compose avec tout un chacun d’une manière unique et différente. Ce n’est pas une école militaire. Il laisse l’objet de son amour choisir, réfléchir, hésiter, se tromper, et revenir. Il le laisse se perdre parfois, car il règne sur la forêt dans laquelle il s’égare.

Tout ce que fait l’Amour divin se fait avec tendresse, au nom de la tendresse. On ne fait pas la guerre au nom de la tendresse. L’Amour divin n’est ni violent, ni égoïste. C’est parce que les humains sont égoïstes qu’ils deviennent violents. Cherchant à imposer à tout prix leur volonté, ils oublient le sens de l’amour qui est de se diriger vers l’autre et non vers soi-même. La personne divinement aimée est au centre. L’Amour divin crée une terre, des astres, tout un univers pour l’objet de son amour. Dans cet univers, il lui permet d’explorer toute la création et ses propres limites. Il lui permet de se cogner, mais aussi de s’épanouir. L’être humain est au centre de cet univers ; mais perdu dans sa contemplation, il croit que c’est l’univers qui est au centre. Pourtant, si ce n’était pas l’être aimé qui est au centre, la création n’aurait aucun sens.

Dans les contes, il arrive que le roi ou la reine enferme la princesse dans une haute tour, la coupant du monde extérieur et la privant de vivre. Est-ce cela l’amour ? Mais la réalité n’est pas tellement différente… Imposer une manière de vivre, un mariage selon les intérêts familiaux. Imposer un métier, un lieu de vie. Imposer des règles, une religion. Transmettre un empire de père en fils. Imposer un titre, un statut, une place précise dans un groupe défini. Imposer son opinion politique, sa passion, sa raison de vivre ou de mourir. Tout cela est une prison pour celui ou celle qui ne l’a pas choisi. Tôt ou tard, l’être captif s’échappera de sa prison et sa tentative d’évasion causera bien des dommages, parce que fuir est un instinct, une course spontanée et dangereuse qui ne s’apprend pas. Or, l’Amour divin souhaite enseigner le vrai bonheur.

L’Amour divin voudrait que nous apprenions à être heureux, car la recherche du bonheur cause bien souvent le malheur : l’être humain, handicapé par la nature de son amour, cherche mal et au mauvais endroit. L’Amour divin veut enseigner le vrai bonheur, non par un chemin de destruction et de mort, mais par le don de soi et par le biais de notre nature spirituelle, qui nous relie à notre Créateur. Si malheureusement, c’est par un chemin de souffrance et de destruction que l’humanité finit par apprendre cette leçon, ce n’est pas dans la nature de l’Amour divin d’user de violence, mais dans celle de l’homme. Celui-ci cherche à obtenir le bonheur de manière autoritaire ou tyrannique : apprend-on ainsi à être heureux, à être aimé, à être libre ?

L’Amour divin ne harcèle pas, il ne s’impose pas et n’impose rien. Il se trouve et se donne, gratuitement, gracieusement, à qui le cherche et le réclame. Il ne se donne pas dans le but de grandir, de gagner en force et en gloire. L’Amour divin est déjà grand, fort et glorieux. Il n’a pas besoin de grandir. Il n’a besoin de personne pour être ce qu’il est. Il ne cherche pas des partisans pour défendre sa cause. Il se défend lui-même. Ce n’est pas un système qui cherche à monopoliser la terre et à assujettir les humains. Ce n’est pas une usine qui aurait besoin de nouvelles pièces pour parfaire l’engrenage et fonctionner à merveille, afin de susciter l’admiration des foules. La raison d’être de l’être humain n’est pas de fonctionner à l’intérieur d’une grande machine que l’on appelle un système. Sa raison d’être est simplement d’être un humain, une création de Dieu, et de rencontrer l’Amour de son Créateur. Rencontrer l’Amour qui l’a créé, modelé à l’intérieur du ventre de sa mère, qui l’a fait naître et qui lui a donné un nom. Rencontrer l’Amour qui est venu à sa rencontre ici-bas, qui l’a sauvé de la tyrannie de la guerre, de l’égoïsme et de tout ce qui se cache derrière le masque de l’amour humain.

Etre un être vivant, un être humain, et vivre. Se libérer de ses chaînes par la seule force qui en est capable : un amour supérieur à tout ce que nous pouvons connaître sur terre. S’envoler avec les ailes de la Vérité, qui nous porte au-dessus de toutes nos épreuves. Non pas fonctionner, mais vivre. Non pas chercher l’amour en essayant toute sa vie de le mériter, mais le recevoir. Le recevoir du Ciel, d’où il vient. Le recevoir de l’Esprit de Dieu, ce par quoi il est répandu dans nos cœurs assoiffés d’amour. Le recevoir de la main de Dieu, à travers Sa Parole, qui en est le récipient. Les autres coupes sont fêlées, elles ne peuvent rien contenir. Et surtout, savoir différencier l’Amour divin de l’amour humain, afin de ne pas tomber dans le piège de la fausse raison d’être et des fausses interprétations dans notre cheminement quotidien.

Que notre marche soit active ou passive, que nous ayons l’impression de faire des kilomètres ou de rester sur place, si cette route est la nôtre avec Dieu, marchons avec confiance à notre rythme. A chacun son rythme. A chacun sa manière de marcher. Que je cours ou que je boite, que je m’arrête sur le bord pour dormir un peu, que je grimpe sur la cime d’un arbre pour tenter d’apercevoir le prochain croisement, si Jésus-Christ est mon chemin, alors Lui seul a l’autorité et la meilleure façon de me montrer où aller et comment m’y rendre. Aucun humain ne peut faire cela. Il respectera ce que je suis, et ne me fera pas courir, si je n’en ai pas la force où s’il fait trop noir pour avancer.

Que l’Amour divin vienne remplir chaque parcelle de nos cœurs.

Qu’il garde nos yeux bien ouverts pour déceler les arrière-pensées de l’amour terrestre que nous côtoyons tous dans nos vies, et qui souvent nous laisse des séquelles.

Qu’il guérisse les blessures et nous donne un regard de miséricorde pour tous ceux qui croient bien faire, mais qui se trompent en causant autour d’eux du tort, directement ou indirectement. Qu’il nous apprenne à ne pas faire de même, mais à nous défaire de la triste habitude que nous avons tous : celle de nous assujettir les uns les autres.

« Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car la charité vient de Dieu, et quiconque aime, est né de Dieu, et connaît Dieu. Celui qui n’aime point, n’a point connu Dieu, car Dieu est amour. L’amour de Dieu envers nous a paru en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. En ceci est l’amour, c’est que ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais que c’est lui qui nous a aimés et a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés. Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Personne n’a jamais vu Dieu : si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est accompli en nous. En ceci nous connaissons que nous demeurons en lui et lui en nous, c’est qu’il nous a donné de son Esprit » (1 Jean 4:7-13).

« Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs, par l’Esprit-Saint qui nous a été donné » (Romains 5:5).

« Pour nous, nous avons connu et cru l’amour que Dieu a pour nous : Dieu est charité ; et celui qui demeure dans la charité, demeure en Dieu et Dieu en lui » (1 Jean 4:16).

Que Dieu vous garde.

Anne-Gaëlle




T.026 – De la perdition à l’adoration

Quand tout semble si sombre, dépourvu de clarté. Je ne vois que de l’ombre, je me sens oppressée. Mais où est la lumière dans cet océan ? J’entends le tonnerre et je tremble en-dedans… Mais que pourra bien m’apporter demain ? Quelle jouissance peut-on ressentir, quand la sournoise souffrance efface les sourires ? On ne voit ni devant, on ne voit ni derrière. J’avance chancelant, je prononce une prière

« Père, Toi qui enveloppe la terre. Vois-Tu comme je frémis, vois-Tu comme je pleure ? Mon âme n’a point d’abri, dans mon cœur je me meurs. Je cherche la quiétude et la sécurité, mais ma turpitude vient me tourmenter. Comment Te décrire en quel lieu je me trouve ? Je suis sur un navire, flottant sur les eaux troubles. Je ne vois pas de phare, je ne sais où aller… Je sais que tôt ou tard, il faudra naviguer.

Toi le Dieu souverain, Créateur de la Vie. Tu esquisses des destins, Tu gommes les tragédies. Si je pouvais T’entendre, je serais rassurée. Je ne voudrais dépendre rien que de Ta Bonté. Pourtant, souvent j’oublie combien Tu m’affectionnes, et la voix de l’ennemi dans mon esprit résonne : « Tu n’arriveras à rien. Mieux vaut-il disparaître… Il n’y a ni chemin, il n’y a ni Maître ! Dis-moi qui veille sur toi ? Personne ne te sauvera !».

Vérité faite chair, viens vite me secourir ! Ma crainte, fais-là taire, viens donc l’anéantir ! Crainte des obstacles et peur du lendemain. J’appelle Tes miracles, je recherche Ton dessein. Avec Toi, le futur ne peut être que beau : le ciel devient azur et l’air semble plus chaud. Oui, Ta simple présence fait toute la différence…  Et c’est au-travers de ce que Tu as créé que je peux compter le nombre de Tes bienfaits.

Je marche ici-bas dans Tes sentiers de gloire. Et tout ce que je vois me remplit d’espoir. Parce que ce soleil qui brille sans pareil, c’est Toi, oui, c’est bien Toi qui l’a inventé. Parce que ces étoiles illuminant la toile, céleste splendeur d’un ciel étoilé, c’est Toi, uniquement Toi, qui les a créées. Parce que cette terre aux multiples couleurs, placée dans l’univers à l’infinie grandeur, c’est Toi, Dieu Créateur, qui l’a engendrée.

Tout ce que je vois et tout ce que je touche : l’argile, la pierre, le bois, les yeux, la main, la bouche… Tout cela, et bien plus, est fait pour T’adorer. Pour mettre le focus sur Ta créativité. J’aime chaque brin d’herbe, j’hume l’odeur des plantes. En Toi rien n’est acerbe, tout, vraiment tout m’enchante ! Et tout ce que Tu fais ne peut être que parfait : ce que Tu as créé reflète Ta Beauté.

Ainsi, je me prosterne dans ma contemplation. De ce regard externe vient une introspection… Qui suis-je pour mériter un si grand Créateur ? Qu’ai-je donc fait pour avoir un Sauveur ? Y a-t-il quelque chose qu’Il ne puisse réussir ? S’Il est un Virtuose, peut-Il S’amoindrir ? Sans doute restera-t-Il éternellement le même : Son œuvre indélébile explique pourquoi je L’aime.

Alors, mon ennemi n’a plus rien à me dire : ma vie n’est pas à lui, il ne peut plus me nuire. J’appartiens à Jésus, mon cœur est dans Sa main. Il me pare de vertu et me guide vers demain. S’Il a conçu un plan pour toute l’humanité, Il a certainement à moi aussi pensé. Il sait chaque détail et chaque circonstance. Son Amour est sans faille, ainsi que Sa Puissance !

Bientôt, je connaitrai le chemin qu’il faut suivre. Il me faut patienter, m’ouvrir aux directives. L’Eternel Dieu n’est pas muet, Il parle de diverses manières. Il saura bien me montrer tout ce que je devrai faire. Rien de ce qu’Il demandera ne pourra être dangereux, car Il veillera sur moi : mon cœur, ne soit plus peureux ! Mes aspirations profondes ne sont pas un secret pour Lui : c’est quand la confiance m’inonde que vraiment je m’épanouie

Gloire à Dieu, Gloire à Dieu, Gloire à Dieu ! Que la Gloire du Seigneur descende des cieux ! Qu’elle descende dans le regard de tous ceux qui sont dans le noir… Que mes frères et sœurs connaissent le bonheur de se plonger dans la félicité du Créateur, par la contemplation de Ses œuvres. Adorer Dieu, c’est se trouver sur une route  neuve… et le Seigneur vous conduira : l’adoration est la clef de la foi.

Soyez bénis !

Anne-Gaëlle