D.131 – L’art de la fréquentation

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Par Roch Richer

« Or l’Éternel Dieu avait dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide semblable à lui. »

(Genèse 2:18)

INTRODUCTION

Rien de plus légitime que de rechercher une personne avec qui partager sa vie, une personne que l’on aimera davantage que les autres, à qui l’on réservera des moments privilégiés exclusifs, avec laquelle l’on communiera en toute intimité ; une personne à qui l’on pourra confier sans crainte ses peines, ses peurs, ses joies, ses talents et ses biens. C’est ainsi que cela a été créé et c’est très bon.

Or, étant donné le nombre de psychologues, de psychiatres, d’intervenants et conseillers matrimoniaux de toutes sortes encombrant notre société dite « évoluée », nous serions portés à croire que les rapports dans un couple ne devraient plus receler de secrets et que les solutions aux problèmes devraient surgir rapidement. Mais, à constater l’état lamentable et catastrophique de la cellule familiale d’aujourd’hui, il y a de sérieuses questions à se poser.

Parce que les mariages se terminent de plus en plus par un divorce, les gens hésitent davantage à s’épouser et tendent plutôt à cohabiter, convaincus qu’une éventuelle séparation est quasi inévitable dans un avenir plus ou moins proche. « Tomber sur la bonne personne » est maintenant considéré comme un coup de dé aléatoire où les probabilités de succès sont minimes.

La vaste majorité des gens ne savent pas pourquoi l’homme et la femme existent ; ne savent pas pourquoi la sexualité existe — sauf si ce n’est dans un but de procréation (mais alors, pourquoi la jouissance sexuelle ?) — ; ne savent pas comment se fréquenter, apprendre à se connaître, etc. Finalement, l’on va d’échec en échec et la vie amoureuse est un désastre.

Dans votre vie personnelle, et si vous pensez à des exemples de gens de votre entourage, quelle est la situation ? Êtes-vous seul(e) et désespéré(e) ? Avez-vous de la difficulté à trouver un(e) partenaire de vie ? Si vous êtes avec quelqu’un, aimez-vous encore votre conjoint(e) ? L’avez-vous même jamais aimé(e) véritablement ? Y aurait-il une façon de trouver l’âme sœur avec qui il serait possible d’entrer en symbiose ?

Dieu a dit, dans Sa Parole : « Mon peuple est détruit, faute de connaissance » (Osée 4:6). Or, la fréquentation est une science très importante au bonheur de la société. Sans cette connaissance, la cellule familiale est détruite ! Les jeunes gens, ne sachant pas comment reconnaître dans la foule la personne qui leur sera une aide précieuse et qu’ils pourront aider à leur tour pendant tout le reste de leur vie, ils ne sauront donc pas non plus comment fonder un foyer solide où régnera un amour profond ressenti l’un pour l’autre. Ainsi, de plus en plus de gens se méfient de la vie de couple et ne veulent plus s’engager avec une autre personne, échaudés qu’ils sont par les expériences plus ou moins traumatisantes qu’ils ont vécues (au Québec, 40 % des adultes sont célibataires).

Les agences de rencontre sont de plus en plus en vogue et l’on compte sur elles pour nous trouver un partenaire idéal, sans avoir à faire les efforts, ni à apprendre la façon de fréquenter. Il y en a de toutes les sortes, de ces agences : pour un « but sérieux », pour la sexualité seulement, pour hétérosexuels, pour homosexuels, pour lesbiennes, pour échange de couples, et je n’ose en dire plus. Et pourtant, le taux de séparation augmente ! Pourquoi ?

Laissez-moi vous dépeindre brièvement ce qu’une fréquentation faite avec science et art pourrait donner. Deux personnes se rencontrent et se découvrent une attirance mutuelle. Très simplement, elles arrivent éventuellement à confier à l’autre cette attirance et décident ensemble de se fréquenter. Elles s’entendent pour que leur but commun soit d’apprendre à se connaître l’un l’autre afin de déterminer, par la suite, si leurs caractéristiques font d’elles un couple compatible où fleurira un amour grandissant et profond. Éventuellement, après une fréquentation plus ou moins longue, elles s’apprécient toujours davantage l’une l’autre et l’amour qu’elles développent entre elles fait que leurs cœurs et leurs pensées commencent à se fondre ensemble. Une fois cette étape passée, elles s’entendent pour sceller leur union par une cérémonie et la consommation de leur union par l’acte sexuel.

Je tiens à préciser ici que, bien que le choix du mode d’engagement vers l’union soit propre à chaque couple, il est important de prendre cet engagement ferme avant la consommation de l’union par l’acte sexuel. Le fait de s’engager formellement, devant Dieu par une cérémonie ecclésiastique, de manière civile ou autrement, évacuera toute notion de fornication que le premier acte sexuel pourrait laisser sous-entendre chez le couple ou les membres de leur entourage. Si l’on s’épouse devant Dieu, n’oublions pas que l’on s’épouse également devant les hommes. C’est ainsi que le couple scelle donc son union et une merveilleuse symbiose s’installe.

Si d’aventure les deux personnes s’aperçoivent, en cours de fréquentation qu’au contraire, leurs caractères ne sont pas compatibles, elles sentiront graduellement s’estomper l’attirance physique sans en subir de dommage et deviendront de bons amis.

Il est facile de constater que la fréquentation précitée n’est pas très pratiquée et que la formation de couples vraiment compatibles est chose trop rare, de nos jours.

Les étapes d’une fréquentation

Allons-y en analysant d’abord les difficultés que rencontrent les gens en général. Ce que la plupart des personnes recherchent en tout premier lieu, c’est que « ça clique » au niveau physique. L’attirance physique est le déclencheur d’une éventuelle fréquentation. À cette première étape, il n’y a généralement pas de problème, à condition que la personne visée partage également cette attirance. Quoiqu’il faille peut-être se méfier des « coups de foudre », ceux-ci ne sont pas à éviter, car, si la suite de la procédure de fréquentation est menée intelligemment et le couple est vraiment bien assorti, de grandes bénédictions peuvent en résulter.

Mais c’est aussi à partir du niveau de l’attirance physique que peuvent débuter les problèmes. La majorité des gens interprètent mal cette attirance et la gèrent mal. Prenez soigneusement note que l’attirance physique n’est pas de l’amour ! Si un ou une ami(e) vient vous voir, tout excité(e), en vous confiant qu’il ou elle vient de connaître le coup de foudre de sa vie et qu’il ou elle est tombé(e) amoureux(se) par-dessus la tête en rencontrant la veille la plus charmante personne du monde, ayez donc l’amabilité de lui remettre les deux pieds sur terre en lui disant que ce qu’il ou elle ressent n’est pas de l’amour, mais une forte attirance physique. Celle-ci n’est pas encore de l’amour, mais elle se continuera dans l’amour.

Il n’y a qu’à parler un peu avec les gens pour s’apercevoir qu’une grande partie d’entre eux ne savent pas vraiment ce que c’est qu’aimer quelqu’un. Le constat est fort malheureux et il est à l’origine des divorces et des séparations de couples. Parce que, voyez-vous, c’est sur cette méprise que se fondera le semblant de fréquentation qui va s’en suivre.

Il y a une expression courante qui me fait toujours tiquer. Je vous le demande : comment peut-on « tomber en amour » ? On ne « tombe » pas en amour. L’amour grandit progressivement et élève plutôt que de faire tomber. Je ne puis pas dire que j’aime une personne avant que je ne la connaisse bien. Ce n’est pas en dedans de deux semaines — parfois moins — que je vais pouvoir dire que j’aime quelqu’un profondément. On peut être épris d’une personne, mais pouvoir l’aimer prend du temps. Or, pour s’engager sérieusement avec quelqu’un, il faut l’aimer profondément, sinon, ON DOIT laisser tomber. Il n’y a rien de pire que la solitude à deux. Quand aime-t-on profondément ? Lorsque, à nos yeux, la vie de l’autre devient plus précieuse que la nôtre et que nous sommes prêts à tous les efforts et les sacrifices à son égard.

Deux qualités principales manquent généralement aux personnes qui veulent fréquenter : la patience et la maîtrise de soi. De plus en plus de couples, sinon la grande majorité, vont commencer par « faire l’amour » dès les débuts de leur relation. Sans s’en rendre compte, ils transgressent une loi spirituelle qui avait été instituée pour leur protection. Prenant l’attirance physique pour de l’amour, et n’ayant ni la patience ni la conviction d’attendre avant de tisser des liens physiques, ces couples en formation renversent le processus de fréquentation et commencent par l’élément final qui aurait dû sceller leur union.

Or, quand des gens comme moi préconisent l’abstinence avant l’union, on nous qualifie de rétrogrades, de personnes non-évoluées qui nous embarrassons de vieux concepts religieux dépassés. Toutefois, jugez vous-mêmes du résultat de leur « évolution » ! Ce que ces gens nous lancent comme message, sans s’en rendre compte, c’est qu’elles sont ignorantes de la véritable fonction de la sexualité dans le couple. Elles n’en savent d’ailleurs pas l’origine. Si Dieu a créé la sexualité pour un usage marital, c’est qu’Il avait un dessein précis. Le sexe n’est pas une fin en soi, c’est un témoignage suprême de l’amour ayant préalablement grandi. Par l’acte sexuel, un couple se démontre, par le partage d’une intimité exclusive, l’amour que l’on se porte l’un à l’autre. L’amour vient donc AVANT le sexe et non à cause du sexe, ni après le sexe !

« Ne savez-vous pas que celui qui s’unit avec une prostituée, devient un même corps avec elle ? car deux, est-il dit, seront une même chair » (1 Corinthiens 6:16). C’est un avertissement sérieux que celui-là. D’où l’apôtre Paul tenait-il son information ? Il l’avait lue dans le livre de la Genèse, alors que Dieu avait déjà posé les paramètres du couple. « C’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère, et se joindra à sa femme, et ils seront une même chair » (Genèse 2:24). L’acte sexuel constitue, aux yeux de notre Créateur, le lien sacré qui unit un homme et une femme devenant ainsi une seule chair. Donc, l’acte sexuel ne peut s’effectuer au début d’une relation, car les deux personnes ne sont pas encore en mesure de savoir si elles prendront un jour la décision de s’unir pour la vie. Commencez-vous à comprendre que les fréquentations modernes sont bien éloignées des desseins de Dieu pour l’homme et la femme ?

Si un couple commence sa fréquentation par la relation sexuelle, il aura inévitablement des conséquences à subir. Nous allons expliquer lesquelles au fur et à mesure.

Dans la période de fréquentation, on pourrait établir trois étapes dont les gens ne prennent pas vraiment conscience. S’ils en étaient conscients, ils ne fréquenteraient sans doute pas de la même façon.

1. L’étape idyllique

C’est la période « lune de miel » où tout ce que fait l’autre personne est mignon comme tout ou bien drôle. L’attirance physique nous fait observer l’autre avec des lunettes roses où l’objectivité est souvent tassée dans le coin. A ce stade, il n’est pas facile de faire une bonne analyse des qualités et, surtout, des défauts de l’autre. Cependant, si les deux personnes sont déjà au courant de ces faits et ont à cœur de réussir leur fréquentation, elles feront un effort supplémentaire pour garder la tête froide et développer de la patience. C’est une période où la franchise est primordiale. Il est trop tentant d’essayer de camoufler nos défauts et de gonfler nos qualités, ce que font beaucoup de gens, afin de plaire à l’autre. C’est un des plus gros écueils à éviter. Mentir à propos de soi-même ne profitera à personne. Le mensonge nuit à l’apprentissage du caractère de l’autre et biaise la fréquentation. Si vous venez éventuellement à voir que vos caractères sont très compatibles, mentir n’aura servi qu’à ralentir et même à briser, inutilement dans certains cas, la relation que vous bâtissez ensemble. Ne tombez pas dans ce piège.

Les conséquences du mensonge sont incalculables. L’homme mentira souvent à sa compagne parce qu’il a honte de révéler une faiblesse. Tenant mordicus à conserver son aura de parfait gentilhomme ou de chevalier servant, il tentera de camoufler ce qui, pense-t-il, l’abaisserait immanquablement aux yeux de sa bien-aimée. Or, par son mensonge, il atteindra un résultat tout à fait différent. Pris dans la toile de ses mensonges, il ne saura pas tout cacher. Viendra un jour où la vérité poindra et éclatera au grand jour. C’est alors que le drame surviendra. Plutôt que de « comprendre » la faiblesse de son fiancé et développer de la compassion pour lui, elle aura le cœur déchiré du fait qu’elle a été trahie par l’être qu’elle chérit le plus. Ce n’est pas tant la faiblesse de l’homme qui la blessera, mais le mensonge qui lui prouve qu’il n’a pas assez confiance en elle. Toute sa confiance en lui sera détruite. Et une fois détruite, la confiance est presqu’impossible à rétablir. La jeune femme ne saura plus quand le jeune homme dit la vérité. Elle lui fermera donc son cœur et la relation se détériorera au point qu’il se peut qu’il y ait rupture irrémédiable. L’homme ne semble pas se rendre compte que c’est sa franchise qui plaît à sa bien-aimée. S’il lui signale, sans rien lui dissimuler, ce qu’il considère comme une faiblesse, elle lui sera reconnaissante de la confiance qu’il lui porte. Il y a bien sûr des faiblesses plus difficiles à accepter que d’autres et la femme pourra avoir des réticences, mais essayer de tout camoufler est bien pire.

Messieurs, sachez que les femmes un tant soit peu sérieuses et réalistes ne s’imaginent pas épouser un homme sans défaut. Elles-mêmes ne le sont pas et cela ne vous gêne pas. Le mensonge est sans doute le pire ennemi d’un couple. Que l’homme et la femme démontrent donc l’un envers l’autre la même franchise qu’ils exigent des autres. Il n’y a pas de mensonges « blancs ». Tous viennent du père du mensonge qui est Satan (Jean 8:44). Ne suivez surtout pas son exemple désastreux.

***

Lors de l’étape idyllique, les tics de l’autre nous apparaissent donc, soit mignons, soit inhabituels, mais jamais choquants. Rien ne nous énerve. Nous passons d’un émerveillement à l’autre et trop de gens, flottant sur un nuage, font carrément abstraction de toute défaillance caractérielle qui pourrait venir déranger l’image idyllique qu’ils se font de l’autre. Or la fréquentation est expressément destinée à la découverte des traits de caractères de l’un et de l’autre. À la base, et dès le tout début, la communication devrait être l’outil fondamental servant à l’étude de la personnalité de chacun. Dès le commencement, il faut poser des questions sur la manière de penser de l’autre concernant une foule de sujets. Il est évident que cela prend du temps. Il devrait donc être exclu de penser aménager avec l’autre après deux semaines de fréquentations… ! Cela tombe sous le sens ! Ce n’est pas lors de cette première étape que vous serez en mesure de juger si vos caractères sont compatibles. L’attrait qui éclot à ce stade est encore trop fragile et basé sur trop peu d’informations pour vous autoriser à prendre déjà une décision. Ce n’est pas à cette étape que les faiblesses ressortent. Le temps et les circonstances permettent aux différentes facettes de nos personnalités de se manifester dans leur contexte le plus révélateur. Vivez donc des expériences diverses.

Illustrons ce fait. Si une jeune femme commence à fréquenter un jeune homme qui a des propensions à la violence, elle ne pourra pas le découvrir à l’étape idyllique. Ce jeune homme n’osera jamais avouer qu’il peut se montrer violent (probablement qu’il ne se l’avouera pas à lui-même) et l’étape idyllique ne lui offre d’ailleurs aucune raison d’être violent. Il faudra donc passer à l’étape suivante — l’étape de l’observation — avant que ne ressorte ce problème potentiel très sérieux. La jeune femme devra parler avec les parents et amis qui connaissent le jeune homme depuis longtemps. Elle doit avoir la sagesse de se bien enquérir de réponses à ses questions. Trop de jeunes femmes se sont laissées embarquer dans une union sans savoir la violence qui habitait leur conjoint et en subissent ainsi d’horribles conséquences. Ceci n’est qu’un exemple. Il y a de nombreux problèmes potentiels qui doivent être discutés avant une union. Cela peut toucher la pornographie, l’alcoolisme, le jeu, la drogue ou tout autre problème qui peut devenir un véritable enfer à vivre. Je vous en prie, soyez prudents et patients ; ne précipitez pas les choses et ne brûlez pas les étapes. Ça en vaut vraiment la peine.

Revenons à l’acte sexuel. Nombreux sont ceux qui incorporent la pratique de la sexualité dès l’étape idyllique. J’ai d’ailleurs déjà entendu la comparaison que voici pour justifier ce que je considère comme une profonde marque d’impatience et de manque de maîtrise de soi. L’on me dit : « Tu sais, c’est comme lorsque tu veux acheter une voiture. Tu dois l’essayer avant ! » Alors, c’est ainsi qu’ils se justifient en croyant pouvoir faire l’amour pour savoir s’ils sont compatibles sexuellement. Comme si le sexe était le fondement de leur couple et l’assise sur laquelle bâtir un foyer. Et ils passent leurs soirées à « baiser » sans chercher à se connaître réellement. Cet exemple de l’achat de voiture est boiteux à plus d’un titre. Quand je veux acheter une voiture, je l’essaie pour en connaître les caractéristiques, pour voir si tous les instruments dont j’ai besoin sont en place et fonctionnels, pour savoir, en somme, si elle correspond à mes besoins. Je suis désolé, mais on ne fait pas l’amour à une voiture. L’exemple est dénaturé ! Ce n’est donc pas en faisant l’amour à un partenaire qu’on apprend à le connaître. Au contraire, c’est parce que l’on connaît le partenaire et que l’on apprécie profondément ce qu’il ou elle est que l’on en vient à lui faire l’amour, le moment venu, lors de l’union maritale.

Il y a une grave perte de temps et un important dérapage de la fréquentation dans le fait de commencer celle-ci en « baisant ». Je m’excuse d’employer ce terme, mais son côté péjoratif démontre tout l’irrespect que l’on porte à l’acte sexuel. Car, quand on « fait l’amour » à ce stade-ci, il n’y a pas d’amour encore ! Ce n’est pas par l’acte sexuel que l’on vient à aimer quelqu’un, c’est en apprivoisant son caractère, en découvrant ses goûts, ses habitudes, l’histoire de sa vie, ses peines, ses douleurs, ses peurs, ses aspirations, ses buts, tout ce qui fait la personne ! Ce n’est donc pas en « baisant » que l’on apprend ces choses.

Le fait de faire l’amour dès le début apporte toutes sortes de problèmes qui peuvent mener à une rupture rapide, alors qu’autrement, la rupture n’aurait pas eu lieu, car les caractères auraient pu être compatibles. Je vous donne un exemple. De nombreuses personnes ont honte de ce qu’elles considèrent, à tort ou à raison, leurs défauts corporels. Le fait de faire l’amour à un(e) inconnu(e) — ce que sont encore l’une pour l’autre les deux personnes qui débutent une fréquentation — peut créer un malaise, installer une crainte. « Est-ce que l’autre va m’aimer avec ce défaut corporel ? Risque-t-il de me rejeter ? » Malheureusement, parce que l’amour n’a pas encore eu le temps de naître et de grandir entre les deux personnes, il peut effectivement y avoir un rejet ou, à tout le moins, un froid qui s’établit. L’homme a certains critères de beauté qu’il ne semble pas pouvoir rencontrer chez cette femme-ci, ou vice-versa. L’un ou l’autre hésitera alors à continuer la fréquentation. Et, à mesure que la fréquentation se déroulera, la femme perdra de plus en plus son excitation et sa capacité à jouir, tandis que l’homme se centrera toujours davantage sur sa propre jouissance. Les deux se rendront mutuellement malheureux et une grande frustration en résultera.

Voilà déjà une raison fort valable de voir l’importance d’être patient et attendre à la fin de la fréquentation, c’est-à-dire, après l’étape de l’adaptation, pour consentir d’un commun accord à accomplir l’acte sexuel constituant l’aboutissement de la fréquentation et le scellé du contrat spirituel que l’on accepte de prendre pour la vie avec cet être chéri entre tous. Car, voyez-vous, les défauts corporels, qui auraient paru rebutants au début de la fréquentation, disparaissent à mesure que se développe le véritable amour qui va souder ces deux êtres en une seule chair. Les défauts corporels peuvent même s’avérer des éléments supplémentaires qui viennent nourrir l’amour, étant devenus des caractéristiques propres à celui ou celle que l’on a appris à chérir par-dessus toute autre personne.

Messieurs, votre taux de testostérone exige d’être bien géré. Si la pression vous semble trop forte, si vous croyez que vous n’aurez pas la patiente d’attendre et que vous désirez ardemment le corps de votre bien-aimée, sachez que vous courez au désastre. Attoucher votre bien-aimée au point où elle ne résistera plus à vos avances ne lui démontrera pas que vous l’aimez et ne désirez qu’elle. Les sentiments qu’elle ressentira sont loin de ceux que vous recherchez. Dans son for intérieur, la jeune femme se sentira méprisée. Sachant que Dieu exige la continence avant le mariage, elle escomptera que vous la respectiez assez pour contenir votre ardeur. C’est cette continence qui lui prouvera votre amour et votre respect, non seulement envers elle, mais aussi et surtout envers Dieu qui a fait l’homme et la femme. La femme ne juge pas de l’amour d’un homme par sa performance sexuelle. Elle le juge par le degré de sacrifice qu’il est prêt à consentir pour lui donner respect. C’est ce qui forcera son respect à elle avant tout. De plus, en pratiquant l’abstinence, vous prouverez à votre bien-aimée que vous êtes homme d’honneur et de fidélité et que vous ne serez pas de ceux qui sont prêts à « sauter la clôture » à la moindre contrariété de votre appétit sexuel. La continence, vu sous le bon angle, n’engendre pas la frustration, Au contraire, elle développe, par l’anticipation qu’elle crée, l’amour que vous portez à votre bien-aimée.

***

Beaucoup trop souvent, c’est avec cette étape que se terminera la fréquentation. Le couple, trop impatient, ou ignorant qu’il existe d’autres étapes, se met en ménage et ne viendra vraiment à se connaître que par la suite. Chacun commence alors à voir l’autre sous son vrai jour et peut faire de très désagréables découvertes. Il est alors bien tard pour remédier aux problèmes. À quoi est due cette procédure précipitée ? En partie de l’éducation que les personnes ont ou n’ont pas reçue. Cependant, je voudrais m’attarder un peu sur un élément de la société qui se veut extrêmement nuisible à plusieurs points de vue, mais dont les gens ne reconnaissent pas le côté profondément pernicieux. Il s’agit des films romantiques, sous forme de drame ou de comédie, que nous concoctent les bonzes d’Hollywood ou d’ailleurs. Une écrasante majorité des scénarios écrits pour ces films présentent des « histoires d’amour » où le processus de fréquentation s’arrête à la première étape. La promotion du « coup de foudre » comme étant le gage d’un amour éternel dénature complètement la vision qu’un couple devrait avoir d’une fréquentation intelligemment planifiée.

Pendant que je rédigeais cet article, j’ai eu la « chance » de visionner en salle le film Intolérable cruauté, mettant en vedette George Clooney et Catherina Zeta-Jones. Je crois qu’il vaut la peine de voir ce film pour saisir le propos de cet article. On aurait pu sous-titrer cette production de la manière suivante : Comment s’engager dans une relation problématique ou Lancez-vous tête baissée dans l’inconnu. Les deux personnages principaux sont des êtres à l’esprit tordu et corrompu comme je suppose qu’on doit en rencontrer à Hollywood. Ils ont immédiatement le coup de foudre à leur première rencontre et l’homme se lance à la conquête de cette « âme sœur ». À mesure que se déroule l’histoire, le spectateur perspicace verra que les deux protagonistes deviennent profondément épris l’un de l’autre et croient sérieusement qu’il s’agit d’amour. Or, ils n’apprennent pas à se connaître vraiment. Preuve en est que l’homme, un avocat averti, se fait royalement flouer par la belle ! Après quoi, tellement attiré physiquement par elle, il lui pardonne et les deux se précipitent amoureusement chez le premier célébrant venu pour contracter un mariage qui n’a pas beaucoup de chance de durer. Pourtant, cela fait rêver les jeunes gens qui assistent béatement à la scène.

Comment voulez-vous que, par la présentation de telles productions, les gens soient éduqués à la bonne façon de fréquenter quelqu’un de moralement compatible ? Les plus belles « histoires d’amour » cinématographiques représentent l’amour sous un visage faux. On y retrouve les plus beaux exemples du mélange que l’on fait entre l’attirance physique et l’amour. S’il vous plaît, ne vous y trompez pas. Vous ne pourrez trouver la bonne manière de fréquenter un futur conjoint dans les films.

2. L’étape de l’observation

La première étape ne devrait pas s’étirer sur trop longtemps si le couple comprend bien le processus de fréquentation. Les deux personnes savent qu’il leur faut s’affairer à se connaître mutuellement. C’est l’étape la plus importante parce que c’est dans celle-ci que le couple apprend à reconnaître les faiblesses et les défauts, ainsi que les forces et les talents de l’autre. C’est ce à quoi ils devront être confrontés pour le reste de leur vie commune. Il est donc de prime importance que chacun sache s’il peut composer avec ces travers et ces qualités afin de pouvoir aider l’autre dans son cheminement vers l’amélioration et l’épanouissement.

Rendus à ce stade, les deux personnes chercheront à questionner adéquatement les personnes de l’entourage de l’autre : parents, frères et sœurs, amis proches de longue date, etc. La franchise et la discrétion sont de mise afin de garder le respect de l’autre, car n’oublions pas que la décision n’est pas prise de faire sa vie avec la personne fréquentée. À mesure que cette étape se déroule et que s’approfondit la connaissance de l’autre, l’amour véritable naît ou, au contraire, l’attrait s’estompe. C’est à ce stade que se situe la croisée des chemins. Si le couple, en toute honnêteté, constate que la personnalité de chacun ne s’avère pas compatible avec l’autre, il faut avoir la franchise de le communiquer sans faux-fuyant. Dans bien des cas, un des deux le découvrira avant l’autre. Ce peut donc être un moment difficile, car celui ou celle qui sera le plus épris(e) ne verra peut-être pas les faits du même œil, ses lunettes étant encore teintées du rose de la première étape. Ne commettez pas l’erreur de vouloir faire abstraction des défauts de l’autre en croyant que cela va changer dans l’union. On ne change pas l’autre. Chaque personne doit changer volontairement.

Combien de jeunes femmes, pour reprendre l’exemple de la violence, étaient si éprises de leur homme qu’elles décidaient, sachant celui-ci potentiellement violent, de continuer et de contracter l’union en s’imaginant qu’elles sauraient bien comment l’amener à être doux en permanence ? Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas possible à l’homme de changer. Mais il faut que cela vienne de lui-même, après que la chose ait été discutée en profondeur. Or, si l’homme, ou n’importe lequel des deux qui possède une tare posant de graves problèmes au couple, ne consent pas à en discuter et apporter les correctifs sérieux nécessaires AVANT la prise de décision menant à l’union, la vie de couple sera très mal entamée et risque de s’autodétruire en un temps relativement court, entraînant des peines et des douleurs au passage.

Il y a certains défauts qu’il ne faut pas traîner dans l’union d’un couple. Une personne esclave de l’alcoolisme, par exemple, ne devrait pas songer à fréquenter, car personne ne devrait avoir à subir les conséquences qu’entraîne l’alcoolisme. Cela est vrai de plusieurs défauts qui engendrent des difficultés réelles dans la vie de couple. Il faut un tempérament spécialement trempé pour avoir la capacité de passer par-dessus ce genre de défauts et vivre malgré tout une union équilibrée. Peu de personnes y arrivent. Nous n’avons pas tous la fibre du missionnaire. Un autre exemple de plus en plus courant est la pornographie, surtout depuis qu’Internet existe. Il y a de plus en plus de gens des deux sexes qui consomment ce médium déviant et ce, à un âge parfois étonnamment jeune. La personne qui s’adonne à cette perversion ne se rend pas compte du mal qu’elle se fait ainsi qu’à son futur conjoint ou sa future conjointe. Dans son cerveau se déforme la saine pensée sexuelle et celle-ci devient tordue par l’imagerie trompeuse de la pornographie. L’inévitable jeu des comparaisons ne peut que nuire à un couple en formation. Il est essentiel que toute personne prise de ce mal s’en débarrasse avant de songer fréquenter quelqu’un de l’autre sexe.

***

Il est donc évident que l’étape de l’observation est essentielle pour déterminer la formation d’une union entre un homme et une femme. Vous saurez si vous aimez véritablement l’autre si ses défauts ne viennent en rien déranger vos sentiments à son égard, et cela en toute objectivité. Sachant qu’il est utopique d’espérer épouser une personne parfaite, attendez-vous donc à ce que l’autre ait des travers plus ou moins marqués, plus ou moins nuisibles. À vous, alors, de savoir si ces travers vous embêtent assez pour hésiter à continuer ou si, au contraire, même ces travers viennent ajouter à l’amour qui grandit entre vous deux.

Voilà pourquoi tous ne sont pas faits pour aller ensemble. Quelqu’un aura des défauts qui dérangent certaines personnes, mais pas vous. Telle imperfection irrite les autres, mais n’apparaît pas prioritaire à vos yeux. Vous aussi avez des défauts et vous voulez rencontrer une personne qui sera compréhensive à votre égard et démontrera de l’empathie. Tendons à ressembler à l’image de Jésus-Christ. Celui-ci, en théorie, aurait pu épouser n’importe quelle femme, car Il avait la capacité de comprendre toutes les faiblesses et de S’adapter à tous les caractères. Certes, nous sommes bien loin de Sa perfection, mais nous pouvons développer notre capacité de compréhension afin de nous adapter plus facilement à l’être que nous fréquenterons.

À ce stade de la fréquentation, les tics et les habitudes de l’autre cessent de prendre une teinte rosée. Alors, soit que certains commencent à vous énerver, soit que vous ne les remarquez plus. Prenez en considération ces indices, car ils peuvent être un facteur déterminant dans le choix de la décision qui devra être prise un jour. Si, dans la façon de faire de l’autre, il y a de ces petites choses qui vous irritent vraiment et qu’elles commencent à surgir en quantité, n’y soyez pas aveugles et parlez-en sans attendre. Le degré d’amour que vous êtes à développer fera peut-être en sorte que l’autre voudra bien se départir de ces tics qui vous énervent ou, au contraire, vous vous en amuserez et vous pourrez décider de passer par-dessus et vous y habituer. Mais si l’autre chérit ses habitudes, considérant que vous en faites tout un plat et qu’il ou elle ne voit pas la nécessité de changer, ce peut être un indice d’incompatibilité. Tout en mettant de l’eau dans votre vin, vous n’êtes pas obligé d’endurer toute votre vie des façons d’agir qui vous hérisseront immanquablement.

N’oublions pas que la vie de couple a été fondamentalement planifiée pour que deux personnes évoluent ensemble dans la même direction, se supportant l’un l’autre avec amour et compassion. C’est de cette façon que l’homme et la femme deviennent une seule chair. Il va sans dire que c’est l’étape où doit s’installer une communication efficace entre les deux. Si la communication se fait difficilement, cela devrait vous être un signal d’alarme ! Les différents se règlent par une communication franche. Elle vous permet d’aller au fond du problème à résoudre. Si vous ne vous rejoignez pas, que vous n’arrivez pas à comprendre la façon de penser de l’autre et que vous éprouvez des difficultés à faire clairement passer vos idées, il est temps de vous poser des questions sérieuses quant à savoir si la vie de couple entre cette personne et vous sera viable. Il est pénible d’imaginer passer sa vie avec quelqu’un qui ne nous comprend pas et que nous ne comprenons pas.

Un autre élément à étudier lors de l’étape de l’observation, c’est la compatibilité des goûts. Il est à souhaiter que vous pourrez partager de nombreuses activités ensemble, que vous aimerez bon nombre de choses communes. Un sportif qui voudra s’unir à une pantouflarde trouvera peut-être le temps long quelquefois et vice versa. Une intellectuelle diplômée et cultivée qui fréquente un homme pratique et sans grande scolarité parce qu’il déteste lire, s’aventure peut-être en terrain dangereux. Il est préférable de ne pas avoir trop de goûts en opposition. Plus vous partagerez de goûts, mieux ce sera.

Maintenant, à ceux qui s’inquiètent des « goûts sexuels » de l’autre et qui voudraient en tirer prétexte pour tester ses habitudes sexuelles, arrêtez de vous faire du souci. La compatibilité sexuelle est directement proportionnelle à l’amour véritable qui grandit pendant la fréquentation. L’amour conditionne la vie sexuelle. Les incompatibilités sexuelles ne proviennent pas de là. Deux personnes qui s’aiment vraiment et sont parfaitement compatibles s’harmoniseront facilement au niveau sexuel pendant leur union et durant tout le reste de leur vie. Je sais que plusieurs sexologues ne seront sans doute pas d’accord avec cette affirmation, mais (ceci dit en toute humilité) je ne suis pas responsable de leur ignorance. Certains d’entre eux conseillent très mal leurs patients et les mènent à la catastrophe sans s’en rendre compte. Soyez plus prudents. Soyez patients. Vous en récolterez des dividendes insoupçonnés et fort enrichissants. Ne perdez pas de vue que l’acte sexuel est l’aboutissement de l’amour qui a grandi pendant votre fréquentation. Il ne devrait pas être un critère de compatibilité.

Cependant, il peut arriver des cas où des anomalies biologiques plus ou moins importantes viendront compliquer l’acte sexuel. Cela arrive exceptionnellement. Il s’agira alors à ce couple de bien mettre son amour mutuel en perspective et de se servir de moyens dérivés pour démontrer cet amour. L’acte sexuel ne demeure qu’un outil, merveilleux certes, mais un outil servant à démontrer son amour pour l’autre. Il y a toutes sortes d’autres moyens. Faites marcher votre imagination et votre ingéniosité. Cela ne devrait donc pas être un prétexte à vouloir « essayer » l’acte sexuel avant l’union formelle. Comme cela ne devrait pas non plus être une raison de divorce ou de séparation.

Donc, cette étape de l’observation étant la plus longue, elle devrait s’étendre sur plusieurs mois, même un an ou plus si cela s’avère nécessaire. Connaître une personne demande du temps, de longues conversations, l’observation de l’autre dans les circonstances les plus variées, même, si possible, le vécu d’épreuves afin de voir comment les deux réagissent face à ces événements. Ne soyez pas pressés en attendant que l’évidence vous montre le chemin à suivre.

3. L’étape de l’adaptation

Nous voici à la dernière étape de la fréquentation, celle où il est devenu clair pour les deux personnes qu’elles ont un fond de compatibilité pouvant leur permettre de démarrer sans crainte un foyer solide. L’amour véritable s’est installé entre les deux, car ils ont appris à se connaître selon l’art de la fréquentation. Ce stade-ci ne devrait donc être vécu que par le couple compatible. Ceux qui ne sont pas faits pour aller ensemble devraient avoir eu la sagesse de cesser la fréquentation auparavant.

Cette étape est celle où les deux caractères vont commencer à s’adapter, à se superposer, à se fondre ensemble. Non seulement nous sommes-nous habitués aux tics et aux habitudes de l’autre, mais nous allons nous apercevoir que nous en avons adoptés certains, plus ou moins consciemment. Les défauts de l’autre, ses défaillances, ses faiblesses nous attirent plus de compassion et de compréhension que de reproches. Nous n’avons pas de difficulté à nous montrer patients. Une profonde intimité et une grande complicité font que nous sommes devenus, l’un pour l’autre, le ou la meilleur(e) ami(e) et le ou la confident(e) par excellence. L’autre est devenu la personne qui nous connaît le plus au monde, car il y a des choses que nous allons confier à cette personne que nous n’aurions même pas osé dire à nos parents. Notre âme est mise à nu devant elle et elle ne nous rejette pas, bien au contraire.

Il est donc temps de prendre la décision de vivre ensemble et planifier la création d’un nouveau foyer, nid d’amour où nous allons vivre des moments privilégiés que trop de couples rapidement bâclés n’auront jamais le loisir de vivre. Toutefois, lors de cette étape, il y a un ennemi qui se cache et qu’il faut débusquer. Comme le dit un adage, « la familiarité engendre le mépris ». Le danger réside dans le fait de prendre l’autre pour acquis et vouloir enlever les gants blancs que nous avions si épais et si veloutés lors des deux premières étapes. Si ce danger n’est pas soigneusement écarté durant le stade de l’adaptation, il risque de perdurer pendant la vie conjugale et c’est un écueil dont même les couples les mieux assortis ne sont pas à l’abri.

La notion de respect doit être fermement établie et fondée sur l’amour mutuel. Ces deux éléments sont indissociables pour passer au travers des vicissitudes de la vie, main dans la main, et en sortir grandis. Votre futur(e) conjoint(e) doit absolument être la personne que vous respectez le plus au monde. Il n’y a rien de plus douloureux que de se voir méprisé par l’être que nous chérissons plus que tout autre. Le mépris tue l’amour ! Cela paraît sans doute évident dit de cette manière si précise, mais le mépris et l’irrespect se présentent de façon bien sournoise. Il faut vouloir en prendre conscience pour les détecter et les éviter. Parlez ensemble de ce danger le plus tôt possible.

Cela étant compris des deux personnes, commencez à délaisser le « je » et le « tu » et employez le « nous », car n’oubliez pas que vous êtes appelés à ne former qu’une seule chair, c’est-à-dire, un seul être, avec une seule pensée commune, avec un seul cœur. Ne croyez pas que ce soit si utopique et inatteignable. Il y a des couples qui, au moment où vous lisez cet article, vivent effectivement cette symbiose. Rien ne devrait empêcher que vous viviez, à votre tour, ce privilège.

L’étape de l’adaptation n’a pas besoin d’être très longue. Elle sera en proportion du degré de préparation que vous voudrez mettre à planifier votre union. Je dirais même qu’il ne faut pas trop tarder, car, pour ceux qui auront eu la force de caractère d’attendre jusqu’à la fin avant d’avoir une relation sexuelle, une trop longue attente deviendra une tentation inutile.

N’attendez pas non plus d’être millionnaires avant de vous mettre en ménage. Lorsque l’amour véritable et le respect sont bien ancrés dans votre couple, il est plus facile de faire face aux aléas et aux contraintes de la vie courante. Allez-y selon vos moyens et travaillez ensemble à bâtir votre foyer. Lorsque règne l’amour vrai, il est peu d’obstacles qui se montrent infranchissables au couple. C’est pendant ce stade de l’adaptation que vous devez planifier ensemble l’orientation que prendra votre ménage.

L’adoption

Cette étape-ci ne fait pas partie de la fréquentation en tant que telle, mais c’est le moment charnière qui nous fait quitter la fréquentation pour entrer de plein pied dans la vie de couple. C’est, en quelque sorte, la transition entre la fréquentation et l’union. Les deux personnes prennent l’engagement formel et solennel de se vouer, devant Dieu, au bien-être de l’autre durant le reste de leur vie. Cela devrait culminer avec la relation sexuelle qui vient sceller l’union du couple.

À partir de ce moment, le couple sérieux se fera un point d’honneur et d’amour de demeurer fidèle l’un envers l’autre et de veiller à la satisfaction du bonheur de l’autre. Cette vision, bien assimilée, bannit l’égoïsme qui n’a pas sa raison d’être dans le couple.

Conclusion

Je ne prétends pas avoir écrit une étude exhaustive de l’art de la fréquentation, mais j’ai tenté de vous en brosser un tableau succinct répondant aux besoins des personnes qui recherchent un guide de conduite à emprunter pour entamer une fréquentation qui soit planifiée de façon intelligente. Les détails vous appartiennent et vous serez juges de chacun de vos cas particuliers. Ce que je vous souhaite, c’est que vous puissiez rencontrer la personne de vos rêves, que vous sachiez débuter une relation avec elle selon l’art de la fréquentation et que vous arriviez à commencer une vie de couple qui vous soit des plus enrichissantes.

Je voudrais vous laisser, cependant, sur le conseil suivant. Qu’à chaque étape de votre fréquentation, et avant même de rencontrer la personne souhaitée, vous soyez prêts à vous confier à Celui qui connaît déjà, et depuis toujours, cette personne de rêve. Laissez-vous guider par Dieu qui peut vous éviter les écueils, vous conduire et vous inspirer. De cette manière, il sera difficile de rater votre coup et vous vivrez une des plus grandes bénédictions que Dieu ait planifiées pour l’être humain.

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