T.003 – J’ai décidé d’écrire

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Réflexion sur l’impératif de ne jamais oublier

Autrefois, j’écrivais pour me décharger de ma souffrance. Aujourd’hui, je souhaite extraire de mon âme les merveilles que mon Dieu a implantées et les semer pour la mémoire de Son œuvre.

Je souhaite faire le récit de mes victoires, parce que le monde est incapable de les percevoir.

Je souhaite saisir la splendeur de certains moments, lorsque mon Dieu m’accorde une vision extraordinaire – en dehors de mes simples possibilités humaines – pour entrevoir les choses comme Il les voit, pour mieux les comprendre et pour être en mesure de les admirer.

La Bible exhorte le chrétien à ne jamais oublier ce que le Seigneur a fait pour lui ; de se remémorer sans cesse et d’en donner le témoignage. Ce n’est pas pour nous donner des devoirs comme le faisait le maître d’école quand nous étions petits, ni pour s’imposer avec violence et discipline dans nos cœurs souvent trop occupés. Si la Bible nous le demande, c’est que Dieu sait combien le risque d’oublier est grand et, avec lui, le risque de se perdre.

Le meilleur antidote contre la peur et la dépression est de me rappeler exactement ce que Dieu a fait pour moi toutes les fois où j’ai touché le fond. Si je visualise dans ma mémoire les scénarios de ma vie qui ont ou auraient pu mal tourner, et par quelles circonstances, avec quelle force et quelle douceur le Sauveur du monde est intervenu et m’a délivré, j’ai l’antidote. Car c’est ce témoignage à moi-même et aux autres de Sa Puissance et de Son Amour pour moi qui sort ma foi du bourbier dans lequel elle s’enfonce parfois.

Il faut manger et respirer pour vivre.

Vivre pour Dieu, c’est vivre.

Ecouter Dieu qui parle, c’est se nourrir.

Pour moi, écrire c’est respirer. Garder les merveilles et les mystères révélés de Dieu – ce que je sais de Lui, de son Amour – enfermés dans ma personne, c’est étouffer.

Il manifeste sa Gloire en la disposant dans nos vies comme Il a placé les étoiles dans le ciel : elles sont toutes là, elles brillent, illuminant l’obscurité. Ce ciel obscur, je ne peux l’aimer que parce qu’il y a les étoiles. Elles changent tout !

Raconter la Gloire de Dieu dans ce que je traverse, c’est prendre une photo de ce ciel étoilé. Et quand vient la tristesse et la solitude, il faut sortir cette photo et la regarder un moment, parce qu’il se peut que le ciel soit couvert et que je ne vois plus les étoiles. L’obscurité est terrifiante…

Comment garder sa foi bien vivante, si on ne se remémore pas chaque moment où la glorieuse Grâce de Dieu est venue créer dans notre ciel obscur une étoile scintillante qui nous a rassurés, qui nous a donné la force de poursuivre notre route et qui a changé notre fatigue en joie ?

Dieu a tant de manières de Se manifester. Il peut agir par des changements de circonstances. Il peut agir sur la matière. Il peut agir dans le cœur, dans l’esprit, dans la perception. Il peut agir par un souffle invisible. Il peut parler, montrer, expliquer des choses. Il peut sourire, Il peut gronder, Il peut caresser. Il peut soulever, déterrer, recoudre.

Tout au long de mon voyage sur terre, j’ai besoin d’écrire tout cela. J’ai besoin de garder ces choses dans mon cœur :

Il est écrit : « Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (Matthieu 6:21).

De quoi est constitué mon trésor ? Cette question est cruciale, car c’est de ce trésor que dépendra le cours de mon existence, ce que j’en fais, et dans quelles conditions elle se terminera.

Est-ce un trésor visible ou invisible ? Sa valeur est-elle monétaire ? Puis-je échanger ce trésor en cours de route ? Puis-je le perdre ?

Mon trésor, c’est la Parole de Dieu : la Bible nommée Vérité. Mon trésor, c’est aussi un recueil de souvenirs glorieux dans lesquels Dieu S’est révélé à moi. Pour moi qui aime écrire, mon trésor, c’est ma correspondance avec Dieu. Mon trésor, c’est un recueil de sa Bonté et un chant de reconnaissance, consignés dans le carnet de bord du pèlerin que je suis.

Vous me direz : « Ce trésor ne prend pas beaucoup de place ! ». Et pourtant, il prend toute la place. C’est ce trésor qui me fait vivre. Le Seigneur Jésus-Christ a Lui-même déclaré : « l’homme de bien tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur » (Luc 6:45). Alors oui, ce petit trésor tient dans un sac-à-dos. Mais Dieu seul connait les dimensions du véritable trésor, à savoir, les victoires remportées en Son Nom et leurs répercussions.

Je n’écris pas pour en connaître le nombre, ni calculer ma récompense. Je les garde en mémoire pour résister quand on me présente un miroir complètement déformé, quand on me rabaisse parce que l’on trouve mon trésor ridicule. J’en reprends le témoignage à chaque fois que l’ennemi de mon âme veut me faire croire que je crois en vain. Quand il s’impose et vient me vendre ses chimères, j’ai besoin de ce trésor pour refuser et renoncer à tout le reste.

Le gardien de mon trésor, c’est l’Esprit-Saint de Dieu qui me dit à chaque épreuve de puiser dedans : je dois témoigner de ma foi à moi-même avant d’en témoigner aux autres. Garder ma position et mon rang de soldat dans cette guerre où nous ne nous battons pas contre des humains, même s’ils croient nous battre, nous dominer, nous humilier…

« Mon âme, bénis l’Eternel, et n’oublie aucun de ses bienfaits ! » (Psaume 103:2).

« Souvenez-vous des merveilles qu’Il a faites, des miracles et des jugements de sa bouche » (Psaume 105:5).

Le Seigneur ne nous impose pas une discipline rigoureuse. Il nous propose une arme  pour nous battre sans violence, non pas à la manière du monde dans lequel nous vivons. Il nous propose un antidote contre les poisons les plus dangereux, comme le doute et la peur. Il nous montre le chemin du bonheur.

Un passionné de roses, qui cultive chaque jour son jardin, le fait avec amour et sans contrainte. Il en éprouve une grande joie ; il prend soin de ce qu’il admire. Les personnes qui passent dans la rue sont susceptibles de trouver son attitude trop rigoureuse et sa passion trop contraignante. Pourtant, la vérité est toute autre. Pour lui, ce n’est pas une discipline, ni un devoir, car, s’il aime ses roses, il éprouve tout simplement le besoin de s’en occuper. Il est incapable de vivre autrement, sinon son désir finirait par le ronger complètement.

Dans mon histoire, le potager, ça peut être mon trésor de foi que je cultive sans m’en lasser. Et personne ne peut comprendre pourquoi je passe mes soirées ou mes nuits entières à lire, à écrire, à parler avec Dieu ! Mais il est possible de voir les choses dans l’autre sens : le rosier, ça peut être moi. Le Jardinier céleste ne cesse de prendre soin de moi et de me faire grandir. Inlassablement, il travaille à me fortifier et à m’embellir, pour que je résiste au froid, à la grêle et au regard des autres.

Si ça ne vient pas de moi, si c’est le Jardinier qui travaille sur moi, alors je ne peux m’en défaire. J’en prends l’habitude. J’aime Ses soins, j’ai besoin de Lui.

C’est si triste de constater comment la religion a été dénuée de ce principe fondamental. Au lieu de laisser le Jardinier prendre soin de Ses plantes, on donne aux plantes des recommandations sévères, on les met sous pression, on cherche à leur faire peur. Mais souvent, les plantes n’y comprennent rien, elles ne savant même pas lire ! Vous me direz : « Mais nous ne sommes pas des plantes ! » Et pourtant, c’est bien ainsi que l’on peut se sentir considéré lorsque l’on regarde les diverses techniques utilisées pour soit-disant faire grandir la foi : elles sont comme du désherbant chimique qui fait mourir toute la plante…

Mais ce n’est pas par l’extérieur qu’il faut agir en pulvérisant n’importe quoi ! Cela ne sera toujours que violence ! « Soyez parfait, payer votre dîme, priez matin, midi et soir, jeûnez pendant une semaine, suivez un programme de lecture de la bible, passez une heure par jour à louer Dieu, distribuez des prospectus, participez toujours au culte et aux réunions de quartier, sans cela vous n’êtes pas vraiment chrétien et, surtout, gardez toujours le sourire, car sinon les autres n’auront pas envie de devenir chrétien ! »

Ma véritable liberté, c’est d’aimer mon Père, de tout Lui dire, de déposer à ses pieds tout ce qui m’encombre ou me trouble et de tout me laisser pardonner de Lui. Ma vraie liberté, c’est de me jeter dans Ses bras chaque fois que j’en ai besoin, de compter chaque instant sur Sa Présence et de Lui offrir une confiance absolue dans tout ce qu’Il dit, m’apprend et décide. Ma tranquillité, c’est de penser à Lui tout le jour, de Le laisser imprégner mon sommeil la nuit et de jouir de Sa paix dans toutes les circonstances.

Dans ma religion – si j’en ai une – le vase que je suis est fendu et poreux de l’extérieur mais, au-dedans, il contient le plus beau trésor. Voudrais-je échanger mon vase contre un autre ?

C’est pour me rappeler la beauté invisible de ce vase que j’écris. Pour me rappeler mon identité en Christ, mon Sauveur. Pour témoigner de ce qu’Il fait, car mon cœur ne peut pas contenir l’admiration que j’ai pour Lui. C’est pour Le laisser vivre en moi, car tel est le destin magnifique qu’Il m’a assigné dans sa Grâce.

Parfois, je suis obligée de vérifier la signification d’un mot dans le dictionnaire, car les mots coulent sans que je les comprenne tous. Son Amour est un torrent si fort ! Un torrent qui ne fait pas de bruit. Il est ma raison d’être et je ne saurais Le taire.

A vous qui n’osez pas témoigner, à vous dont la langue a été liée, la main paralysée à cause des épreuves de la vie ou des railleries ; à vous qui recherchez la vraie liberté, celle de plaire à Dieu tout en étant soi-même ; à vous qui avez peut-être souffert de la rigidité d’une religion extérieure, je voudrais vous dire : cherchez Dieu dans Sa Parole, cherchez-Le dans un face à face intime, cherchez-Le dans vos souvenirs. Rappelez-vous toutes Ses œuvres, toutes les choses inexpliquées qu’Il a faite pour vous. Dites-les, écrivez-les, chantez-les. Laissez-Le inonder votre cœur, ce qui vaut mieux qu’un millier de rituels.

Soyez bénis !

Anne-Gaëlle

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