T.018 – La fidélité

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Emilie, c’est le nom d’un être qui m’est très cher. Je l’aime de façon inconditionnelle : il me suffit de poser mon regard sur elle pour en prendre conscience. Emilie, c’est un petit être merveilleux que Dieu a modelé de Ses doigts d’Artiste. Une créature extraordinaire qui m’apporte chaque jour bien plus que ce qu’elle est supposée m’apporter. En elle, je vois tant de choses, je l’observe et je médite sur notre Créateur…

Emilie, c’est ma petite chienne. Elle est de petite taille, elle rentre facilement dans un sac ou dans mon manteau. Elle est très belle et son joli minois n’a cesse de susciter les attendrissements des passants. A mes yeux, elle reste un bébé, car elle en a l’apparence et le caractère. Je suppose que je ne la considérerai jamais comme une adulte et que je ne la laisserai pas faire de petits. Non, il n’y a pas d’émancipation envisageable : elle restera toujours ma toute petite Emilie !

La nuit, elle dort blottie contre moi, bien au chaud sous ma couverture. Elle cherche la présence et la chaleur de son maître. Elle a toujours les yeux dirigés vers moi. Elle guette mon regard, espérant le capter. Elle guette un changement d’expression sur mon visage, cherchant à deviner mes intentions. Pour rien au monde, elle ne voudrait louper une occasion d’entreprendre une sortie avec moi. Elle me suit partout et épie le moindre de mes gestes : s’il lui donne une once d’espoir, elle se met à remuer la queue, incapable de dissimuler sa joie.

Je suis tout ce qu’elle désire, tout ce qu’elle recherche. Sa fidélité envers moi n’a pas de limite. Quand je la laisse seule à la maison, elle reste couchée sur le panier de linge, pour avoir mon odeur. Et alors, elle ne fait qu’attendre. Une fois, je l’avais laissée trois jours chez une personne proche qu’elle connaissait bien : elle avait passé son temps devant la porte d’entrée et semblait se laisser mourir.

Quand je conduis, elle a l’art de me persuader de la laisser monter sur mes genoux. Elle avance, millimètre par millimètre, et elle arrive toujours à ses fins. Elle sait qu’au volant, je dois me concentrer et qu’elle ne peut pas avoir toute mon attention. Alors, elle se fait toute petite. Parfois, je ne sens même pas ses petites pattes légères se faufiler et monter sur moi. Puis peu à peu, elle ne tient plus, le besoin est trop fort : elle gagne du terrain et de toute sa force, elle attrape ma main avec ses pattes pour les diriger vers son ventre, afin que je la câline. Elle sait comment s’y prendre !

Pour elle, le bonheur, c’est d’être avec moi et de recevoir mon amour. Et son bonheur suprême, c’est quand je la cajole pendant de longues minutes interminables. Elle aime quand j’embrasse sa petite frimousse, là où le poil est le plus soyeux. La tendresse que nous avons l’une pour l’autre est si douce et si pure que j’en remercie le Seigneur chaque jour. Car la vie sans aucune tendresse serait bien triste, et le quotidien sans ma joyeuse compagne serait assez morose.

Emilie est une chienne exceptionnelle parce qu’elle a un grand respect pour mes commandements. Elle préfère passer quinze heures sans faire ses besoins, plutôt que de faire une bêtise qui risque de me fâcher. Elle préfère souffrir plutôt que d’enfreindre la loi de son maître, et de le décevoir. Quand nous sortons dehors dans le village, elle marche à mes pieds, comme retenue par une corde invisible. Je lui dis de ne pas bouger et elle reste subitement immobile. Je lui dis d’attendre et elle attend sagement. Ah ! Si les enfants pouvaient être ainsi ! La vie d’une mère serait si facile ! Mais les enfants croient que les commandements et les interdits ne sont que des freins à l’amusement, et seulement faits pour les embêter… Emilie a beau être une petite chienne, elle sert d’exemple. Elle a une confiance totale en moi et sait que tous mes commandements sont pour son bien et sa sécurité. Et elle obéit !

Emilie a un don, entre autres : elle court extrêmement vite ! Il suffit que je lui dise « Cours ! » et elle s’élance à toute vitesse à travers champs et forêts, et je n’arrive plus à la rattraper ! Courir est sa passion, c’est l’activité qui lui procure le plus de plaisir, car Dieu l’a faite avec les particularités physiques d’une sportive de haut niveau ; le vétérinaire l’avait déjà remarqué. Quand elle court, on dirait qu’elle a des ailes : elle paraît si libre, si légère ! La regarder courir ainsi est touchant, et je remercie le Seigneur pour ses qualités et sa santé.

Oui, c’est une petite chienne extraordinaire. Elle fait preuve d’une intelligence qui me dépasse : par exemple, quand au beau milieu d’une discussion, je me mets à parler d’elle, la voilà qui se pointe ou qui me regarde en levant les oreilles. Pourtant, je fais exprès de ne pas prononcer son nom ! Même si elle semble dormir, elle s’éveille tout à coup et nous montre qu’elle sait que nous parlons d’elle. Elle nous montre sa joie, car elle aime avoir de l’attention. Elle demande beaucoup d’attention et se réjouit exagérément quand elle n’en obtient qu’une miette.

Emilie, pour moi c’est toute une allégorie. Au travers de ce petit être que Dieu m’a confié pour que nous prenions soin l’une de l’autre, je vois beaucoup de similitudes envers la relation qu’entretient le disciple avec son Maître, le Christ. A sa manière, elle sert d’exemple et montre le comportement du parfait disciple, ou presque…

Le chien est dans la culture populaire symbole de fidélité. On dit aussi qu’il est « le meilleur ami de l’homme ». Il y a en effet une très grande complicité entre un chien et son maître. Ils se connaissent très bien l’un l’autre et pourraient tous deux se reconnaître entre mille. Dans une immense foule, le chien sait pertinemment qui est son maître. Il sent son odeur de très loin. Il pourrait traverser des régions entières pour le retrouver en suivant une piste. Il reconnait sa voix, le bruit de ses pas, sa démarche particulière. Le chien connaît les habitudes de son maître. Il vit sa vie en s’ajustant sur la manière de vivre de son maître. Il recherche sa proximité avant tout, et s’efforce de lui obéir en toutes choses. Le chien, s’il est bien traité et même choyé, ne vit que dans la gratitude de ce que son maître lui offre chaque jour. Il n’a cesse de remuer la queue pour manifester sa joie et sa reconnaissance. Et il paraît que même les chiens battus retournent toujours vers leur maître…

N’est-il pas troublant de voir combien la Création de notre Dieu regorge de ces trésors allégoriques ? Puisés souvent dans le règne animal, il y a beaucoup de trésors cachés qui nous instruisent et nous font réfléchir. Je pense que ce n’est pas par hasard. Le Créateur a bel et bien réfléchi à toutes ces choses avant de les cacher pour tous ceux qui ont reçu de Lui le don d’observer Son œuvre et de méditer sur les éventuelles leçons à apprendre.

Emilie ne connaît certes pas Jésus-Christ, puisqu’elle n’a pas l’Esprit de Dieu en elle pour Le lui révéler. Mais elle me montre comment je devrais vivre en tant que disciple de mon Seigneur et Sauveur :

Pour elle, je suis son sauveur. Elle garde les yeux fixés sur moi et me cherche sans cesse du regard quand elle ne me voit plus. Je devrais faire de même avec mon Sauveur.

Elle a besoin de moi dans tous les domaines : pour la nourriture de chaque jour, pour les soins nécessaires à sa guérison quand elle est malade, pour la rassurer la nuit quand elle fait un cauchemar, pour éviter de se faire écraser sur les routes, pour avoir chaud et surtout pour recevoir l’affection sans laquelle elle mourrait. Je devrais dépendre du Christ à tous les niveaux, Lui qui a tous les pouvoirs.

A mes yeux, même si les années passent, elle reste aussi petite qu’un bébé à protéger. D’ailleurs, elle garde en elle les caractéristiques d’un chiot. Quand elle vieillira vraiment, je suppose que mon regard ne changera pas. Je devrais comprendre que, pour Dieu mon Père, je suis un enfant. Quelque soit ma sagesse, mes expériences, mon orgueil, quelque soit mon âge, je resterai pour Lui Son enfant et j’ai besoin de Sa protection. D’ailleurs, j’ai encore les traits d’un enfant : quand je fais des erreurs, quand je ne comprends pas ce que mon Père m’explique et surtout quand je n’en fais qu’à ma tête. Je devrais considérer Dieu comme mon Père et apprécier ma juste place, sans chercher à me grandir.

Elle a toujours besoin d’attention, à tel point qu’elle guette les discussions et actions des humains. Lui montrer que je m’intéresse à elle la comble parfaitement. Je devrais reconnaître en moi-même ce besoin légitime et humain. Je devrais laisser Dieu le satisfaire, puisque Lui seul est en mesure de me suivre du regard et de S’intéresser à ma vie dans les moindres détails.

Elle est fidèle jusqu’à la mort, si elle est privée de ma présence trop longtemps, elle préfère se laisser dépérir. Pour elle, la vie est inimaginable sans son maître. C’est ainsi que je devrais être engagée pour Celui qui dit de Lui-même qu’Il est fidèle. Convaincue de Sa fidélité, je devrais Lui en témoigner autant qu’Il m’en témoigne.

 Elle est loyale ; elle n’aime pas enfreindre mes commandements ; quitte à en souffrir, elle souhaite être trouvée fidèle au retour de son maître afin de s’attirer louanges et rémunération. Je devrais avoir l’obéissance pour guide. Je ne devrais pas avoir de réticence à faire la Volonté de mon Seigneur. Je devrais me réjouir du retour de mon Maître qui saura parfaitement considérer si je Lui suis restée vraiment fidèle et qui m’en remerciera en Son temps.

Elle a une confiance totale en moi et ne s’inquiète jamais de rien, parce qu’elle sait que je l’aime et que jamais je ne pourrais la négliger ou l’abandonner. Je devrais être consciente de l’Amour que mon Dieu a pour moi. Je devrais être sûre d’une seule chose parmi les milliards de connaissances acquises par l’humanité : Dieu est incapable de me laisser tomber, parce qu’Il a fait de moi Son enfant et qu’Il ne fait pas les choses à moitié, ni pour les regretter ensuite.

Elle a le don de se réjouir, elle puise sa joie dans ma simple compagnie. Il suffit que je parte cinq minutes pour qu’en revenant, elle se réjouisse comme si elle ne m’avait pas vue depuis des siècles. Elle manifeste sa joie ouvertement et ça me fait du bien. Parce que je l’aime, je n’ai pas envie de la voir abattue ou malheureuse. Sa joie est contagieuse : elle la transmet naturellement, sans même s’en rendre compte. Je devrais moi aussi me réjouir sans avoir besoin de chercher des raisons ; je devrais me réjouir de la simple présence de mon Maître auprès de moi. Je devrais cultiver cette joie si pure, de manière à l’éprouver à la moindre occasion où je décèle Sa Présence dans ma vie, aussi infime soit la bénédiction reçue de Lui. Je devrais vivre ma joie ouvertement, même si le contraste avec mon entourage maussade dérange ou effraie. Je devrais savoir que la joie du Seigneur, déversée par Son Amour, a le pouvoir de faire le bien, qu’elle peut se propager là, et vers qui le Seigneur le souhaite.

Elle a le don de courir vite. Pour elle, la grande vitesse dont elle est capable est un moyen de s’épanouir, ainsi qu’un plaisir sans pareil. Pratiquer ce pour quoi elle est conçue lui offre une sensation de liberté inégalée. Je devrais moi aussi connaître les dons que mon Créateur a mis en moi. Je devrais utiliser mes talents pour faire ce pour quoi Il m’a conçue. Je ne devrais pas espérer atteindre un certain niveau pour commencer à mettre mes dons en pratique. Je devrais compter sur le génie de Dieu qui m’a créé. Je devrais Le laisser opérer en moi cet épanouissement actif auquel j’aspire. Il sait ce qu’Il fait et pourquoi Il le fait. Je devrais chercher la liberté dans cet espace créatif que Dieu me donne, plutôt que dans le monde. Faire ce que je sais faire le mieux, puis Le laisser canaliser mon œuvre pour Lui-même, afin de Lui en donner toute la gloire : voilà une joie instantanée et véritable !

Elle est si belle. Elle est aimée inconditionnellement. Même quand il lui arrive de faire des bêtises, elle est toujours pardonnée. Elle va d’abord se cacher sous le lit pour éviter l’orage. Mais elle revient, avec des yeux qui en disent long sur son désir de réconciliation. Je devrais savoir combien Dieu m’aime, sans mesure, sans condition. Je devrais connaître ma valeur et ma beauté pour Celui qui me regarde, qui m’a créée et qui prend soin de moi. Je ne devrais pas aller me cacher quand je fais des erreurs, ou quand il m’arrive de ne plus me maîtriser. Je ne devrais pas craindre les foudres de mon Maître, mais seulement l’idée de L’avoir blessé. Je ne devrais pas avoir peur de perdre Son Amour, ni Son estime. Je devrais vite aller me réfugier auprès de Lui, par la vertu de Son Sacrifice, et Lui demander humblement pardon. Je devrais lire dans les yeux de mon Maître non de la colère, mais de la compassion. Et je devrais savoir que Lui-même lit dans mon cœur tout ce que je ne parviens pas encore à Lui dire.

Elle n’hésite pas une seconde à me demander, quand elle a besoin d’aide. Elle est petite et, en montagne ou dans la forêt, il y a souvent des obstacles qu’elle ne peut pas franchir. Elle n’attend pas : aussitôt qu’elle s’en rend compte, elle couine et reçoit le secours nécessaire. Je ne devrais pas avoir la moindre appréhension à demander le secours de mon Sauveur, ni repousser à demain le moment de la prière, si aujourd‘hui je sens dans mon cœur que j’ai un souci ou un problème à Lui confier. Je ne devrais pas craindre de Le déranger, ni d’être un fardeau pour mon Maître. Puisque c’est Lui qui m’a prise à Son école, Il est en mesure de répondre à toutes mes questions sans reproche, même si je ne semble pas progresser vite. Je devrais graver dans mon esprit entêté de quoi contrer l’affreux mensonge, comme quoi mes requêtes et mon insistance importuneraient Dieu. Voilà la phrase qu’il faudrait graver une fois pour toute : « Plus je Lui demande et plus je L’honore ». Car celui qui demande à Dieu, croit qu’Il est en mesure de répondre. Et qui demande beaucoup, place sa confiance dans une Puissance et un Amour assez grand pour oser espérer de Lui toutes les réponses.

Ainsi, la fidélité de Dieu nous pousse à réagir. Car Sa fidélité nous trouble. Elle est visible chaque jour, au-travers de tout ce qui nous arrive ainsi qu’au-travers de la protection divine dont nous bénéficions. Et elle est visible dans les petites choses, dans ce qu’Il a créé et signé de Sa main : comme ma petite chienne qui nous sert d’exemple.

« Celui qui vous a appelés, est fidèle » (1 Thessaloniciens 5:24).

« Retenons sans fléchir la profession de notre espérance ; car celui qui a fait la promesse est fidèle » (Hébreux 10:23).

« Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle ; il ne peut se renier lui-même » (2 Timothée 2:13).

« Et son maître lui dit : Cela est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur » (Matthieu 25:21)

« Je vis ensuite le ciel ouvert, et voici un cheval blanc, et celui qui était monté dessus, s’appelait le FIDELE et le VÉRITABLE, qui juge et qui combat avec justice » (Apocalypse 19:11).

Que le Seigneur nous offre davantage la grâce de contempler Ses œuvres, afin d’apprendre toujours plus, selon ce qu’Il souhaite nous apprendre. Peu importe l’intelligence ou la culture générale, avec Dieu, on peut apprendre quelque chose de magnifique à partir d’une simple créature, ou même d’une fleur. Quand l’Esprit de Dieu est notre Maître, Il affute notre regard et aiguise notre sens de l’observation.

Que la fidélité de notre Dieu soit notre chant et notre victoire !

Soyez bénis !

Anne-Gaëlle

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