T.032 – Un partenaire à toute épreuve

image_pdfimage_print

Je suis ici, dans cette maison pleine de couleurs, une maison chaleureuse qui me reçoit le temps de me reposer, le temps de contempler Ta Gloire et d’écrire, puisque c’est à cela que Tu m’appelles, Seigneur Yeshoua. Je voulais continuer à dormir ce matin,  mais en vain : le titre de ce texte résonne dans mon esprit, ainsi que son contenu. Et je Te dis « je pourrai écrire tout à l’heure, ou bien demain… ». Puis, j’ai considéré cette maison bien calme et colorée, cette solitude hors norme – puisque j’ai laissé ma fille pendant trois jours – et cet ordinateur que j’ai emmené avec moi, en vue de me distraire dans le train : tout s’apprête et insiste soudain pour me pousser à écrire. Alors, je Te dis « oui », de tout mon cœur, si c’est pour cela que Tu m’as fait vivre tout ce que je vais écrire.

Le partenariat avec les humains peut être très décevant. Qui peut parfaitement répondre à nos attentes ? Qui peut respecter pleinement ses engagements en tout temps ? En réalité, personne ne le peut. C’est pour cela que les partenaires se séparent tôt ou tard : rares sont ceux dont le partenariat dure toujours et résiste aux épreuves, ainsi qu’aux déceptions qui viennent le briser. Mais il existe un Partenaire par excellence, un partenariat hors du commun dont l’alliance est indestructible. C’est de Celui-là dont il faut que je témoigne…

Quelle aventure ce fut que de déménager par le train ! Je quittai mon appartement et, malgré avoir envoyé beaucoup de colis par bateau, il restait sept bagages ainsi que les trois cages avec nos animaux. J’étais seule avec ma fille, pour qui le port de charge lourde est à proscrire. Et dans toutes les difficultés qui nous attendraient, il y avait deux changements de train ; nous n’aurions que peu de temps pour aller d’un quai à l’autre avec tous nos bagages…  Je ne serais pas honnête si je déclarais avoir affronté cette épreuve de ma foi en toute quiétude. Quand on a peu d’argent et quand le voyage est gracieusement offert, la pression est grande : l’adrénaline est à son apogée à la pensée de louper un train !

Dès le départ, les choses s’annonçaient compliquées : pas de taxi, des allers-retours à pieds jusqu’à la gare, chargée comme un âne. Il fallait partir une heure et demie avant le départ du train alors qu’en voiture, il aurait fallu dix minutes ! Mais je ne me suis pas découragée, car au fond de moi, je comptais sur mon Partenaire invisible : Celui qui allait me tenir la main durant tout le voyage. Le deuxième aller jusqu’à la gare, j’ai levé le pouce et une voiture s’est arrêtée pour me prendre. Le conducteur me déposa à la gare et porta mes valises jusqu’au quai. Malgré le nombre restreint de voyageurs, des mains solidaires soulevèrent nos bagages. Puis le train partit, nous emmenant dans une étrange euphorie.  Qui l’aurait cru ? Dans ce village fermé où personne ne nous disait bonjour, où jamais personne ne nous souriait, ce jour où nous avions vraiment besoin d’aide, les gens se mirent à nous sourire et à nous aider.

Arrivées à la gare où nous devions prendre notre correspondance, les mains solidaires déposèrent nos bagages sur le quai. Je me précipitai vers un contrôleur pour lui demander, le visage rempli d’appréhension, sur quel quai était notre prochain train. Et l’angoisse s’envola lorsqu’il me dit « ici-même ». Partenariat divin ! Dieu avait déjà résolu le problème ! Il y avait tant de quais, tant de distances entre chaque quai, des escaliers, des petits ascenseurs… Mais nous n’avions qu’à rester où nous étions et nous avions même assez de temps pour avancer jusqu’au bon wagon. Pour la montée dans le train, d’autres mains solidaires attrapèrent nos valises et nos animaux, et ainsi se prolongea l’euphorie…

Durant le trajet, le premier couple à qui j’ai demandé s’il s’arrêtait à Avignon m’a proposé de l’aide : ces personnes avaient le même changement de trains que nous ! Ce couple et une tierce personne portèrent nos bagages jusqu’à l’emplacement prévu pour notre wagon, bien qu’ils s’éloignaient de leur emplacement à eux : cette disposition surnaturelle à nous aider jusqu’au bout, à l’encontre de leur propre intérêt, me surprit beaucoup ! A force d’être habituée à l’indifférence générale, un élan de gentillesse désintéressée est une surprise sans pareille. Et le plus extraordinaire fut que cette fois encore, il n’était pas nécessaire de changer de quai ! Ainsi se déroula en toute simplicité le second changement de train, celui qui m’avait empêché de dormir la veille, tant je le redoutais…

Mon appréhension ne se limitait pas au transport des valises. J’avais également une crainte vis-à-vis du contrôleur : il m’avait été impossible d’acheter des billets pour mes animaux, car le guichet était exceptionnellement fermé, lorsque je m’étais rendue avec cette initiative à la gare de la ville la plus proche, la veille du départ. Mais durant tout le voyage, pas un contrôleur ne me les demanda. Les cages entassées les unes sur les autres étaient pourtant une réelle attraction pour les voyageurs qui n’avaient cesse de les regarder et de faire des commentaires à leur propos. Mais les contrôleurs ne les remarquèrent pas.

Jusque dans les moindres détails, tout fut divinement agencé pour notre voyage. Alors que je m’inquiétais à propos de la place disponible pour notre encombrante cargaison, il y avait dans chaque train un endroit parfait pour tout déposer, non loin de notre regard, et malgré le grand flux de passagers. Une dame me proposa spontanément d’échanger nos places avec elle, car elle était tout au fond du train et cela nous permettait d’être avec nos animaux sans gêner personne. Dans le train suivant, l’espace voyageur était rempli à ras-bord ! Mais dans l’entrée, devant les toilettes, il y avait un espace suffisant pour entasser toutes nos affaires. Par une divine coïncidence, la porte des toilettes était scellée avec un écriteau « hors d’usage ».

Un partenariat à toute épreuve, un Partenaire fidèle et omniscient. Quand on Lui donne l’honneur de Le laisser occuper Sa place, de Se charger de tout, absolument tout, jusque dans les moindres détails, Il démontre Ses qualités parfaites et Son pouvoir. Il Se manifeste par tout ce qu’Il utilise. Des mains, des sourires, des regards. Il utilise la force des uns, les moyens des autres. Il incline les cœurs. Il réquisitionne ce qui appartient à l’un pour le mettre à la disposition de l’autre : à la disposition de celui qui se trouve dans le besoin et dont l’âme crie à Lui. Il ouvre les yeux des uns et ferme ceux des autres, selon la situation et le danger potentiel. Et Il organise tout selon Sa Sagesse, dont la fondation se trouve dans une seule et même pensée qui traverse toute la terre : la pensée de Son Amour bienveillant qui veut le bien de l’autre. Le bien de tous ceux qu’Il aime. Voilà le secret de Sa Sagesse.

Avant de quitter définitivement la région, mon Dieu avait résolu tous mes problèmes, ou presque… J’avais des meubles et des affaires que je n’avais pas réussi à vendre et dont il me fallait me débarrasser. Il m’offrit l’amitié d’une personne qui les prit pour les stocker chez elle. Elle me fit la promesse de les vendre lors du grand vide-grenier d’été qui doit avoir lieu dans le village, et de m’envoyer le gain. Pour chaque problème, le Seigneur semblait déjà connaître la solution ! Mais un nouveau problème se présenta à moi…

Il fallait faire renouveler la carte d’identité de ma fille avant notre départ, ce que j’avais pris soin de faire : on me donna un rendez-vous à la mairie de la ville voisine deux jours avant le déménagement afin de venir récupérer la carte. Mais ce jour-là, j’appris que la carte n’était pas prête ; on ne me donna aucun renseignement sur la cause de ce retard, ni sur le délai à attendre ! Le système informatique et judiciaire impose au demandeur de carte d’identité de revenir en personne à la mairie dans laquelle la demande a été faite. Ma colère n’y pouvait rien changer. Mais je savais au fond de moi que cet important retard dans la production de la carte avait obligatoirement une cause, je veux parler bien sûr du point de vue spirituel. Si le Tout-Puissant permettait ce retard, Lui qui d’habitude coordonne si parfaitement tous les évènements et les circonstances, alors il fallait qu’Il ait une bonne raison de me faire à nouveau traverser la France pour revenir dans cette ville…

Il se passa deux semaines avant que je reçoive la bonne nouvelle de l’arrivée de cette précieuse carte d’identité, sans laquelle il est évidemment impossible de prendre l’avion. Il n’est pas nécessaire de décrire mon inquiétude, tandis qu’il ne restait que quelques jours avant la date du grand départ pour notre déménagement en outre-mer. J’achetai donc des billets de train pour effectuer le voyage de plus de 800 km afin d’aller récupérer cette carte. Je partis seule pour un rapide aller-retour, déplorant de perdre une somme importante dans ce voyage : l’argent que je comptais utiliser pour louer une voiture et nous rendre à l’aéroport de Marseille le jour J. Heureusement, peu avant avoir quitté le village où j’habitais, j’avais fait la connaissance d’une jeune femme très sympathique qui habite dans la ville où se trouve la mairie en question, et elle m’offrit de m’héberger gratuitement pendant mon séjour. C’est dans sa maison que je me trouve en cette heure, sa maison colorée.

A peine montée dans le train, alors que je n’avais parcouru que quelques kilomètres, le train s’arrêta brusquement. Le commandant de bord annonça d’une voix tremblante un accident de personne – un suicide – et par conséquent une immobilisation prolongée du train. Une personne désespérée s’était jetée sur les rails et les pompiers devaient ramasser les morceaux du corps. Une ambiance morose s’est installée peu à peu parmi les passagers. Le message de désespoir, les images épouvantables qui s’imposent dans l’imaginaire de chacun, l’empathie pour le conducteur dans cette situation traumatisante, la compassion des uns, la colère des autres, l’angoisse des complications pour tous ceux qui ne peuvent pas poursuivre leur voyage comme prévu… Cette étrange situation amena certains passagers à se poser des questions essentielles et à parler les uns avec les autres dans un climat de solidarité.

Une dame très intelligente m’adressa la parole : un esprit scientifique,  professeur d’université. Elle me parla de manière philosophique sur la vie, le monde et l’être humain. Nous échangeâmes avec simplicité sur nos croyances respectives. Ce ne fut pas un débat, mais plutôt une discussion merveilleuse. De toute ma vie, je n’avais jamais joui d’un tel échange avec une personne de sciences qui ne partage pas la foi chrétienne : ni orgueil, ni prétention, ni animosité ne vint ternir notre dialogue. Etant écrivaine et curieuse par-dessus tout, elle me demanda un de mes écrits. Je lui fis donc lire un texte, le seul que j’avais encore dans mon ordinateur. C’était la première fois que je l’emmenais dans le train ; je n’aurais jamais imaginé son utilité dans ce sens ! Elle le lit et me posa des questions sur ma foi, puis je lui fis le récit émouvant de ma conversion. Ainsi passèrent les trois heures d’arrêt au milieu de nulle part, enfermés dans un train. Puis je lui fis don de mes coordonnées, remettant en prière son cœur au Dieu de l’infini, qui nous avait placées côte-à-côte.

Cette personne, manifestement très optimiste, ne comprenait pas que je perçoive la nature humaine avec un regard à son goût trop pessimiste. Tandis que j’essayais de lui expliquer que la perfection et la pureté véritable n’existent qu’en Dieu, elle m’exposait ses croyances dans le domaine de la psychologie, comme quoi l’humain serait en mesure de se guérir et de s’améliorer par ses propres moyens. Lui disant de quoi Jésus m’avait sauvée et quelle transformation Il a opérée en moi, j’espérais qu’elle comprendrait et qu’elle réviserait ses théories sur le potentiel humain, afin qu’un jour elle aussi fasse appel au seul vrai Sauveur de l’humanité. Mais elle parla du verre à moitié vide et du verre à moitié plein. Pour elle, je faisais partie de ceux qui ne voient que le verre à moitié vide… Pourtant, c’est dans ce vide que Dieu est venu faire Sa demeure, c’est par ce vide qu’Il manifeste Son abondance et me remplit chaque jour.

Soudain, cette dame, qui avait commencé à me tutoyer, reçut un appel téléphonique qui la bouleversa. Elle se détourna de moi et se mit à pleurer. Elle reprocha des choses graves à son mari qui restait stoïque en face d’elle. J’entendis dans ses propos tout le contraire de ce qu’elle m’avait affirmé lors de notre discussion. Je compris que Dieu faisait soudain tomber son masque d’optimiste : profondément blessée, elle constata combien sa confiance l’avait trompée, et à quel point le cœur humain n’est pas fiable. Je restai silencieuse, intriguée par ce qui se passait, sans pour autant m’en mêler. Dieu savait. J’attendis qu’elle sèche ses larmes pour lui donner le petit papier avec mes coordonnées. Un jour peut-être en fera-t-elle bon usage.

Pendant le trajet entre Nice et Paris, puisque le train avait trois heures de retard et que j’avais loupé ma correspondance, je téléphonai à la mairie qui m’attendait le jour même, afin de reporter si possible mon RDV au lendemain. C’est alors que je pris conscience de ne pas avoir l’ancienne carte d’identité, dont la remise est absolument obligatoire. Je fus prise de panique en me rappelant l’endroit où je l’avais oubliée : dans la photocopieuse de la poste, où j’étais allée la veille, à Nice. Dans cette situation subitement angoissante, je dus m’en remettre à mon Partenaire céleste, qui Lui seul a le pouvoir d’arranger les choses les plus chaotiques et de réparer les erreurs les plus grotesques ! En effet, mon erreur était stupide : je n’avais nul besoin de faire une photocopie de cette ancienne carte d’identité, je l’avais fait par pur sentimentalisme, afin d’avoir un souvenir de ma fille quand elle était un beau bébé potelé…

La carte d’identité oubliée dans la photocopieuse fut gracieusement remise au guichet, et Dieu toucha le cœur de l’agent qui accepta de la rendre à ma mère. Elle fut envoyée par Chronopost à la mairie, où la nouvelle carte m’attendait, pour qu’elle arrive le jour suivant. Une personne se désista à cette date et on m’accorda un RDV de dernière minute. La précieuse carte d’identité pouvait alors enfin m’être remise !

Arrivée à Paris, je devais changer de gare. La dame avec qui j’avais si bien conversé était parisienne, elle m’avait bien expliqué comment faire et quel bus prendre. A l’arrêt de bus, je constatai que je n’avais pas de monnaie. J’abordai une personne souriante, la première que je vis, et elle m’offrit gracieusement un ticket, ce qui me permit de monter immédiatement dans le bus et d’arriver à l’autre gare à temps pour ma correspondance.

Dans le second train, un homme âgé m’aborda. Il devait descendre au Mans et comptait faire la route restante jusqu’à chez lui en voiture, celle-ci étant restée au parking de la gare. Il me proposa gracieusement de m’emmener dans la ville où je devais me rendre, et même de me déposer devant la maison colorée de mon hôte. Il n’habitait pas dans cette commune, et je ne pouvais que remercier mon Sauveur de faire venir à moi tant de gentillesse et tant d’aide, sans jamais s’en lasser ni être en panne de ressources !

J’aurais pu finir mon voyage en train, mais je n’avais que dix minutes pour prendre ma correspondance, et je devais me rendre au guichet pour faire changer mon billet de retour, sans quoi l’échange ne serait plus possible. L’homme me témoigna une grande courtoisie : il m’accompagna au service de vente, sollicita pour moi l’intérêt de l’agent de gare et partit chercher sa voiture, en m’attendant dans le parking. La personne au guichet fut très compréhensive. Mon billet fut échangé sans frais supplémentaires, ceci grâce au retard du train qui avait été immobilisé pendant trois heures, ce qui m’avait fait louper mon rendez-vous. Ce que cet agent compatissant ne savait pas, c’est que, retard ou non, je devais décaler le rendez-vous : par ma propre faute, puisqu’il fallait attendre l’envoi en Chronopost qui arriverait le lendemain. Autrement dit, j’aurai dû de toutes manières repousser mon retour et, en temps normal, ce changement est facturé à une somme non négligeable.

J’arrivais donc dans la maison où je me trouve à cette heure. La dame me reçut avec une attitude plus qu’amicale. Elle me confia la clef de sa maison, sa nourriture qu’elle mit à ma disposition, et me confia également une partie de son cœur, lorsqu’au cours de la soirée elle me parla de son enfance, de sa jeunesse, de sa souffrance et de tout ce qu’elle avait enduré. Je compris le pourquoi de mon voyage. Dieu avait suscité une personne qui l’écoute, quelqu’un qui cherche à la comprendre. Je ne dirais pas que deux soirs suffisent à transformer une vie, ni trois heures dans un train immobile. Mais je sais que cela n’est qu’une petite fenêtre dans le temps, et que Dieu a le pouvoir de susciter d’autres fenêtres, quand Il le jugera bon, et où Il le voudra. La vie est faite ainsi : une suite de moments décisifs, qui peuvent apporter dans leur contexte une prise de conscience pour avancer, se libérer et grandir.

La majorité des personnes savent cela, mais la fenêtre est vite refermée, puis oubliée. Et ils ne savent pas que Dieu en est l’architecte. Ils se fabriquent des maisons, des édifices entiers sans savoir qu’ils ne peuvent rien contrôler et que tôt ou tard il pleuvra sur leur édifice, et qu’il y aura toute sorte de grêlons qui s’abattront dessus, jusqu’à les obliger à sortir de leur sécurité artificielle et à faire tomber leur masque.

J’ai appris que, finalement, je n’aurais plus besoin de louer une voiture pour me rendre à l’aéroport. Le père de mon amie de jeunesse – celle, qui m’avait proposé de nous conduire – vient d’acheter une fourgonnette, qui est à notre disposition pour le grand départ. Ainsi, ma colère pour l’argent qui a été dépensé dans le train devient injustifiée. Là, où quelque chose disparaît, apparaît autre chose. La difficulté laisse place à la facilité. L’injustice n’est qu’une façade obscure ; elle s’effrite et laisse paraître une justice insoupçonnée…

J’ai moi-même beaucoup appris pendant ces voyages. J’ai finalement réussi à laisser Dieu guider toutes choses. J’ai senti combien mon angoisse a diminué, pour finir par se transformer en douce quiétude. Il m’a suffit de dire au chauffeur de bus à Paris « j’ai la foi » pour sentir le moteur prendre de la vitesse, et passer à chaque fois que le feu était orange, parce qu’il fallait que je change de gare et que je n’avais que trois quarts d’heure. Il suffit d’une parole, d’un regard, d’un sourire pour véhiculer la force de Dieu, quand on a foi en Son Amour qui nous accompagne, où que nous allions.

Autrefois, je luttais comme une brave évangéliste pour enseigner aux autres la doctrine de la Rédemption. Je croyais qu’il fallait tout expliquer, comme une enseignante avec des petits enfants. Certes, le temps est court pour cela, quand on croise une personne et que l’on ne dispose que de quelques heures ou de quelques minutes. On ne connaît pas la personne, on ne sait pas ce qu’elle a traversé, ce en quoi elle croit et ce qu’elle refuse de croire. On ne voit pas ses blessures. On ne sait rien d’elle. Evangéliser de cette manière équivaut à distribuer des tracts à la sortie d’une école, tandis que les jeunes ne cherchent qu’à décompresser et que le sol se recouvre de ce que personne n’est prêt à recevoir.

J’ai compris que la réelle évangélisation dans ce monde si complexe ne peut se faire qu’en partenariat avec Dieu, et uniquement avec l’ouverture d’esprit que suscite la compréhension de Son Amour. L’expérience personnelle de ce partenariat divin, de cette alliance d’Amour extraordinaire, surtout dans les péripéties les plus éprouvantes, conduit inexorablement à véhiculer quelque chose de spécial, d’indescriptible autour de soi. Cela nous pousse à aller à la rencontre de certaines personnes pour qui le Seigneur éprouve une grande affection, et souvent elles viennent d’elle-même, poussées par une force invisible.  Des personnes qui se trouvent à un croisement de leur vie, qui ont ou auront besoin de quelque chose : d’une parole, d’un geste, d’une rencontre.

Il ne s’agit pas de leur réciter la Bible, mais de leur parler du meilleur des partenaires. Il ne s’agit pas de sauver leur âme – car cela seul Dieu peut le faire – mais d’ajouter l’ingrédient particulier qui manque à leur cheminement spirituel. Il n’y a pas de recette, pas de directive générale, seulement un Partenariat surnaturel duquel découlent chaque moment spécial, chaque situation qui puisse contribuer au développement de chacun. Un partenariat à toute épreuve.

Je souhaite à chacun de vivre ce Partenariat chaque jour toujours plus, jusqu’à son dernier souffle. Je souhaite à chacun de voir les épreuves et les défis, les changements imprévus et les nouvelles difficultés comme faisant partie de ce Partenariat. Non comme des contraintes, mais comme une alliance. Puisque c’est ainsi que notre Roi veut agir dans ce monde, laissons-nous librement guider par notre Partenaire céleste, cherchons avant tout la sécurité de Son Amour et reposons-nous toujours sur Sa Sagesse, en toutes circonstances. Cette alliance ne consiste pas à vouloir tout diriger et à vouloir tout comprendre. Cette alliance est notre force et notre liberté dans ce monde. Je vous souhaite de vivre réellement cette alliance.

Que Dieu vous bénisse. Qu’Il nous apporte l’ingrédient manquant dans notre cheminement spirituel. Qu’Il le fasse pour tous ceux qui cherchent en Lui leur refuge, dans ces temps où il se passe de plus en plus d’événements étranges et de tragédies. Et qu’Il le fasse aussi pour les autres, parce que Son Amour couvre toute la terre et que la perdition n’est pas Sa volonté.

« Je recommande donc, avant toutes choses, qu’on fasse des requêtes, des prières, des supplications et des actions de grâces pour tous les hommes ; […] afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Car cela est bon et agréable aux yeux de Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés, et qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2:1-4).

« Il faut secourir les faibles, et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20:35).

« [Dieu] nous a rendus capables d’être ministres de la nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie » (2 Corinthiens 3:6).

« Tous les sentiers de l’Éternel ne sont que bonté et fidélité, pour ceux qui gardent son alliance et ses témoignages » (Psaume 25:10).

« Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent, et il leur fera connaître son alliance » (Psaume 25:14).

Anne-Gaëlle

 

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblrmail
Publié dans Témoignages & Réflexions