D. 590 – L’ESPRIT, L’ÂME ET LE CORPS – Tome 2

Article d’un abbé dont le but est de prouver l’immortalité de l’âme

Par Roch Richer

TOME DEUX

Nous allons passer au peigne fin un article publié sur Internet par un « éminent » catholique, l’abbé Grégoire Célier, intitulé L’immortalité de l’âme, et mis en ligne le 1er janvier 2000. Nous le citons dans son intégralité afin que l’on ne nous accuse pas d’avoir escamoté des passages où il y aurait des « arguments imparables » que nous n’aurions pu contredire. Ce sera peut-être un peu long, mais il vaut la peine de soupeser la qualité argumentaire proposée par le catholicisme en faveur de l’immortalité de l’âme de l’homme. (Notez que l’emphase parsemant le texte est de notre ajout.)

« La négation de l’immortalité de l’âme est au cœur de l’apostasie moderne. Il est donc nécessaire de rappeler les arguments-clés à ce sujet, d’en revoir les fondements indestructibles et de détruire les erreurs adverses. Nous nous appuierons pour cela sur le témoignage de la civilisation humaine, sur la réponse de la raison et sur celle de la foi. »

D’entrée de jeu, l’abbé Célier affirme que l’apostasie moderne est due à la négation de l’immortalité de l’âme. Mais quelle est cette apostasie, étant donné que la forte majorité du monde chrétien adhère à cette croyance ? Les chrétiens qui n’y adhèrent pas n’ont pas apostasié de l’Église de Christ, mais de l’Église de Rome.

Puis, Célier annonce ses couleurs : ses arguments doivent être considérés par ses lecteurs comme reposant sur des fondements indestructibles. Ce que nous allons bien voir, car la méfiance s’impose, vu que pour ce faire, l’abbé s’appuiera sur le témoignage de la civilisation humaine, la réponse de la raison et sur celle de la foi – catholique, bien sûr. Il agira donc plus à titre de philosophe que de recherchiste scripturaire, ce qui peut nous porter à hausser le sourcil. Normalement, si cet homme croyait véritablement en Dieu et en Sa Parole, il n’aurait pas besoin de se référer au témoignage de la civilisation humaine, ni de la raison humaine, ni de la foi en l’homme. Il n’aurait qu’à avoir recours aux Écritures pour étayer son argumentation qui deviendrait immédiatement un fondement indestructible. Il y a donc fort à parier qu’il se soit rendu compte que la Bible n’apporte aucun « argument-clé » en faveur du concept de l’immortalité de l’âme.

« Le témoignage de la civilisation humaine

« Aucun homme n’a jamais pu être indifférent devant la mort. Même attendue, même détestée, elle surprend toujours et suscite une protestation, un refus qui s’enracine dans l’intense désir de vivre inséparable de l’homme. À la disparition d’un être cher, plus encore à l’heure où la mort nous appelle nous-mêmes, nous n’arrivons pas à comprendre ou à admettre que la mort soit le terme naturel de l’existence humaine.

« Il n’y a pourtant aucune réalité qui soit si certaine que celle de notre mort. Si son jour est caché, sa venue ne fait pas de doute et il serait insensé de se croire l’objet d’une exception à ce sujet. »

Célier reconnaît qu’il y a en l’homme le désir de vivre éternellement. Mais les Écritures disent que le corps mortel ne peut y accéder (1 Corinthiens 15). Or, le fait de « désirer » l’immortalité ne devient pas une preuve que nous ayons une âme immortelle. La mort est inévitable pour presque tout le monde, mais il est faux de penser qu’il soit insensé de croire qu’il puisse y avoir une exception. L’apôtre Paul a écrit ceci : « Car le Seigneur lui-même avec un cri d’exhortation, et une voix d’Archange, et avec la trompette de Dieu descendra du Ciel ; et ceux qui sont morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous qui vivrons et qui resterons, serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées, au-devant du Seigneur, en l’air et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thessaloniciens 4:16-17) et « Voici, je vous dis un mystère : nous ne dormirons [ou mourrons] pas tous, mais nous serons tous transmués ; en un moment, et en un clin d’œil, à la dernière trompette, car la trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous serons transmués » (1 Corinthiens 15:52).

Lors du retour de notre Seigneur, un grand nombre de Ses enfants seront toujours vivants. Ils n’auront pas besoin de passer par la mort et leur corps sera instantanément transformé pour revêtir l’immortalité. Dommage que Célier n’ait pas vu cela.

« Tout homme est condamné inéluctablement à disparaître après avoir fait un passage de quelques années, une centaine peut-être, sur notre planète. Rien en cela, semble-t-il, de mystérieux ni d’étrange : comme d’autres êtres nous apparaissons puis après un certain temps nous disparaissons, laissant derrière nous d’autres hommes pour nous remplacer : ceux-là s’effaceront également pour laisser la place aux générations futures qui transmettront le flambeau de la vie avant de s’évanouir pour jamais. »

À sa manière quelque peu fataliste, Célier décrit le cycle de la vie physique de l’humanité. Cependant, est-il vrai qu’ils s’évanouiront « pour jamais ». Que fait-il de la résurrection dont toute l’humanité fera l’expérience ? Il parle comme si la vie actuelle était la seule qui soit.

« Chaque jour, un demi-million d’êtres humains cessent d’exister : le soleil n’en continue pas moins de briller sur nos têtes ; bien peu songent à la mort d’autrui, la vie se poursuit avec ses joies, ses peines et ses soucis. Puis un matin, le soleil ne se lèvera plus pour nous : nous serons morts.

« L’homme se caractérise par des rites funéraires

« Ce fait qui, répétons-le, paraît si simple ne l’a jamais été pour l’homme. Face à la mort, celui-ci proteste de l’essentielle différence entre lui et les animaux. Les bêtes meurent comme nous, mais après leur mort tout s’achève : le cadavre reste là et aucun de ses congénères ne s’en préoccupe. Tandis que la dépouille mortelle d’un homme reste marquée d’un caractère spécial et qu’elle est traitée selon certains rites particuliers. Toutes les civilisations sans exception ont eu le culte des morts et il n’existe pas de signes plus certains du passage de l’homme en un lieu que l’existence d’un monument funéraire : le respect face à l’au-delà est ancré dans la nature humaine. »

L’abbé Célier souligne avec raison la différence entre l’homme, créature faite à l’image et à la ressemblance de Dieu, son Créateur, et l’animal, aussi une créature de Dieu, mais dont certains spécimens sont faits à l’image et à la ressemblance de plusieurs anges. L’animal, comme tout le reste de la création, a été fait à l’intention de l’homme. Quant aux rites funéraires, on ne peut qu’être d’accord avec l’abbé Célier.

« Aujourd’hui encore, dans nos pays si déchristianisés, la fête religieuse la plus célébrée est le premier novembre, improprement considéré comme “le jour des morts”, où l’on va fleurir les tombes pour honorer ceux qui nous ont précédés et que nous avons aimés. Dans la patrie du matérialisme historique elle-même, la dépouille embaumée de Lénine était l’objet d’un culte de vénération ininterrompu depuis sa disparition. Il convient donc de s’arrêter sur ce phénomène singulier qui doit nous renseigner sur l’idée que les hommes se font sur la mort humaine. »

Ce genre de vénération des morts ne peut exister que parce que la population a la conviction que les morts continuent de vivre en quelque part sous une forme spirituelle quelconque, comme nous l’avons vu dans le Tome précédent. Il y a certainement un respect à démontrer aux dépouilles de nos êtres chers, car la Bible en donne de nombreux exemples. Mais il n’y a aucune vénération à éprouver pour les morts, car ceux-ci n’existent plus, sauf, bien entendu, en ce qui concerne notre Seigneur Jésus-Christ, qui n’est plus mort, mais ressuscité et vit à jamais en tant que notre Sauveur et notre Roi, Lui qui fut d’abord notre Créateur.

« Les rituels d’ensevelissement

« Si les rites funéraires sont divers suivant les époques et les civilisations, ils présentent néanmoins de nombreux caractères communs. Tout d’abord, on prépare le corps : celui-ci est soit momifié, soit embaumé suivant divers procédés, quelques fois enduit de cire, ailleurs décharné et les os peints de couleurs, ou simplement lavé et habillé de vêtements correspondant à son rang dans la société. La crémation ou incinération est également connue dans certaines civilisations, mais elle suit des rites particuliers, et les cendres en sont soigneusement recueillies. »

Ce sont là des faits vérifiables et attestés, mais n’apportent rien à l’argumentation sur l’immortalité de l’âme. Mais poursuivons.

« Après cela, le mort est amené à son lieu de repos (n’oublions pas que le mot “cimetière” signifie étymologiquement “dortoir”) : soit une fosse dans la terre, soit une grotte aménagée, un édifice, une pyramide, un puits, sans jamais laisser les choses au hasard. Le mort doit dormir dans la paix, aussi dès les temps primitifs les cadavres ont-ils été mis à l’abri des prédateurs. La plupart du temps, les monuments funéraires sont assemblés en un même emplacement pour former une nécropole, laquelle constitue un espace sacré inaliénable. »

Beaucoup de gens ont été mutilés, dévorés par les bêtes sauvages, ont péri dans la nature, soit en forêt ou en mer, et leur corps n’a jamais été retrouvé. Cela fait-il une différence significative ? Ces morts peuvent-ils « dormir en paix » ? Que quelqu’un meure ainsi ou retourne à la poussière dans le fond d’une tombe, le résultat demeure le même. De toute manière, notre corps physique est appelé à disparaître et à être remplacé par un corps nouveau (glorifié à la Première Résurrection ou remis en parfait état à la Deuxième Résurrection). En attendant, le cadavre n’a aucune conscience de ce qui lui arrive ou de ce qu’en font les vivants.

« Le défunt prend ainsi place dans le lieu qui lui a été préparé : on l’installe dans une position déterminée et ont l’entoure de divers objets usuels, outils, aliments, parures, armes, monnaie, parfois animaux domestiques voire femmes et serviteurs. Lorsqu’il est ainsi prêt pour le grand voyage, les vivants se préoccupent de préserver son sommeil par des inscriptions menaçant de la colère des dieux les violateurs des tombes, par des signes magiques ou des emblèmes terrifiants. »

Ce dont parle ici Célier, ce sont des rites funéraires païens et somme toute futiles qui découlent de l’idée que l’homme survit à sa mort sous une forme éthérée plus ou moins spirituelle, d’où l’amas de choses matérielles destinées à son usage post-mortem. L’abbé n’en profite pas pour les dénoncer puisque ses croyances personnelles descendent de ces rites païens. Or, la Bible est fort claire à ce sujet : « Car nous n’avons rien apporté au monde, et aussi il est évident que nous n’en pouvons rien emporter » (1 Timothée 6:7). « Alors Job se leva, et déchira son manteau, et rasa sa tête, et se jetant par terre, se prosterna, et dit : Je suis sorti nu du ventre de ma mère, et nu je retournerai là. L’Eternel l’avait donné, l’Eternel l’a ôté : le nom de l’Eternel soit béni ! » (Job 1:20-21). « Ne crains point quand tu verras quelqu’un enrichi, et quand la gloire de sa maison sera multipliée. Car lorsqu’il mourra, il n’emportera rien ; sa gloire ne descendra point après lui » Psaume 49:16-17).

Pour parler ainsi, Paul, Job et les enfants de Coré ne croyaient manifestement pas à la survie de l’homme après sa mort ; cependant, ils croyaient en la résurrection. On peut déplorer que Célier ne cite pas ces versets, mais il faut comprendre qu’il est vendu au concept de l’immortalité de l’âme.

« Mais l’on n’est pas encore quitte avec la mort. Autour de sa tombe, même longtemps après l’enterrement, des rites sont nécessaires : Repas funéraires, offrandes, libations, jeux en l’honneur du disparu, encens, ou bien en nos contrées cérémonie du 14 juillet devant le monument aux morts, entretien et fleurissement des tombes.

« Ce respect du corps n’est pourtant pas ignorance : personne ne peut se cacher que la corruption et la décomposition sont le lot fatal de ces restes. Même si, pour retarder cette destruction, certaines civilisations embaumaient leurs défunts, il n’y aurait eu là qu’un pis-aller, une tentative désespérée s’il s’était agi de les soustraire à un processus biologique inéluctable. »

Célier fait poindre la vue que les hommes savent fort bien que les dépouilles vont entamer le processus de l’inévitable décomposition, donc, la raison de leurs multiples rites est motivée par autre chose. Célier veut faire croire que c’est parce que les hommes « savent » que l’âme de l’homme est « immortelle » et qu’elle poursuit sa vie au-delà de la mort. Or, la question n’est pas de savoir si les hommes « savent » que l’âme est immortelle, mais de savoir ce qui les a amenés à croire que l’âme est immortelle. « Croire savoir » que l’âme est immortelle n’est pas une preuve que l’âme est immortelle. Célier va peut-être maintenant entrer dans le vif du sujet.

« Le mort n’est pas entièrement mort

« En vérité, ces soins minutieux sont des rites symboliques, c’est-à-dire, les signes visibles d’une réalité invisible. À travers eux, les vivants manifestent que le mort n’est pas absolument mort. Les attentions pour cette dépouille mortelle ne sont pas destinées au corps lui-même ; elles signifient que l’être qui habitait ce corps l’a quitté lorsque celui-ci est mort, mais ne s’est pas éteint avec lui. Par les cérémonies significatives dont ils entourent l’enveloppe corporelle de celui qui les a quittés, les hommes attestent la persistance, au-delà même de la mort, de la vie humaine. »

Le chat sort du sac. Célier dévoile ingénument la source de sa croyance : le caractère symbolique de ces rites funéraires conçus pour propager l’idée qu’une âme immortelle s’échappe du corps mort et que c’est à cette entité spirituelle imaginaire que l’on rend hommage. Or, le fait qu’une majorité d’hommes croient depuis des millénaires à l’immortalité de l’âme ne peut pas constituer une preuve en soi. Il faut rechercher l’origine de cette croyance. Le seul endroit dans la Bible où il est question de l’immortalité de l’âme, c’est par la bouche de Satan !

« Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point, et vous ne le toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez nullement » (Genèse 3:3-4). Cela devrait déjà nous mettre la puce à l’oreille que l’âme est mortelle.

Une majorité de gens ne croit pas en Jésus-Christ ; mais cela ne se veut pas une preuve que Jésus-Christ n’est pas le Sauveur.

« Outre un corps physique, l’humanité a toujours cru, en effet, qu’il y avait en nous un “souffle de vie”, un “feu”, un “esprit”, ce que nous appelons “une âme” et que cette âme ne s’éteignait pas avec le corps mais poursuivait en un lieu inconnu une existence mystérieuse. »

À défaut d’avoir de vraies preuves, Célier tape sur son clou avec plus d’acharnement, croyant qu’il va pouvoir enfoncer son idéologie dans le crâne de ses lecteurs. Généralisant à outrance, il affirme que l’humanité dans son ensemble a toujours cru en une « vie dans la vie », en quelque sorte. Le premier mensonge de Satan qui a dit à Ève que « …vous ne mourrez nullement … vous serez comme des dieux », s’est imbriqué dans les différentes cultures religieuses et philosophiques du monde, de toutes les époques. Est-ce que cela le transforme en vérité ? Nous lisons ensuite que, comme la plupart des théologiens, Célier confond aussi « esprit » et « âme », car ils ne comprennent pas ce qu’ils sont. Les hommes ne votent pas pour décider de ce qui est vrai et de ce qui est faux. Ce n’est pas parce que la majorité croit à un mensonge que celui-ci se transmue en vérité. Célier ne semble pas avoir saisi cela, car il poursuit :

« Cette croyance universellement attestée en la vie future constitue une preuve remarquable de la réalité de celle-ci. »

Ce genre de raisonnement circulaire est faux. Cela revient à dire que quelque chose est vrai en autant que la majorité y croit. On retrouve ce genre de raisonnement dans l’argumentaire d’un grand nombre de fausses doctrines. Il s’agit d’amener comme preuve en soi une affirmation qui exige préalablement qu’on tienne pour acquis l’élément que l’on veut prouver. Or, que cette « croyance » soit « universelle » ne constitue pas une preuve de sa véracité.

« Ce qui a été cru spontanément par toutes les civilisations, même les plus opposées et les plus étrangères les unes aux autres, ne peut être en une telle matière qu’une vérité fondée sur la nature humaine un fait qui dépasse les différences accidentelles et ne s’explique raisonnablement que si les hommes ont la certitude absolue d’une existence qui ne se limite pas à leur court passage sur la terre. »

La « nature humaine », Dieu l’appelle aussi « le cœur de l’homme », et voyez ce qu’Il en dit : « Le cœur est rusé, et désespérément malin par dessus toutes choses ; qui le connaîtra ? » (Jérémie 17:9). Le cœur de l’homme est malin, méchant et on ne peut s’en remettre à lui pour nous dicter la bonne conduite à suivre, les bonnes choses à penser. Pourquoi ? Parce qu’il a été influencé par le Diable dès le Jardin d’Éden. L’apôtre Paul a dit que la nature humaine est inimitié contre Dieu (Romains 8:7), rebelle à Sa loi et donc à Sa vérité. Comme bien d’autres avant lui, Célier croit que tout le monde ne peut avoir tort ; s’il y a un consensus du peuple sur un sujet donné, c’est que la vérité est évidente pour tous, non ? Mais l’on oublie de prendre en compte « le dieu de ce siècle », « …le grand dragon, le serpent ancien, appelé le Diable et Satan, qui séduit le monde » (Apocalypse 12:7), en manipulant les hommes de manière à élaborer des cultures religieuses assises sur le mensonge. Jésus en a fait le reproche aux Pharisiens qui véhiculaient des concepts semblables : « Le père dont vous êtes issus, c’est le diable, et vous voulez faire les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il n’a point persévéré dans la vérité ; car la vérité n’est point en lui. Toutes les fois qu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds : car il est menteur et le père du mensonge » (Jean 8:44). Ainsi, le fait même que cette croyance en une âme immortelle soit devenue universellement attestée devrait, au contraire, sonner l’alerte et susciter la plus grande suspicion. Comment les civilisations humaines auraient-elles pu comprendre un phénomène spirituel sans avoir d’abord consulté le Dieu de l’univers ? Jusqu’ici, Célier n’a apporté aucune preuve scripturaire, mais il s’est confié en la « sagesse » humaine.

« Le refus spontané de la mort

« D’ailleurs, il y a en nous une tendance native à l’immortalité. Personne n’a jamais accepté la mort : celle-ci semble injuste, cruelle. Nous la rejetons de toutes nos forces, n’admettant pas qu’elle brise nos espérances, annihile nos projets, efface notre influence, tranche sans pitié une existence que nous estimons à peine commencée. Il y a dans l’être humain un désir de vivre que rien ne peut étouffer, qui persiste malgré les souffrances, les échecs et les déceptions. »

L’abbé Célier a ici raison, La vie est un trésor que Dieu a donné à chaque être humain qui prend de cette façon conscience qu’il existe un univers et chacun veut en être témoin et être présent pour voir ce qu’il en arrivera. Donc, l’homme s’est toujours efforcé de trouver les moyens de prolonger sa vie, quitte, aujourd’hui, à se transformer en cyborg, mi-humain, mi-robot, pour espérer vivre des centaines, voire des milliers d’années. Or, l’homme ne se rend pas compte – ou ne veut pas reconnaître – que vivre si longtemps dans la chair humaine, ou même dans une structure métallique, s’avérerait une malédiction que Dieu ne permettra pas.

« Au fond de nous-mêmes se cache cette certitude que nous ne devons ni ne pouvons mourir. Lorsque le corps se délabre déjà, que nos énergies physiques déclinent, nous sentons encore notre âme jeune, forte, entreprenante, désireuse de poursuivre sans fin son existence. »

Cette certitude qui se cache en nous-mêmes, n’est-ce pas plutôt une conviction fondée sur notre désir de vivre ? Rejetant l’idée de mourir, nous nous accrochons en nous faisant accroire que nous ne pouvons pas en finir si vite avec la vie ; il faut qu’elle se perpétue. C’est le résultat des réflexions de notre esprit, pas de notre âme, comme le suggère encore Célier. Il confond l’esprit et l’âme. Il confond les désirs pour la réalité. Nous avons examiné cela dans le Tome précédent.

« À cet incroyable désir de vivre toujours se joint le sentiment de la profonde injustice du monde, non pas celle qui naîtrait de l’inégalité sociales ou des différences économiques, mais l’injustice morale. Il est insupportable à l’homme de voir celui qui fait le mal vivre tranquille et honoré, tandis que celui qui fait le bien souffre et est méprisé. N’est-ce pas pourtant un état de fait quotidien ? Le mal, la cruauté, la lâcheté, le mensonge triomphent avec impudence ; le vice est honoré, le crime impuni ; la bonté, le courage, la vérité sont persécutés odieusement sans qu’apparemment cela soulève de protestations. »

Célier décrit avec exactitude le profil de la société humaine depuis le Jardin d’Éden, profil rendu endémique aujourd’hui. En effet, les hommes méchants se sont emparé du pouvoir, car ils sont possédés de l’envie insatiable de dominer sur les autres tout en se permettant de faire impunément leurs diableries. Sans Dieu, l’homme ne peut se conduire convenablement ; il lui est plus naturel de faire le mal. Mais cette injustice n’est que temporaire, juste le temps que Dieu accorde à l’homme de prouver son incompétence, sa faiblesse et sa petitesse. Une fois ce constat reconnu, Dieu viendra installer Sa véritable justice sur terre.

« Notre conscience nous affirme qu’une telle situation est violemment injuste, révoltante, qu’une anomalie aussi criante ne peut durer toujours, qu’un moment viendra où la vérité sera restaurée, les méchants punis et les bonnes gens récompensés. Cela n’a pas lieu, à l’évidence, sur la terre : c’est donc que nous le verrons après cette courte existence, lorsque nous aurons changé de rive. »

L’abbé ne dérougit pas. Lorsqu’il dit que notre conscience nous affirme ceci ou cela, il doit prendre garde de ne pas y asseoir sa conviction, car la conscience humaine ne constitue pas une preuve. C’est un sentiment, pas un fait. Précisons également que, s’il dit que les méchants seront punis, il a raison ; cependant, ce ne sont pas les « bonnes gens » qui sont récompensés par le don de la vie éternelle, mais les convertis à Christ, ceux qui disent « oui » à Son appel au salut et qui persévèrent jusqu’à la fin. Il n’est pas question d’œuvres, mais de foi. Or, en comprenant que l’abbé Célier est d’allégeance catholique, sa croyance en un salut par les œuvres transparaît. Enfin, sa dernière phrase laisse supposer que « l’autre rive », c’est le ciel, mais la Bible n’affirme pas cela.

« L’être humain, dans sa vie quotidienne, a aussi le désir naturel de vivre toujours et de voir au-delà de son fugitif séjour terrestre, la justice morale, aujourd’hui violée, restaurée en toutes choses. Si ce désir est naturel, et naît avant toute réflexion, n’est-ce pas parce qu’il est fondé sur la réalité de cette existence future qui nous apparaît spontanément comme nécessaire ? »

Vous avouerez qu’il est intéressant de voir de quelle manière Célier déploie son raisonnement : « si je pense à quelque chose, n’est pas la preuve que cette chose existe, sinon, pourquoi cela me viendrait-il à l’esprit ? » Avec une pareille façon de raisonner, l’on peut « prouver » n’importe quoi et son contraire. À ce compte, tout ce qui vient à l’esprit des hommes doit être basé sur la réalité, le tangible. Ce qui implique que tous les hommes devraient penser la même chose sur tout. Mais nous sommes témoins chaque jour que ce n’est pas du tout le cas. Il y a une infinité d’idées contradictoires, illusoires et opposées dans tous les aspects de la société. Alors, son argumentation est bien maigre pour prouver que l’âme est immortelle.

« 2. La réponse de la raison

« La permanence de notre être au-delà de la mort, la philosophie classique, celle de Platon et d’Aristote, de saint Augustin, qu’a illustrée avec tant d’éclat au Moyen-âge saint Thomas d’Aquin, philosophia perennis qui est, selon le mot de Bergson, « la métaphysique naturelle de l’esprit humain », cette permanence, disons-nous, la philosophie l’établit avec certitude. Traçons en quelques lignes les linéaments de cette démonstration. »

Encore une fois, Célier va se fier au raisonnement humain, « la métaphysique naturelle », pour faire croire à des preuves : chez des païens grecs et romains qui ne connaissaient ni Dieu ni Sa Parole. Qu’un homme de religion ait recours à ce procédé pour trouver la vérité sur un sujet de niveau spirituel est le signe d’un grave problème de foi. Comment pourrait-il se prétendre chrétien ? Nous avons vu précédemment que les philosophes grecs ne faisaient, en fin de compte, que débattre sur « ce qu’on dit » dans la populace, en parlant des cultures superstitieuses des civilisations environnantes.

« Nous voyons d’abord que notre corps est composé de parties bien diverses, membres, organes, cellules, etc. Or, tout cela ne forme qu’un seul être, une seule réalité. Il n’y a pas “un” bras, “une” jambe, mais “mon” bras, “ma” jambe, qui font partie de mon corps, qui sont mon corps. Lorsque nous mettons la main dans le feu, nous ne disons pas “la main s’est brûlée”, mais “je me suis brûlé”, car toute action d’un organe est attribué à ce quelque chose qui est moi-même. »

Même si nous nous demandons où veut en venir l’abbé avec ce genre de détail, il faut comprendre qu’il s’agit d’une préparation préliminaire, une mise en condition de ce qu’il s’apprête à dire par la suite.

« L’âme, principe d’unité de l’homme

« Il faut donc qu’il y ait en nous un principe qui nous constitue comme un seul être, qui fait que nous sommes nous-mêmes, personnes humaines et non agrégats de cellules. Ce principe qui organise notre être, qui le rassemble, qui le fait exister comme un seul individu, nous l’appelons “âme. À la mort, lorsque ce principe unificateur disparaît, bien que les organes soient présents et dans le même état, l’homme n’est plus un tout organisé qui existe et agit, mais un cadavre qui va se dissoudre en peu de temps. »

Cette assertion de l’abbé que l’âme est un principe d’unité est des plus vagues et l’on s’attendra à ce qu’il amène subséquemment des preuves pour le démontrer. Il avoue que ce soi-disant « principe », c’est eux qui l’appellent « âme ». De son côté, la Bible démontre qu’il s’agit de la vie, de l’énergie vitale que Dieu a mise dans le sang de l’homme. Ce n’est donc pas un « principe » mais une « énergie ». Voyons comment Célier va tenter de s’expliquer.

« Au contraire, durant notre vie, notre corps change sans cesse, et même, au dire des biologistes, nos cellules sont entièrement renouvelées en quelques années sans qu’il en reste une seule du corps primitif. Nous sentons pourtant que nous sommes le même homme, que nous avons gardé le même corps et non pas acquis un corps étranger : ceci parce que notre âme s’est conservée identique sous les divers changements »

Encore ici, nous voyons que Célier confond « âme » et « esprit ». Il prête donc à l’âme des attributs qui n’appartiennent qu’à l’esprit de l’homme. C’est par le moyen de cet esprit, doué d’une mémoire, que Dieu organise chaque être humain qu’Il crée. L’âme n’est que l’énergie vitale qui l’anime. Célier croit-il aussi que les animaux, aussi des êtres organisés, ont une âme, alors que Dieu dit que l’homme et l’animal sont des âmes ? Les végétaux sont aussi des choses bien organisées, avec chacun son caractère individuel… est-ce leur « âme » qui les organise ? Nous allons constater que cette confusion de l’âme et de l’esprit de l’homme a des incidences sur tout le propos de Célier.

« Un principe d’unité doit être un lui-même

« Cette âme est-elle, ainsi que le corps, composée de parties ? Nous venons de la définir comme le principe unificateur et organisateur du corps composé. Ce qui unifie doit lui-même être un, c’est l’évidence, car ce qui est divers tend à agir de façon diverse. Notre pied et notre œil n’agissent pas selon un mode comparable, l’un marche et l’autre voit, et si tous deux tendent vers un but unique (par exemple, monter dans l’autobus), c’est parce que notre âme réunit ces mouvements divers par eux-mêmes en une seule action. Étant principe d’unité, notre âme ne peut être divisée, sinon il lui faudrait encore à elle-même un principe d’unité, et ainsi à l’infini. Elle est donc une, simple, sans partie, indivisible. »

Célier dit avoir défini l’âme comme le principe unificateur et organisateur du corps, mais il ne produit aucune preuve de ce qu’il avance. Il n’a donc défini que sa perception personnelle de l’âme, ce qui n’en fait pas une preuve. Il n’a qu’élaboré un raisonnement humain en partant d’une fausse prémisse. Remarquez que les fonctions et les qualifications qu’il applique à l’âme sont, en réalité, attribuables à l’esprit de l’homme, l’élément spirituel que Dieu lui a donné et qui retourne à Lui lors du décès de l’être humain. L’âme n’est pas un élément spirituel, mais une énergie et elle s’éteint quand le corps est brisé ou trop usé et meurt. Or, si nous reprenons l’exemple de l’homme qui marche vers l’autobus qu’il voit, il est évident que c’est son esprit qui guide tous ses mouvements, car son esprit a la capacité de penser, de réfléchir et puis agir, et ce grâce à l’âme qui lui en donne l’énergie.

Lorsque vous avez un contrôle automatique de vitesse dans votre voiture, c’est l’ordinateur de bord qui agit grâce à sa programmation et à sa mémoire (esprit) et il entre en action grâce à la gazoline (l’âme) qui l’anime ; ce n’est pas la gazoline qui contrôle la vitesse du véhicule, mais elle le permet. L’âme fournit l’énergie à l’homme pour qu’il puisse actionner tous ses muscles et monter dans l’autobus, mais c’est son esprit qui dicte ses mouvements.

« De quelle nature est cette âme indivisible ? Elle n’est pas matérielle car tout ce qui est matériel est divisible. Est-elle cependant liée à la matière de telle sorte que, au moment de sa séparation d’avec elle, elle cesse d’exister ? En d’autres termes, notre âme indivisible disparaît-elle parce qu’elle n’a plus de corps à organiser et à vivifier ? Il faut pour trancher une telle question étudier succinctement l’activité de l’âme humaine et de ses facultés. »

L’affaire est fort mal partie pour Célier. Mêlant l’esprit et l’âme – parce qu’il croit qu’il s’agit de la même chose – il prend l’âme pour l’esprit de l’homme et lui donne donc une nature immatérielle sur la simple supposition que tout ce qui est matériel est divisible et, de là, périssable. Or, contrairement à ce qu’il propose, lors de la mort, l’âme disparaît effectivement ; c’est l’esprit qui est de nature spirituelle (d’où son nom « d’esprit ») et c’est lui, l’esprit, qui retourne à Dieu. En ceci, nul besoin de trancher, car c’est Dieu qui le dit : « Et avant que la poudre retourne en la terre, comme elle y avait été, et que l’esprit retourne à Dieu, qui l’a donné » (Ecclésiaste 12:7).

« L’activité de l’intelligence est indépendante de la matière

« Prenons l’intelligence : nous percevons par elle des réalités qui sont non pas matérielles, mais immatérielles ; universelles et non pas singulières ; éternelles et non pas temporelles ; en dehors du lieu et non pas localisées. Nous avons par exemple dans l’esprit les notions de cause, de nécessaire, de vertu, d’infini, de droit, d’être, de connaissance, de liberté, de logique, etc. Rien en tout cela de matériel ou de singulier. Des causes ou des êtres, nous en avons rencontrés de toutes les sortes et lorsque nous pensons à l’idée de cause ou d’être, ce n’est pas à telle cause particulière, à tel être déterminé, mais à la cause en général et à tout être. La cause ni l’être ni aucune des notions de ce genre n’ont de poids, de volume, de lieu ni de matière. »

Célier se permet ici un excellent compte-rendu de l’activité cérébrale. Tout cela est parfaitement clair si mis en rapport avec l’esprit. D’ailleurs, il ne peut s’empêcher de dire que nous avons ces notions dans l’esprit. Mais le problème réside encore dans le fait qu’il applique le tout à « l’âme » et non pas à « l’esprit ». Ainsi, il dématérialise l’âme et l’assimile à une entité spirituelle indépendante du corps. Donc, jusqu’ici, Célier n’a amené aucune preuve irréfutable démontrant que l’âme est immortelle. Toutefois, son argumentation nous éclaire un peu mieux sur la nature de… l’esprit.

« Il faut en dire autant d’une proposition comme le théorème de Pythagore, par exemple : “Dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés”. Lorsque Pythagore fit cette découverte il y a plusieurs milliers d’années, il se servit peut-être d’un triangle tracé sur le sable. Depuis ce jour, d’innombrables élèves ont dessiné des triangles sur des tableaux noirs pour illustrer ce théorème. Or, quelque soit la figure, en tous les lieux et temps, et même si, sans le tracer, je ne fais que penser au triangle, le théorème reste toujours vrai, il l’était il y a mille ans, il le sera dans mille ans, car il est une propriété nécessaire du triangle, et non de tel triangle qu’a esquissé Pythagore sur le sol de Crotone. Ce théorème se vérifie indéfiniment dans tous les triangles rectangles possibles parce qu’il est une qualité propre du triangle en général, en dehors de toute matière, de tout lieu et de tout temps. »

Les lecteurs se demanderont avec raison en quoi comprendre les caractéristiques du théorème de Pythagore peut les aider à saisir le concept de l’immortalité de l’âme. Là où veut en venir Célier, c’est de démontrer qu’il y a en nous une intelligence qui nous rend aptes à saisir les abstractions et les notions intellectuelles. Mais l’intelligence est une qualité de l’esprit, non pas de l’âme. Le théorème a survécu parce qu’il s’est inscrit dans la mémoire des hommes qui, de manière réfléchie, peuvent le reproduire depuis lors. La mémoire est le centre de l’esprit. L’âme ne fait que lui donner l’énergie pour s’activer. La tentative de l’abbé semble un peu désespérée et il faut le comprendre, car les preuves de l’immortalité de l’âme n’existent pas.

« Notre intelligence conçoit donc et connaît certaines notions, relations et raisonnements en dehors de toute matière. S’il en est ainsi, c’est que notre intelligence n’est pas elle-même matérielle, car elle doit avoir les mêmes propriétés que ses actes. »

Ceci est toujours vrai en regard de l’esprit qui est une des trois composantes de l’être humain. Ainsi, rappelons ce qu’a écrit l’apôtre Paul : « Or, le Dieu de paix veuille vous sanctifier entièrement, et faire que votre esprit entier, et l’âme et le corps soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Thessaloniciens 5:23). Paul distingue nettement l’esprit et l’âme de l’homme. L’esprit est ce qui lui permet de penser, mais il y a des limites qu’il ne peut traverser et, pour comprendre les notions spirituelles, il lui faut une « mise à jour », l’ajout d’un autre Esprit, celui de Dieu. Voyez comment l’apôtre Paul explique la nature de l’esprit et notez qu’il ne fait aucune mention de l’âme :

« Mais ainsi qu’il est écrit : ce sont des choses que l’œil n’a point vues ; que l’oreille n’a point ouïes, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, lesquelles Dieu a préparées à ceux qui l’aiment. Mais Dieu nous les a révélées par son Esprit [pas Son âme]. Car l’Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu. Car qui est-ce des hommes qui sache les choses de l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même aussi nul n’a connu les choses de Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Or nous avons reçu non point l’esprit de ce monde, mais l’Esprit qui est de Dieu [lors de notre conversion] ; afin que nous connaissions les choses qui nous ont été données de Dieu ; lesquelles aussi nous proposons, non point avec les paroles que la sagesse humaine enseigne [les théories philosophiques et métaphysiques que nous sortent des hommes comme l’abbé Célier], mais avec celles qu’enseigne le Saint-Esprit, appropriant les choses spirituelles à ceux qui sont spirituels [ayant l’ajout du Saint-Esprit en eux]. Or l’homme animal ne comprend point les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, car elles lui sont une folie [elles dépassent sa capacité de compréhension] ; et il ne peut même les entendre [les comprendre, les saisir], parce qu’elles se discernent spirituellement. Mais l’homme spirituel [celui qui possède le Saint-Esprit en lui] discerne toutes choses, et il n’est jugé de personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur pour le pouvoir instruire ? mais nous, nous avons connu la pensée de Christ » (1 Corinthiens 2:9-16).

Toutes les notions dont parle Célier se discernent par l’esprit qui est en l’homme – la « programmation de base » limitée. Pour comprendre les choses spirituelles, il faut recevoir de Dieu une « mise à jour » : les arrhes du Saint-Esprit qui s’ajoutent à notre esprit et nous permettent d’accéder à la dimension spirituelle.

« L’intelligence a la capacité de devenir autre qu’elle-même

« Une autre preuve de son indépendance vis-à-vis de la matière s’énonce comme suit. Un corps matériel peut devenir autre chose que sa nature mais il doit cesser d’être ce qu’il était auparavant. Ainsi le bois eut devenir de la cendre mais il cesse alors d’être du bois. L’eau à 100º [F] devient de la vapeur mais en perdant son caractère liquide, etc. Aucun corps ne peut se transformer en un autre et rester simultanément le même. »

Vous noterez que Célier dit « une autre preuve de… » comme s’il avait auparavant établi une première preuve, Il n’en est rien, car il n’a fait que spéculer en faisant appel à une méthode philosophique théorique. Vous remarquerez aussi qu’il utilise le mot « intelligence » comme synonyme d’âme.

« Notre intelligence, elle, devient tous les objets qu’elle connaît sans perdre sa nature propre. J’ai dans l’esprit, quand je les pense, les arbres, les fleurs, le soleil, le ciel. Je ne me suis pas pour autant transformé en un arbre ni en une fleur. Mon intelligence est restée ce qu’elle était et pourtant elle est devenue arbre ou fleur, soleil ou ciel. Comme une telle plasticité est impossible aux corps matériels, nous en concluons que notre intelligence est supérieure à ceux-ci. »

Ce genre d’argument est pour le moins tiré par les cheveux et l’on pourrait qualifier ce procédé de réflexion philosophique de pacotille. Désolé, mais mon intelligence ne devient pas les objets auxquels je pense. Ils ne sont que des images surgissant dans mon cerveau et ne se matérialisent pas. Ils restent au niveau des idées. Encore une fois, il faut être un peu désespéré pour imaginer de telles analogies afin de prouver un mensonge et le faire passer pour la vérité. Ce n’est pas parce que la matière manque de plasticité qu’il faut en déduire que l’intelligence est supérieure. La supériorité de l’intelligence vient de la nature même de l’esprit qui émane de la sphère spirituelle de Dieu.

« Complétons notre analyse. Un corps ne peut se replier totalement sur lui-même. Notre œil, quoiqu’il soit un organe très perfectionné, ne peut se voir lui-même. Cela est dû à la matière qui conserve toujours une certaine épaisseur, laquelle empêche le repliement total. Au contraire, notre intelligence peut se replier sur elle-même. Sans cesser de réfléchir, nous saisissons que nous sommes en train de penser. On appelle ce phénomène spontané la conscience : nous avons conscience de nos actions même pendant que nous les accomplissons, nous avons conscience de nos désirs. Nous avons conscience de nos pensées. Cette complète réflexion de l’intelligence sur elle-même prouve que celle-ci n’a pas d’épaisseur, qu’elle est immatérielle. »

Étrange analyse. Comment Célier a-t-il pu voir l’intelligence en action pour constater que, lorsque nous pensons « que nous pensons », elle fait un repli sur elle-même. Comment peut-on comparer ce genre de « repli » avec celui d’un œil qui se retournerait pour se voir ? Le repli de l’intelligence dont parle Célier n’est évidemment pas littéral, mais une métaphore que l’on utilise dans le langage courant. Bien sûr qu’une pensée n’a pas de dimension, de volume, d’épaisseur et qu’elle est immatérielle. Mais lorsque le penseur décède, ses pensées, même si elles sont immatérielles, s’éteignent avec lui, car il n’y a plus d’âme qui circule dans ses veines pour l’animer.

« L’activité de la volonté indépendante de la matière

« Si nous examinons maintenant la volonté, nous remarquons également qu’elle se situe au-dessus de la matière. Les corps sont déterminés naturellement à une seule fin, les organes ne peuvent accomplir que certaines fonctions, même les animaux les plus perfectionnés sont, par leur instinct, entièrement dépendants des conditions et des déterminations préalables. Mais la volonté de l’homme est absolument au-dessus des conditions où l’homme évolue : quand tout l’incline en un sens, celui-ci reste libre de se déterminer en un autre sens ; et lorsqu’il fait librement un acte, il sent qu’il pourrait librement en faire un autre. »

L’abbé aime décidément jongler avec des truismes. La volonté procède évidemment de la pensée réfléchie face à un choix. Le tout est une œuvre de l’esprit humain, pas de l’âme. L’énergie qui nous habite n’a aucun pouvoir de décision.

« Les actes de l’homme sont imprévisibles, ainsi que l’expérience le manifeste ; car les causes préalables influent, inclinent, mais ne déterminent pas. Dans nos décisions vraiment libres, nous sentons que ce ne sont pas notre hérédité, notre tempérament, pas même les circonstances qui font le choix ultime, mais notre liberté, au dessus de tous les conditionnements qui opte sans être nécessitée. Dépassant et pouvant même contrarier les facteurs matériels, notre volonté libre se place donc en dehors de la matière. »

Il y a beaucoup de détours inutiles pour en arriver aux « preuves indestructibles » que l’abbé nous a promises au sujet de l’immortalité de l’âme. Cette méthode argumentaire sert de conditionnement afin que le lecteur soit amené vers une conclusion prédéterminée et d’apparence logique.

« L’âme est indivisible et immatérielle, donc immortelle

« Si la volonté comme l’intelligence sont immatérielles, il est clair que l’âme qui en est le sujet est également supérieure à la matière. Si l’âme est telle, elle ne dépend pas du corps et en se séparant de lui ne cesse pas d’exister. Nous avons vu plus haut que l’âme est indivisible : nous en avons d’ailleurs conclu qu’elle ne peut se détruire en elle-même, mais seulement, éventuellement, en relation avec la matière. Or, nous venons de constater que tel n’est pas le cas. Il reste à avouer que l’âme humaine est indestructible absolument, qu’à la mort du corps, elle continue à vivre : l’âme est immortelle. »

La théorie que propose Célier est que tout ce qui est immatériel doit nécessairement être immortel. Mais tout cela n’est qu’un égrenage de suppositions et d’hypothèses amenées par la déduction de sa logique toute personnelle. Ce ne sont pas des faits avérés. Il le sait bien, d’ailleurs, car il prend le soin de formuler les choses de manière à se couvrir : « nous avons vu… », « nous en avons d’ailleurs conclu… », « il reste à avouer que… » Donc, rien pour nous convaincre absolument. Il prend pour acquis que les théories qu’il a avancées antérieurement sont maintenant des vérités alors même qu’il a bâti sur de fausses prémisses.

Si nous examinons ses énoncés en les analysant selon la méthode de l’argument formel, ça revient à ceci :

#1   Proposition Majeure :   La volonté et l’intelligence sont immatérielles

       Proposition Mineure :    L’âme est le sujet de la volonté et de l’intelligence

       Conclusion :                        L’âme est immatérielle

#2   Proposition Majeure :   L’âme est immatérielle

       Proposition Mineure :    Tout ce qui est immatériel est indestructible, donc immortel

       Conclusion :                        L’âme est indestructible et donc immortelle

Dans l’argument formel #1, la proposition majeure est vraie et n’importe qui peut s’en rendre compte. Célier s’appuie donc sur ce constat évident. Cependant la proposition mineure est fausse parce que Célier attribue à l’âme ce qui appartient à l’esprit de l’homme. On ne peut donc en déduire une bonne conclusion.

L’argument formel #2 prend la suite en installant comme proposition majeure la conclusion de l’argument formel #1, ce qui fausse le tout dès le départ. Or, la proposition mineure est également fausse, car rien ne permet à Célier d’affirmer que tout ce qui est immatériel est nécessairement indestructible et donc obligatoirement immortel, Pensons-y. Tout a été créé par Dieu ; cela sous-entendrait que ce qu’Il a créé d’immatériel, Il ne peut le détruire, que cela sort de Son contrôle et qu’Il ne pourrait l’effacer dans l’éventualité où la chose immatérielle venait à se corrompre (ex. : Satan et ses démons).

Nous en donnons pour preuve véritable cette parole de Jésus-Christ Lui-même : « Et ne craignez point ceux qui tuent le corps, et qui ne peuvent point tuer l’âme; mais plutôt craignez celui qui peut perdre et l’âme et le corps en les jetant dans la géhenne » (Matthieu 10:28). Ici, le mot « perdre » a le sens de « détruire » (voir « destroy » dans la King James).

Rappelons-nous également Ézéchiel 18:4 et 20 où il est écrit : « …l’âme qui péchera, sera celle qui mourra ». Nous comprenons toutefois que si l’abbé Célier lit la Bible, il se sert sans doute de la version de Jérusalem où le mot « âme » a été changé par « celui », ce qui l’aurait empêché de voir la mortalité de l’âme. ‘ais poursuivons l’étude de son texte :

« Le philosophe ajoute que Dieu, infiniment juste et équitable, doit récompenser le bien et punir le mal. Puisque l’âme ne meurt pas et que la justice parfaite à laquelle l’homme aspire naturellement n’existe pas en ce bas-monde, la raison nous contraint d’affirmer que Dieu établira ce redressement après la mort, mais d’une façon qui reste bien mystérieuse. »

Pour la personne qui étudie sérieusement la Bible, il n’y a pas de mystère. Voilà donc un bon exemple de ce que l’on appelle « pétition de principe », c’est-à-dire que l’on présuppose la véracité ou le bienfondé de la chose même que l’on veut prouver. En détaillant son argument de manière formelle, on détecte l’anomalie :

       Proposition Majeure :   L’âme est immortelle

       Proposition Mineure :    La justice n’existe pas en ce monde-ci

       Conclusion :                       Dieu fera justice à tous en composant avec l’âme immortelle de chacun.

C’est ce qu’on appelle « non sequitur » (qui ne suit pas), car les deux propositions n’ont pas de rapport entre elles. Mais de plus, non seulement n’ont-elles pas de rapport, mais la proposition majeure n’a pas été avérée. La conclusion ne peut donc pas avoir de valeur et demeure toujours à prouver. Jusqu’à présent, tous les syllogismes tirés de l’argumentaire de l’abbé Célier ne tiennent pas la route. Il prend continuellement pour acquises les théories qu’il présente alors qu’elles sont fondées sur des prémisses fausses qui écorchent les Écritures. Mais il y a peut-être de l’espoir avec son troisième point où il nous promet de faire intervenir la foi.

« 3) La réponse de la foi

« Les certitudes philosophiques sur l’immortalité de l’âme et la justice d’outre-tombe sont bien imparfaites ; que seront ce jugement, ces récompenses et ses peines, cette vie après la mort ? La philosophie ne peut nous l’apprendre, car l’ordre propre de la raison est ici dépassé. Mais Dieu, dans son infinie sagesse et bonté, a voulu nous faire connaître les secrets de la vie future et a confié cette Révélation à l’Église catholique, fondée par son Fils Jésus-Christ. C’est à elle que nous irons demander nos lumières. »

Oups ! Veuillez m’excuser, je croyais que l’abbé allait se fier à la foi chrétienne, mais il préfère s’en remettre à la foi catholique, ce qui n’est pas du tout la même chose. Tout d’abord, il admet que les « certitudes philosophiques » et la justice du monde actuel sont imparfaites et qu’elles ignorent le sort futur des hommes suivant la mort. L’on aurait pu croire alors que l’abbé faisait un pas dans la bonne direction. Mais il trébuche aussitôt et veut nous amener sur un chemin opposé aux Écritures.

Que cela déplaise ou non à une grande foule de croyants de la chrétienté, il nous faut appuyer sur le fait que l’Église catholique romaine N’EST PAS l’Église de Christ. Elle n’a reçu aucune révélation de Dieu et a passé le plus clair de son existence à obscurcir le Plan de Salut de Dieu pour les hommes en insérant dans sa théologie et ses rituels la philosophie des hommes et les rites païens des anciennes civilisations idolâtres. La croyance en l’âme immortelle fait partie de ces fâcheux emprunts. Nous ne pouvons donc pas espérer que l’abbé Célier puisse éclairer nos lanternes et nous apporter des preuves irréfutables. Mais ce qui sera intéressant, c’est d’étudier son procédé et d’examiner de quelle façon il utilise et analyse les quelques versets bibliques (rares) qu’il proposera.

« Le jugement particulier

« L’Église nous apprend qu’au moment de la mort chaque âme est jugée par Dieu sur sa vie terrestre, selon qu’elle a bien ou mal vécu. Ce jugement est instantané, infaillible et définitif. On considère communément qu’il s’effectue au moment exact où l’âme quitte le corps. Cette précision peut donner à réfléchir : après un accident, tandis que les pompiers s’affairent, que les policiers dressent le constat, que les badauds discutent et commentent, l’âme immortelle de l’accidenté comparait devant le tribunal souverain du Dieu tout-puissant où elle rend compte, jusque dans le moindre détail, de toutes et chacune de ses actions. Combien il serait plus utile en présence de ce cadavre mutilé de prier pour cette âme ou de faire réflexion sur soi-même et sa propre mort que de se répandre en bavardages oiseux ! »

Raisonnement circulaire ! Célier cite d’abord la source de son enseignement : l’Église catholique romaine. Pas la Parole de Dieu. Car ce « jugement particulier » ne se trouve nulle part dans les Écritures. Non pas qu’il n’y ait pas de jugement de l’Église de Christ, mais ce jugement ne se situe pas où le place le catholicisme. Lisez vous-mêmes : « Mais si quelqu’un souffre comme Chrétien, qu’il n’en ait point de honte, mais qu’il glorifie Dieu en cela. Car il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu ; or s’il commence premièrement par nous, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent point à l’Evangile de Dieu ? » (1 Pierre 4:16-17). Chacun des membres de l’Église de Christ passe, en son vivant, dans la chair, en jugement selon sa fidélité à l’Évangile de Christ. Et qu’en résulte-t-il ? « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, lesquels ne marchent point selon la chair, mais selon l’Esprit » (Romains 8:1).

Donc, il y a effectivement un « jugement particulier », mais aujourd’hui, il n’est appliqué 1) seulement qu’aux enfants de Dieu et 2) avant la mort de chacun de ces enfants, membres du Corps de Christ. Pourquoi ? Parce que chacun doit mourir sans tache ni ride, c’est-à-dire, sans péché, revêtu de la justice de Christ et de la foi en Son sacrifice. Pour qu’une personne accède au Royaume de Dieu et à la vie éternelle, il faut que tous ses péchés soient pardonnés par le sang de Christ. Or, nous voyons nettement transparaître dans le laïus de Célier le « salut par les œuvres » de l’Église catholique qui renie la suffisance du sacrifice de Christ.

« L’Église nous révèle encore qu’il n’existe que deux sentences : l’une pour ceux qui auront mal agi jusqu’au bout et c’est l’enfer éternel ; l’autre pour ceux qui seront tournés vers Dieu avec le désir profond de bien faire et le regret sincère de leurs fautes, au moins au dernier instant, et c’est la récompense, le Paradis. Jésus-Christ a enseigné cette vérité cruciale en maints passages de l’Évangile, mais jamais si clairement que dans le grand discours sur le jugement dernier où les deux sentences sont expressément rapportées : »

Avant de citer le passage, Célier prépare la table afin que son lecteur le lise d’après sa propre interprétation. Rappelons que l’Église catholique ne reconnaît qu’une seule résurrection où tous les êtres humains reviennent à la vie en même temps, et Jésus-Christ fait immédiatement le partage entre les bons et les méchants. Si nous en croyons les statistiques, plus de 90 % de la population va en « enfer », car ils n’ont pas été chrétiens. De plus, en nous basant sur ce que l’abbé nous a dit précédemment, les sentences sont appliquées dès la mort de la personne, à son âme immortelle, avant la résurrection ! Ce qui porte à nous demander la raison d’une résurrection si le sort éternel de chacun est déjà scellé d’avance. Puis, Célier affirme que Jésus-Christ a enseigné cette vérité en maints passages. Nous nous attendons donc à ce qu’il cite bon nombre de ces passages afin d’étayer ce qu’il qualifie de preuves irréfutables, mais nous serons déçus…

« Venez, les bénis de mon Père, recevoir le Royaume qui vous a été préparé depuis le commencement du monde (…) Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges (…) Et les méchants iront au supplice éternel, les justes à la vie éternelle. (Évangile selon saint Matthieu, chap. 25, versets 34, 41 et 46). »

Gardez à l’esprit que Célier et les catholiques (sans exclure un grand nombree de croyants de plusieurs autres confessions chrétiennes) ne croient qu’à une seule résurrection, celle qui aura lieu au retour de Christ. Ils pensent que tout le monde sera ressuscité pour recevoir sa sentence. Or, si l’abbé comprenait les Écritures, il aurait l’assurance de mettre le contexte de ce passage en entier et de citer d’autres passages qui viennent appuyer ce que dit le Christ. Alors, permettons-nous de faire cet exercice et lisons Matthieu 25:31-46 :

« Or quand le Fils de l’homme viendra environné de sa gloire et accompagné de tous les saints Anges, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire. »

Faisons une pause tout de suite pour nous poser la question à savoir quand se situe cette action : est-ce au retour de Christ lorsqu’Il mettra fin aux gouvernements du monde, ou à un autre moment ? Que dit le verset suivant ?

« Et toutes les nations seront assemblées devant lui ; et il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs. »

Cela ressemble-t-il à la Première Résurrection ? Jésus a fait la description de celle-ci dans le chapitre précédent de Matthieu : « Et alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel. Alors aussi toutes les Tribus de la terre se lamenteront en se frappant la poitrine, et verront le Fils de l’homme venant dans les nuées du ciel, avec une grande puissance, et une grande gloire. Et il enverra ses Anges, qui avec un grand son de trompette assembleront ses élus, des quatre vents, depuis l’un des bouts des cieux jusques à l’autre bout » (Matthieu 24:30-31). Est-ce bien la résurrection des saints ? « Car nous vous disons ceci par la parole du Seigneur, que nous qui vivrons et resterons à la venue du Seigneur, ne préviendrons point ceux qui dorment. Car le Seigneur lui-même avec un cri d’exhortation, et une voix d’Archange, et avec la trompette de Dieu descendra du Ciel ; et ceux qui sont morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous qui vivrons et qui resterons, serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées, au-devant du Seigneur, en l’air et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thessaloniciens 4:15-17).

En lisant attentivement ces passages concernant clairement le retour sur terre de notre Seigneur Jésus-Christ, voyez-vous un indice quelconque disant qu’en plus des saints élus de Dieu, les méchants sont aussi ressuscités ? Évidemment pas. La Première Résurrection est destinée uniquement aux membres du Corps de Christ, d’Abel le juste jusqu’au dernier converti lors du retour de Christ. Mais alors, de quoi parle Matthieu 25:31-32 ? Nous y voyons que Jésus-Christ, dans toute Sa gloire, va S’asseoir sur Son trône et que toutes les nations seront assemblées devant Lui pour qu’Il exerce sur eux Son jugement. Où, ailleurs, voyons-nous des détails de cet événement ?

Lisons ensemble Apocalypse, chapitre 20. Dans les premiers versets, nous voyons d’abord qu’au retour de Christ et Sa prise en main du Royaume, Il fait enfermer Satan et ses démons dans l’abîme. L’apôtre Jean voit ensuite les Élus ressuscités assis sur des trônes. Sous la gouverne du Seigneur Jésus-Christ, ils règnent mille ans sur la terre. À la fin de quoi Satan sera relâché pour fomenter encore une dernière révolte rapidement maîtrisée, puis Satan et ses démons sont jetés dans la géhenne de feu pour de bon. C’est alors que : « Je vis un grand trône blanc et quelqu’un assis dessus » (v.11). Nous avons vu, dans Matthieu 25:31, que « le Fils de l’homme viendra environné de Sa gloire … Il s’assiéra sur le trône de Sa gloire. » Cette parabole de Jésus décrit le Christ assis sur Son grand trône blanc afin de juger… qui ? « Les nations qui seront assemblées devant lui » (v. 32) !

Quelles sont ces nations ? Retournons à Apocalypse 20, au verset 12 : « Je vis aussi les morts, grands et petits, se tenant devant Dieu [ou « assemblées devant lui »; et les livres furent ouverts ; et un autre livre fut ouvert, qui était le livre de vie : et les morts furent jugés sur les choses qui étaient écrites dans les livres, c’est-à-dire, selon leurs œuvres. » Les livres ouverts sont les soixante-six livres de la Bible, la Parole de Dieu. Le livre de vie c’est celui dans lequel est écrit le nom d’une personne qui est sauvée, car il est écrit au verset 15 : « Et quiconque ne fut pas trouvé écrit au livre de vie, fut jeté dans l’étang de feu. »

Le Père a confié tout jugement au Fils et Celui-ci donne les détails de Son jugement effectué lors de la Deuxième Résurrection (qui surviendra 1 000 ans après la Première) dans Sa parabole de Matthieu 25, dont nous allons maintenant poursuivre la lecture à partir du verset 33 :

« Et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. » Cela arrivera à la fin de la période allouée à ces nations de la Deuxième Résurrection, après qu’elles auront eu le temps d’étudier la Parole de Dieu et d’agir en conséquence, tout comme l’Église qui est jugée aujourd’hui par le message de l’Évangile. Nous pensons possible que cette période s’étale sur une centaine d’années en nous fondant sur un passage d’Ésaïe qui parle de la toute fin des temps : « Il n’y aura plus désormais d’enfants nés depuis peu de jours, ni aucun vieillard qui n’accomplisse ses jours : car celui qui mourra âgé de cent ans, sera encore jeune, mais le pécheur âgé de cent ans sera maudit » (Ésaïe 65:20). Celui ou celle qui arrivera au bout des cent ans converti et servant Dieu verra son nom écrit dans le livre de vie et entrera dans la vie éternelle ; mais celui ou celle qui aura passé cent ans dans la rébellion sera jeté dans l’étang de feu. Dans Matthieu 25, Jésus explique les critères différenciant les brebis des boucs. Verset 34 :

« Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : venez les bénis de mon Père, possédez en héritage le Royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Alors les justes lui répondront, en disant : Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim, et que nous t’avons donné à manger ; ou avoir soif, et que nous t’avons donné à boire ? Et quand est-ce que nous t’avons vu étranger, et que nous t’avons recueilli ; ou nu, et que nous t’avons vêtu ? Ou quand est-ce que nous t’avons vu malade, ou en prison, et que nous sommes venus vers toi ? Et le Roi répondant, leur dira : en vérité je vous dis, qu’en tant que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, vous me l’avez fait à moi-même. »

En effet, quand ces gens-là auront-ils fait ces bonnes actions ? Durant les cent ans de la Deuxième Résurrection ? On peut en douter, vu les indices que Jésus donne, car, durant cette période, qui se trouvera dans une position de pauvreté telle qu’il aura à quémander de quoi manger, de quoi boire, de quoi se vêtir ; qui sera considéré étranger ; qui sera gravement malade ; qui sera mis en prison dans un Royaume où Christ est Roi et Satan jeté dans le feu de la géhenne ? Ce genre de choses n’arrivera pas à cette époque-là, mais cela survient à notre époque, depuis Abel le juste. Nous devons donc identifier ceux que Christ appelle « ces plus petits de mes frères », c’est-à-dire, les frères et les sœurs de Christ qui font partie de Son Corps depuis des millénaires et qui seront ressuscités à la vie éternelle en tant que prémisses. Bon nombre ont vécu – et vivent encore – la persécution, l’adversité et la misère à cause de leur foi en Jésus-Christ. Mais des âmes généreuses sont intervenues dans leur vie, poussées par Dieu à soulager la misère de Ses enfants lorsque ceux-ci priaient le Père pour leur délivrance et leur protection. Ces gens-là, même s’ils ne sont pas aujourd’hui convertis, ne perdront pas leur récompense. Par contre, à partir du verset 41 :

« Alors il dira aussi à ceux qui seront à sa gauche : Maudits retirez-vous de moi, et allez au feu éternel, qui est préparé au diable et à ses anges. Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez point donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez point donné à boire ; j’étais étranger, et vous ne m’avez point recueilli ; j’ai été nu, et vous ne m’avez point vêtu ; j’ai été malade et en prison, et vous ne m’avez point visité. Alors ceux-là aussi lui répondront, en disant : Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim, ou avoir soif, ou être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et que nous ne t’avons point secouru ? Alors il leur répondra, en disant : en vérité je vous dis, que parce que vous n’avez point fait ces choses à l’un de ces plus petits, vous ne me l’avez point fait aussi. » (vs 41-45) Au fil des millénaires, les enfants de Dieu ont été pourchassés, maltraités, persécutés et assassinés par les suppôts de Satan. Ceux-ci étaient, et sont encore, submergés par une haine irréfléchie et irrationnelle contre tout ce qui vient de Dieu, car Il n’est pas leur Père ; Satan est leur père et ils veulent satisfaire les désirs de leur père. Donc, eux aussi sont rétribués : « Et ceux-ci s’en iront aux peines éternelles ; mais les justes iront jouir de la vie éternelle. » (v. 46).

Avez-vous remarqué que, dans ces passages, Il n’est fait aucune mention d’âmes immortelles ? Pourtant, c’est un petit extrait de ceux-ci qu’utilise Célier pour « prouver » le « jugement particulier » donné aux âmes immortelles suivant le décès de leur corps. De plus, Matthieu 25, qui est clairement une référence à la Deuxième Résurrection, relève ainsi une sérieuse incohérence au sein même de ce concept de « jugement particulier », car nous voyons que les nations seront jugées après leur résurrection dans un nouveau corps. Quelle pertinence y aurait-il à cela si l’âme de chacun a déjà été jugée de manière particulière immédiatement après sa mort ? À croire que Dieu les réincorpore afin de les juger une seconde fois pour la galerie, allez savoir pourquoi, pour ensuite les retourner, soit au ciel, soit en « enfer » d’où ils jouissaient – ou subissaient – de la sentence de leur premier jugement. Il ne faudrait pas se moquer de Dieu en Lui prêtant des actions sans pertinences et incohérentes. Maintenant, poursuivons l’article de l’abbé Célier :

« Les deux voies

« Que sont l’enfer et le Paradis, selon la foi chrétienne ? L’enfer est un lieu d’atroces souffrances où les mauvais, obstinés dans le mal, et désirant pécher toujours plus, seront éternellement châtiés sans qu’il y ait jamais pour eux ni diminution ni cessation de leurs peines. Le Paradis est un lieu de bonheur parfait où les justes jouissent de la vision de Dieu et de son intimité au titre d’une récompense qui durera éternellement et ne leur sera jamais enlevée. Récompense et punition, car notre vie sur la terre est un temps d’épreuve qui nous est donné pour accomplir notre unique tâche : mener une vie moralement bonne et conforme à la loi de Dieu, après laquelle nous recevons notre selon nos mérites, d’une façon stable, inamissible et éternelle. »

Précisons tout d’abord que, quand Célier parle de « la foi chrétienne », il se réfère bien évidemment à la « foi catholique » et il donne ensuite un parfait exemple du « salut par les œuvres ». Vous noterez que Célier résume le salut en deux mots : récompense et punition. Pour lui, l’on obtient le salut en « menant une vie morale bonne et conforme à la loi de Dieu ». Les œuvres sont donc l’observance de la loi et, selon nos œuvres, nous « recevons notre selon nos mérites ». Est-ce bien le salut de l’Évangile de Christ ? Est-ce le salut par la foi ?

« Que dirons-nous donc qu’Abraham notre père a trouvé selon la chair ? Certes, si Abraham a été justifié par les œuvres, il a de quoi se glorifier, mais non pas envers Dieu. Car que dit l’Ecriture ? qu’Abraham a cru à Dieu, et que cela lui a été imputé à justice [Genèse 15:6]. Or à celui qui fait les œuvres, le salaire ne lui est pas imputé comme une grâce, mais comme une chose due » (Romains 4:1-4).

« Sachant que l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la Loi, mais seulement par la foi en Jésus-Christ, nous, dis-je, nous avons cru en Jésus-Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi de Christ, et non point par les œuvres de la Loi ; parce que personne ne sera justifié par les œuvres de la Loi » (Galates 2:16).

Vous êtes à même de constater que les affirmations catholiques de l’abbé Grégoire Célier sont en flagrantes contradiction avec les écrits de l’apôtre Paul, enseigné directement par notre Seigneur Jésus-Christ. Qui allons-nous croire ? Célier tire ses croyances, non pas de l’Église de Christ, mais des cultures païennes concernant « l’enfer » et le « Paradis ». Il veut « gagner son ciel » par ses propres mérites charnels en observant, non pas la loi royale de Christ, mais le système de croyances babyloniennes de l’Église catholique. Malheureusement, ses croyances sont partagées par un grand nombre de personnes sincères qui débattent avec leur conscience en craignant constamment d’avoir commis un « péché mortel » et de ne jamais atteindre les standards sévères de Dieu. Cette manière de voir le salut est une négation du sacrifice parfait de Jésus-Christ sur la croix exécuté une fois pour toutes. Célier semble en être complètement inconscient, car il poursuit :

« Mais si nous menons une vie mauvaise et pécheresse, méprisant les lois de Dieu et son amour, notre existence se terminera par le terrible et juste verdict de Dieu nous condamnant à des supplices mérités. “Il est horrible de tomber entre les mains du Dieu vivant” nous dit l’apôtre saint Paul (Épître aux Hébreux, chap. 10, verset 31), lorsqu’on s’est moqué de lui durant sa vie ; car, ajoute-t-il, “on ne se moque pas de Dieu” (Épître aux Galates, chap. 6, verset 7). Parce qu’elle connaît cette tragique éventualité, l’Église prêche à temps et à contretemps, envoie ses missionnaires jusqu’aux extrémités de la terre afin d’apprendre aux hommes à “rejeter l’impiété et les mauvais désirs, et à vivre sobrement, justement et pieusement sur cette terre, attendant la bienheureuse espérance” du Ciel (Épître de saint Paul à Tite, chap. 2, versets 11 à 13). Sans discontinuer, elle répète cette parole par laquelle Jésus-Christ, son divin fondateur, inaugura son ministère : “Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous” (Évangile selon saint Luc, chap. 13, verset 5), c’est-à-dire, vous tomberez pour toujours dans l’enfer des tourments, “là où le ver qui ronge ne meurt pas, où le feu ne s’éteint pas” (Évangile selon saint Marc, chap. 9, verset 43). “Là seront les pleurs et les grincements de dent” (Évangile selon saint Luc, chap. 13, verset 28). »

Célier nous présente le sort des méchants, c’est-à-dire, dans le langage catholique, ceux qui ne se convertissent pas à l’Église de Rome, en s’appuyant sur des bouts de versets sortis de leur contexte et qui ne lui fournissent aucune preuve de ce qu’il avance. Lu dans son contexte, Hébreux 10:31 parle des personnes qui ont reçu le Saint-Esprit, mais qui se sont éloignées de Dieu jusqu’à repousser Son salut : le passage ne décrit pas le sort du méchant, sauf qu’au verset 27, Paul dit : « mais une attente terrible du jugement et l’ardeur du feu qui doit dévorer les adversaires ». Dans la théologie catholique, le feu ne dévore pas les méchants, ils souffrent éternellement. Célier cite ensuite Galates 6:7 qui, bien que parfaitement rendu, n’éclaire en rien son propos. Puis, remarquez ce qu’il fait de Tite 2:11-13 : il le cite plus ou moins exactement en ajoutant « du Ciel », faisant ainsi croire au lecteur que « la bienheureuse espérance » du chrétien est d’aller au ciel, alors que le passage se poursuit au verset 13 par la véritable bienheureuse espérance : « l’apparition de la gloire du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ. » Car c’est au retour de Jésus-Christ sur terre que va se réaliser la bienheureuse espérance attendue de tous les saints de tous les âges, c’est-à-dire, leur résurrection à la vie éternelle et leur rencontre avec leur Seigneur et Sauveur qu’ils ne quitteront jamais plus.

Enfin, l’abbé cite des petits bouts de versets qui lui semblent appropriés pour consolider la structure fragile et branlante de son argumentation. Voyons comment il s’y prend. Citons d’abord Luc 13:5 :

« Ou croyez-vous que ces dix-huit sur qui la tour de Siloé tomba, et les tua, fussent plus coupables que tous les habitants de Jérusalem ? Non, vous dis-je ; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous de la même manière. »

Jésus explique que des gens avaient péri dans un terrible accident, mais pas parce qu’ils étaient plus pécheurs que les autres. Or, tout le monde finit par mourir. Cependant, ceux qui ne se repentent pas périront aussi. Il n’est aucunement question de leur âme immortelle qui brûle éternellement, mais de la disparition totale de leur personne. Alors, quand Célier ajoute immédiatement après « c’est-à-dire vous tomberez pour toujours dans l’enfer des tourments », il se permet d’interpréter à sa convenance et selon sa préconception, ajoutant à la Bible une parole que Jésus n’a point dite. Il invente et se sert d’un procédé anti-biblique.

Marc 9:43-44 dit : « Or si ta main te fait broncher, coupe-la : il vaut mieux que tu entres manchot dans la vie, que d’avoir deux mains, et aller dans la géhenne, au feu qui ne s’éteint point ; là où leur ver ne meurt point, et le feu ne s’éteint point. » Par ce verset, Célier veut sous-entendre que les âmes sont immortelles et brûlent éternellement. Mais en présentant le contexte du passage, l’on se rend compte que Jésus parlait par images. En effet, si nous appliquons Ses paroles de manière littérale, combien de chrétiens, depuis 2 000 ans, seraient soit borgnes (v. 47), soit cul-de-jatte (v. 45), soit manchots (v. 43) ou peut-être les trois ? Pratiquement tous ! Or, Jésus voulait simplement souligner l’importance et la gravité du péché. De même, le ver qui ne meurt point est une image qu’on ne peut prendre de façon littérale, car peut-on penser qu’il existe une sorte de ver capable de ronger une âme qui, suppose-t-on, est une entité spirituelle et immortelle et, selon Célier, indestructible ? Peut-on imaginer que le feu, même de la géhenne, puisse avoir une action quelconque sur une âme immortelle indestructible ? À un moment donné, il faut faire preuve d’un peu de gros bon sens.

Maintenant, que dit Luc 13:28 ? « Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Cela ne prouve en rien l’immortalité de l’âme, ni un « enfer » sans fin, car, si on lit le reste du verset, on voit que Jésus plaçait ceci dans un événement bien précis : « …quand vous verrez Abraham, et Isaac, et Jacob, et tous les prophètes dans le Royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. » Et quand cela aura-t-il lieu ? « Et la mer rendit les morts qui étaient en elle, et la mort et l’enfer rendirent les morts qui étaient en eux ; et ils furent jugés chacun selon ses œuvres. Et la mort et l’enfer furent jetés dans l’étang de feu : c’est la mort seconde. Et quiconque ne fut pas trouvé écrit au Livre de vie, fut jeté dans l’étang de feu » (Apocalypse 20:13-15). Il s’agit de la Troisième Résurrection qui coïncide avec la fin de la période de cent ans de la Deuxième Résurrection. Sont alors assemblés tous les méchants incorrigibles et rebelles qui refusent de se repentir. Ils verront de loin Abraham, Isaac et Jacob, ainsi que les prophètes, les apôtres et tous les saints, bien installés sur des trônes entourant celui du Roi Jésus-Christ qui prononcera leur sort, et ils grinceront des dents en pleurant de rage ; puis, ils seront jetés dehors, dans l’étang de feu où ils seront entièrement consumés. Ils disparaîtront et leurs péchés avec eux. Ils n’existeront plus. Poursuivons maintenant l’article de l’abbé Célier.

« Les grandes assises de l’humanité

« Notons soigneusement qu’il n’existe pas, à proprement parler, de lieu intermédiaire entre le Ciel et l’enfer. Deux sorts sont seuls possibles : le bonheur éternel, le malheur éternel. Le Purgatoire, qui échoit à ceux qui, ayant voulu aimer Dieu, n’ont pas payé sur la terre toutes leurs dettes envers sa justice, est un lieu transitoire d’expiation. Ceux qui y séjournent sont définitivement destinés au Ciel et, après une certaine purification, y entrent pour toujours. En toute rigueur de terme, il n’y a que deux lieux : se détourner de l’un, c’est par le fait même marcher vers l’autre. Cette seule pensée devrait nous effrayer et nous faire « accomplir notre salut avec crainte et tremblement » (Épître de saint Paul aux Philippiens, chap. 2, verset 12). »

Célier dit bien qu’il n’existe pas de lieu intermédiaire entre « le Ciel et l’enfer » et pourtant il présente le « Purgatoire » – sorte d’antichambre du Ciel – comme étant une réalité incontournable. Mais il ne propose aucun verset de la Bible lui permettant d’asseoir son hypothèse péremptoire. Il ne se sert de Philippiens 2:12 que pour enjoliver sa prose. Cette invention du purgatoire est en fait une adaptation de croyances païennes, comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent. Elle a servi à l’Église de Rome à monter un racket particulièrement lucratif avec ses messes payantes pour les morts et ses indulgences pour les « âmes du purgatoire ». Ce soi-disant « lieu de purification pour le reste des dettes non payées » n’est crédible qu’en la croyance d’un salut par les œuvres où ce sont les hommes qui se sauvent eux-mêmes par leurs efforts et non pas par le sacrifice de Jésus-Christ. Mais nous avons vu auparavant qu’aucun homme ne sera sauvé par les œuvres de la loi (voir Galates 2:16).

Nous devons en conclure que l’obstination de l’Église catholique à croire en un salut par les œuvres de la loi n’est pas entièrement ou uniquement dû à l’ignorance, mais plutôt à l’amour de l’argent dont est rongée la hiérarchie catholique. Le purgatoire est une fabrique de monnaie.

« L’Église, conformément à la mission qu’elle a reçu du Fils de Dieu, enseigne une dernière grande vérité sur la vie après la mort : outre le jugement particulier à chacun, il y aura un Jugement général. Tous les humains comparaîtront ensemble devant Dieu et, publiquement, à la face des anges et des hommes, Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. Pourquoi cet ultime arrêt ? Non pour modifier les sentences antérieures qui sont irrévocables ; mais afin de rétablir la pleine justice, même dans la société. Il est des hommes qui ont mal vécu et qui sont morts honorés et glorifiés. Il en est d’autres qui ont saintement vécu et sont morts méprisés et insultés. En ce jour des grandes assises de l’humanité, les premiers seront humiliés par la révélation publique de leurs forfaits quand leur masque hypocrite sera arraché. Les seconds, au contraire, seront honorés et exaltés d’autant plus qu’ils ont vécu ici-bas pauvres et inconnus. Cette glorification échoira spécialement à notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui sera magnifiquement honoré après avoir été rejeté et bafoué sur cette terre dont il venait sauver les habitants.

« Comme prélude à ce jugement, les hommes ressusciteront, c’est-à-dire que leurs corps revivront pour que désormais l’homme complet subisse la peine ou jouisse de la récompense. »

Avant tout, précisons que l’Église catholique n’a jamais reçu quelque mission que ce soit de la part de notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, pour la raison toute simple que ce n’est PAS Son Église. Oh, certes ! elle a bien reçu une mission de son dieu, mais, comme le Christ l’a dit aux Pharisiens : « Le père dont vous êtes issus, c’est le diable, et vous voulez faire les désirs de votre père » (Jean 8:44). Comment expliquer autrement sa séculaire tradition de falsification de la Parole de Dieu ? Voyez dans ce paragraphe de Célier comment il essaie de justifier la résurrection des corps en la conciliant avec le concept contradictoire de l’immortalité de l’âme, du jugement particulier et du salut par les œuvres de la loi. Son argumentation est pauvre, pathétique et incohérente. Ce qui fait que la justification d’une résurrection s’avère ici dans ce contexte catholique dénuée de logique. En disant que « leurs corps revivront pour que désormais l’homme complet… », sous-entend-il que l’âme immortelle qui subit son « jugement particulier » n’est pas un être complet ? Quel besoin y aurait-il alors que Dieu juge de manière particulière une âme immortelle qui ne serait qu’une parcelle d’homme ? Célier a dû comprendre l’absurdité de la position catholique et il cherche péniblement à concilier celle-ci avec l’enseignement biblique clair et incontournable qu’il y aura indubitablement une résurrection des corps, parce que « les morts ressusciteront incorruptibles, et nous serons transmués, Car il faut que ce corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce mortel revête l’immoralité » (1 Corinthiens 15:52-53).

S’il faut que l’être mortel que nous sommes doive revêtir l’immortalité, c’est qu’il ne l’a pas encore. Pourquoi alors devrait-il recouvrer un corps incorruptible si son âme est déjà immortelle et, de plus, pré-jugée. Essayer de réunir les deux concepts ensemble est une tâche impossible et Célier s’y attèle avec bien peu de conviction. C’est pour cela qu’il ne peut, ni ne tente, de s’appuyer sur une Écriture divine. Il se contente donc de se servir encore du salut par les œuvres de la loi. Semble-t-il que, pour être bien vu à la face des anges et des hommes, les âmes doivent à nouveau revêtir une enveloppe charnelle et ceci pour « rétablir la pleine justice, même dans la société », quoi que cela puisse vouloir dire. Puis, ils seront récompensés selon leurs mérites terrestres. Ceux qui auront été au « Purgatoire » auront-ils terminé de purger leur peine ?

Célier ne dit pas où auront lieu ces « grandes assises de l’humanité » ; sera-ce au ciel, sur terre, en enfer ? Si c’est au ciel – où se trouve le Trône du Père – y fera-t-on monter les âmes qui brûlent en enfer en leur accordant une trêve et en leur fournissant un corps de location pour qu’ils soient en mesure de recevoir une simple confirmation grand public de la sentence qu’ils purgent déjà, pour les renvoyer ensuite en « enfer » tout en leur demandant de laisser leur corps de location au vestiaire de la porte du Paradis ? Tout ce concept catholique est plus troué qu’un fromage de gruyère… une contradiction n’attend pas l’autre et les non-sens se succèdent. Mais continuons la lecture de l’article de l’abbé.

« Conclusion générale

« Résumons à grands traits notre propos. Les hommes ont toujours eu la conviction, manifestée par les rites funéraires, que la vie ne s’arrêtait pas à la mort. Ils y sont poussés par un désir naturel de l’immortalité et de la justice parfaite. Cette immortalité de l’âme et ce jugement de Dieu, la raison les démontre. Mais la foi enseigne bien plus, nous révélant que ce jugement se fait à l’instant de la mort, qu’il est instantané et infaillible, et que la sentence, irrévocable, fixe l’âme pour l’éternité dans un de ces deux états, soit l’enfer éternel, soit le Paradis sans fin. Outre ce jugement particulier, il y aura à la fin des temps la résurrection de la chair et un Jugement général où pleine justice sera rendue publiquement et avec éclat. »

En conclusion, Célier résume donc ses affirmations en déclarant à nouveau qu’elles ne s’appuient que 1) sur la raison humaine et les rites ancestraux, ainsi que 2) sur la foi – malgré que l’on puisse avoir foi en toutes sortes de croyances – lui, croyant en la foi catholique bâtie sur des interprétations très douteuses des Écritures, comme nous l’avons vu. Il se garde bien évidemment de confronter les incohérences foisonnant dans ses concepts.

« Appuyé sur ces vérités, le chrétien ne redoute pas la mort qui lui ouvre la vraie vie. Ce qu’il craint, c’est le péché qui conduit en enfer, “la seconde mort” (Apocalypse, chap. 20, verset 14). Mais quand il vit dans l’amitié de Dieu, persévérant dans les prières et les bonnes œuvres, il met sa confiance en l’infinie miséricorde de Celui qui a envoyé son Fils afin de nous sauver. Il y a encore un siècle, en pays chrétien, le cimetière entourait l’église et, chaque dimanche, la famille allait honorer ses ancêtres, prier pour le repos de leurs âmes, et reconnaître la place où chacun reposerait à son tour en attendant la bienheureuse résurrection : tant la mort était sereinement acceptée dans la lumière de la foi. La seule éventualité terrible était la mort subite qui peut saisir dans le péché et ôter l’espace de la pénitence. Aussi ne dissimulait-on pas son état au malade qui était soigneusement averti de se préparer. »

Peut-on rappeler à l’abbé Célier toutes les personnes de foi catholique qui ont vécu la peur au ventre en se demandant sans cesse de manière obsessive si elles allaient réussir à « gagner leur ciel » ou si elles allaient être surprises en état de « péché mortel » à cause d’une faiblesse passagère ? Malgré les propos lénifiants de l’abbé, il ne peut cacher l’état dans lequel on se trouve en croyant au salut par les œuvres de la loi, salut que l’on doit se mériter soi-même parce que, apparemment, le sacrifice de Christ n’est pas suffisant pour effacer tous les péchés ; il faut qu’il y ait encore la cohue dans le Purgatoire, de ces personnes chanceuses qui ont évité l’enfer qui, de toute évidence, rassemble la plus grande partie de toute l’humanité. Ce genre de salut n’a aucune similitude avec celui offert par Christ dans Son Évangile. Continuons :

« Notre société déchristianisée et matérialiste a une tout autre attitude devant la mort. Refusant de considérer la réalité en face, elle voit dans la mort un gâchis et s’efforce de la cacher pour qu’elle ne vienne point troubler, importune visiteuse, nos fêtes humaines. On camoufle les cimetières, on fait disparaître les signes sociaux de la mort, on élimine les vocables trop crus et trop macabres, on dissimule sans vergogne au mourant son état sous le prétexte absurde de ne pas l’affoler ou l’affaiblir. On traite ainsi la réalité la plus certaine et la plus importante de la vie humaine de la façon la plus insensée qui soit, en cherchant à s’étourdir et à oublier. »

Il y a beaucoup de vrai dans ce propos de l’abbé, car, en effet, le monde est fort confus devant la mort et réagit de bien diverses manières parce que la grande majorité des gens ne sait tout simplement pas ce qu’il y a au-delà de cette vie. Cependant, n’oublions pas de tenir en compte que, dans la foi catholique, l’appel est en ce moment universel et que l’on croit que Dieu donne Sa grâce à tout le monde depuis Adam et Ève. Cela influence évidemment l’abbé Célier qui pense que nous devons convertir tous les gens avant qu’ils ne meurent, car sinon ils vont en « enfer ». Ce point de vue est une conséquence directe de la mauvaise compréhension de la fonction de la Deuxième Résurrection.

« Cette panique devant la mort, cette lâcheté sont également une folie, car la mort doit être le moment de l’ultime choix moral. Celui-ci est d’ailleurs facilité par l’apaisement en cet instant suprême de toutes les passions et illusions de la vie.

« Après cette dernière décision, il n’y en aura plus d’autre. C’est donc un spectacle effrayant de voir tant d’âmes partir sans rien prévoir, sans y penser, souvent même sans être prévenues, vers ce jour et vers ce lieu où il n’y aura ni excuse, ni délai, ni recours pour celles qui seront obstinément restées sourdes à l’appel miséricordieux de Dieu. Fasse qu’à l’instant d’entrer dans l’éternité, la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, soit auprès d’elles pour les secourir et leur obtenir la grâce insigne d’une contrition sincère et complète. »

C’est sur cette affreuse fausse note que se termine l’article de l’abbé Grégoire Célier. Ce dernier paragraphe contient des paradoxes et des contradictions menant à des impasses qu’il se garde bien de relever. Lorsqu’il dit que « après cette dernière décision, il n’y en aura plus d’autres », il dévoile clairement sa croyance en un appel universel et immédiat de Dieu. D’après lui, tout le monde doit prendre une décision dès maintenant. Mais ensuite, son propos démontre la « folie » de cette croyance. En effet, l’on vérifie chaque jour que « tant d’âmes partent sans rien prévoir … et souvent même sans être prévenues ». En langage biblique clair, elles n’ont pas été évangélisées, on ne leur a pas parlé du salut de Dieu pour les hommes, ou, si elles en ont entendu parler, elles n’y ont pas fait attention. Comment cela se fait-il ? Dieu n’est-Il pas assez puissant pour Se manifester de façon claire et nette à la grande majorité des gens ? Si elles n’ont pas entendu le message de l’Évangile de toute leur vie, comment peut-on les accuser d’être demeurées « obstinément sourdes » à un appel qu’elles n’ont pas perçu ou même reçu ? Le Dieu d’amour que nous connaissons va-t-Il les envoyer rôtir en « enfer » pour toute l’éternité sur ce simple constat d’ignorance ?

Mais heureusement, Célier arrive avec la solution miracle sortie de la tiare du pape : La Vierge Marie va les secourir et leur obtenir la grâce insigne d’une contrition sincère et complète ! Ce n’est pas le Christ qui sauvera ces âmes, mais la « Vierge Marie » – dite « Mère de Dieu » alors que Dieu n’a ni mère ni père, car Il existe depuis toujours ! Qu’en est-il des innombrables âmes ayant vécu AVANT Marie ? Il n’y a pas la moindre allusion dans les Écritures à une Marie en tant que médiatrice entre Dieu et les hommes. De plus, Célier avance de manière étrange que Marie secourrait les âmes et leur obtiendrait la grâce alors que, auparavant, l’abbé affirmait catégoriquement que les âmes étaient jugées particulièrement aussitôt que la mort frappait le corps et qu’elles recevaient immédiatement leur sentence irrémédiable… Il y a une contradiction flagrante, ici. Ou alors, ce que Célier veut dire, c’est qu’au moment de l’agonie d’une personne pécheresse, Marie apparaît avec sa baguette magique qu’elle appuie sur la tête de l’agonisant et celui-ci est soudainement frappé du repentir de ses fautes… Mmh… Cela demeure un salut par une Marie médiatrice !

À la fin du compte, pensez-vous que l’abbé Célier ait réussi à démontrer les preuves irréfutables promises au début de son article concernant l’immortalité de l’âme ? Son discours, parfois ennuyeux, fut uniquement fondé sur les coutumes funéraires des diverses civilisations, sur le raisonnement des hommes et sur la philosophie catholique. Il n’a cité que de petits bouts de texte biblique et a parsemé sa prose de croyances disparates qu’on est bien incapable d’agencer ensemble pour en faire un tout uniforme et homogène. Le tissu de contradictions le menait vers une voie sans issue. Sa connaissance des Écritures se révèle superficielle et ne sert qu’à dissimuler la pauvreté navrante de son argumentation.

Si c’est tout ce qu’un « expert » catholique a à offrir, cela n’a vraiment rien de convaincant. Remarquez que, s’il était réellement versé dans les Écritures, il ne pourrait être catholique, car il se serait rapidement rendu compte de la faiblesse de cette théologie.

Libre à vous d’y avoir constaté les mêmes erreurs que nous avons signalées. Malheureusement, beaucoup de ces erreurs se sont également répandues dans d’autres confessions dites chrétiennes et un grand nombre de croyants sont convaincus de posséder en leur for intérieur une entité spirituelle indépendante qu’ils appellent « âme ».

Dans le prochain ouvrage, nous approfondirons le sujet en portant à l’attention du lecteur un florilège de versets que nous comparerons d’une version biblique à d’autres.

 




D. 589 – L’ESPRIT, L’ÂME ET LE CORPS – Tome 1

Quelle est la nature de ce qui compose un être humain ? L’âme est-elle une entité indépendante et immortelle ?

Par Roch Richer

TOME UN

Or le Dieu de paix vous veuille sanctifier entièrement ; et faire que votre esprit entier, et l’âme et le corps soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. »

1 Thessaloniciens 5:23

 

INTRODUCTION

De tout temps, le sujet de « l’âme » a préoccupé un grand nombre de gens de toutes les races, de toutes les cultures, de toutes les religions et de toutes les philosophies. La recherche de la compréhension exacte de la nature de « l’âme «  est bien antérieur au christianisme.

En fait, nous pouvons remonter au début de l’histoire de l’humanité, lorsque Dieu créa Adam. Nous y voyons tout d’abord une définition de Dieu : « Or l’Eternel Dieu avait formé l’homme de la poudre de la terre, et il avait soufflé dans ses narines une respiration [nishma] de vie ; et l’homme fut fait en âme vivante [nephesh] » (Genèse 2:7). Dieu a-t-Il soufflé de l’air dans les narines de l’homme pour lui conférer la vie ? Dieu respire-t-Il de l’air, comme vous et moi devons le faire pour demeurer en vie ?  Bien sûr que non. Ce qui sort de la bouche de l’Éternel Dieu, c’est Son Esprit. Voyez ce qui est écrit dans 2 Thessaloniciens 2:8 : « Et alors le méchant sera révélé, mais le Seigneur le détruira par l’Esprit de sa bouche, et l’anéantira par son illustre avènement. » C’est ce qu’on peut lire dans la version David Martin de 1744 qui est l’équivalent exact de la version King James 1611 où l’on voit : « And then shall that Wicked be revealed, whom the Lord shall consume with the spirit of his mouth, and shall destroy with the brightness of his coming. » Les mots « esprit » et « spirit » traduisent le mot original grec pneuma qui signifie aussi « air », « souffle », comme nous le voyons dans la version David Martin de 1855 : « Et alors le méchant sera révélé ; mais le Seigneur le détruira par le souffle de sa bouche, et l’anéantira par l’éclat de son avènement. » Le « souffle » qui sort de la bouche de Dieu est Son Esprit !

Par la puissance de Son Esprit, Dieu a insufflé la vie en l’homme qui est ainsi devenu une « âme vivante ». Ce qui sous-entend que, juste avant que Dieu insuffle la vie en Adam, celui-ci était une « âme morte », inerte, sans vie.

Mais dès le début de la création, Satan a tenté de fourvoyer l’homme sur sa nature. Voyons plutôt d’abord l’instruction de Dieu à Adam : « Puis l’Eternel Dieu commanda à l’homme, en disant : Tu mangeras librement de tout arbre du jardin. Mais quant à l’arbre de la science du bien et du mal, tu n’en mangeras point ; car dès le jour que tu en mangeras, tu mourras de mort » (Genèse 2:16-17). Dieu ne parle pas de la première mort, que tout le monde subit, bons comme méchants ; Il parle de la seconde mort. Dieu n’a pas simplement écrit « tu mourras », mais « tu mourras de mort », donc, « tu mourras éternellement ». Ce qui met l’accent sur une cessation définitive de la vie.

Voyons maintenant ce qui est arrivé par la suite : « Or le serpent était le plus fin de tous les animaux des champs que l’Eternel Dieu avait faits ; et il dit à la femme : Quoi ! Dieu a dit, vous ne mangerez point de tout arbre du jardin ? » (Genèse 3:1). Remarquons la ruse de Satan. Il savait parfaitement ce que Dieu avait dit à Adam, mais, jouant les étonnés, il déforma volontairement les paroles de Dieu afin d’amorcer le couple humain. Voyez de quelle manière il s’exclame par la suite en feignant la surprise indignée : « Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez nullement ; mais Dieu sait qu’au jour que vous en mangerez, vos yeux seront ouverts, et vous serez comme des Dieux, sachant le bien et le mal » (vs 4-5).

Depuis ce début de l’histoire de l’humanité jusqu’à aujourd’hui, la forte majorité des hommes a préféré croire au Serpent plutôt qu’à Dieu. Les hommes croient avoir l’immortalité en eux. Mais étant donné l’implacable évidence que le corps, une fois mort, finit par se désintégrer en poussière, les hommes ont imaginé que l’immortalité, leur immortalité, devait résider dans une entité spirituelle impérissable qu’ils ont appelé « l’âme » et qui se libère du corps à la mort de celui-ci. Et alors que Dieu dit que l’homme est une « âme vivante », l’homme prétend qu’il a une « âme vivante » immortelle à l’intérieur de lui. Or, « …l’âme qui péchera, sera celle qui mourra » (Ézéchiel 18:4 et 20).

 

CHAPITRE UN

Origine du concept de l’âme immortelle

Le christianisme moderne (catholicisme, protestantisme, pentecôtisme, évangélisme, etc.) a surgi bien après les empires babylonien, médo-perse, grec et romain. Or, il existe pourtant une ressemblance frappante entre ce christianisme et les idées religieuses et philosophiques de ces empires païens antérieurs en ce qui regarde la croyance en l’immortalité de l’âme et le concept du « séjour des morts ». Il faut comprendre l’influence marquante que les philosophes grecs et romains ont eu sur les soi-disant « pères » de l’Église catholique. Par exemple, Augustin, que l’on donne comme le premier père de l’Église de Rome, passa plus de temps dans sa vie à étudier les philosophes païens que les Écritures.

La croyance en l’immortalité de l’âme est indissociable du concept du « séjour des morts », car il s’agit de la prétendue destination de l’âme après sa séparation du corps. Les deux théories doivent donc être examinées de pair.

Le concept de l’immortalité de l’âme est au cœur de la sotériologie de la plupart des religions et des philosophies du monde. Cette théorie, de même que la croyance en un « au-delà », se retrouve également dans le spiritisme, le nouvel âge et un grand nombre d’œuvres de fiction.

En Mésopotamie, nous découvrons, grâce à un corpus littéraire de matériel archéologique de ce que l’on appelle « l’âge de bronze » et qui a survécu jusqu’à notre époque, que le monde de « l’au-delà » était perçu, dans la vie quotidienne, comme responsable de tous les maux et de toutes les maladies. Il y a bien sûr toutes sortes de manières d’interpréter le concept de la vie après la mort, mais globalement, les « fantômes » qui agacent les vivants sont considérés comme des défunts n’ayant pas pu recevoir une sépulture rituelle, soit comme d’anciens membres de la famille hantée.

Il est étrange qu’il ne vienne pas à l’idée de la plupart des gens que ces fantômes sont, en fait, de mauvais esprits, des démons, qui s’amusent à tromper les êtres humains. Citons l’exemple de Saül et de la sorcière d’Endor (voir 1 Samuel 28:8 à 25.)

Les anciens Égyptiens avaient une conception métaphysique de l’origine de l’univers. Pour eux, l’univers était né de la rencontre de deux principes : le principe matériel (chaos) et le principe spirituel (Dieu). Ils considéraient donc que l’être humain possédait de même une constitution identique : la matière (corps) et l’esprit (conscience). À la mort du corps, l’esprit quitte l’enveloppe charnelle et poursuit son chemin dans l’au-delà dans l’espoir d’y être divinisé. Nous voyons que, comme dans bien d’autres religions et philosophies, l’esprit et l’âme sont confondus et expriment la même chose. Donc, pour les Égyptiens, la mort est une renaissance dans le monde spirituel. Certains documents historiques montrent qu’ils croyaient en la réincarnation – ce qui est expliqué dans les récits d’Hérodote. Néanmoins, des études récentes ont montré que les Égyptiens n’auraient pas fait mention du concept de réincarnation avant le 4e siècle précédant Jésus-Christ, soit après l’introduction d’éléments grecs dans leur philosophie.

Le Livre des morts (ou plus correctement, « La parole pour sortir au jour ») est un papyrus qui relate le parcours de l’esprit du défunt de sa dépouille terrestre à sa divinisation. Selon ce livre, l’esprit quitterait le corps du défunt et ressurgirait dans l’au-delà où il entreprendrait un périple périlleux, puis, avec Anubis, se rendrait au tribunal d’Osiris, où il serait jugé. Pour franchir toutes ces étapes, les Égyptiens mettaient dans le tombeau du défunt momifié le Livre des morts, car se trouvent à l’intérieur plusieurs formules magiques permettant de franchir les obstacles. De nos jours, on ne compte plus le nombre des œuvres de fiction ayant pris ce concept comme trame de fond offrant les aventures les plus fantastiques, fantaisistes et rocambolesques.

Dans le Papyrus d’Ani, un important épisode de la croyance égyptienne est relaté : la Pesée du cœur. Il s’agit d’une forme de procès au cours duquel la conscience passe en examen dans le but de saisir si elle mérite ou non d’accéder au « séjour des éternels ». Nous voyons ici une origine possible du « salut par les œuvres » que nous retrouvons, non seulement dans le credo catholique, mais aussi dans de nombreuses sociétés plus ou moins secrètes. Cela se résume au fait que l’homme veut « gagner son ciel », c’est-à-dire, se mériter lui-même son salut et, inconsciemment ou non, il ne désire pas être tributaire de son Créateur.

Pour en revenir à cette cérémonie égyptienne, le cœur est pesé par Maat, « déesse de la vérité et de l’équilibre cosmique ». Sur un des plateaux de la balance, Maat pose le cœur du défunt et sur l’autre la plume servant à écrire son nom. Thot note le jugement sur son registre. Si le cœur est plus léger que la plume de Maat, c’est-à-dire, si la conscience n’est pas alourdie par le poids des péchés et de la culpabilité, elle sera envoyée dans le Royaume des Purs, le champ d’Ialou. Mais dans le cas contraire, elle sera avalée par la déesse Amut.

Il y a dans ce récit beaucoup de similitudes avec les croyances pseudo-chrétiennes modernes. Le cœur est la conscience ; on assimile celle-ci à l’esprit que l’on confond avec l’âme. On croit communément que, lors de la mort d’un être humain, son âme immortelle passe en jugement – la pesée – de manière particulière et immédiate afin de déterminer si elle va passer l’éternité au « ciel » ou en « enfer ». Les catholiques ont ajouté une autre chambre, une sorte de salle d’attente lugubre, nommée le « purgatoire » où transitent les âmes de ceux qui n’ont pu terminer leur expiation sur terre.

La croyance égyptienne semble donc avoir influencé grandement la pensée grecque et subséquemment la pensée romaine. Par la suite, le catholicisme, ce faux christianisme, a adapté le concept pour aller chercher le maximum de païens à prix modique.

Dans le Georgias, le philosophe grec Platon décrit la mort comme un jugement de l’âme, considérée bien sûr immortelle, jugement au cours duquel on évalue si le mort a mené une vie conforme aux principes du Bien, dont les paramètres sont décidés par les hommes dans chacune de leurs cultures. Si l’âme a vécu dans l’injustice, elle sera châtiée dans l’Hadès. Si elle est saine, elle sera transférée dans le monde intelligible où elle sera divinisée.

Dans le Zoroastrisme, après la mort, les justes comme les méchants voient leurs âmes triées et jugées par Ahura Mazda, leur divinité, à l’entrée du « Passage du Trieur ». Les justes gagneront le Paradis, appelé « la Maison des Chants », « l’Empire de la bonne pensée », ou encore « l’Empire des prospérités ». Quant aux méchants, ils resteront dans un espace de désolation, sorte de purgatoire, avant l’ordalie finale par le feu qui réconciliera toutes les âmes. On notera la frappante ressemblance avec la croyance catholique où Saint Pierre accueille les âmes des nouveaux décédés aux Portes du Paradis et leur indique la direction assignée à chacun selon le bien et le mal qu’il a fait durant sa vie physique.

Dans le judaïsme, pour les Juifs, la vie après la mort est une expression de la relation envers Dieu et la spiritualité qu’ils ont forgée et développée dans ce monde-ci. L’expérience qu’un être fait de la vie future est totalement dépendante de sa préparation préalable. Chaque choix que nous effectuons dans ce monde-ci façonne notre personnalité et génère un rapprochement ou un détachement avec le monde futur. Notre essence ne subirait donc pas de véritable transformation quand nous quittons ce monde. Ce serait exactement le contraire ; notre essence est libre de s’exprimer pleinement dans le monde futur. La douleur du détachement et la conscience accrue de ce que nous aurions pu devenir si nous avions fait des choix de vie plus judicieux représente la vision juive de « l’enfer ».

Les druides étaient une corporation de prêtres, commune au sein des différents peuples celtiques de la Gaule (qui comprenait une partie importante de la Grande-Bretagne et du Benelux). Leur philosophie et leur religion étaient, dit-on, apparentées aux pythagoriciens. Comme les anciens peuples germains et nordiques, ils croyaient à l’immortalité de l’âme et à sa migration après la mort dans un paradis ou un enfer, selon les mérites de chacun.

Dans l’islamisme, l’au-delà est composé d’un paradis et d’un enfer. Les ressuscités sont classifiés en trois catégories : les rapprochés de Dieu, les gens de la Droite et les gens de la Gauche.

Dans le bouddhisme tibétain, la récitation à voix haute du texte sacré nommé Bardo Thödol, traditionnellement faite par le Lama pour une personne mourante ou récemment décédée, permet à cette dernière d’entrer dans ce Bardo. Le Bardo se réfère à un état intermédiaire après la mort, mais précédant la réincarnation. Il pourrait s’apparenter à un type de purgatoire. C’est un état de transformation qui se fait en réalité en esprit et non pas physiquement. Le mort, appelé « Être Bardo », va naître dans ce Bardo comme un être mental dans la forme qu’il prendra dans sa prochaine réincarnation. Il s’agit, en quelque sorte, d’une âme immortelle qui migre d’un corps physique à l’autre, mais dans quel but ?

L’Hadès

Dans la religion grecque antique, ainsi que dans la mythologie grecque, Hadès (en grec antique Háidēs) est une divinité dite chthonienne, fils de Chronos et de Rhéa, frère de Zeus et de Poséidon. Il porte aussi les noms de Pluton (dans la mythologie romaine) le Riche et Aidônéus. Comme Zeus gouverne le ciel et Poséidon la mer, Hadès règne sous la terre et, pour cette raison, il est souvent considéré comme le « Maître des Enfers ». Roi des morts, sa principale mission est d’empêcher ceux-ci de quitter les Enfers, car leur vue remplirait d’horreur les hommes et les dieux. Au fil du temps, le nom d’Hadès est passé dans le langage usuel pour désigner le « séjour des morts » ou encore le « sépulcre ».

Sur cette base mythologique, le philosophe grec Socrate évoque, dans plusieurs dialogues de Platon, le destin de l’âme après la mort, ce qui suppose à l’âme une vie indépendante du corps charnel, et indubitablement éternelle. Une pensée à la frontière entre la philosophie et la religion. L’orphisme (d’Orphée) et le pythagorisme (de Pythagore) partagent un ensemble de croyances dont la pierre angulaire est l’existence d’une âme immortelle soumise au long et terrible processus de transmigration, duquel elle ne peut se libérer que par certaines pratiques purificatrices. La méthode de Socrate s’appuie sur la croyance d’une âme immortelle, à l’instar des rites mystériques (c’est-à-dire, liés au culte à mystères). On peut donc en déduire que le concept de l’immortalité d’une entité spirituelle appelée « âme » provient de la Religion à Mystères de Babylone.

Pour le philosophe, l’idéal moral consiste à avoir un mode de vie centré sur la connaissance de soi-même et le soin de l’âme, au lieu de se concentrer sur les biens matériels. Cela s’apparente à l’ascétisme. Ensuite, la recherche naturelle ne doit pas avoir comme objectif l’étude de la structure matérielle de l’univers, mais la connaissance de l’intelligence divine, dont l’âme humaine est une émanation. Cette vision des choses a dû avoir une forte influence sur la formulation des principes de la kabbale juive où l’on retrouve de semblables idées.

Enfin, pour Socrate, le dialogue est le seul moyen valable de recherche de la connaissance, afin de détecter les fausses croyances qui se nichent en nous et nous empêchent d’atteindre la connaissance de nous-mêmes. Autrement dit, le débat entre êtres humains lui semblait suffisant pour atteindre la vérité, alors que Dieu dit que le cœur de l’homme est malin par-dessus tout (Jérémie 17:9) et que l’esprit de l’homme ne peut comprendre les profondeurs du niveau spirituel (1 Corinthiens 2:11). La sagesse de l’homme est folie pour Dieu. Mais Socrate croyait que, pour avoir la connaissance, le dialogue est la principale forme de purification : la recherche de la vérité par les débats humains de leurs idées, par le raisonnement de l’esprit de l’homme.

« La mort est un bien »

Dans son Apologie de Socrate, Platon évoque les idées de son maître à penser : « Voici d’autres raisons d’espérer fermement que la mort est un bien. De deux choses, l’une : ou bien celui qui est mort est réduit au néant et n’a plus aucune conscience de rien, ou bien, conformément à ce qui se dit, la mort est un changement, une transmigration de l’âme du lieu où nous sommes dans un autre lieu. Si la mort est l’extinction de tout sentiment et ressemble à l’in de ces sommeils où l’on ne voit rien, même en songe, c’est un merveilleux gain que de mourir […] D’un autre côté, si la mort est comme un passage d’ici-bas dans un autre lieu, et s’il est vrai, comme on le dit, que tous les morts y sont réunis, peut-on, juges, imaginer un plus grand bien ? » Ces philosophes n’étaient, en fin de compte, que des spéculateurs qui ne faisaient qu’élaborer sur « ce qu’on dot ». Ces idées sur la mort et l’immortalité de l’âme sont teintées de satanisme et vont à l’encontre des Paroles de Dieu. Les Écritures disent que la mort est un ennemi de l’homme ; ce n’est pas un bien à espérer, mais un mal à éviter. Les Écritures disent aussi que l’âme est mortelle, car c’est le sang et la vie.

Le Shéol

Sheol (en hébreux שאןל), parfois écrit « shéol », est un terme hébraïque intraduisible désignant « la tombe commune de l’humanité », « le tombeau », « le sépulcre », « le puits », sans jamais pouvoir statuer s’il s’agit ou non d’un « au-delà », quoique les traducteurs lui prêtent également le sens de « séjour des morts ». L’on dit que la Bible hébraïque, c’est-à-dire, l’Ancien Testament, le décrit comme une place sans confort où tous, justes comme criminels, rois et esclaves, pieux et impies, se retrouvent après leur mort. Il est indubitable que la tombe nivelle les inégalités, car tous retournent à la poussière, comme l’avait clairement statué Dieu dès le début. Tous demeurent dans le silence en redevenant poussière. Toutefois, il ne s’agit pas là d’un sort définitif et de nombreux textes mentionnent ceux qui en sont sauvés, entre autres Psaume 86:12-13 : « Seigneur mon Dieu, je te célébrerai de tout mon cœur, et je glorifierai ton Nom à toujours. Car ta bonté est grande envers moi, et tu as retiré mon âme d’un sépulcre profond. » C’est une référence nette à la résurrection.

Dans les Écritures, le mot « shéol » possède plus de seize synonymes, ce qui en prouve l’importance : « un monde sous-terrain », « poussière », « séjour de la destruction », « lieu de silence », « ténèbres », « lieu de l’oubli », etc. Dans Deutéronome 32:22, « shéol » est synonyme de « fond des plus bas lieux ». On compare parfois le shéol au « monde sous-terrain sombre et ténébreux de l’Hadès ou du Tartare de la mythologie grecque ». Le shéol est la destination commune des justes et des injustes, des pieux et des impies. Job voit en effet le shéol comme sa destination : « Que ne suis-je mort dès la matrice ; que n’ai-je expiré aussitôt que je suis sorti du ventre de ma mère ! Pourquoi les genoux m’ont-ils reçu ? pourquoi m’a-t-on présenté les mamelles afin que je les suçasse ? Car maintenant je serais couché, je me reposerais, je dormirais ; il y aurait eu dès lors du repos pour moi, avec les Rois et les Gouverneurs de la terre, qui se bâtissent des solitudes ; ou avec les Princes qui ont eu de l’or, et qui ont rempli d’argent leurs maisons. Ou que n’ai-je été comme un avorton caché ; comme les petits enfants qui n’ont point vu la lumière ! Là les méchants ne tourmentent plus personne, et là demeurent en repos ceux qui ont perdu leur force. Pareillement ceux qui avaient été dans les liens, jouissent là du repos, et n’entendent plus la voix de l’exacteur. Le petit et le grand sont là ; et là l’esclave n’est plus sujet à son seigneur » (Job 3:11-19).

D’après ce passage, tous les hommes s’en vont dans le shéol et ils y reposent ensemble, les bons comme les mauvais, les riches comme les pauvres, les libres comme les esclaves. S’agit-il du lieu d’assemblement d’âmes immortelles en attente de résurrection ? Si c’était le cas, cela ne viendrait-il pas contredire le concept du « jugement personnel » par lequel les âmes sont immédiatement jugées pour aller, soit au ciel, soit au purgatoire, soit en enfer ? Dans les nombreuses occurrences comme celle-ci, le shéol n’est rien d’autre que « la tombe », un lieu où la personne morte se repose en retombant en poussière. Son corps disparaît et son esprit retourne à Dieu qui le conserve pour le jour de la résurrection. Y voir un lieu où des âmes se réunissent pour attendre dans le silence n’est qu’une illusion de l’esprit, une préconception qui dirige la mauvaise compréhension du passage. Il s’agit d’un raisonnement circulaire où la chose que l’on veut prouver est préalablement prise pour acquis sans que le passage en soit la preuve.

Dans le livre de l’Ecclésiaste, il est écrit : « Certainement les vivants savent qu’ils mourront, mais les morts ne savent rien, et ne gagnent plus rien ; car leur mémoire est mise en oubli » (Ecclésiaste 9:5). De même : « Tout ce que tu auras moyen de faire, fais-le selon ton pouvoir ; car au sépulcre, où tu vas, il n’y a ni occupation, ni discours, ni science, ni sagesse » (Ecclésiaste 9:10).

Selon la théologie courante dans le christianisme moderne, l’âme immortelle n’est pas censée ne rien savoir, dans le séjour des morts. Elles sont vraisemblablement conscientes et elles ont conservé leur mémoire. Mais Salomon dit que c’est un mensonge. Pour lui, les morts sont dans leur tombe et n’ont plus aucune conscience de leur existence. Leur âme s’est éteinte.

Éploré par la mort supposée de Joseph, Jacob s’écria : « Certainement je descendrai en menant deuil au sépulcre [au shéol] vers mon fils » (Genèse 37-35). Le shéol peut être personnifié dans le langage poétique et imagé que Dieu inspirait aux prophètes. « La sangsue a deux filles, qui disent : Apporte, apporte. Il y a trois choses qui ne se rassasient point ; il y en a même quatre qui ne disent point : C’est assez : le sépulcre [shéol], la matrice stérile, la terre qui n’est point rassasiée d’eau, et le feu qui ne dit point : C’est assez » (Proverbes 30:15-16). « Le sépulcre [shéol] s’est élargi et a ouvert sa gueule sans mesure » (Ésaïe 5:14). Nous pouvons facilement constater qu’il s’agit d’allégories pour illustrer que la mort frappe tout le monde, que chaque être humain finit par se retrouver sous terre.

Enfin, le livre des Psaumes évoque deux faits assez exceptionnels. Dans Psaume 18:5-6, la voix de David parvient jusqu’à Dieu au moment où il est gravement menacé de mort : « Les cordeaux du sépulcre [sheol] m’avaient ceint, les filets de la mort m’avaient surpris. Quand j’ai été en adversité, j’ai crié à l’Eternel, j’ai, dis-je, crié à mon Dieu ; il a ouï ma voix de son palais ; le cri que j’ai jeté devant lui, est parvenu à ses oreilles. » Et dans Psaume 86:13 : « Car ta bonté est grande envers moi, et tu as retiré mon âme d’un sépulcre profond. » Sépulcre traduit sheol.

Le concept hébraïque de l’au-delà peut trouver son origine dans la culture sumérienne, notamment dans la description de « l’En-bas » dans le mythe de la « Descente d’Inanna aux Enfers » et dans « l’Épopée de Gilgamesh ». Ce concept ne s’est pas développé par l’étude de la Bible, mais au travers d’emprunts aux religions païennes environnantes. Il est des plus vraisemblables que le séjour initial des douze tribus d’Israël en Égypte, puis la captivité de Juda à Babylone aient imprimé à la théologie judaïque la vision païenne du « séjour des morts » en l’ajoutant aux significations du mot sheol. Il en va de même en ce qui a trait à « l’immortalité intrinsèque de l’âme ». Et depuis lors, on donne au mot sheol deux significations conflictuelles pour accommoder une fausse doctrine : l’âme, immortelle et potentiellement autonome du corps, survivant à la mort de celui-ci et allant habiter dans un lieu sous-terrain en attendant sa montée au ciel ou sa descente en « enfer ». Car, après la mort physique d’un être humain, il fallait bien imaginer un endroit pour entreposer l’âme jusqu’à la résurrection. C’est ainsi qu’on peut lire, par exemple dans Wikipédia :

« Distinction entre le shéol et une tombe dans la Bible hébraïque. Nonobstant l’usage métaphorique (Jonas 2:2 : “Et Jonas fit sa prière à l’Éternel, dans le ventre [sheol] du poisson”) et le rendu habituel de sheol par “la tombe”, le shéol est clairement différencié d’une simple tombe en hébreu. Le terme “qever” ou “q’vourah” est universellement utilisé pour désigner “une tombe”, tandis que “sheol” est “la tombe” ou “le lieu [commun] des morts”.

« “Sheol” n’est jamais utilisé pour décrire une tombe en particulier (ex. “le tombeau de Rachel” se dit “qever Ra’hel”et non “sheol Ra’hel”). Dans le Tanakh, sheol est toujours “très profonde” (Job 11:18 : “Ce sont les hauteurs des cieux, qu’y feras-tu ? C’est une chose plus profonde que les abîmes [sheol] qu’y connaîtras-tu ?” Amos 9:2 : “Quand ils auraient creusé jusqu’aux lieux les plus bas de la terre [sheol], ma main les enlèvera de là…”), un lieu de rassemblement pour les morts (Ésaïe 5:14 :“C’est pourquoi le sépulcre [sheol] s’est élargi, et a ouvert sa gueule sans mesure ; et sa magnificence y descendra, et sa multitude, et sa pompe, et ceux qui s’y réjouissent”. Genèse 37:35 :“Certainement, je descendrai en menant deuil au sépulcre [sheol] vers mon fils.” Ézéchiel 31:17 : “Eux aussi sont descendus avec lui au sépulcre [sheol] vers ceux qui ont été tués par l’épée”.), “s’agrandit” même pour “accueillir de nouveaux arrivants” (Ésaïe 5:14) ; on y pénètre occasionnellement avec son corps, voire encore “vivant” (Nombres 16:30-33 : “Mais si l’Eternel crée un cas tout nouveau, et que la terre ouvre sa bouche, et les engloutisse avec tout ce qui leur appartient, et qu’ils descendent tout vifs dans le gouffre [sheol] ; alors vous saurez que ces hommes-là ont irrité par mépris l’Eternel. Et il arriva qu’aussitôt qu’il eut achevé de dire toutes ces paroles, la terre qui était sous eux, se fendit. Et la terre ouvrit sa bouche, et les engloutit, avec leurs tentes, et tous les hommes qui étaient à Coré, et tout leur bien. Ils descendirent donc tout vifs dans le gouffre [sheol], eux, et tous ceux qui étaient à eux ; et la terre les couvrit, et ils périrent au milieu de l’assemblée.”

Nous voyons dans ce dernier exemple donné par l’auteur de cet article de Wikipédia la manière déraisonnable et grossièrement infantile par laquelle on s’appuie sur ce passage pour conclure qu’il peut être possible à un homme d’entrer vivant dans un « séjour des morts » pour y côtoyer des âmes immortelles errantes et fictives. Le passage dit clairement et tout simplement que Coré et ses hommes ont vu une énorme fissure s’ouvrir sous eux et qu’ils y sont tombés toujours vivants ; puis le gouffre s’est refermé et ces hommes périrent écrasés entre les parois du gouffre. Comme c’était le but de Dieu, ils moururent immédiatement.

Dans Wikipédia, on cite également un autre verset en lui donnant la même tendance :

« Que la mort, comme un exacteur, se jette sur eux ! qu’ils descendent tous vifs en la fosse [sheol] ! Car il n’y a que des maux parmi eux dans leur assemblée. Mais moi, je crierai à Dieu, et l’Éternel me délivrera » (Psaume 55:16).

Peut-on sérieusement se fonder sur un passage comme celui-ci pour étayer l’idée que les morts entrent avec leur corps dans un « séjour des morts » ? David ne criait pas à Dieu du fond du sépulcre et encore moins d’un séjour des morts. Où sont-ils allés chercher cela ? Imaginez si tel était le cas, comment l’aurait-il ensuite écrit dans les Psaumes, étant soi-disant mort ? Non, David demandait tout simplement à Dieu de le délivrer des hommes méchants qui lui voulaient du mal, et il demandait que ces hommes périssent comme Coré et sa troupe.

« Il s’agit pour certains d’un lieu de repos (Job 14:15). »

« Oh ! que tu me caches dans une fosse sous la terre, après lequel tu te souvinsses de moi » dit Job 14:15. Encore ici, on tient pour acquis que Job parle du séjour des morts et l’on y voit Job parlant de son âme immortelle reposant en un lieu de rassemblement d’âmes jusqu’au moment de la montée au ciel et de la résurrection.  Or, non seulement le verset ne dit pas cela, mais il ne le sous-entend même pas. Job parle simplement de mourir et d’être enseveli sous terre, devenant entièrement poussière, sans âme, sans esprit, en attendant que Dieu Se souvienne de lui à la résurrection.

« Pour d’autres, un endroit de souffrances, voire une “fournaise” (Deutéronome 32:22). »

« Car le feu s’est allumé en ma colère, et a brûlé jusqu’au fond des plus bas lieux, et a dévoré la terre et son fruit, et a embrasé les fondements des montagnes » (Deutéronome 32:22). Cette interprétation par une fournaise de souffrances est tirée par les cheveux, car le verset ne réfère aucunement à un séjour des morts rempli d’âmes immortelles. Cependant, si nous nous reportons à 2 Pierre 3:10-13, nous pouvons l’assimiler à une prophétie traitant du renouvellement de la terre : « Or le jour du Seigneur viendra comme le larron dans la nuit, et en ce jour-là les cieux passeront avec un bruit sifflant de tempête, et les éléments seront dissous par l’ardeur du feu, et la terre, et toutes les œuvres qui sont en elle, brûleront entièrement. Puis donc que toutes ces choses se doivent dissoudre, quels vous faut-il être en saintes conversations, et en œuvres de piété ? En attendant, et en hâtant par vos désirs la venue du jour de Dieu, par lequel les cieux étant enflammés seront dissous, et les éléments se fondront par l’ardeur du feu. Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux, et une nouvelle terre, où la justice habite. » Nous voyons l’accomplissement de cette promesse dans Apocalypse 21:1 : « Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. » Lorsque la terre sera brûlée, les éléments de l’eau auront été séparés et l’hydrogène alimentera un feu de géhenne d’une intensité incommensurable. Cela aura lieu à la troisième résurrection, celle des incorrigibles rebelles et ceux-ci seront jetés dans ce feu. Mais vous remarquerez que cela ne durera pas longtemps, car la « première terre aura disparu », remplacée par une terre toute nouvelle. Il va sans dire que les méchants auront également disparu, ayant expié leurs péchés dans ce feu.

Wikipédia cite ensuite le Psaume 115:3 qui se lit comme suit : « Les cordeaux de la mort m’avaient environné, et les détresses du sépulcre [sheol] m’avaient rencontré ; j’avais rencontré la détresse et l’ennui. » David ne pouvait pas faire allusion au « séjour des morts », sinon il n’aurait pu avoir écrit ce passage alors qu’il était toujours vivant sur terre. Il exprimait simplement ses sentiments face à la mort qui le menaçait.

« Les allusions métaphoriques au shéol pour désigner le “séjour des morts”, finalité ultime de la vie, apparaissant dans Ecclésiaste et certains Psaumes non rédigés par le roi David, ne modifient pas le concept d’un lieu de rassemblement pour les défunts en attente d’un jugement. »

Vraiment ? Même si ces versets contredisent ce concept, l’on peut s’y accrocher et faire croire que « sheol » peut vouloir dire deux choses opposées ? N’est-ce pas un non-sens ?

Distinction entre le shéol et « l’enfer », selon la vision humaine

D’après l’interprétation que le monde en général donne du feu éternel, « l’enfer » n’est pas un concept hébreu, mais il est issu de la mythologie grecque. Le shéol n’est pas « l’enfer » interprété comme la géhenne ou le feu éternel. Ce concept ne se trouve pas dans les Écritures, mais il foisonne dans les religions du monde, qu’elles soient païennes ou pseudo-chrétiennes ; et le tout remonte à l’ancienne Babylone des Chaldéens.

Les Hébreux utilisèrent le mot « enfer » pour rendre la notion de Guéhinnom (littéralement, la « Vallée de Hinnom », « Jahannam » en arabe, et « géhenne » en français) qui, loin d’être un lieu sous-terrain de perdition inaccessible et inconnu des vivants, était la Vallée de Hinnom ou de Ben Hinnom (Gue Hinnom) située à Jérusalem : « Puis cette frontière montera par la vallée du fils de Hinnom, jusqu’au côté de Jébusi vers le Midi, qui est Jérusalem ; puis cette frontière montera jusqu’au sommet de la montagne, qui est vis-à-vis de la vallée de Hinnom, vers l’Occident, et qui est au bout de la vallée des Réphaïms, vers le Septentrion » (Josué 15:8).

« Et cette frontière devait descendre au bout de la montagne qui est vis-à-vis de la vallée du fils de Hinnom, et laquelle est dans la vallée des Réphaïms, vers le Septentrion ; et descendre par la vallée de Hinnom jusqu’au côté de Jébusi vers le Midi, puis descendre à Henroguel » (Josué 18:16).

« Il profana aussi Topheth, qui était dans la vallée du fils de Hinnom, afin qu’il ne servît plus à personne pour y faire passer son fils ou sa fille par le feu, à Molec » (2 Rois 23:10).

« Et ils ont bâti les hauts lieux de Topheth, qui est dans la vallée du fils de Hinnom, pour brûler leurs fils et leurs filles au feu, ce que je n’ai pas commandé, et à quoi je n’ai jamais pensé » (Jérémie 7:31).

« A Zanoah, à Hadullam, et dans leurs bourgades ; à Lakis, et dans ses territoires ; et à Hazeka, et dans les lieux de son ressort. Et ils habitèrent depuis Béer-Sébah jusqu’à la vallée de Hinnom » (Néhémie 11:30).

Ce lieu servait aux enfants rebelles d’Israël qui y effectuaient un culte au dieu cananéen Moloch et dans lequel les aînés étaient passés par le feu. C’est par ce biais qu’il deviendra par la suite un endroit de condamnation : « [Josias] profana aussi Topheth, qui était dans la vallée du fils de Hinnom, afin qu’il ne servit plus à personne pour y faire passer son fils ou sa fille par le feu, à Moloch » (2 Rois 23:10).

Le bibliste William Foxwell Albright fait remarquer que SHE’OL semble partager la racine de SHA’AL qui signifie normalement « demander, interroger, questionner », et donc, partant de cette hypothèse, sheol pourrait, en ce cas, avoir une signification similaire. On pourrait ainsi le rapporter à une sorte de purgatoire. Nous voyons ainsi un exemple flagrant de contorsion intellectuelle basée sur des éléments extra bibliques afin de diriger le sens des mots pour les accorder à une doctrine qui, comme nous l’avons constaté, est d’origine païenne et ne possède aucune assise scripturaire. John Tvedtnes, un autre bibliste (mormon), prolonge l’hypothèse en liant ceci au thème commun aux expériences de mort imminente : l’âme s’interrogeant après avoir traversé le « tunnel ». Cela ne saurait surprendre en sachant que le mormonisme – comme les Témoins de Jéhovah – a été fondé par un membre illuminatus de la franc-maçonnerie, laquelle a repris un grand nombre d’éléments de la kabbale et de la religion à mystères.

Selon le « christianisme moderne » – par opposition à l’Église primitive fondée par le Christ – on trouve, dans le Symbole des Apôtres (écrit catholique) que c’est du shéol, et non de « l’enfer », dont il est fait mention. Quand il est dit que « Jésus descendit aux enfers », ce n’est pas pour visiter les damnés, mais « pour aller chercher tous les morts » des époques précédentes et les amener au jugement. À cet effet, on cite Matthieu 27:52 qui dit que « les sépulcres s’ouvrirent » en ignorant l’incohérence dans laquelle se met celui qui y croit. Selon cette théorie, Christ ne serait pas vraiment mort sur la croix, car Son âme – que nous savons par ailleurs être Son sang – se serait échappée pour se rendre autre part (dans ce cas-ci, au « séjour des morts »), ce qui entraîne l’inévitable conséquence : Christ n’aurait pas effacé nos péchés, car Son sacrifice n’aurait pas été complet.

Or, il fallait qu’Il mette Son âme à mort, tel que dit l’Écriture : « C’est pourquoi je lui donnerai son partage parmi les grands, et il partagera le butin avec les puissants, parce qu’il aura épandu son âme à la mort, qu’il aura été mis au rang des transgresseurs, et que lui-même aura porté les péchés de plusieurs, et aura intercédé pour les transgresseurs » (Ésaïe 53:12).

Ce que dit Matthieu 27:52, c’est qu’à la mort de Christ, plusieurs saints, c’est-à-dire, des croyants, assurément d’anciens habitants de Jérusalem, furent ressuscités. Mais dans quel état ? À la vie éternelle ou à la vie normale qu’ils avaient avant de mourir ? S’ils étaient ressuscités à la vie éternelle, c’aurait constitué la Première Résurrection des Saints, celle que Christ dit qu’elle ne doit survenir qu’au dernier jour, lors de Son Retour. S’ils étaient ressuscités à la vie éternelle, où seraient-ils depuis 2 000 ans ? Où auraient-ils passé tout ce temps ? Notez qu’après leur mention dans ce passage, on n’en parle plus dans les Écritures. En outre, s’ils étaient ressuscités à la vie éternelle, c’aurait été AVANT la résurrection de Christ ; or, il est dit que Christ est le PREMIER-NÉ !

« … et de la part de Jésus-Christ, qui est le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, et le Prince des rois de la terre [les Élus ressuscités] » (Apocalypse 1:5).

« Et encore, quand il introduit dans le monde Son Fils premier-né, il est dit : Que tous les anges l’adorent » (Hébreux 1:6).

« Car comme tous meurent en Adam, de même aussi tous seront vivifiés en Christ. Mais chacun en son rang, les prémices, c’est Christ ; puis ceux qui sont de Christ seront vivifiés en son avénement » (1 Corinthiens 15:22-23).

« Et c’est lui qui est le Chef du Corps de l’Eglise, et qui est le commencement et le premier-né d’entre les morts, afin qu’il tienne le premier rang en toutes choses » (Colossiens 1:18).

Christ est le premier-né de Dieu. Mais par rapport à qui ? S’Il est le premier-né de ceux qui naissent, quelle est cette naissance ? Qui sont ceux qui naissent après Christ ? Ce sont les Élus, l’Église des prédestinés au salut qui naîtront à la vie éternelle lors de la Première Résurrection, au retour de Christ. Il s’agira réellement d’une naissance :

« Qui entendit jamais une telle chose, et qui en a jamais vu de semblables ? Ferait-on qu’un pays fût enfanté en un jour ? ou une nation naîtrait-elle tout d’un coup, que Sion [l’Église de Christ] ait enfanté ses fils aussitôt qu’elle a été en travail d’enfant ? Moi qui fais enfanter les autres, ne ferais-je point enfanter Sion ? a dit l’Eternel ; Moi qui donne de la postérité aux autres, l’empêcherais-je d’enfanter ? a dit ton Dieu » (Ésaïe 66:8-9). Les chrétiens qui croient être déjà « nés de nouveau » auront sans doute à réviser leur conception de la nouvelle naissance.

Donc, les saints qui furent ressuscités lors de la mort en croix de notre Seigneur Jésus-Christ ne pouvaient pas être « nés de nouveau » et avoir la vie éternelle, car ils auraient précédé le Premier-né, Jésus-Christ. Il n’est pas non plus écrit qu’ils soient « montés au ciel », mais qu’ils sont entrés dans Jérusalem pour se montrer aux siens, bien terrestres.

Il est évident que Christ est le premier-né à la vie éternelle (et pour l’instant le seul), car Adam fut le premier-né à la vie physique temporelle. Personne ne peut avoir la vie éternelle avant Jésus-Christ et donc, les saints de l’Ancien Testament ne peuvent avoir une « âme immortelle » et être montés au ciel ou avoir erré dans un quelconque « séjour des morts » parce qu’ils ne sont pas encore nés à la vie éternelle, laquelle est la vraie naissance dont Christ est le premier à avoir bénéficié.

« Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né entre plusieurs frères » (Romains 8:28).

Par Sa résurrection, Christ a ouvert la voie vers la vie éternelle. Cependant, ce n’est que lors de Son retour sur terre, dans la gloire et en toute puissance, que Ses frères et Ses sœurs naîtront de nouveau à la vie éternelle.

Revenons maintenant à l’étude du mot sheol. Selon les professeurs Stephen L. Harris (de l’école méthodiste) et James Tabor (de l’école évangéliste), le shéol est un lieu de… « rien », et dont les racines plongent dans la Bible hébraïque (Ancien Testament).

Le professeur Tabor, titulaire de la chaire du Département d’Études Religieuses de l’Université de la Caroline du Nord, écrit dans son livre What the Bible Says About Death, Afterlife and the Future (Ce que dit la Bible au sujet de la mort, de l’après-vie et de l’avenir) :

« Les anciens Hébreux n’imaginaient nullement l’idée d’une âme immortelle, vivant une pleine vie après la mort, pas plus qu’une résurrection et une ressuscitation quelconque. Les hommes comme les bêtes provenaient de la poussière et retournaient à la poussière (Genèse 2:7 ; 3:17). Le mot nephesh, traditionnellement traduit “âme vivante”, mais plutôt compris comme “être vivant”, est le même mot utilisé pour toutes les créatures et n’implique aucune idée d’immortalité … Tous les morts s’en vont dans le shéol et ils reposent ensemble, bons ou mauvais, riches ou pauvres, libres ou esclaves (Job 3:11-19). On le décrit comme “une région sombre et profonde”, “la fosse”, “le pays de l’oubli”, coupé de Dieu et de toute vie humaine plus haut (Psaume 6:5 ; 88:3-12). Bien que dans certains textes, le pouvoir de YHVH atteigne le shéol (Psaume 139:8), l’idée dominante est que les morts restent abandonnés à jamais. Ce concept du shéol peut paraître négatif, en contraste avec la vie qui se passe “là-haut”, chez les vivants, mais il n’y a pas non plus de notion de jugement, ni de rétribution. Lorsqu’on mène une vie d’extrême souffrances et de misère, comme ce fut le cas de Job, le shéol peut même paraître comme un soulagement bienvenu à la douleur – voir Job chapitre 3. Néanmoins, il s’agit à la base d’une sorte de “néant”, une existence qui est à peine existence dans laquelle survit une “ombre” ou une “nuance” de l’ancien soi (Psaume 88:10). » [emphase ajoutée]

Le professeur Harris fait part de remarques similaires dans son étude intitulée Understanding the Bible (Comprendre la Bible) :

« Le concept de châtiment éternel n’apparaît pas dans la Bible hébraïque [Ancien Testament] qui utilise le terme “shéol” pour désigner une région sous-terraine où les morts, bons comme mauvais, ne subsistent qu’en tant qu’ombres impuissantes. Lorsque les scribes juifs hellénisés traduisirent la Bible en grec [les Septante], ils utilisèrent le mot hades pour rendre sheol, créant une association mythologique totalement neuve à l’idée d’existence posthume. Dans les anciens mythes grecs, l’Hadès, nommé d’après la déité glauque qui régnait sur elle, était originalement similaire au shéol, un monde sous-terrain sombre où tous les morts, sans distinction de mérites individuels, étaient logés sans la moindre discrimination. » [emphase ajoutée]

Le shéol dans les conceptions les plus anciennes

Le shéol n’a ni divinité, ni démon ; il n’exige aucun rituel d’entrée, la cérémonie funéraire post-mortem ne servant, en fin de compte, qu’aux vivants. Ce lieu obscur et sous-terrain est situé au plus profond de l’abîme. Job 38:16-17 dit : « Es-tu venu jusqu’aux gouffres de la mer, et t’es-tu promené au fond des abîmes ? Les portes de la mort se sont-elles découvertes à toi ? as-tu vu les portes de l’ombre de la mort ? »

Sur cet abîme flotte la terre des vivants. Un chemin mène à cette caverne ténébreuse : « Avant que j’aille au lieu d’où je ne reviendrai plus ; en la terre de ténèbres, et de l’ombre de la mort » (Job 10:21). « Certes je n’ai plus à attendre que le sépulcre, qui va être ma maison ; j’ai dressé mon lit dans les ténèbres » (Job 17:13). « Et les chantres, de même que les joueurs de flûtes, et toutes mes sources seront en toi » (Psaume 87:7). Bien sûr, la « caverne ténébreuse » n’est qu’une métaphore empruntée au langage poétique des psalmistes et de Job. Il ne s’agit pas d’une caverne littérale, mais du sépulcre, du tombeau. Lieu commun de tous les cadavres humains retournés à la terre, transformés en poussière. L’utilisation d’une poésie symbolique par les prophètes de l’Ancien Testament semble avoir dérouté un grand nombre de lecteurs des Écritures, tout érudits soient-ils, et qui ont subi l’influence des concepts païens dont ils n’arrivent pas à se débarrasser complètement, d’où leur confusion et leur manque de discernement. De plus, si leurs études sont établies à partir des manuscrits corrompus qui sont la source de trop nombreuses versions bibliques, le problème s’amplifie.

Toujours est-il que, par lui-même, l’homme ne peut revenir du shéol : « Comme la nuée se dissipe et s’en va, ainsi celui qui descend au sépulcre ne remontera plus » (Job 7:9). « Avant que j’aille au lieu d’où je ne reviendrai plus ; en la terre de ténèbres, et de l’ombre de la mort » (Job 10:21). « Ainsi l’homme est couché par terre, et ne se relève point ; jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de cieux ils ne se réveilleront point, et ne seront point réveillés de leur sommeil » (Job 14:12).

Certains affirment que l’âme de Samuel est revenue du séjour des morts pour apparaître au roi Saül sous l’invocation de la sorcière d’Endor (1 Samuel 28). Or, ce n’est pas l’âme de Samuel qui se manifesta, mais un démon. Si Dieu exige que l’on n’invoque pas les morts, peut-on imaginer que Samuel, homme de Dieu, se serait permis de transgresser Sa loi ? Toutes les invocations des médiums sont des portes ouvertes aux esprits malins pour tromper et perturber les vivants.

Donc, tous les êtres humains finissent au shéol et retournent à la poussière, bons ou mauvais, même Énoch et Élie que les « érudits » disent avoir été enlevés au ciel sans passer par la mort (ce que les Écritures ne disent pas). Il n’y a pas de rétribution ou de jugement post-mortem, comme l’affirme pourtant l’Église catholique et plusieurs autres églises dites chrétiennes, sans apporter de base scripturaire solide. Après la mort, rien ne se passe jusqu’au moment de la résurrection. Le mort n’a plus ni âme, ni souffle de vie. « Si l’Eternel ne m’eût été en secours, mon âme eût été dans peu logée dans le lieu du silence » (Psaume 94:17). En termes clairs, David dit que, si Dieu ne l’avait pas secouru du danger, il serait mort et enterré.

D’après la croyance populaire, les âmes des morts précédant le sacrifice de Christ et Sa mise au tombeau ont séjourné dans un endroit où elles erraient comme des zombies, sans force, sans souvenir, sans information, sans joie ni peine, en se fondant sur une interprétation biaisée d’Ecclésiaste 9:10 où il est écrit : « Tout ce que tu auras moyen de faire, fais-le selon ton pouvoir ; car au sépulcre, où tu vas, il n’y a ni occupation, ni discours, ni science, ni sagesse. » Nous lisons plus loin : « Quand aussi l’on craindra ce qui est haut, et qu’on tremblera en allant ; quand l’amandier fleurira, et quand les cigales se rendront pesantes ; et que l’appétit s’en ira, (car l’homme s’en va dans la maison où il demeurera à toujours [la tombe],) et quand on fera le tour par les rues, en menant deuil [cortège funèbre]. Avant que le câble d’argent se déchaîne [perte de la vie], que le vase d’or se débonde, que la cruche se brise sur la fontaine ; que la roue se rompe sur la citerne ; et avant que la poudre retourne en la terre, comme elle y avait été, et que l’esprit retourne à Dieu, qui l’a donné » (Ecclésiaste 12:5-7).

Ce qui sort du corps humain lorsqu’il meurt, c’est l’esprit de l’homme, pas l’âme. Et cet esprit ne va pas errer dans un lieu sous-terrain, mais il retourne à Dieu qui le conserve jusqu’à la résurrection quand Il suscitera à nouveau un corps à chacun dans lequel Il remettra cet esprit.

Pourquoi Dieu aurait-Il fait des hommes aux âmes immortelles pour les réduire ensuite à l’état de zombies presqu’inconscients après la mort du corps et dont certains seraient dans ce séjour ténébreux depuis plusieurs millénaires ? Pourquoi Dieu aurait-Il exigé cela d’Abraham, Isaac et Jacob, ainsi que tous les autres saints de l’Ancien Testament ? La Bible nous produit-elle une réponse sensée à cela ? Évidemment non.

Pensez-y sérieusement. Si les âmes étaient immortelles et que leur sort était de passer un long laps de temps dans une caverne sous-terraine sombre, pourquoi Dieu y ferait-il passer les saints depuis Abel ? Les saints de Dieu ne sont-ils pas destinés au salut dès le moment de leur mort, terme de leur persévérance ? Qu’auraient-ils à retirer de passer des milliers d’années dans une antichambre lugubre ?

Le concept de « séjour des morts » semble avoir été adopté dans les églises sans réfléchir, comme la création d’un film d’horreur de série B.

Le shéol selon Ésaïe et Ézéchiel

Selon la vision populaire, l’on dit que le shéol réserve un sort pénible à ceux qui ont fait le mal. On donne l’exemple du roi de Babel en citant Ésaïe 14:11 : « On a fait descendre ta hauteur au sépulcre, avec le bruit de tes musettes ; tu es couché sur une couche de vers, et la vermine est ce qui te couvre. » La version Louis Segond confirme cette interprétation confuse en traduisant ainsi : « Ta magnificence est descendue dans le séjour des morts, avec le son de tes luths ; sous toi est une couche de vers, et les vers sont ta couverture. » L’on peut constater ici que le mot sheol est traduit par la signification ajoutée que les hommes lui ont donnée par la suite sous l’influence du paganisme. Or, le shéol est le sépulcre, pas le séjour des morts.

Ésaïe s’adressait directement au lecteur de son livre en parlant du roi de Babel décédé et mis en tombe. Cela ne veut pas dire que ce dernier en avait conscience. Ésaïe décrivit simplement ce que la mort produisit chez le roi de Babel : son corps est étendu dans sa tombe où débute le processus de décomposition. Il ne s’agit pas de son « âme immortelle » reposant au séjour des morts, âme qui n’aurait pu être altérée par les vers et la vermine, si l’on veut être conséquent.

On donne ensuite le passage d’Ézéchiel 32:17 à 32 pour expliquer ce que le shéol réserve comme sort aux païens qui ont terrorisé les vivants. Mais il faut se référer à une version biblique corrompue, comme celle de Jérusalem (catholique), pour donner un semblant de vraisemblance au faux concept d’un shéol/séjour des morts, car voici ce que dit la version fidèle de David Martin (comme la version de la King James Autorisée) :

« Il arriva aussi en la douzième année, le quinzième jour du mois, que la parole de l’Eternel me fut adressée, en disant : Fils d’homme, dresse une lamentation sur la multitude d’Egypte, et fais-la descendre, elle et les filles des nations magnifiques, aux plus bas lieux de la terre, avec ceux qui descendent en la fosse. Par dessus qui m’aurais-tu été agréable ? descends, et sois gisante avec les incirconcis. Ils tomberont au milieu de ceux qui auront été tués par l’épée ; l’épée a déjà été donnée ; traînez-la avec toute la multitude de son peuple. Les plus forts d’entre les puissants lui parleront du milieu du sépulcre, avec ceux qui lui donnaient du secours, et diront : ils sont descendus, ils sont gisants, les incirconcis tués par l’épée. Là est l’Assyrien, et toute son assemblée ; ses sépulcres sont autour de lui, eux tous, mis à mort, sont tombés par l’épée. Car ses sépulcres ont été posés au fond de la fosse, et son assemblée autour de sa sépulture ; eux tous qui avaient répandu leur terreur sur la terre des vivants, sont tombés morts par l’épée. Là est Hélam, et toute sa multitude autour de son sépulcre ; eux tous sont tombés morts par l’épée, ils sont descendus incirconcis dans les plus bas lieux de la terre, et après avoir répandu leur terreur sur la terre des vivants, ils ont porté leur ignominie avec ceux qui descendent dans la fosse. On a mis sa couche parmi ceux qui ont été tués, avec toute sa multitude ; ses sépulcres sont autour de lui ; eux tous incirconcis tués par l’épée, quoiqu’ils aient répandu leur terreur sur la terre des vivants, toutefois ils ont porté leur ignominie avec ceux qui descendent en la fosse ; il a été mis parmi ceux qui ont été tués. Là est Mesec, Tubal, et toute la multitude de leurs gens ; leurs sépulcres sont autour d’eux ; eux tous incirconcis, tués par l’épée, quoiqu’ils aient répandu leur terreur sur la terre des vivants. Ils n’ont pourtant point été gisants avec les hommes vaillants qui sont tombés d’entre les incirconcis, lesquels sont descendus au sépulcre avec leurs instruments de guerre, dont on a mis les épées sous leurs têtes, et dont les iniquités ont reposé sur leurs os ; parce que la terreur des hommes forts est en la terre des vivants. Toi aussi tu seras froissé au milieu des incirconcis, et tu seras gisant avec ceux qui ont été tués par l’épée. Là est Edom, ses Rois, et tous ses Princes, qui ont été mis avec leur force parmi ceux qui ont été tués par l’épée ; ils seront gisants avec les incirconcis, et avec ceux qui sont descendus dans la fosse. Là sont tous les Princes de l’Aquilon, et tous les Sidoniens, qui sont descendus avec ceux qui ont été tués, à cause de leur terreur, étant honteux de leur force ; et ils sont gisants incirconcis avec ceux qui ont été tués par l’épée, et ils ont porté leur ignominie avec ceux qui sont descendus dans la fosse. Pharaon les verra, et il sera consolé de toute la multitude de son peuple ; Pharaon, dit le Seigneur l’Eternel a vu les blessés par l’épée et toute son armée. Car j’ai mis ma terreur en la terre des vivants, c’est pourquoi Pharaon avec toute la multitude de son peuple sera gisant au milieu des incirconcis, avec ceux qui ont été tués par l’épée, dit le Seigneur l’Eternel. »

Ce passage détaille le sort des nations belliqueuses qui ont semé la terreur autour d’elles par la guerre. Elles sont enterrées avec leurs soldats, de façon ignominieuse, par contraste avec les hommes vaillants qui sont honorés. Une lecture le moindrement attentive montre qu’il n’est pas mentionné d’âmes immortelles errant dans des cavernes sous-terraines. Toutefois, dans d’autres versions bibliques, comme celle de Jérusalem, au lieu de parler des « lieux les plus bas de la terre », on traduit par « pays sous-terrain » afin de s’accorder avec le concept de « séjour des morts » tiré du paganisme. Les rois et les princes mentionnés dans le passage ne sont pas conscients, ils sont morts avec leur peuple et enterrés au milieu de celui-ci dans la fosse. Si Ézéchiel s’adresse à eux, c’est parce qu’il s’agit d’une prophétie à leur intention. Cependant, ils n’en tiennent pas compte, car ils sont incirconcis de cœur, comme la grande majorité des habitants de la terre d’aujourd’hui.

Plus loin, le prophète Ézéchiel a une vision de la résurrection des morts. Tentez de voir où il est écrit que l’âme remonte d’un « séjour des morts » et réintègre un corps neuf :

« La main de l’Eternel fut sur moi, et l’Eternel me fit sortir en esprit [il s’agit donc d’une vision], et me posa au milieu d’une campagne qui était pleine d’os. Et il me fit passer auprès d’eux tout à l’environ, et voici, ils étaient en fort grand nombre sur le dessus de cette campagne, et étaient fort secs. Puis il me dit : fils d’homme, ces os pourraient-ils bien revivre ? Et je répondis : Seigneur Eternel, tu le sais. Alors il me dit : prophétise sur ces os, et leur dis : os secs, écoutez la parole de l’Eternel. Puis la parole de l’Eternel me fut adressée, en disant : Et je mettrai des nerfs sur vous, et je ferai croître de la chair sur vous, et j’étendrai la peau sur vous ; puis je remettrai l’esprit en vous, et vous revivrez ; et vous saurez que je suis l’Eternel. Alors je prophétisai selon qu’il m’avait été commandé, et sitôt que j’eus prophétisé il se fit un son, et voici, il se fit un mouvement, et ces os s’approchèrent l’un de l’autre. Puis je regardai, et voici, il vint des nerfs sur eux, et il y crût de la chair, et la peau y fut étendue par-dessus ; mais l’esprit n’y était point. Alors il me dit : prophétise à l’esprit, prophétise, fils d’homme, et dis à l’esprit : ainsi a dit le Seigneur l’Eternel : esprit, viens des quatre vents, et souffle sur ces morts, et qu’ils revivent. Je prophétisai donc comme il m’avait commandé, et l’esprit entra en eux, et ils revécurent, et se tinrent sur leurs pieds ; et ce fut une armée extrêmement grande. Alors il me dit : fils d’homme, ces os sont toute la maison d’Israël [l’Église ressuscitée] ; voici, ils disent : nos os sont devenus secs, et notre attente est perdue, c’en est fait de nous. C’est pourquoi prophétise, et leur dis : ainsi a dit le Seigneur l’Eternel : mon peuple, voici, je m’en vais ouvrir vos sépulcres, et je vous tirerai hors de vos sépulcres, et vous ferai rentrer en la terre d’Israël [le Royaume de Dieu sur terre, lors de la venue de Christ]. Et vous, mon peuple, vous saurez que je suis l’Eternel quand j’aurai ouvert vos sépulcres, et que je vous aurai tirés hors de vos sépulcres. Et je mettrai mon esprit en vous, et vous revivrez, et je vous placerai sur votre terre [pas au ciel] ; et vous saurez que moi l’Eternel j’aurai parlé, et que je l’aurai fait, dit l’Eternel » (Ézéchiel 37:1-14). (Le reste du chapitre montre qu’il s’agit bien de l’Église, composée de Juifs et de Gentils et dont le mur de séparation a été enlevé par Christ.)

Ce passage démontre clairement que les morts ne deviennent que des os secs au fil du temps ; les morts n’ont plus de vie, c’est-à-dire, d’âme, et leur esprit est retourné à Dieu. Or, lors de la résurrection, Dieu va refaire un corps pour chacun d’entre nous et va y redéposer notre esprit afin que notre mémoire soit restaurée, ainsi que les facultés de penser, de réfléchir, de raisonner et d’agir. Notre corps et notre esprit seront réanimés de cette énergie qu’est l’âme, la vie. C’est ce que Dieu signifie quand Il dit : « Je mettrai mon esprit en vous, et vous revivrez… »

L’Ecclésiaste se demanda : « Qui est-ce qui connaît que le souffle des hommes monte en haut… » (Ecclésiaste 3:21). Le « souffle » fait référence à l’esprit et c’est celui-ci qui retourne à Dieu à la suite de la mort.

Vous prendrez également note dans le chapitre d’Ézéchiel que Dieu dit qu’Il ouvrira les sépulcres et tirera Son peuple hors de ses sépulcres. Mais si l’on en croit les « immortalistes », les âmes ne vont jamais dans le sépulcre, car elles quitteraient le corps immédiatement à la mort et iraient, soit au séjour des morts, soit au ciel, soit en enfer… Le passage d’Ézéchiel offre donc une preuve additionnelle que les âmes sont mortelles et que Dieu doit les ressusciter pour qu’elles reprennent vie.

Le shéol à partir du IIIe siècle avant Jésus-Christ

Les martyres juifs victimes de la persécution sous Antiochos 1V, à partir de 168 av, J.-C., sont morts avec la certitude d’une « vie éternelle » à travers l’expérience d’une résurrection, alors que ceux qui font la guerre à Dieu seront punis. « Et plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour les opprobres et pour l’infamie éternelle. Et ceux qui auront été intelligents, luiront comme la splendeur de l’étendue ; et ceux qui en auront amené plusieurs à la justice luiront comme des étoiles, à toujours et à perpétuité » (Daniel 12:2-3).

Le shéol dans le livre apocryphe de « La Sagesse »

Ce livre, ajouté à la Bible par le catholicisme, est écrit en grec, contrairement aux livres de l’Ancien Testament qui sont écrits en hébreu. Il fut rédigé à Alexandrie, au 1er siècle av. J.-C., et ne fait évidemment pas partie du canon hébreu. Cet écrit exprime des idées proches de la philosophie grecque : immortalité de l’âme, rétribution équitable dans l’éternité, résurrection.

« Ils ignorent les secrets de Dieu, ils n’entendent pas de rémunération pour la sainteté, ils ne veulent pas croire à la récompense des âmes pures (Sagesse 2:23). Oui, Dieu a créé l’homme pour l’immortalité (2:23) …les âmes des justes, elles, sont dans la main de Dieu et nul tourment ne les atteindra (3:1). »

Le shéol dans les livres « intertestamentaires »

Le Livre d’Énoch, généralement attribué, non pas à l’Énoch de l’époque pré-diluvienne, mais à des Juifs hellénisés d’Alexandrie, rapporte la « vision cosmologique d’Énoch ». L’auteur décrit le shéol comme divisé en quatre sections : Dans la première, appelée « le sein d’Abraham », pour emprunter ce que dit l’Évangile de Luc, les justes et les saints attendent joyeusement le jour du Jugement ; dans la seconde, les gens modérément bons attendent leurs récompenses ; la troisième, où les méchants sont punis et attendent leur jugement (ils sont donc punis AVANT leur jugement ?) à la résurrection ; enfin la quatrième, où les méchants qui ne méritent même pas d’être ressuscités sont éternellement tourmentés.

On peut tout d’abord se demander quel rôle joue la résurrection dans ce contexte. En effet, dans la première section, quels besoins ou quels avantages y a-t-il pour les âmes « immortelles » des justes et des saints à réintégrer un corps ressuscité si elles baignent déjà dans la félicité divine ? Dans la dernière section, quelle différence y aurait-il pour les âmes immortelles des méchants à recouvrer un corps ressuscité si leur sort demeure exactement le même, soit de brûler éternellement ? Leur corps ressuscité ne brûlerait-il pas instantanément aussitôt rejeté dans la géhenne de feu, laissant souffrir l’âme immortelle de la même manière qu’avant cette résurrection somme toute inutile ? Ces idées sont remplies d’incohérences et nous voyons que, dans le contexte du concept de l’immortalité de l’âme, la résurrection des corps ne s’explique pas de façon sensée.

Cette « cosmologie énochienne » est l’une des seules à rapprocher « l’enfer » du shéol ou à l’inclure. Il y a un autre évangile apocryphe, celui de Nicodème (le docteur de la loi qui ne comprenait rien de la nouvelle naissance que Jésus lui révélait), qui avança l’idée que Jésus Se rendit dans le shéol lorsqu’Il mourut afin de libérer les justes et les patriarches d’Israël. C’est cette même idée qu’a repris l’Église catholique. Citons ici un extrait du Catéchisme biblique (édition Fidès 1958) où il est écrit à la page 85 :

« 33. Jésus est descendu chez les morts (“…est descendu aux enfers”, 5e article du Je crois en Dieu)

« Quand Jésus fut mort, Joseph d’Arimathée se rendit chez Pilate et lui demanda le corps de Jésus. Il le prit, l’enveloppa dans un linceul propre et le plaça dans un tombeau tout neuf qu’il s’était fait tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Mais les grands-prêtres et les pharisiens s’assurèrent du sépulcre en scellant la pierre et en postant une garde (d’après Saint Matthieu, 27, 57-66).

« À la mort de Jésus, son âme se sépara de son corps. Mais sa divinité resta unie à son corps et à son âme. »

Arrêtons-nous quelques instants pour éclaircir ce dernier point. Aucune Écriture ne parle de « l’âme » de Jésus séparée de Son corps. En revanche, la Bible dit, dans Ésaïe 53:12, alors que le prophète parle nettement du sacrifice de Christ, « …parce qu’il aura livré son âme à la mort… » Si l’âme de Christ n’était pas morte, il n’y aurait pas eu d’expiation pour nos péchés. Bien sûr, comme on devait s’y attendre, les versions frauduleuses de la Bible ont altéré ce passage pour en cacher le sens important qui contrevient au concept de l’âme immortelle. La version de Jérusalem dit : « …parce qu’il s’est livré lui-même à la mort… ». La version Louis Segond dit la même chose : « …parce qu’il s’est livré lui-même à la mort… » En anglais, la Version Autorisée de la King James écrit : « …because he hath poured out his soul unto death… », alors que d’autres versions écrivent : « …because he poured out his life unto death… » (New International Version). Mais les manuscrits originaux sont trop évidents et même certaines versions corrompues n’ont pas osé en changer le sens, comme la Traduction du Nouveau Monde des Témoins de Jéhovah qui dit : « …parce qu’il a répandu son âme jusqu’à la mort… » Nous verrons plus loin que Dieu a dit que l’âme de toute créature vivante est son sang et que donc, en versant Son sang, Christ a ainsi livré Son âme à la mort. Retournons maintenant à la citation tirée du catéchisme catholique :

« L’âme de Jésus se rendit auprès des âmes des justes qui étaient morts et qui attendaient leur rédemption. Parmi elles se trouvaient les âmes d’Adam et Ève, des patriarches et des prophètes, et de Jean-Baptiste. Elles n’étaient pas encore entrées dans le ciel parce que le ciel avait été fermé dès le péché d’Adam. Jésus leur annonçait maintenant la rédemption. »

Nous retrouvons ici la même idée que celle avancée dans « l’évangile de Nicodème » et les deux sont des œuvres de fiction de la tradition humaine qu’aucune Écriture de la Bible ne vient soutenir. Il y a de graves failles dans la logique de ces récits, ce qui les rend absurdes. Par exemple, si les âmes susnommées étaient réellement immortelles, elles ne seraient évidemment plus enfermées dans le temps, car, nonobstant ce que pensent la forte majorité des gens, l’immortalité ne consiste pas à perdurer dans le temps ad vitam aeternam, mais à SORTIR du temps. Alors, pourquoi Dieu les aurait-Il laissées à l’intérieur du temps pour les faire poireauter (certains jusqu’à quatre mille ans) dans un « séjour des morts » (qui ne sont pas réellement morts) ou « aux enfers » où elles végètent sans aucune activité ? Y a-t-il une raison logique ? Et, comme nous l’avons vu, si « l’âme » de Jésus n’est pas morte, Son sacrifice n’a pas été pleinement accompli et nous sommes toujours dans nos péchés. Mais ce que dit la Bible, c’est que l’âme, c’est le sang. Poursuivons dans le catéchisme :

« Le Je crois en Dieu appelle le lieu où se trouvaient les âmes des justes qui étaient morts : les enfers. Ce qui le distingue du lieu où sont les damnés que nous appelons l’enfer (au singulier).

Cette « précision » ne provient pas des Écritures, mais d’une prière inventée par le catholicisme comme résumé du credo de Rome. Cet endroit nommé « les enfers » et que d’autres appellent le « séjour des morts » est inspiré de la philosophie grecque et de la religion à mystères païenne. Cette idée fut répandue dans les églises par le truchement de faux « pères » comme Augustin.

« Le corps de Jésus resta au tombeau jusqu’au troisième jour, froid et rigide, Mais il fut préservé de la corruption. Ainsi s’accomplissait cette parole : “Tu ne peux laisser ton ami voir la corruption” (Psaume 15:10).

Habituellement, le corps ne commence à se corrompre qu’au quatrième ou cinquième jour suivant la mort, s’il n’est pas embaumé. C’est pourquoi le corps de Jésus fut ressuscité le troisième jour. Autrement dit, pour préserver le corps de Jésus de la corruption, Dieu n’a pas attendu quatre jours avant de Le ressusciter. Le verset cité se trouve en réalité dans Psaume 16:10 et se lit comme suit : « Car tu n’abandonneras point mon âme au sépulcre ; et tu ne permettras point que ton bien-aimé sente la corruption » (version David Martin). Remarquons que, dans la version catholique de Jérusalem, il y a quelques « ajustements » accommodants : « …car tu ne peux abandonner mon âme au shéol, ni laisser ton ami voir la fosse ». Tous ces petits changements subtils, d’apparence anodine, finissent par être agaçants, voire irritants. Ils ont pour effet de cacher la vérité. Reprenons le catéchisme :

« RÉFLÉCHIS À CECI : 1) Qui était dans les enfers ? 2) Pourquoi personne ne pouvait-il entrer au ciel avant la mort de Jésus ? 3) Qu’annonça Jésus aux âmes des justes qui étaient morts ? 4) De quoi fut préservé le corps de Jésus ?

Ces questions furent préparées en se basant sur des présuppositions avancées comme des faits scripturaires sans apporter de preuves bibliques, du moins pour les trois premières. Répondons à chacune : 1) Ces « enfers » ou « séjour des morts » n’existent pas dans la Bible qui n’en parle pas. Voilà pourquoi aucune Écriture n’est citée.

2) Il est probable que cette conception ait été créée par suite d’une fausse déduction tirée de la Parole de Jésus qui a dit : « Car personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel ; savoir, le Fils de l’homme qui est au ciel » (Jean 3:13). Étant donné le désir de croire que l’âme est une entité immortelle, il fallait bien trouver un endroit où devaient séjourner ces âmes des saints de l’Ancien Testament et l’on a adapté le concept païen des « enfers » à la foi catholique. Il y a cependant un hic. L’apôtre Pierre, ayant reçu le Saint-Esprit et se rappelant tous les enseignements de Christ, dit ceci à une foule assemblée : « Hommes frères, je puis bien vous dire librement touchant le Patriarche David, qu’il est mort, et qu’il a été enseveli, et que son sépulcre est parmi nous jusques à ce jour … Car David n’est pas monté aux cieux » (Actes 2 29, 34). Au moment d’énoncer ces paroles inspirées à Pierre, Jésus, Lui, était ressuscité depuis quarante jours. Donc, selon les catholiques, David aurait dû être monté au ciel depuis quarante jours. Or, Pierre dit que non. Qui devons-nous croire ?

À la question 3 du catéchisme, la réponse devient évidente : Jésus n’annonça rien du tout aux âmes des « enfers » ; Dieu est le Dieu des vivants et Il a prévu une résurrection des âmes mortes.

Question 4. Jésus fut effectivement préservé de la corruption de Son corps. Toutefois, étrangement, la bible de Jérusalem dit « ni laisser ton ami voir la fosse », ce qui pourrait sous-entendre que Son âme ne s’y est pas trouvée. Poursuivons notre examen du catéchisme :

« 58. Où l’âme de Jésus se rendit-elle après sa mort ?

« Après la mort de Jésus son âme se rendit aux enfers où se trouvaient les âmes des justes qui étaient morts.

« METS CECI EN PRATIQUE : Chaque tombe doit me rappeler que tous nous devons mourir un jour ; mais aussi que nous ressusciterons un jour. »

Les auteurs devaient certainement comprendre un principe de base : lorsqu’un mensonge est sans cesse répété et martelé dans le crâne de leurs ouailles, il prend forme de vérité même s’il n’y a aucune assise scripturaire pour le soutenir, et toute personne vient à y croire si elle n’est pas attentive et continuellement aux aguets, vérifiant soigneusement dans les Écritures afin d’examiner si ce qu’on lui enseigne est vrai. Voyez ici la contradiction fondamentale : on parle de la mort et de la résurrection, mais on affirme par ailleurs que l’âme est immortelle, ce qui rend la résurrection inutile.

Tiré également du catéchisme catholique, voyons ce qu’il raconte plus loin :

« L’état final des êtres humains

« Le temps de faire nos preuves sur la terre finit par notre mort et notre jugement particulier. Après quoi notre âme va soit au ciel, soit au purgatoire, soit en enfer. [emphase ajoutée]

Dans ce seul petit paragraphe, nous voyons plusieurs problèmes. Tout d’abord, « le temps de faire nos preuves » révèle la croyance catholique du salut par les œuvres, alors que l’apôtre Paul a clairement dit : « Sachant que l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la Loi, mais seulement par la foi en Jésus-Christ, nous, dis-je, nous avons cru en Jésus-Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi de Christ, et non point par les œuvres de la Loi ; parce que personne ne sera justifié par les œuvres de la Loi » (Galates 2:16). Un autre problème est cette question de « jugement particulier » que nous allons étudier plus loin. Enfin, on suppose un « purgatoire », endroit où les âmes immortelles sont censées expier elles-mêmes les péchés qui ne leur ont pas encore été pardonnés, et ce afin de se mériter l’entrer au ciel. Cette croyance est complètement étrangère aux Écritures. Continuons dans le catéchisme :

« 127. La mort et le jugement particulier

« Au temps des persécutions, l’évêque saint Cyprien fortifiait les fidèles en ces termes : “Seul craint la mort celui qui ne connaît pas le Christ”. Quand lui-même fut un jour traîné devant le juge et apprit sa condamnation à mort, il dit : “Merci mon Dieu”. Au lieu de l’exécution, il s’agenouilla pour prier une dernière fois. Puis, il se mit debout, fit payer au bourreau vingt-cinq pièces d’or, se banda lui-même les yeux et reçut le coup mortel.

« Tous les hommes doivent mourir parce qu’Adam, le premier homme, a péché : “Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort. Et ainsi la mort a passé en tous les hommes du fait que tous ont péché” (Romains 5,12).

« Le Christ a pris sur lui la mort dans une parfaite obéissance et le plus pur amour. À son exemple, nous devons aussi accepter la mort de la main de notre Père du ciel, par obéissance et avec résignation.

« Par sa mort, le Christ nous a gagné la vie éternelle. Il a transformé la mort. Maintenant la mort est la porte de la vie éternelle pour celui qui meurt dans le Christ.

« Nous ne savons ni quand, ni où, ni comment nous mourrons. Mais nous savons une chose : si nous mourons en enfants de Dieu, nous serons sauvés pour l’éternité ; mais si nous mourons dans le péché mortel, nous sommes perdus pour l’éternité. C’est pourquoi nous devons toujours vivre en enfants de Dieu. Alors à tout instant, nous serons prêts à mourir. »

Après avoir énoncé quelques vérités, dans le langage typiquement ennuyeux et lénifiant du catholicisme, l’on sort du chapeau une fausseté manifestant l’incompréhension du péché qui mène à la seconde mort. À les en croire, Dieu n’a pas le parfait contrôle de Son Plan de salut et doit S’en remettre à la bonne volonté des hommes. C’est peut-être en réaction à cela que le calvinisme a été conçu, autre extrême tout aussi faux. Poursuivons la citation du catéchisme qui, sur cette mauvaise base, construit une doctrine bancale antibiblique :

« À la mort, notre âme se sépare de notre corps. Notre corps sera rendu à la terre et se décomposera. Mais notre âme ne pourra pas se décomposer puisqu’elle est un esprit. Aussitôt après la mort, notre âme ira devant le tribunal de Dieu. Elle devra rendre compte à Dieu de toutes ses pensées, de toutes ses paroles, de tous ses actes et de tout le bien qu’elle aura omis de faire. Ce jugement est le jugement particulier. “Les hommes ne meurent qu’une fois, après quoi il y a un jugement » (Hébreux 9,27). »

Dans ce paragraphe, on établit d’entrée de jeu une fausseté grossière – l’âme se séparant du corps – en se gardant bien de citer un passage biblique, car, évidemment, il n’y en a pas qui puisse prouver ce point. On donne comme seul argument que l’âme est esprit et donc incorruptible. L’Église catholique et la majorité de ses rejetons protestants et évangéliques confondent l’âme et l’esprit parce que l’on prête à l’âme des caractéristiques de l’esprit. Pour eux, lorsque la Bible dit que c’est l’esprit de l’homme qui retourne à Dieu après la mort, ils y voient l’âme qui sort de l’homme.

Mais l’apôtre Paul, directement instruis par Christ et qui en savait beaucoup plus en la matière que tous les théologiens modernes réunis, révèle une nette distinction : « Or le Dieu de paix vous veuille sanctifier entièrement ; et faire que votre esprit entier, et l’âme et le corps soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Thessaloniciens 5:23).

Nous pourrions utiliser une analogie pour expliquer ces trois éléments qui se combinent pour rendre fonctionnel un être humain vivant : le corps de l’homme est comme la boîte d’un ordinateur avec tous ses composants physiques ; l’esprit de l’homme est comme la programmation et les logiciels du disque dur ; l’âme est comme l’électricité qui alimente l’ordinateur pour le faire fonctionner.

L’esprit de l’homme ne peut fonctionner sans un cerveau fait de matière physique et sans la vie, c’est-à-dire, l’âme, ou le sang coulant dans ses veines et vice-versa. Que l’un de ces trois éléments manque et tout l’être humain s’arrête, il meurt. L’esprit de l’homme retourne alors à Dieu qui le conserve jusqu’au moment où Il suscitera un nouveau corps à la personne et lui redonnera la vie, c’est-à-dire, une âme.

Donc, ce phénomène imaginaire de l’âme qui passe devant le tribunal de Dieu pour recevoir un « jugement particulier » n’a ni queue, ni tête. Voyons ce qu’en pensaient les apôtres : « Car il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu [l’Église, les saints] ; or, s’il commence premièrement par nous, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent point à l’Évangile de Dieu ? » (1 Pierre 4:17). L’Église est jugée aujourd’hui, de son vivant ! Et vous savez quoi ? « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, lesquels ne marchent pas selon la chair, mais selon l’Esprit” (Romains 8:1).

Les enfants de Dieu sont jugés maintenant et sont déclarés non coupables, car ils sont jugés selon la foi et non pas selon les œuvres de la loi. Hébreux 9:27 qu’utilise le catéchisme est mal traduit et il est déformé afin de cadrer dans la théologie catholique. En vérité, la Bible dit : « Et comme il est ordonné aux hommes de mourir une seule fois, et qu’après cela suit le jugement… » Dieu a planifié que tous les hommes doivent mourir une seule fois ; toutefois, il y en a parmi eux qui vont mourir une deuxième fois (Apocalypse 20:14). Cette seconde mort fera suite au Jugement du Grand Trône Blanc qui aura lieu lors de la Deuxième Résurrection, celle de la quasi-totalité de l’humanité, car, pour passer à ce jugement, les hommes devront être d’abord ressuscités.

« C’est pourquoi laissant la parole qui n’enseigne que les premiers principes du Christianisme, tendons à la perfection, et ne nous arrêtons pas à jeter tout de nouveau le fondement de (1) la repentance des œuvres mortes, et de (2) la foi en Dieu ; de (3) la doctrine des Baptêmes, et de (4) l’imposition des mains, de (5) la résurrection des morts, et (6) du jugement éternel » (Hébreux 6:1-2). Vous prendrez note que Paul établit les étapes fondamentales du christianisme dans leur succession au fil du cheminement du chrétien. Vous voyez que la résurrection des morts précède le jugement dernier. Dans Apocalypse 20:12, il est clair que les morts sont d’abord ressuscités avant d’être par la suite jugés selon les enseignements de la Parole (les Livres). On ne trouve nulle part une mention de jugement particulier de l’âme immédiatement après la mort d’une personne.

Lorsque le catéchisme catholique dit : « notre âme ira devant le tribunal de Dieu. Elle devra rendre compte à Dieu de toutes ses pensées, de toutes ses paroles, de tous ses actes et de tout bien qu’elle aura omis de faire », cela s’avère une insulte au sacrifice de Christ, car on le tient pour inefficace, n’ayant pu effacer ces fautes. Si les membres de l’Église sont jugés aujourd’hui même, il ne peut y avoir de « jugement particulier » pour eux après leur mort, car leur sort est d’hors et déjà scellé. Morts en Christ, ils passent directement à la résurrection à la vie éternelle.

De tout temps, les chrétiens ont été jugés de leur vivant et quotidiennement, selon leur persévérance dans la foi et, à leur mort, la vie éternelle dans le Royaume leur a tété assurée sans qu’ils aient à passer devant le tribunal de Dieu, parce qu’ils sont morts sans taches ni rides, le sang de Jésus les ayant blanchis et justifiés. D’ailleurs, lors du Jour du Jugement du Grand Trône Blanc, il y aura déjà mille ans que les saints auront été ressuscités à la vie éternelle. Donc, le Jugement dernier n’est pas pour les saints de l’Église. Avançons encore dans les élucubrations du catéchisme :

« Après le jugement particulier, notre âme ira soit au ciel, soit au purgatoire, soit en enfer.

« 128. Le ciel

« Quand saint Paul se trouvait en prison pour avoir proclamé l’Évangile et qu’il avait la mort devant les yeux, il écrivit aux Philippiens : “Je me sens pris dans cette alternative : d’une part, j’ai le désir de m’en aller et d’être avec le Christ, ce qui serait, et de beaucoup, bien préférable ; mais de l’autre, demeurer dans la chair est plus urgent pour votre bien” (Philippiens 1, 23-24).

« Celui qui meurt dans la grâce de Dieu, qui est libéré de tous péchés et des peines méritées par le péché, va au ciel aussitôt après sa mort. »

Voyons ce que dit le Texte Reçu, version David Martin : « Car je suis pressé des deux côtés : mon désir tendant bien à déloger, et à être avec Christ, ce qui m’est beaucoup meilleur ; mais il est plus nécessaire pour vous que je demeure en la chair » (Philippiens 1:23-24). Malheureusement, l’Église catholique et de nombreuses autres églises pseudo-chrétiennes ne tiennent pas compte de la nature du temps versus la nature intemporelle de l’éternité dans laquelle Se trouve Christ depuis Sa résurrection. Elles tiennent donc pour acquis que Paul s’attendait à monter immédiatement au ciel – en tant qu’âme immortelle – tout de suite après sa mort, comme s’il avait dit : « mon désir tendant bien à déloger et à être [immédiatement] avec Christ [au ciel]. » On peut alors se demander pourquoi aurait-il besoin de ressusciter dans un corps lors du Retour de Christ ? La majorité des chrétiens n’a pas la notion chronologique de ce qui arrive après la mort parce qu’ils calculent toujours en fonction du temps qui passe. Or, une personne qui meurt sort du temps, en quelque sorte. Le temps n’existe plus pour elle, car elle n’a plus aucune conscience ; elle a cessé de vivre. Lors de la résurrection, elle se réveillera en un clin d’œil ; en effet, au moment de sa mort, elle fermera les yeux et aura l’impression de les rouvrir aussitôt, complètement inconsciente d’avoir traversé le temps en un instant lorsqu’elle retrouvera un nouveau corps et son âme vivante.

Il y a près de six mille ans qu’Abel le juste est mort et il n’est toujours conscient de rien, comme Abraham, Isaac, Jacob, David, Samuel, Ésaïe, tous les prophètes, tous les apôtres et tous les chrétiens depuis lors. Au retour de Jésus-Christ, au dernier jour, comme Il l’a promis, Il nous ressuscitera tous en même temps, instantanément, et nous aurons tous la même impression de réveil suite à un sommeil sans rêve. Notre esprit, retourné à Dieu, va être transporté au-delà du temps jusqu’au jour de la résurrection. C’est ce que Paul comprenait et ce dont il parlait.

« Qui entendit jamais une telle chose, et qui en a jamais vu de semblables ? Ferait-on qu’un pays fût enfanté en un jour ? ou une nation naîtrait-elle tout d’un coup, que Sion [l’Église] ait enfanté ses fils aussitôt qu’elle a été en travail d’enfant ? Moi qui fais enfanter les autres, ne ferais-je point enfanter Sion ? a dit l’Eternel ; Moi qui donne de la postérité aux autres, l’empêcherais-je d’enfanter ? a dit ton Dieu » (Ésaïe 66:8-9).

Essayez d’imaginer les habitants décédés de tout un pays qui se relèveraient de leur tombe tous ensemble. C’est l’analogie que Dieu nous donne ici en rapport avec la Première Résurrection, celle des enfants de Dieu. Il n’est pas question d’âmes immortelles qui sont réintégrés dans leurs corps, car il ne s’agirait pas alors d’une nouvelle naissance à la vie éternelle. Christ, revenu sur terre pour installer le Royaume de Dieu, les ressuscite afin qu’ils règnent avec Lui pendant mille ans. Mais le catéchisme voit les choses autrement :

« Les bienheureux dans le ciel contemplent Dieu Éternité, face à face, dans sa gloire, et sont unis dans un amour éternel. C’est la plus grande joie du ciel – les bienheureux contemplent le Christ, Homme-Dieu, également dans son humanité glorifiée. Ils vivent dans la communauté des anges et des saints. Ils sont libérés de tout mal et totalement heureux. Ils retrouvent au ciel également tous leurs parents et amis qui se sont endormis dans le Seigneur. Les joies du ciel sont plus grandes que nous ne pouvons les imaginer. C’est à elles que s’applique d’une manière parfaite cette parole : “Nous vous annonçons ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qu’il aime (1 Corinthiens 2,9).

Ne vous en déplaise, mais cette dernière parole, quelque peu « arrangée » par les auteurs du catéchisme, ne concerne pas les « joies du ciel », et la suite du chapitre l’explique. Il s’agit de tout le volet de la doctrine divine, de la prophétie et de tout le conseil de Dieu qui échappent à la compréhension de l’esprit de l’homme. Ces auteurs croient que l’âme est destinée à « monter au ciel » afin de passer l’éternité à regarder Dieu en béate admiration. Or, la Bible nous révèle que nous allons d’abord régner sur terre avec Jésus-Christ, puis, après le Jugement du Grand Trône Blanc, c’est Dieu le Père qui va descendre sur la nouvelle terre qu’Il aura créée, afin de vivre avec les humains devenus éternels (Apocalypse 21:2-3). Bien sûr, les incohérences du catéchisme ne s’arrêtent pas là :

« Les joies du ciel ne sont pas également grandes pour tous les bienheureux. Chacun recevra son propre salaire à la mesure de son propre labeur (1 Cor. 3,8). Celui qui a aimé Dieu davantage sur la terre et l’a servi plus fidèlement recevra dans le ciel l’amour de Dieu dans une plus riche mesure. “Qui sème chichement moissonnera chichement, qui sème largement moissonnera largement” (2 Corinthiens 9,6). »

Nous voyons encore ici deux versets sortis de leur contexte et appliqués à quelque chose d’autre qu’à leur sens véritable. 1 Corinthiens 3:8 dit : « Et tant celui qui plante, que celui qui arrose, ne sont qu’une même chose ; mais chacun recevra sa récompense, selon son travail. » Paul parle du travail des ministres de Dieu qui reçoivent le privilège de Le servir. Ils ne donnent pas le salut ni ne se le méritent, mais ils font rapporter les différents talents que Dieu leur a accordés au bénéfice de l’Église. Ils ne recevront pas un dû, mais une récompense. Quant à 2 Corinthiens 9:6, cela se rapporte aux dons que les frères envoyaient à d’autres en état d’indigence.

Comment peut-on s’imaginer que Dieu mesurera Son amour en en accordant moins à certains pour l’éternité, simplement sur la base de certains gestes posés – ou pas – dans cette minuscule vie charnelle ? Et pour ajouter l’insulte à l’injure dans cette fausse conception du salut par les œuvres, le catéchisme catholique nous arrive avec ceci :

« 120. Le purgatoire

« Un jour, comme Judas Macchabée avait vaincu les Syriens, les guerriers prièrent après la bataille que Dieu remette leurs péchés à ceux qui étaient tombés. Puis, ayant fait une collecte d’une grande quantité d’argent, Judas l’envoya à Jérusalem afin qu’on offrit un sacrifice pour le péché de ceux qui étaient morts (d’après 2 Macchabée 12, 32 à 46). »

Les livres apocryphes des Macchabées n’ont pas été insérés par hasard dans le canon scripturaire catholique. Vous voyez probablement ici le prétexte voulu à l’origine du purgatoire et de tout le système financier des indulgences par lequel l’Église catholique a érigé son empire économique. Poursuivons :

« Celui qui meurt dans la grâce de Dieu mais qui n’est pas encore libéré de tous ses péchés et de toutes les peines méritées par le péché, ne peut pas entrer aussitôt dans le ciel. Saint Jean a écrit de la cité de Dieu qu’est le ciel : “Rien de souillé n’y pourra pénétrer” (Apocalypse 21, 27). » [emphase ajoutée]

Ce que disent les Écritures, c’est que celui qui meurt dans la grâce de Dieu, meurt sans péché, car il est entièrement justifié par le sang de Jésus-Christ et, par conséquent, il est complètement et absolument libéré de tous ses péchés et de toutes les peines méritées par le péché, c’est-à-dire, la seconde mort qui n’a pas de pouvoir sur lui. Les auteurs du catéchisme rejettent le sacrifice de Jésus-Christ comme étant le seul moyen d’effacer les péchés. Et, vu que rien de souillé n’entrera dans le temple divin – et non pas au ciel (Apocalypse 21:2-3) – il leur a fallu emprunter du paganisme un endroit d’expiation temporaire des péchés, en accord avec le salut par les œuvres et le mérite.

« Celui qui doit encore faire pénitence pour ses péchés, va d’abord pour cela dans un lieu de purification que nous appelons Purgatoire (c’est-à-dire, lieu de purification). Les âmes du purgatoire sont remplies d’une contrition suppliante pour leurs péchés, et d’un ardent désir de Dieu, saint et bon. Elles doivent faire pénitence de leurs péchés par de graves souffrances. Leur douleur la plus grande est de ne pas encore contempler Dieu. Leur plus grande consolation est de savoir qu’elles le contempleront bientôt et qu’elles sont sauvées pour l’éternité. »

Comment les auteurs du catéchisme ont-ils pu « savoir » ce que ressentent et pensent les « âmes du purgatoire » ? Certainement pas en consultant les Écritures, car tout ce concept est en flagrante contradiction avec le Sacrifice parfait de Jésus-Christ. Dieu S’est fait chair et a sacrifié Sa vie physique justement pour que nous n’ayons pas à faire ce genre de pénitence de nos péchés par de graves souffrances. De plus, la seule autre manière pour qu’une personne fasse pénitence pour ses péchés sans passer par le sacrifice de Christ, c’est par la mort éternelle, la seconde dont on ne revient jamais. Continuons :

« Les âmes du purgatoire ne peuvent rien faire d’elles-mêmes pour abréger leurs souffrances. Mais le Christ, leur Rédempteur, intercède sans cesse pour elles auprès du Père, et, par lui, Marie aussi et les autres saints du ciel intercèdent également. Par le Christ, nous pouvons, nous aussi, prier et offrir des sacrifices pour les âmes du purgatoire afin qu’elles soient délivrées bientôt de leurs souffrances. »

Imaginez un peu le tableau absurde que l’on fait de ce genre de salut. Le Père au ciel, assis sur Son trône, entouré de Jésus-Christ, de « Marie » et des « âmes des saints » qui ne cessent de Le supplier d’avoir un peu de pitié pour des « âmes » du purgatoire qui doivent pourtant purger leur peine par d’atroces souffrances infligées par… Dieu Lui-même ! C’est pathétique. Pour les « âmes du purgatoire », il n’y a pas de liberté conditionnelle, voyez vous-mêmes :

« Le purgatoire durera jusqu’au jugement du monde. Après ce jugement, il n’y aura plus que le ciel et l’enfer. »

La propre « logique » du catéchisme est contradictoire et bancale. À quoi bon prier pour le salut des âmes du purgatoire si, de toute façon, elles doivent expier jusqu’au bout leurs péchés non pardonnés ?

Remarquez bien ceci : si l’âme de Jésus-Christ était immortelle, qu’avait-Il besoin de ressusciter dans un corps trois jours après Son sacrifice ? Pourquoi « les âmes des saints au ciel » doivent-elles ressusciter sur terre dans un nouveau corps pour retourner ensuite au ciel où ce nouveau corps ne changerait rien ? Et il y a ceux qui vont en enfer :

« 130. L’enfer

« Un jour, Jésus raconta aux pharisiens cette parabole : Il y avait un homme riche qui s’habillait de pourpre et de fin lin, et qui, chaque jour, faisait bonne chair. Un pauvre du nom de Lazare aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche, mais personne ne lui en donnait. Or, le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche aussi mourut et on l’enterra. Dans l’enfer, il leva les yeux et s’écria : “Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis à la torture dans ces flammes” (d’après Saint Luc 16:19-24). »

« C’est un effroyable malheur que de mourir dans le péché mortel. Celui qui, jusqu’au dernier moment, a repoussé loin de lui l’amour et la piété de Dieu, et qui est mort dans le péché mortel, s’est par là lui-même séparé de Dieu pour l’éternité. Il sera condamné par Dieu et ira en enfer. »

Tout d’abord, pourquoi le catéchisme appelle-t-il cela « le péché mortel » étant donné que, selon la doctrine catholique, il n’entraîne pas la mort, mais la vie éternelle dans les flammes ? Décidément, on n’en est pas à une contradiction près.

La parabole de Lazare et du mauvais riche a toujours été un casse-tête et une source de mauvaise interprétation de la part des théologiens catholiques et, par extension, les théologiens protestants et évangéliques qui tiennent pour acquis que l’âme est immortelle. Avec cette assise en tête, ils croient que cette parabole de Christ leur donne raison. Lorsqu’il est écrit : « le pauvre mourut et il fut porté par les anges au sein d’Abraham », ils y voient donc naturellement que l’âme de Lazare fut transportée par les anges et amenée au ciel pour aller rejoindre l’âme d’Abraham qui s’y trouverait avec celles de tous les saints. Ils évacuent donc complètement la Première Résurrection où reviendront Abraham et Lazare. Nous voyons pourtant, dans Matthieu 24:31, qu’à Son Retour, Jésus « enverra Ses anges, qui avec un grand son de trompette, assembleront Ses Élus, des quatre vents, depuis l’un des bouts des cieux jusqu’à l’autre bout ».

Être dans le sein d’Abraham, c’est faire partie de cette Première Résurrection, celle qui est destinée aux seuls membres de l’Église, les enfants d’Abraham, car ils sont sa semence : « Or les promesses ont été faites à Abraham, et à sa semence ; il n’est pas dit, et aux semences, comme s’il avait parlé de plusieurs, mais comme parlant d’une seule, et à sa semence : qui est Christ … Parce que vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ. Car vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ … Or si vous êtes de Christ, vous êtes donc la semence d’Abraham, et héritiers selon la promesse » Galates 3:16, 26-27, 29).

En plus de la méprise au sujet de la parabole de Lazare et du mauvais riche, il y a la fausse interprétation du mot « enfer ». Le catéchisme dit faire la différence entre le mot « enfer » et « les enfers », le premier étant qualifié de feu éternel et le second de « séjour des morts ». Non seulement la Bible ne fait pas cette distinction, mais elle donne aussi un autre sens au mot « enfer ». Comme nous l’avons vu auparavant, l’enfer est le tombeau où repose le corps décédé d’une personne et il retourne à la poussière. L’étude du concept païen de « séjour des morts » nous offre l’occasion de découvrir les aberrations provoquées par le fait de vouloir amener des éléments païens dans la théologie chrétienne. Il en résulte des absurdités comme celle qui suit.

D’après le catéchisme, l’âme de Christ serait allée au séjour des morts afin de libérer les âmes des saints et les conduire au ciel. De même, les autres âmes auraient pris la direction, soit du purgatoire, soit de « l’enfer » interprété comme le feu éternel. Nous devons en déduire que, à la suite de cette visite de Christ, le séjour des morts fut clos, étant devenu inutile. En effet, le catéchisme dit que maintenant l’âme de toute personne décédée subit immédiatement un « jugement particulier » et peut aller directement au ciel, au purgatoire ou en enfer – sans passer à « go », c’est-à-dire, au séjour des morts dont les portes sont fermées. Ce qui est étrange, c’est de constater que ce séjour des morts soit encore mentionné dans les Écritures, du moins dans les versions corrompues, APRÈS la résurrection de Christ.

Nous allons, par la même occasion, voir un parfait exemple de torsion des Écritures en lisant ce qui a été ajouté, malgré l’interdiction de Dieu de le faire. Citons d’abord le passage d’Actes 2 où l’apôtre Pierre parle d’une prophétie du roi David : « Hommes Israëlites, écoutez ces paroles ! Jésus le Nazarien, personnage approuvé de Dieu entre vous par les miracles, les merveilles, et les prodiges que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme aussi vous le savez ; ayant été livré par le conseil défini et par la providence de Dieu, vous l’avez pris, et mis en croix, et vous l’avez fait mourir par les mains des iniques ; mais Dieu l’a ressuscité, ayant brisé les liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. Car David dit de lui : je contemplais toujours le Seigneur en ma présence : car il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé. C’est pourquoi mon cœur s’est réjoui, et ma langue a tressailli de joie ; et de plus, ma chair reposera en espérance. Car tu ne laisseras point mon âme au sépulcre [hades], et tu ne permettras point que ton Saint sente la corruption. Tu m’as fait connaître le chemin de la vie [la résurrection], tu me rempliras de joie en ta présence. Hommes frères, je puis bien vous dire librement touchant le Patriarche David, qu’il est mort, et qu’il a été enseveli, et que son sépulcre [hades] est parmi nous jusques à ce jour. Mais comme il était Prophète, et qu’il savait que Dieu lui avait promis avec serment, que du fruit de ses reins il ferait naître selon la chair le Christ, pour le faire asseoir sur son trône ; il a dit de la résurrection de Christ, en la prévoyant, que son âme n’a point été laissée au sépulcre [hades], et que sa chair n’a point senti la corruption. Dieu a ressuscité ce Jésus ; de quoi nous sommes tous témoins. Après donc qu’il a été élevé au ciel par la puissance de Dieu, et qu’il a reçu de son Père la promesse du Saint-Esprit, il a répandu ce que maintenant vous voyez et ce que vous entendez. Car David n’est pas monté aux cieux ; mais lui-même dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » (Actes 2:22-35).

Dans ce passage, il n’est fait aucune mention d’un « séjour des morts » où se tiennent les âmes immortelles. Même chose dans la version King James. Et veuillez prendre soigneusement note de ceci : il est écrit que l’âme de Jésus n’a pas été laissée au sépulcre. À Sa mort, elle y est allée pendant trois jours, mais elle fut ressuscitée. Or, selon le catéchisme, l’âme ne serait même pas allée au sépulcre, se séparant de Son corps, et se serait rendue au séjour des morts, « les enfers », contredisant ainsi cette Écriture. C’est pourquoi, si nous lisons le même passage, dans les versions de Jérusalem et de Louis Segond, nous voyons autre chose. Examinons d’abord la Jérusalem :

« Hommes d’Israël, écoutez ces paroles. Jésus le Nazaréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez vous-mêmes, cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, mais Dieu l’a ressuscité, le délivrant des affres de l’Hadès j. Aussi bien n’était-il pas possible qu’il fût retenu en son pouvoir ; car David dit à son sujet : Je voyais sans cesse le Seigneur devant moi, car il est à ma droite, pour que je ne vacille pas. Aussi mon cœur s’est-il réjoui et ma langue a-t-elle jubilé, ma chair elle-même reposera dans l’espérance que tu n’abandonneras pas mon âme à l’Hadès et ne laisseras pas ton saint voir la corruption. Tu m’as fait connaître des chemins de vie, tu me rempliras de joie en ta présence. Frères, il est permis de vous dire en toute assurance : le patriarche David est mort et a été enseveli, et son tombeau [hades] est encore aujourd’hui parmi nous. Mais comme il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un descendant de son sang, il a vu d’avance et annoncé la résurrection du Christ qui, en effet, n’a pas été abandonné à l’Hadès, et dont la chair n’a pas vu la corruption : Dieu l’a ressuscité, ce Jésus ; nous en sommes tous témoins. Et maintenant, exalté par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit-Saint, objet de la promesse, et l’a répandu. C’est là ce que vous voyez et entendez. Car David, lui, n’est pas monté aux cieux ; or, il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Sièges à ma droite, jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. »

Veuillez remarquer qu’au verset 4, il est écrit : « Dieu l’a ressuscité, le délivrant des affres de l’Hadès », puis, il y a une petite lettre de renvoi de bas de page (j) qui mène à ce qui suit : « “de l’Hadès”, texte occ. ; “de la mort”, texte reçu. Cf. vv. 27 et 31 – L’“Hadès” dans les LXX correspond au sheol, Nb 16,33+ ; Mt 16, 18+. » Chose intéressante, les auteurs de la version de Jérusalem avouent en chuchotant que Hadès veut dire « la mort » dans le Texte Reçu (les manuscrits massorétiques qui s’avèrent le véritable texte biblique inspiré), alors que le terme est caché sous la translitération « Hadès » dans les Septante, texte grec corrompu duquel s’inspire la version de Jérusalem. Et aucune explication pour ce choix n’est fournie. Plus loin, à la suite de « Car David dit à son sujet », il y a un autre renvoi (k) vers la note de bas de page suivante :

« Cité d’après les LXX [Septante grec]. Le texte hébreu [massorète] n’exprimait que le souhait d’échapper à une mort menaçante : “Tu ne laisseras pas ton fidèle voir la fosse”. L’argument suppose l’emploi de la version grecque, qui introduit une autre idée en traduisant “fosse” (tombeau) par “corruption”. »

Donc, cette version préfère le texte grec parce qu’il introduit une autre idée, c’est-à-dire, le « séjour des morts » des « âmes immortelles », plutôt que l’idée originale divine du texte massorétique du shéol, c’est-à-dire, la fosse, le tombeau, donc, la mort. Maintenant, voyons le même passage rendu dans la version Louis Segond avec les notes Scofield :

« Hommes Israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ; cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies. Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort [hades], parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. Car David dit de lui : Je voyais constamment le Seigneur devant moi, Parce qu’il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé. Aussi mon cœur est dans la joie, et ma langue dans l’allégresse ; Et même ma chair reposera avec espérance, car tu n’abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts [hades], Et tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption. Tu m’as fait connaître les sentiers de la vie, Tu me rempliras de joie par ta présence. Hommes frères, qu’il me soit permis de vous dire librement, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son sépulcre [hades] existe encore aujourd’hui parmi nous. Comme il était prophète, et qu’il savait que Dieu lui avait promis avec serment de faire asseoir un de ses descendants sur son trône, c’est la résurrection du Christ qu’il a prévue et annoncée, en disant qu’il ne serait pas abandonné dans le séjour des morts [hades] et que sa chair ne verrait pas la corruption. C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité ; nous en sommes tous témoins. Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez. Car David n’est point monté au ciel, mais il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. »

Vous noterez qu’au verset 24, il est écrit : « en le délivrant des liens de la mort ». Louis Segond a donc conservé la bonne manière de traduire « hades », car ici cela ne contrevient pas à la conception « immortaliste » du séjour des morts. Mais voilà qu’au verset 27, il est écrit : « Car tu n’abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts ». Ici, il s’y trouve un renvoi à la marge (n) où l’on peut lire : « gr. Hades : voir Luc 16:23, note ; cp. Ha. 2:5, note. » Donc, au verset 24, on traduit hades par « la mort », mais au verset 27, on le traduit par « séjour des morts ». Pourquoi ? Constatons aussi qu’il en est de même au verset 34 : « c’est la résurrection du Christ qu’il a prévue et annoncée, en disant qu’il ne serait pas abandonné dans le séjour des morts », et il y a encore le même renvoi à la marge. Que veut dire cette contradiction ?

Allons voir la note de Scofield de Luc 16:23, en rappelant qu’il s’agit de la parabole de Lazare et du mauvais riche. Le verset est traduit ainsi : « Dans le 2 cc séjour des morts, il leva les yeux ». Le (cc) renvoie à la marge où il est écrit la même chose qu’à la note de marge d’Actes 2:27. Il y a également un (2) qui réfère à une note Scofield de bas de page qui dit ceci :

« L’expression le séjour des morts (grec, hades, héb. sheol) est employée :

  1. pour préciser la condition des perdus après leur mort physique et avant le jugement du grand trône blanc (Apoc. 20:11-15). Le passage de Luc 16:23-24 montre que les perdus qui sont dans le hadès sont conscients, possèdent le plein usage de leurs facultés et sont en proie aux tourments. Cet état durera jusqu’à leur jugement final (2 Pi 2:9) quand tous les perdus et le hadès lui-même seront jetés dans l’étang de feu (Apoc. 20:13-15) ; ceux qui n’ont pas cru continueront alors à souffrir ;
  2. pour indiquer communément la condition de l’esprit de tous les hommes, perdus et croyants, physiquement morts avant la résurrection de Jésus-Christ. L’A.T. emploie plusieurs fois sheol dans ce sens (cp. Ge 37:35 ; 42:38 ; 44:29-31). Luc 16:23 est le seul passage du N.T. où le mot hades comporte cette signification. Pourtant, Abraham, et les croyants qui étaient dans le sein d’Abraham, occupaient une partie bien délimitée du hades (séjour des morts). Il ne faut surtout pas penser qu’il existe une possibilité quelconque de changement de condition après la mort. En effet, l’homme perdu, qui était dans le hades, et voyait Abraham et Lazare “de loin” (v. 23), apprit qu’un “grand abîme” infranchissable séparait les deux lieux “afin que ceux qui voudraient passer de l’un à l’autre” ne puissent le faire (v. 6). Les esprits des croyants quittèrent le hadès à la résurrection du Seigneur, pensent certains commentateurs s’appuyant sur le texte d’Ép. 4:8-10. L’esprit du malfaiteur repentant fut même introduit le jour de la crucifixion dans la présence du Seigneur, car Jésus lui avait dit : “Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis” (Luc 23:43). Il est certain que, depuis la résurrection, tous ceux qui sont sauvés entrent immédiatement dans la présence de Christ (2 Cor 5:8 ; Ph 1:23). Paul, de son vivant, “fut ravi jusqu’au troisième ciel … dans le paradis” (2 Cor 12:1-4). Le paradis est un lieu de grande joie et de félicité ; cependant, la félicité ne sera totale qu’après la réunion de l’esprit et du corps glorifié, lors de la résurrection des justes (1 Cor 15:51-54 ; 1 Thes 4:16-17). Ainsi, sheol et hades, qui sont toujours traduits par “séjour des morts”, ne font nullement allusion au lieu de sépulture des corps, mais à la condition de l’esprit après la mort physique (voir Ha 2:5, note). »

Avant de passer à l’étude de cette note scofieldienne de Luc 16:23, voyons la note d’Habacuc 2:5 :

« Le séjour des morts, héb. sheol, terme de l’A.T., désigne le lieu destiné aux trépassés.

  1. Pour l’homme naturel, l’homme “sous le soleil” qui juge selon les apparences, le sheol ne désigne rien de plus que la tombe, c’est-à-dire la fin de toute activité par la cessation même de la vie (Ec. 9:5, 10).
  2. L’Écriture nous montre cependant le sheol comme un lieu de tourments (2S. 22:6 ; Ps 18:5 ; 116:8) dans lequel sont jetés les méchants (Ps 9:18) et où ils demeurent pleinement conscients (Es. 14:9-17 ; Ez. 32:21), cp Jonas 2:3 : ce que le ventre du grand poisson fut pour Jonas, le sheol l’est pour les trépassés. Le terme sheol de l’A.T. correspond au mot grec hades du N.T. (voir Luc 16:23, note). »

Nous voilà avec une série d’éléments qui vont nous permettre de comprendre comment ils s’y sont pris pour introduire un concept philosophique païen dans la théologie du grand courant de la chrétienté du monde.

La première chose qui saute aux yeux, c’est cette affirmation péremptoire que les mots sheol et hades veulent dire simultanément deux choses différentes et contradictoires, voire opposées : 1) la mort, le tombeau où il n’y a plus de vie, donc plus aucune conscience et aucune activité ; 2) un endroit sous-terrain où sont assemblées les âmes immortelles dans deux camps séparés par un grand abîme, l’un de camps étant occupé par les méchants qui subissent déjà la torture, et l’autre par les saints entourant Abraham, mais seulement jusqu’à la visite de l’âme de Christ venue passer trois jours avec eux avant de les amener au ciel (parce que, semble-t-il, il a fallu au moins trois jours pour que les âmes se préparent à la montée au ciel…). Depuis lors, cette partie du séjour des morts est vacante et à louer… (Pour connaître les tarifs de location, veuillez contacter le Propriétaire au numéro (777) 777-7777.)

Posons-nous une question élémentaire : Si le « séjour des morts » existait vraiment, pourquoi Dieu aurait-Il inspiré de l’appeler du même mot (sheol en hébreu, hades en grec) que pour désigner la mort, la tombe, le sépulcre ? Le vocabulaire de Dieu est-il à ce point limité ? La réponse est simple : le « séjour des morts », appelé par les catholiques « les enfers », n’existe pas ! Ce sont les hommes qui l’ont inventé, sous l’inspiration de Satan. Mais ils se trouvaient devant un problème de taille : dans les manuscrits originaux, il n’y a que les mots sheol et hades qui sont utilisés. Ne pouvant enlever ces mots des manuscrits originaux, les hommes ont donc décidé d’ajouter une signification à ces termes, celle d’un endroit sous-terrain où reposent des âmes prétendument immortelles. Veuillez bien noter, toutefois, que cette signification ajoutée n’apparaît pas dans les versions bibliques de la King James Autorisée et dans la version de David Martin. Celles-ci n’emploient ces mots que dans leur sens premier véritable, tel que Dieu l’a inspiré.

Relisons ce que Scofield écrit dans ses notes : « Ainsi, sheol et hades, qui sont toujours traduits pas “séjour des morts”, ne font nullement allusion au lieu de sépulture des corps, mais à la condition de l’esprit après la mort physique. » Juste dans cette phrase, il y a deux mensonges flagrants. Tout d’abord, il est faux de prétendre que sheol et hades sont toujours traduits par « séjour des morts ». Cette dernière expression n’apparaît pas dans les versions King James et David Martin, et, fait à noter, elle ne se trouve pas non plus dans la version catholique de Jérusalem qui se contente d’employer les translittérations « shéol » et « hadès ».

Scofield dit ensuite que l’expression « séjour des morts » fait allusion « à la condition de l’esprit après la mort physique. » Il y a donc confusion entre l’esprit de l’homme et l’âme de l’homme, et une tentative de faire croire qu’il s’agit de la même chose. Or, quand l’Ancien Testament parle de l’esprit, il emploie le mot ruach hébreu (pneuma en grec), alors que pour le mot « âme », il utilise le mot nephesh hébreu (psuchē en grec). Ce sont donc des composantes distinctes de l’homme, comme le souligne fort bien l’apôtre Paul, dans 1 Thessaloniciens 5:23 : « Or le Dieu de paix vous veuille sanctifier entièrement ; et faire que votre esprit entier, et l’âme et le corps soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. »

Paul fit encore la distinction dans le verset que voici : « Car la Parole de Dieu est vivante et efficace, et plus pénétrante que nulle épée à deux tranchants, et elle atteint jusques à la division de l’âme, de l’esprit, des jointures et des moelles, et elle est juge des pensées et des intentions du cœur » (Hébreux 4:12). Cependant, ce que croyaient les anciens théologiens qui l’ont transmis aux contemporains, c’est que l’esprit et l’âme sont deux parties d’une même chose, l’esprit étant la partie « cognitive » capable d’avoir conscience de Dieu et de communiquer avec lui, alors que l’âme serait le siège des affections, des désirs, des émotions et de la volonté.

Déjà en partant, la Bible contredit cette affirmation. En effet, au sujet de l’esprit de l’homme, il n’est pas en lui de rechercher Dieu et de communiquer avec Lui. L’esprit de l’homme est inimitié envers Dieu et Sa Parole (Romains 8:7). L’esprit de l’homme est le siège des affections, des désirs, des émotions, de la volonté, car tout cela circule dans notre cerveau. Cependant, l’âme est dans le sang de tout être vivant ; comment le sang pourrait-il contenir des idées comme les désirs, les émotions, etc. ? C’est une réalité biblique ; par conséquent, ces théologiens camouflaient de cette manière le fait qu’ils ne savaient pas de quoi ils parlaient.

« Tout va en un même lieu ; tout a été fait de la poudre, et tout retourne en la poudre. Qui est-ce qui connaît que le souffle des hommes monte en haut, et que le souffle de la bête descend en bas en terre ? » (Ecclésiaste 3:20-21). Tout ce qui est matière retourne en poussière. Mais quel est ce « souffle des hommes qui monte en haut » ? « Et avant que la poudre retourne en la terre, comme elle y avait été, et que l’esprit retourne à Dieu, qui l’a donné. » (Ecclésiaste 12:7). En soufflant dans les narines de l’homme, Dieu lui a donné un esprit vivant. C’est cet esprit de l’homme qui, lors de la mort, retourne à Dieu. Le reste du corps de l’homme retourne dans la terre d’où il a été tiré et redevient poussière.

Il y a donc contradiction au sein même du concept de l’âme immortelle, par la confusion de l’esprit et de l’âme, et par le « séjour des morts ». L’Ecclésiaste, c’est-à-dire Salomon, dit ici que l’esprit retourne à Dieu ; cela est incontestable. Alors comment les théologiens peuvent-ils avancer que l’esprit et l’âme sont une seule et même chose tout en affirmant que l’âme va dans un endroit sous-terrain appelé « séjour des morts » ? Salomon a vécu bien avant la venue de Christ, donc, avant que « les âmes des saints soient amenées au ciel par l’âme de Christ ». Et selon ces mêmes théologiens, les âmes des méchants s’y trouvent encore jusqu’au jugement dernier. Or, lorsque Salomon a dit que « l’esprit retourne à Dieu », il n’a pas fait de distinction entre celui des saints et celui des méchants.

L’esprit de l’homme et l’âme de l’homme ne sont PAS la même chose.

Permettez-moi d’avancer une analogie qui peut nous aider a comprendre les natures de l’esprit, de l’âme et du corps de l’homme. Cette analogie est possible aujourd’hui grâce à l’apparition de l’ordinateur (création de l’homme) que l’on peut comparer avec l’homme (création de Dieu).

Le corps physique de l’homme est un peu comme le boîtier et les composantes physiques matérielles de l’ordinateur. Cela est relativement facile à concevoir.

On pourrait dire ensuite que l’esprit de l’homme équivaut à toute la programmation de l’ordinateur, ses logiciels, ses applications, tout ce qui lui donne une « intelligence » et sa fonctionnalité. La programmation se trouve dans le disque dur de l’ordinateur, ce qui lui sert, en quelque sorte, de cerveau. Le disque dur reçoit la programmation, mais si l’on efface celle-ci, le disque dur n’ayant plus de mémoire ne sert à rien. De plus, il a besoin du reste du boîtier, d’un écran et d’un système de son afin de s’exprimer pleinement, comme le cerveau de l’homme a besoin de l’esprit et du reste du corps afin de s’exprimer.

Mais pour que fonctionne un ordinateur, il lui faut une source d’énergie qui court à travers son réseau de fils et de puces, en actionnant l’appareil et en mettant en branle ses diverses applications. Pour cela, il y a l’électricité, soit par branchement direct, soit emmagasinée dans une pile ou une batterie. L’électricité parcourant l’ordinateur équivaut à l’âme de l’homme circulant dans ses veines. Car l’âme, c’est le sang de l’homme qui court en lui. Dieu l’a bien spécifié :

« Toutefois vous ne mangerez point de chair avec son âme, c’est-à-dire, son sang. Et certes je redemanderai votre sang, le sang de vos âmes, je le redemanderai de la main de toutes les bêtes, et de la main de l’homme, même de la main de chacun de ses frères je redemanderai l’âme de l’homme » (Genèse 9:4-5).

Ici, Dieu dit clairement que 1) les animaux sont aussi des âmes vivantes ; que 2) l’âme n’est pas une entité immortelle, car on pourrait théoriquement la manger ; et que 3) l’âme est la vie dont le sang est le véhicule. Dieu ne dit pas qu’Il va faire monter l’âme de l’homme au ciel après sa mort ; Il dit qu’Il va redemander la vie de l’homme qui tue un autre homme. Il l’explique au verset 6 : « Celui qui aura répandu le sang de l’homme dans l’homme, son sang sera répandu [il perdra la vie] ; car Dieu a fait l’homme à son image. »

Dans Lévitique 17:10-14, Dieu explique davantage la vraie nature de l’âme :

« Quiconque de la famille d’Israël ou des étrangers qui font leur séjour parmi eux, aura mangé de quelque sang que ce soit, je mettrai ma face contre cette personne qui aura mangé du sang, et je la retrancherai du milieu de son peuple. Car l’âme de la chair est dans le sang ; c’est pourquoi je vous ai ordonné qu’il soit mis sur l’autel afin de faire propitiation pour vos âmes ; car c’est le sang qui fera propitiation pour l’âme. C’est pourquoi j’ai dit aux enfants d’Israël : Que personne d’entre vous ne mange du sang ; que l’étranger même qui fait son séjour parmi vous, ne mange point de sang. Et quiconque des enfants d’Israël, et des étrangers qui font leur séjour parmi eux, aura pris à la chasse une bête sauvage, ou un oiseau que l’on mange, il répandra leur sang, et le couvrira de poussière. Car l’âme de toute chair est dans son sang, c’est son âme ; c’est pourquoi j’ai dit aux enfants d’Israël : Vous ne mangerez point le sang d’aucune chair ; car l’âme de toute chair est son sang ; quiconque en mangera sera retranché. »

Il s’agit ici de la propre définition de Dieu de ce qu’est l’âme. Elle est l’énergie vitale que Dieu a insérée dans le sang de tout être vivant, homme comme bête. L’âme est d’ailleurs si bien intégrée au sang qu’elle devient le sang. Dieu ne veut pas que l’homme consomme la vie d’un autre être humain fait à Son image.

Dans l’Ancienne Alliance, le sang de l’animal servait de propitiation aux péchés des Israélites, non pas pour les effacer, mais pour les mettre à couvert en attendant la propitiation ultime : le sang de Christ de la Nouvelle Alliance qui efface le péché. À cet effet, Ésaïe a écrit une remarquable prophétie que l’on trouve dans Ésaïe 53:12. Voyez comment la version David Martin, traduite des manuscrits massorétiques hébreux, rend le passage :

« C’est pourquoi je lui [Jésus-Christ glorifié] donnerai son partage parmi les grands [les Élus ressuscités], et il partagera le butin avec les puissants, parce qu’il aura épandu son âme à la mort [Son sacrifice sur la croix], qu’il aura été mis au rang des transgresseurs [lors de Son arrestation par la trahison de Judas], et que lui-même aura porté les péchés de plusieurs, et aura intercédé pour les transgresseurs. »

Christ a répandu Son âme, c’est-à-dire, Son énergie vitale, Son sang, Sa vie, jusqu’à ce qu’Il en meure. Car Son âme devait effectivement mourir, Son sang devait s’écouler, Sa vie devait s’éteindre afin que Son sacrifice soit complet dans le but d’effacer les péchés du monde. Si Son âme avait été immortelle, Christ n’aurait pas pu exécuter Son sacrifice, car Sa vie n’aurait pas été sacrifiée.

Comme il faut s’y attendre, dans les versions frauduleuses de la Bible, on a pris soin de cacher ce fait. Par exemple, la Louis Segond traduit ainsi : « …parce qu’il s’est livré lui-même à la mort… », ce qui est une énorme transgression du texte hébreu original. Cependant, dans la version de la King James Autorisée, il est écrit : « …because he hath poured out his soul unto death… », exactement comme la David Martin. Dans le texte original apparaît le mot nephesh que l’on peut traduire par « âme » ou par « vie », mais on ne peut pas le traduire par « lui-même » ou par « sang » (en hébreu dam) comme le font d’autres versions. Parce qu’il faut bien comprendre que l’âme, l’énergie vitale, est la vie elle-même que Dieu a incorporé au sang. Donc, le sang, par lui-même, n’est pas la vie, mais il la transporte et la fait circuler dans tout le corps. La vie, c’est l’âme, et l’âme, c’est la vie. Lorsque cesse la vie, cesse l’âme.

L’âme, c’est la vie

Voyons quelques passages qui vont nous aider 1) à comprendre la mortalité de l’âme et 2) à dévoiler la corruption des fausses versions bibliques. Christ a dit ceci : « Car quiconque voudra sauver son âme, la perdra ; mais quiconque perdra son âme pour l’amour de moi, la trouvera. Mais que profiterait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il fait la perte de son âme ? ou que donnera l’homme en échange de son âme ? » (Matthieu 16:25-26). Comparons avec Matthieu 10:39 où Jésus-Christ tient le même propos :

« Celui qui aura conservé sa vie, la perdra ; mais celui qui aura perdu sa vie pour l’amour de moi, la retrouvera. »

Ce qui saute aux yeux, c’est que les mots « âme » et « vie » apparaissent nettement comme des synonymes. Cela cause évidemment un problème sérieux aux « immortalistes » de l’âme, car ils ne reconnaissent pas la nature de l’énergie vitale qui anime l’homme. Alors, quand Christ dit que « quiconque perdra son âme pour l’amour de moi, la trouvera », cela contredit clairement leur conception de l’âme, car, pour les catholiques et un grand nombre d’autres croyants, « perdre son âme » est une expression qui ne se réfère uniquement qu’aux méchants qui rejettent Christ, et donc il leur semble impossible de « perdre son âme pour l’amour de Lui ». Jésus a même dit auparavant : « Quiconque voudra sauver son âme la perdra », ce qui constitue encore une impossibilité aux yeux du grand courant pseudo-chrétien moderne, car, pour eux, « sauver son âme », c’est obtenir le salut, le plus souvent par ses propres œuvres.

Les traducteurs des fausses versions bibliques ont contourné le problème en cachant sciemment la vérité afin de ne pas laisser s’écrouler leur faux concept. C’est ainsi que, dans la version Louis Segond, nous lisons au verset 25 de Matthieu 16 : « Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera ». Précédant « sa vie », il y a une petite note qui renvoie à la marge en ne disant que ceci : « litt. son âme ». Cela signifie que les traducteurs savaient pertinemment quel mot ils auraient dû employer, mais ils ne le voulaient pas. Or, la Parole de Dieu ne doit pas être mise dans la marge, là où peu de gens vont aller voir.

Le passage se poursuit ainsi : « Et que servirait à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait oson âme ? ou que donnerait un homme en échange de oson âme ? » Donc, dans le verset 26, les traducteurs ont conservé le mot « âme » parce qu’ici, il ne mettait pas en danger leur faux concept. Toutefois, ils ont accolé une lettre de renvoi (o) qui mène à ceci dans la colonne de marge : « ou sa vie ». C’est ce qu’on appelle louvoyer ; le procédé est hypocrite, mensonger et malhonnête.

Dans la bible de Jérusalem, on lit ceci : « Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie. Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ? » Dans cette version biblique de l’Église catholique, le camouflage est plus élaboré, à défaut d’être plus « érudit ». Nous voyons que partout où l’on aurait dû lire le mot « âme », ont lui a substitué le mot « vie ». Il y a également une note de bas de page disant ceci :

« Ce logion à forme paradoxale et ceux qui le suivent jouent sur deux étapes de la vie humaine : présente et future. Le grec ψυχή, équivalent ici de l’hébreu nephesh, combine les trois sens de vie, âme et personne. »

Vous avez bien compris ? Non ? À prime abord, moi non plus… Premièrement, le mot « logion » ne se trouve pas dans le dictionnaire. Comment voulez-vous que le commun des mortels sache ce qu’est un « logion » ? Il faut effectuer des recherches sur Internet pour découvrir la signification de ce mot. Dans Wikipédia, à l’entrée « logion », on dit que « dans la tradition du judaïsme hellénique et du christianisme, le terme est synonyme de “Parole du Seigneur” ». Donc, dans Matthieu 16:25-26, l’on trouve la parole de Jésus paradoxale. Le reste de la note n’offre aucune explication à savoir pourquoi l’on a choisi d’écrire « vie » plutôt « qu’âme » (ou « personne », selon eux).

Manifestement, les traducteurs de la version de Jérusalem avaient une idée préconçue de la nature de l’âme, une idée fausse qui ne convenait pas à la Parole de Christ. Ce genre de formule pseudo-savante égare le lecteur plutôt qu’elle ne l’éclaire, un parfait exemple de l’aveugle conduisant un autre aveugle. L’on considère ici que le mot grec psuchē combine trois sens qui, selon eux, ne veulent pas dire la même chose. En effet, Christ ne fit pas de distinction entre « âme » et « vie », or, le pseudo-christianisme en fait une, car, pour lui, l’âme n’est pas la vie, mais une entité spirituelle ayant une vie éternelle indépendante. Si le corps meurt et perd la vie, l’âme, elle, continue éternellement à vivre. Logiquement, d’après ce concept, les mots nephesh, en hébreu, et psuchē, en grec, devraient signifier soit la vie, soit l’âme, mais pas les deux.

Or, nous voyons nettement que, pour notre Seigneur Jésus-Christ, il n’existe ni paradoxe, ni différence. Il emploie le mot psuchē parce que, pour Lui, la « vie » et « l’âme » constituent la même chose. Il l’avait expliqué à Moïse longtemps auparavant : l’âme, c’est la vie qui se trouve dans le sang, c’est l’énergie vitale qui coule dans nos veines. Relisons ce que dit Jésus :

« Car quiconque voudra sauver son âme [c’est-à-dire, conserver sa vie, son énergie vitale], la perdra ; mais quiconque perdra son âme [renoncera à la vie] pour l’amour de moi et de l’Evangile, celui-là la sauvera » (Marc 8:35). Et : « Celui qui aura conservé sa vie [son énergie vitale, son âme], la perdra ; mais celui qui aura perdu sa vie [renoncera à son énergie vitale, son âme, pour ne pas renier Christ] pour l’amour de moi, la retrouvera » (Matthieu 10:39),

Citons également les passages parallèles se trouvant dans l’Évangile de Luc : « Car quiconque voudra sauver sa vie, la perdra ; mais quiconque perdra sa vie pour l’amour de moi, la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il se détruit lui-même, et se perd lui-même ? » (Luc 9:24-25). Ici, Jésus dit la même chose que dans Matthieu 10:39 en employant le mot « vie » qui traduit le mot grec psuchē (vie animale). Jésus explique donc que celui qui veut sauver sa vie physique animale face à la persécution et qui est prêt pour cela à Le renier, perdra sa vie éternelle. Par contre, celui qui est prêt à renoncer à sa vie physique animale afin de ne pas renier Christ, retrouvera la vie à la résurrection des saints. « Quiconque cherchera à sauver sa vie, la perdra ; et quiconque la perdra, la vivifiera » répète plus loin Jésus dans Luc 17:33,

Toutes ces citations des Paroles de Jésus montrent qu’Il parlait de la même chose : perdre ou sauver son âme, c’est perdre ou sauver sa vie. De toute évidence, cela vient détruire le concept de l’âme immortelle. Dans Genèse 2:7, il est écrit : « … et l’homme fut fait en âme vivante [nephesh]. » Si l’âme est une entité immortelle, quelle est l’idée de spécifier qu’elle est « vivante » ? Dieu nous dit simplement qu’une fois l’âme insérée dans le sang d’Adam, Il l’a rendu « active », apte à animer l’homme. Cette énergie vitale peut donc mourir, périr, s’éteindre.

« Voilà, toutes les âmes sont à moi ; l’âme de l’enfant est à moi, comme l’âme du père ; et l’âme qui péchera sera celle qui mourra » (Ézéchiel 18:4).

Ce passage des Écritures est fondamental. Mais posons-nous la question : Pourquoi Dieu dit-Il que l’âme MOURRA si, en réalité, elle a la vie éternelle pour brûler indéfiniment ? Croyez-vous que Dieu n’aurait pas su l’expliquer de manière plus précise et plus franche si ce n’était pas vraiment de la mort (la cessation complète de la vie) dont Il parlait, mais d’une « séparation éternelle », afin d’éviter la confusion ? Ceux qui tiennent pour acquis que la « mort » (la seconde) n’est pas une vraie mort, mais une séparation éternelle de la présence de Dieu possèdent-ils une Écriture qui l’établisse sans le moindre doute et sans besoin d’interprétation ? Ce verset du livre d’Ézéchiel est d’une clarté limpide et directe, et il dit exactement ce que Dieu entend par « mort ».

Il est d’ailleurs si clair que les versions bibliques trafiquées n’ont pas pu le changer, car il aurait été assez embarrassant d’écrire : « … la vie qui péchera sera celle qui mourra ».

Par opposition a ce qu’Il dit dans Ézéchiel 18:4, Dieu déclare au verset 9 : « Qui aura marché dans mes statuts, et aura gardé mes ordonnances pour agir en vérité, celui-là est juste ; certainement il vivra, dit le Seigneur, l’Éternel. » Celui qui aura ses péchés pardonnés au moment de sa mort et qui décédera ainsi justifié, sans tache ni ride, héritera de la vie éternelle, il ne connaîtra jamais plus la mort, la seconde.

Toutefois, au verset 13, Dieu souligne le sort du méchant : « Qu’il donne à usure, et qu’il prenne du surcroît, vivra-t-il ?Il ne vivra pas, quand il aura commis toutes ces abominations, on le fera mourir de mort. » Dieu spécifie, par l’expression « mourir de mort », qu’Il enlèvera toute trace de vie, toute énergie vitale de la personne visée et qu’elle sera jetée dans le feu de la géhenne pour être réduite en cendres. Dieu ne dit pas seulement que la personne va mourir, mais qu’elle va mourir de mort ! Et Il signale bien que c’est l’âme qui meurt, qui cesse d’exister.

En comparaison, voyons maintenant comment la version de Jérusalem rend le passage d’Ézéchiel 18:4 : « Voici, toues les vies sont à moi, aussi bien la vie du père que celle du fils, elles sont à moi. Celui qui a péché, c’est lui qui mourra. » À la rigueur, l’on peut comprendre que l’on ait remplacé le mot « âme » par le mot « vie » dans la première partie du verset. Mais un problème a surgi dans la seconde partie alors que, tout en ne voulant pas traduire nephesh par « âme », on ne pouvait pas non plus utiliser le mot « vie », ce qui aurait donné une étrangeté comme : « La vie qui a péché, c’est la vie qui mourra. » Or, c’est bien le mot original de nephesh qu’il faut traduire à tout coup. « Celui » ou « lui » ne traduisent pas nephesh ; nous voyons ici un grave écart des traducteurs de la version de Jérusalem qui ont changé la Parole de Dieu pour satisfaire à une fausse doctrine.

Voici un autre écart au verset 9 : « …se conduit selon mes lois et observe mes coutumes pour agir selon la vérité, un tel homme est vraiment juste, oracle de Yahvé. » Donc, au lieu de spécifier que le juste vivra certainement et ne mourra pas de mort, on se contente de raccourcir en ne disant seulement que cet homme est vraiment juste, ce qui amoindrit considérablement « l’oracle de Yahvé ».

Le verset 13 offre aussi un exemple d’assombrissement de la Parole de Dieu : « …prête avec usure et prend des intérêts, ce fils ne saurait vivre après avoir commis tous ces crimes abominables, il devra mourir et son sang sera sur lui. » On notera une forte perte de l’impact des Paroles de Dieu. L’expression « on le fera mourir de mort » est évitée pour empêcher de faire comprendre qu’il s’agit de la seconde mort, le sort du méchant incorrigible, et l’avertissement sévère de Dieu est considérablement dilué.

Le verset 20, qui est une reprise du verset 4, est aussi déformé : « Celui qui a péché, c’est lui qui mourra ; un fils ne portera pas la faute de son père, ni un père la faute de son fils : au juste sera imputée sa justice, et au méchant sa méchanceté. » Aucune note, en marge ou en bas de page, n’est fournie pour donner une explication à ce changement majeur qui cache une vérité centrale du Plan de Salut de Dieu pour l’homme.

Les rédacteurs de la version Louis Segond semblent avoir été plus frileux, ou à tout le moins plus prudents, et n’ont pas osé trafiquer le texte original. Verset 4 : « Voici, toutes les âmes sont à moi ; l’âme du fils comme l’âme du père, l’une et l’autre sont à moi ; l’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. » Verset 9 : « …qui suit mes lois et observe mes ordonnances en agissant avec fidélité,– celui-là est juste, il vivra, dit le Seigneur, l’Éternel. » Verset 13 : « S’il prête à intérêt et tire une usure, – ce fils-là vivrait ! Il ne vivra pas ; il a commis toutes ces abominations ; qu’il meure ! que son sang retombe sur lui ! » Verset 20 : « L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui. »

Le texte original hébreu massorétique, correctement rendu dans la version anglaise de la King James Autorisée et la version française de David Martin (de même, ici exceptionnellement dans la version Louis Segond) démontre clairement l’insistance de Dieu à dire que l’âme peut mourir par sa persistance à pécher. Or, en inspirant ces Paroles à Son prophète, Dieu savait fort bien qu’il y aurait des menteurs qui, par la suite, inséreraient des doctrines fallacieuses où l’on affirmerait que l’âme est immortelle et que la « mort » dont il est question est une « séparation de la présence de Dieu ». Au verset 20, Il répète donc l’avertissement du verset 4 déclarant que l’âme peut mourir, cesser d’exister, car l’âme est la vie qui coule dans le sang. Lorsque le sang cesse de couler parce que le cœur s’arrête, la vie s’éteint et donc l’âme meurt.

Vivre éternellement, soi-disant séparé de la présence de Dieu, ce n’est pas la mort ; cela demeure la vie éternelle. Et ce n’est pas ce qu’a planifié Dieu pour l’âme qui pèche.

Dans Ézéchiel 18:27, voici ce que Dieu dit : « Et quand le méchant se détournera de sa méchanceté, qu’il aura commise, et qu’il fera ce qui est juste et droit, il fera vivre son âme. » Dans la version David Martin que nous employons, il est parfaitement clair que l’âme n’est pas immortelle, car le méchant doit se repentir devant Dieu et se détourner du mal (autrement dit, se convertir) pour avoir l’espérance d’accéder à la vie éternelle. Une fois encore, c’est ce que dit la Louis Segond. Bien sûr, la version anglaise de la King James va dans le même sens : « …he shalll save his soul alive… » Cependant, la bible catholique de Jérusalem poursuit sa lancée de falsification des Écritures afin de sauvegarder sa fausse doctrine et elle écrit sournoisement : « …il mérite de vivre… », en évitant de traduire le mot hébreu nephesh par trop encombrant. Ainsi, le lecteur catholique n’arrive pas à concevoir que l’âme peut mourir, car son texte ne le dit pas. De plus, puisque Dieu ne parle pas ici de la vie physique, mais bien de la vie éternelle à venir, l’emploi catholique du mot « mérite » est également injustifié et incorrect, car il sous-entend encore le salut par les œuvres. C’est le genre de supercherie qui prévaut depuis des siècles dans le monde chrétien sans avoir été ouvertement dénoncé.

Prenons ici le temps de lire attentivement un texte biblique de base que peu de chrétiens comprennent parfaitement dans son contexte du Plan de Salut :

« Car les gages du péché, c’est la mort ; mais le don de Dieu, c’est la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 6:23).

Tout le véritable sens de ce verset se révèle à ceux qui ont bien saisi le Plan de Salut de Dieu pour les hommes, sans les taches de fausses doctrines pour l’obscurcir. C’est la première partie du verset que les gens ne comprennent pas très bien. Alors expliquons-la : le péché exige des gages, ou un salaire, dans d’autres versions, et ces gages sont la mort. Un gage sert de garantie, d’assurance, de caution, de preuve, selon le dictionnaire. Dans le cas du péché, il s’agit donc d’une amende, une dette qui doit être payée pour que le péché soit effacé. Seule la mort du transgresseur ou du pécheur peut effacer cette dette. Cependant, il va sans dire qu’il n’est pas question ici de la première mort par laquelle passent même les saints en Jésus-Christ. La mort qui exige des gages, un salaire, c’est la seconde mort. Par cette mort complète et irréversible, le pécheur paie l’amende de tous ses péchés. Vous comprendrez alors que si son âme était « immortelle » et qu’elle devait brûler sans fin, il ne pourrait y avoir l’effacement de ses péchés, ceux-ci subsistant aussi éternellement.

Pour pallier cette exigence du péché et accéder ensuite à la vie éternelle (qui est un don de Dieu) l’Éternel a pourvu une solution incroyablement parfaite : Il S’est offert Lui-même à mourir à notre place en prenant une figure d’homme, un corps humain appelé Jésus-Christ/Dieu dans la chair, afin de payer les gages des péchés de toute l’humanité, car Son sang, Son âme, a une valeur plus grande que toute Sa création réunie. Et non seulement Son âme sacrifiée efface-t-elle nos péchés, mais elle nous accorde le don de Dieu, c’est-à-dire, la vie éternelle que nous ne pouvions pas nous mériter.

Cela explique l’expression chère aux apôtres Pierre et Paul de « mourir au péché sur la croix avec Christ » (voir Romains 6:2, 11 ; 1 Pierre 2:24). Car nous mourons sans péché, revêtus de la grâce de Dieu, de la justice de Christ, sans tache ni ride, et ainsi, nous devenons dignes de recevoir la vie éternelle.

Voilà donc un verset (Romains 6:23) qui résume succinctement tout le plan de salut de Dieu pour les hommes. Et il ne sous-entend pas du tout l’immortalité de l’âme, bien au contraire, il souligne la nécessité de la mortalité de l’âme. Une âme immortelle irait à l’encontre du salut, elle le saboterait.

Voyons un autre passage du livre d’Ézéchiel par lequel le concept de l’immortalité de l’âme est insoutenable :

« Il y a un complot de ses Prophètes au milieu d’elle ; ils seront comme des lions rugissants, qui ravissent la proie : ils ont dévoré les âmes ; ils ont emporté les richesses, et la gloire ; ils ont multiplié les veuves au milieu d’elle … Ses principaux ont été au milieu d’elle comme des loups qui ravissent la proie, pour répandre le sang et pour détruire les âmes, pour s’adonner au gain déshonnête » (Ézéchiel 22:25, 27).

Rendons-nous à l’évidence : « dévorer des âmes » et « détruire des âmes » est impossible si celles-ci sont par essence éternelles et donc indestructibles. Les auteurs des manuscrits frauduleux s’en sont bien rendu compte. Comparons. Tout d’abord, la version anglaise King James Autorisée confirme le texte de David Martin. Verset 25 : « … they have devoured souls… » et, au verset 27 : « …and to destroy souls… » Mais d’autres versions populaires ont changé le texte afin d’effacer l’idée que l’âme (the soul) puisse mourir. Par example, la New International Version écrit : « …they devour people… » et « kill people… » ; la Living Bible écrit : « …they devour many lives… » et « …they destroy lives… » Enfin, la Revised Standard écrit : « …they have devoured many lives… » et « …destroyung lives… »

Le même phénomène de malversation s’est produit dans les versions de langue française. Dans la version Louis Segond, le texte se lit comme suit : « Ses prophètes conspirent dans son sein : comme des lions rugissants qui déchirent leurs proies, ils dévorent les âmes, ils s’emparent des richesses et des choses précieuses, ils multiplient les veuves au milieu d’elle … Ses chefs sont dans son sein comme des loups qui déchirent leurs proies ; ils répandent le sang, perdent les âmes, pour assouvir leur cupidité »

Vous noterez que le texte est fort semblable, mais les traducteurs de la Louis Segond n’ont pu s’empêcher de remplacer « détruisent » par « perdent », ce qui n’est pas la même chose et ne met pas en danger « l’immortalité de l’âme ». Cela demeure donc une falsification du texte original.

Les auteurs de la version de Jérusalem sont allés beaucoup plus loin et c’est à peine si l’on reconnaît la Parole de Dieu. Lisez vous-mêmes : « …dont les princes qui l’habitent sont comme un lion rugissant qui dévore sa proie. Ils ont dévoré les gens, pris les richesses et les bijoux, multiplié les veuves au milieu d’elle … Ses chefs, au milieu de la ville, sont comme des loups qui déchirent leur proie, qui répandent le sang, faisant périr les gens pour voler les biens. »

Remarquez tout d’abord que le début du verset original a tout simplement été escamoté. Celui-ci dit bien « Il y a un complot de ses Prophètes au milieu d’elle », mais l’on se contente ici d’écrire « les princes qui l’habitent ». Voulait-on cacher le fait que ces auteurs faisaient partie du complot ? Ensuite, on traduit le mot hébreu nephesh par « gens » (qui se dit am [עם] en hébreu) au lieu de son véritable sens : « âme ». Parce que pour les catholiques et un grand nombre de croyants protestants, évangéliques, pentecôtistes, etc., une âme ne peut périr puisqu’on la croit immortelle. Or, le mot nephesh ne veut pas dire « gens ».

Ce n’est certainement pas pour nous égarer ou pour nous confondre que Dieu emploie les mots « dévorer » et « détruire » en parlant de l’âme. Il sait toujours parfaitement bien ce qu’Il dit et Il possède le vocabulaire de toutes les langues mieux que les hommes. Il demeure constant et consistant dans toutes les Écritures. L’âme, c’est la vie, c’est le sang : elle peut être détruite et peut donc mourir.




D.588 – Le Salut – Peut-on le mériter ? Une fois acquis, peut-on le perdre ? – Chapitre 4

LE LIBRE CHOIX EXISTE-T-IL ?

Par Roch Richer

CHAPITRE QUATRE

La persévérance des saints et la perte du salut

Dans le Chapitre Trois, nous avons vu que l’homme possède la faculté de choisir d’accepter le salut de Dieu ou de le refuser. Ce libre-choix, ou libre arbitre, lui a été accordé par Dieu, car c’est un élément essentiel du salut. Nous allons voir maintenant qu’à la suite de ce choix, l’homme doit prendre la décision de persister dans son choix d’acceptation en persévérant jusqu’à la fin de sa vie, sinon il se détournera de la voie divine et finira par perdre son salut.

« Etudie-toi de te rendre approuvé à Dieu, ouvrier sans reproche, enseignant purement la parole de la vérité » (2 Timothée 2:15).

De quelle manière s’étudier ? Les lettres aux sept Églises (Apocalypse 2 et 3) sont un exemple du libre arbitre de l’homme et de recommandations à la persévérance des saints dans la foi. Christ a un reproche à faire à six d’entre elles. Si Dieu ne laissait pas le choix aux chrétiens d’être sauvés, ils ne seraient même pas capables de pécher, car Dieu agirait entièrement à leur place. Conséquemment, pourquoi leur ferait-Il quelque reproche que ce soit ? Dans chacune des faiblesses des Églises, ce serait Dieu qui aurait failli. Nous savons que cela est impossible.

Les reproches sont des remarques sur les choix que les chrétiens ont pris et Dieu les en tient responsables tout en les encourageant à se corriger. Ils ont pris certaines décisions mauvaises selon leur libre-choix. À toutes les Églises, Christ dit : «À celui qui vaincra… », ce qui est inexplicable dans le contexte calviniste. C’est ce que l’on retrouve aussi dans Apocalypse 21:7 qui dit : « Celui qui vaincra, héritera toutes choses ; et je lui serai Dieu, et il me sera fils ». Or, dans le calvinisme, Dieu seul est vainqueur, car Il amène l’homme au salut malgré lui ! Mais la signification clairement biblique du mot « vaincre », c’est de persévérer dans la foi jusqu’à la fin, en confessant Jésus-Christ comme notre Sauveur, peu importe les combats et les persécutions. Celui qui ne vaincra pas, parce que retombé dans la mort spirituelle, n’héritera que la mort. Cela s’adresse très spécifiquement aux croyants ayant le Saint-Esprit, preuve que l’on peut perdre le salut. Dans le calvinisme, c’est Dieu qui vainc pour chacun des Élus qui n’ont qu’à se laisser porter par la vague, car ils n’ont pas à vaincre, Dieu faisant tout à leur place. Ce n’est assurément pas ce que nous a affirmé notre Seigneur Jésus-Christ…

« Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom ; mais quiconque persévérera jusqu’à la fin, sera sauvé » (Matthieu 10:22).

Jésus ne demande pas au Père d’opérer toute la persévérance en nous ; c’est à nous qu’Il S’adresse directement. Il est de notre responsabilité de persévérer. Mais cette persévérance est mal comprise, à la fois des arminiens et des calvinistes. Ces derniers confondent la persévérance et le libre-choix avec les œuvres humaines, car, étant donné la dépravation de l’homme, celui-ci ne peut rien amener pour son salut. Mais c’est faux, car Dieu demande quelque chose de la part de l’homme : lorsqu’Il lui présente Son offre de salut, l’homme doit décider d’un choix, soit de l’accepter, soit de la refuser, et ce de manière volontaire, sans contrainte. Dieu va même jusqu’à donner à l’homme les arrhes de Son Esprit en tant que grâce prévenante afin d’éclairer l’homme sur l’offre qui lui est faite.

Finalement, la part de l’homme se résume à dire « oui » ou « non ». Ce n’est pas une œuvre pour nous mériter le salut. Prenons un exemple simple : Disons que, dans un moment difficile de votre vie, vous perdiez votre emploi et n’ayez pas les moyens de rembourser les dettes que vous avez accumulées. Si les choses persistent, vous devrez déclarer faillite et tout perdre. Or, un parent à vous, personne fortunée qui possède une entreprise lucrative, a vent de vos déboires financiers et est touché de compassion pour votre cas. Il vous donne un coup de téléphone et vous offre de rembourser toutes vos dettes et il vous demande de venir travailler pour lui dans son entreprise. Il n’exige rien en retour, car il agit par pure compassion familiale. Tout ce que vous avez à faire, c’est d’accepter son offre ou pas, c’est votre choix. Vous ne méritez pas ce cadeau que vous n’avez pas à rembourser. C’est un don, pas un prêt.

Il en est de même en ce qui a trait à l’offre de salut de Dieu pour vous. Le fait que vous l’acceptiez ne fait pas en sorte que vous la méritiez. Ce n’est pas une œuvre de la loi que Dieu commande à l’homme, mais une œuvre de foi, une simple prise de décision établie sur la confiance en Dieu, comme le démontra Abraham en acceptant de sacrifier son fils Isaac.

« Et parce que l’iniquité sera multipliée, la charité de plusieurs se refroidira. Mais qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » (Matthieu 24:12-13).

Qu’est-ce que la persévérance des saints ? Comment se fait-il qu’aux temps de la fin, la charité de certains prédestinés – car il est bien question de membres de l’Église – se sera refroidie ? Jésus parlait-Il des membres de l’Église de Laodicée qui sont devenus tièdes ? Est-ce Dieu qui diminue en eux la charité ? Ou négligent-ils plutôt de persévérer dans leur choix initial jusqu’à la fin ? Dans Apocalypse 3:14 à 20, nous voyons que la dernière ère de l’Eglise s’est assise confortablement sur son peu de connaissance. Mais elle subira un réveil brutal et un grand nombre mourront martyrs.

Vous remarquerez aussi que Christ dit « qui aura persévéré jusqu’à la fin sera sauvé » et non pas « est sauvé ». Car celui qui ne persévérera pas jusqu’à la fin ne sera pas sauvé. Nous allons voir d’autres versets qui nous enseignent qu’il nous faut réellement tenir notre engagement jusqu’à la fin pour accéder au salut. Le calvinisme ne tient manifestement pas compte de tous ces passages.

« Je suis le Cep, et vous en êtes les sarments ; celui qui demeure en moi, et moi en lui, porte beaucoup de fruit ; car hors de moi, vous ne pouvez rien produire. Si quelqu’un ne demeure point en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il se sèche ; puis on l’amasse, et on le met au feu, et il brûle » (Jean 15:5-6).

Habituellement, le calviniste se servira uniquement du verset 5 pour établir que l’homme n’a pas le libre arbitre, mais la suite lui donne tort. Chaque mot est important dans les Écritures et Jésus a employé le mot « demeure » à bon escient. Car, pour demeurer en Christ, il faut d’abord s’y trouver et vouloir y rester. Si une personne préalablement en Christ n’y demeure plus, elle est rejetée et perd son salut. Jésus ne parlait pas des gens du dehors qui n’ont jamais été en Christ et qui ne peuvent pas « y demeurer ». Il parle de ceux qui sont attachés au vrai cep. Ceux du dehors sont spirituellement morts, la sève du Saint-Esprit n’ayant jamais coulé en eux. Ici, il est question du péché impardonnable que les calvinistes refusent de reconnaître.

« Et quand l’assemblée fut séparée, plusieurs des Juifs et des prosélytes qui servaient Dieu, suivirent Paul et Barnabas, qui en leur parlant les exhortaient à persévérer en la grâce de Dieu » (Actes 13:43).

Si un chrétien ne peut perdre son salut, Paul et Barnabas n’avaient nul besoin d’exhorter ces nouveaux croyants à persévérer dans la grâce de Dieu, car c’eût été automatique. Non seulement cela aurait-il été inutile, mais également dubitatif envers Dieu et Son salut inconditionnel et irrésistible. Mais Paul et Barnabas reconnaissaient le libre arbitre des croyants et la signification réelle de la persévérance des saints.

« Fortifiant l’esprit des disciples, et les exhortant à persévérer en la foi, et leur faisant sentir que c’est par plusieurs afflictions qu’il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu » (Actes 14:22).

Dans la théologie calviniste concernant l’appel et le salut, il n’y a nul besoin de l’exhortation à la persévérance puisque le résultat est déjà scellé d’avance. Mais cela ne semblait pas être l’avis de Paul et de Barnabas qui, comme nous le voyons, soulignaient que c’est principalement lors des moments d’affliction et de persécution qu’il s’avère important de tenir bon et de persévérer dans la foi. Si Dieu prédéterminait tout d’avance, pourquoi permettrait-Il les afflictions et les persécutions, vu que Ses enfants vont être sauvés quand même ? Ne serait-ce pas cruel de la part de Dieu de diriger ces épreuves qui ne changeraient rien au résultat final ?

« Mais que dit-elle [la sagesse] ? La parole est près de toi en ta bouche, et en ton cœur. Or c’est là la parole de la foi, laquelle nous prêchons. C’est pourquoi, si tu confesses le Seigneur Jésus de ta bouche, et que tu croies en ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Romains 10:8-9).

Cette exhortation de Paul est indubitablement une condition au salut, mais le calvinisme la présente comme un signe. Paul dit bien que « si tu confesses le Seigneur Jésus de ta bouche », c’est-à-dire, que tu ne le renies pas, « tu seras sauvé », au futur. Le salut est conditionnel à la persévérance du croyant à persister dans sa confession et sa reconnaissance du Seigneur comme étant ressuscité, quelque soit la persécution qu’il en subit. Et s’il combat ce bon combat jusqu’à la fin, alors il sera sauvé. Mais les calvinistes disent que nous sommes déjà immanquablement sauvés et que la confession que nous faisons du Seigneur n’est qu’un signe prouvant notre élection. Voyons voir…

« Car si Dieu n’a point épargné les branches naturelles [Israël de l’ancienne alliance], prends garde qu’il ne t’épargne point aussi [c’est-à-dire, les croyants d’extraction gentille]. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : la sévérité sur ceux [les Israélites rebelles] qui sont tombés ; et la bonté envers toi [Gentil converti], si tu persévères en sa bonté : car autrement tu seras aussi coupé » (Romains 11:21-22).

Il y a toujours quelque chose de fascinant lorsque l’on arrive sur un passage – passé sous le radar des « grands théologiens » – qui revient les frapper en pleine face, détruisant leur savant travail de sape de la saine doctrine de Christ. Pour tous ceux qui croient que l’on ne peut pas perdre son salut, ce passage est insoluble et intolérable, car on ne peut éviter la réalité de ce que l’apôtre Paul enseigne, à savoir, qu’un membre de l’Église de Christ, qu’il ait été d’origine juive ou gentille, peut être enlevé du Corps de Christ s’il ne persévère pas dans la foi.

Le salut fut offert aux enfants de Juda qui rejetèrent le Messie. La porte fut alors ouverte aux Gentils des alentours, dont les Romains à qui Paul s’adresse directement. Ces branches d’olivier sauvage furent greffées au tronc de l’olivier franc, soit Jésus-Christ, et firent partie de Son Corps. Mais Paul les avertit de ne pas en tirer orgueil vis-à-vis les Juifs rebelles, relâchant ainsi leur zèle et leur persévérance, sinon ils seront coupés du Corps de Christ et perdrons leur salut. Le passage est si clair qu’il suffirait à lui seul à faire tomber tout le fragile château de cartes de Calvin.

« Ne savez-vous pas que quand on court dans la lice, tous courent bien, mais un seul remporte le prix ? courez donc tellement que vous le remportiez. Or quiconque lutte, vit entièrement de régime ; et quant à ceux-là, ils le font pour avoir une couronne corruptible ; mais nous, pour en avoir une incorruptible. Je cours donc, mais non pas sans savoir comment ; je combats, mais non pas comme battant l’air. Mais je mortifie mon corps, et je me le soumets ; de peur qu’après avoir prêché aux autres, je ne sois trouvé moi-même en quelque sorte non recevable » (1 Corinthiens 9:24-27).

Quel exemple de persévérance ! Paul compare le parcours spirituel du chrétien à une course parfois pénible et remplie d’obstacles. Mais le calviniste compare le parcours du chrétien à celui d’un coureur kidnappé dans la voiture de Dieu qui verrouille les portes pour que le coureur ne puisse s’échapper. Celui-ci attend ensuite sur la banquette arrière que Dieu le mène à la vie éternelle. Il est dommage que Calvin n’ait pas vécu à l’époque de Paul qu’il aurait pu corriger, car l’apôtre de Dieu a une bien étrange façon de parler du « salut inconditionnel ». Au lieu de cela, Paul compare souvent le cheminement du chrétien à un combat de lutte, un combat de soldat, à une course à pied, n’étant pas assuré de la victoire avant le dénouement. Paul se disciplinait et vivait soigneusement ce qu’il prêchait aux autres, car il était conscient du danger que représentait tout relâchement, tout ralentissement, et il travaillait sans cesse à être trouvé recevable par Dieu.

Un peu plus loin, Paul réitère ses avertissements : « Que celui donc qui croit demeurer debout, prenne garde qu’il ne tombe » (1 Corinthiens 10:12). C’est ce que Paul écrivit aux Corinthiens après leur avoir donné l’exemple des Israélites qui, sous Moïse, avaient été abreuvés de l’eau de la pierre qui représentait Christ Lui-même. Le chrétien qui se pense si solide sur ses deux pieds qu’il croit que rien ne le fera broncher, comme les calvinistes, disons, risque de se relâcher, de perdre pied et de tomber. Cela entre évidemment en contradiction avec le calvinisme qui en propose l’impossibilité.

« Mais je crains, que comme le serpent séduisit Eve par sa ruse, vos pensées aussi ne se corrompent, en se détournant de la simplicité qui est en Christ » (2 Corinthiens 11:3).

Paul s’adressait une fois de plus aux convertis de Corinthe. Si leur salut avait été inconditionnel et prédéterminé, Paul ne s’en serait pas inquiété de la sorte. Or, il voyait la possibilité d’une corruption de la pensée de ces chrétiens qui se seraient détournés de l’Évangile de Christ. Mais le calviniste arguera peut-être qu’il s’agissait de faux convertis non élus et non destinés au salut. Alors pourquoi Paul cherche-t-il à les ramener à Christ si tel n’était pas leur destin ? N’était-ce pas travailler contre la volonté de Dieu qui désire détruire ces gens-là, les ayant prédestinés à la perdition ? Vous voyez que le calvinisme est truffé de pièges.

« Seulement conduisez-vous dignement comme il est séant selon l’Evangile de Christ ; afin que soit que je vienne, et que je vous voie ; soit que je sois absent, j’entende quant à votre état, que vous persistez en un même esprit, combattant ensemble d’un même courage par la foi de l’Evangile, et n’étant en rien épouvantés par les adversaires » (Philippiens 1:27).

Les apôtres n’ont jamais cessé d’exhorter les disciples à persister avec courage dans la foi. Mais, à en croire le calvinisme et tous ceux qui prônent un salut irrésistible, peu importe que nous combattions ou non, le salut est garanti par le choix prédéterminé de Dieu, sans que nous n’ayons un mot à dire dans la décision. À quoi bon lutter, alors ? De toute évidence, les apôtres ne voyaient pas les choses du même œil que ces fraudeurs.

« C’est pourquoi, mes bien-aimés, ainsi que vous avez toujours obéi, non seulement comme en ma présence, mais beaucoup plus maintenant en mon absence, employez-vous à votre propre salut avec crainte et tremblement. Car c’est Dieu qui produit en vous avec efficace le vouloir, et l’exécution, selon son bon plaisir » (Philippiens 2:12-13).

Les calvinistes disent que, si « Dieu … produit en vous avec efficace le vouloir et l’exécution selon Son bon plaisir », notre salut ne peut qu’être inévitable et assuré. Mais peuvent-ils alors nous expliquer pourquoi nous devons nous employer à notre propre salut avec crainte et tremblement ? Y a-t-il une contradiction dans le propos de Paul, ou une mauvaise compréhension de la part des tenants du calvinisme ? Ce que Dieu produit en nous, c’est par l’influence de Son Esprit qui nous habite. Mais cela n’a rien de similaire avec une possession démoniaque où une personne ne s’appartient plus. Dieu ne nous impose pas le vouloir et l’exécution, car Son Plan de salut exige que nous ayons le choix d’obéir à cette divine influence de façon volontaire et que nous travaillions à conserver ce salut acquis à un si grand prix. Cela suscite en nous une sainte crainte et un légitime tremblement de ne pas retomber dans les ténèbres de la mort spirituelle. Dieu nous aide en faisant couler en nous la sève qui produit du bon fruit. Or, à travers tout le processus, nous conservons notre libre arbitre afin que notre fidélité à Dieu demeure volontaire.

Si Dieu nous avait donné irréversiblement le salut, sans que nous n’ayons rien à faire, à décider ou à choisir, c’est qu’Il ferait tout à notre place et dirigerait même nos pensées. Ainsi, quelle serait donc l’utilité de la Parole écrite, la Bible ? Pourquoi toutes ses instructions et tous ses enseignements à savoir comment faire le bien, ses exhortations à œuvrer à notre salut, ses avertissements à éviter le mal ? Et pour ceux qui sont créés dans le dessein arrêté d’être maudits et perdus, pourquoi les punir du mal qu’ils doivent pourtant commettre pour rencontrer les critères requis à la perdition ? Les doctrines calvinistes, rendons-nous-en compte, sont un non-sens.

« Essayant si en quelque manière je puis parvenir à la résurrection des morts. Non que j’aie déjà atteint le but, ou que je sois déjà rendu accompli : mais je poursuis ce but pour tâcher d’y parvenir, c’est pourquoi aussi j’ai été pris par Jésus-Christ. Mes frères, pour moi, je ne me persuade pas d’avoir atteint le but ; mais je fais une chose, c’est qu’en oubliant les choses qui sont derrière moi, et m’avançant vers celles qui sont devant moi, je cours vers le but, savoir au prix de la céleste vocation, qui est de Dieu en Jésus-Christ » (Philippiens 3:11-14).

Wow ! L’apôtre Paul qui n’est pas sûr de son salut ! Il ne s’en persuade pas ! Il dit avoir besoin de courir plus fort ! Qu’est-ce que les calvinistes ne comprennent pas, ici ?! Paul aurait tout aussi bien pu ajouter : « Je ne suis pas calviniste et je ne crois pas que mon salut soit inconditionnel, » car ce qu’il écrit ici est carrément contraire à la théorie de Calvin & Cie. En effet, sont-ce là les propos d’un homme qui pense posséder un salut irrésistible et irréversible ? Assurément pas. Paul savait qu’il devait persévérer dans son travail de conservation du salut. Pas pour le mériter, mais pour le conserver. Parce que l’apôtre savait fort bien qu’il est possible de se négliger au point de perdre la pensée de Christ, de S’en éloigner et finir par Le rejeter. Il faut être effronté pour refuser de reconnaître et d’adopter cet enseignement clair de l’apôtre de Dieu. Et ce n’est qu’un exemple parmi les nombreux passages incompatibles avec la doctrine floue du calvinisme.

« Car il y en a plusieurs qui marchent d’une telle manière, que je vous ai souvent dit, et maintenant je vous le dis encore en pleurant, qu’ils sont ennemis de la croix de Christ » (Philippiens 3:18).

De qui l’apôtre Paul parlait-il ? Si ces personnes qu’il mentionne marchent en ennemis de la croix de Christ parce qu’ils sont irrémédiablement perdus, alors que les saints de Philippe sont irréversiblement sauvés, pourquoi Paul les met-il en garde contre eux au point d’en venir aux larmes ? Les saints ne sont-ils pas intouchables ? Dieu ne les préserve-t-il pas de tout afin d’assurer leur salut ? Ne sont-ils pas en Sa main d’où personne ne peut les arracher ? Paul mettait souvent en garde les disciples contre les loups ravisseurs qui infiltraient l’Église et détournaient les membres de la saine doctrine de Christ. L’apôtre a prédit qu’après son départ, des ministres de Satan allaient s’emparer des pâturages. Le calviniste ne tient pas cela en compte, peut-être parce qu’il fait partie des loups ravisseurs…

« C’est pourquoi, mes très chers frères que j’aime tendrement, vous qui êtes ma joie et ma couronne, demeurez ainsi fermes en notre Seigneur, mes bien-aimés … Je te prie aussi, toi mon vrai compagnon, aide-leur, comme à celles qui ont combattu avec moi dans l’Evangile, avec Clément, et mes autres compagnons d’œuvre, dont les noms sont écrits au Livre de vie » (Philippiens 4:1, 3).

Toujours incompréhensible dans le contexte calviniste. Comment y peut-on expliquer cette exhortation à demeurer ferme et ce combat dans l’Évangile ? N’est-ce pas inverse à l’élection inconditionnelle dénuée du choix personnel et où Dieu accomplit tout à la place de chaque Élu qui n’a théoriquement rien à faire ? Paul prenait grand soin de ses enfants dans le Seigneur et voyait à ce qu’ils ne se relâchent pas dans leur travail spirituel.

« C’est pourquoi depuis le jour que nous avons appris ces choses, nous ne cessons point de prier pour vous, et de demander à Dieu que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle ; afin que vous vous conduisiez dignement comme il est séant selon le Seigneur, pour lui plaire à tous égards, fructifiant en toute bonne œuvre, et croissant en la connaissance de Dieu » (Colossiens 1:9-10).

Voilà un édifiant exemple de la prière d’intercession que nous enseigne l’apôtre Paul. Nous savons qu’il priait en faveur de toutes les Églises de Dieu qu’il avait fondées. Paul demandait à Dieu d’aider les frères à tenir ferme dans la foi et qu’ils ne se négligent point. Mais quelle pertinence peut avoir une prière d’intercession dans la théorie calviniste puisque Dieu a déjà préréglé le salut de chaque Élu ? Calvin & Cie s’interrogeaient-ils à savoir pourquoi Paul priait avec tant d’ardeur pour le bénéfice des disciples ? Une personne qui n’a pas le choix d’être sauvée n’a pas besoin qu’on prie pour elle. Encore une fois, nous voyons que la théologie calviniste ne relève pas de l’Évangile et que lui sont étrangers les enseignements chrétiens d’apprentissage d’affermissement devant les épreuves, de résistance aux tentations, de combats contre la chair, de persévérance dans le choix de Christ comme Sauveur, enfin de tout ce qui constitue la vie chrétienne.

« Lequel nous annonçons, en exhortant tout homme, et en enseignant tout homme en toute sagesse, afin que nous rendions tout homme parfait en Jésus-Christ. A quoi aussi je travaille, en combattant selon son efficace, qui agit puissamment en moi » (Colossiens 1:28-29).

Dans ses annonces de l’Évangile, Paul en profitait toujours pour encourager les disciples à viser la perfection, ce qui s’avère un véritable travail de combattant qui ne se réalise que par l’efficacité du Saint-Esprit en nous. Cela ne cadre toujours pas avec le concept calviniste d’une prédétermination complète de Dieu qui fait tout le combat à notre place. Voyez ce que Paul dit ensuite :

« Or je veux que vous sachiez combien est grand le combat que j’ai pour vous, et pour ceux qui sont à Laodicée, et pour tous ceux qui n’ont point vu ma présence en la chair » (Colossiens 2:1).

Dans le calvinisme, il n’y a pas de combat, et Paul vient parler ici du grand combat qu’il soutient pour les frères ! Calvin disait sans doute : « Mais qu’est-ce qui n’allait pas chez Paul ? » Selon les standards du calvinisme, c’est à croire que Paul n’était pas un Élu ! Alors que ce que la Bible montre, c’est que Paul reconnaissait avoir la tâche et la mission de soutenir ses ouailles par tous les moyens de l’Évangile afin de les prévenir des dangers de retomber dans la mort spirituelle. Ce danger est réel, mais par quelque magie diabolique, il est occulté aux yeux de beaucoup de croyants qui se laissent berner par des charlatans leur disant que leur salut est assuré et qu’ils n’ont pas à s’inquiéter de quoi que ce soit.

Paul priait pour la persévérance des saints dans la foi, mais il demanda aussi aux disciples de prier Dieu pour lui et ses compagnons d’œuvres afin qu’ils puissent porter l’Évangile vers les non-croyants et en convertir plusieurs. Dans le calvinisme, l’on n’a pas à s’occuper de cela, Dieu Se charge de tout.

« Priez aussi tous ensemble pour nous, afin que Dieu nous ouvre la porte de la parole, pour annoncer le mystère de Christ, pour lequel aussi je suis prisonnier. Afin que je le manifeste selon qu’il faut que j’en parle. Conduisez-vous sagement envers ceux de dehors, rachetant le temps » (Colossiens 4:3-5).

Pourquoi Dieu veut-Il que nous priions ? Le calvinisme peut-il le dire ? Si Dieu a déjà prédéterminé tout ce qui se fait, passé, présent et futur de l’homme, nos prières y changent quoi ? Si nous n’avons aucun libre arbitre, notre décision de prier est futile, d’autant plus que nos paroles seraient toutes dictées par Dieu. Insensé, n’est-ce pas ? La prière véritable n’est réalisable qu’au travers de notre libre arbitre. Une prière peut changer le cours d’un événement.

Lorsque nous prions, nous savons que Dieu sait déjà ce que nous allons dire, bien sûr, mais Il ne le dicte pas. Il nous laisse établir une meilleure relation avec Lui par ce lien spirituel qui nous aide à Le mieux comprendre. Dieu sait ce qui va arriver demain selon ce qu’Il sait aussi que nous avons prié pour cela ou non. En ce sens, le futur n’est pas prédéterminé au niveau individuel. Mais il est certainement pré-connu de Dieu.

Que serait-il arrivé des personnes vers qui Paul allait annoncer le mystère de Christ s’il n’y était pas allé ? S’il y avait de futurs Élus parmi eux, Dieu S’y serait-Il pris autrement pour les atteindre ? Paul aurait-il eu à subir les conséquences de son abstention ? Était-ce pour conserver son zèle dans l’évangélisation que Paul demandait à ce que les disciples prient pour lui ?  Pourquoi prier Dieu pour que les portes s’ouvrent s’Il a déjà prédéterminé qu’elles s’ouvriraient ?

Dieu veut que Ses enfants participent à l’œuvre d’évangélisation, au salut les uns des autres, non pour l’accorder – seul Dieu accorde le salut – mais pour encourager la persévérance dans le combat et par la foi, pour enseigner, pour exhorter, corriger au besoin.

« Epaphras, qui est des vôtres, Serviteur de Christ, vous salue, combattant toujours pour vous par ses prières, afin que vous demeuriez parfaits et accomplis en toute la volonté de Dieu » (Colossiens 4:12).

Voilà un autre indice important de ce que peut être le combat dont parle souvent Paul : la prière fervente d’intercession pour le bien-être spirituel des saints en Jésus-Christ. Cela s’avère une partie importante du combat chrétien que nous devons choisir de  livrer. Cet exercice ne coûte rien et il est disponible à tous les croyants, peu importe la fortune. Ne sous-estimez jamais l’efficacité de la prière et, n’oubliez pas, elle est un parfum de bonne odeur qui monte aux narines de notre Père au ciel et qu’Il apprécie.

Par la prière, nous pouvons contribuer à sauver des âmes qui se mettent en danger. De toute évidence, Épaphras l’avait saisi, car il comprenait ce que les calvinistes ne conçoivent pas : « la prière du juste faite avec véhémence est de grande efficace » (Jacques 5:16). Ses prières pour les frères et les sœurs dans le Seigneur avaient un impact bénéfique sur le salut des chrétiens qu’il y nommait, les renforçant dans la foi afin qu’ils ne bronchent point dans l’épreuve et la tentation. Il s’agit donc d’un combat actif, et non pas d’une attente passive. Or, sous prétexte d’un salut sans œuvres humaines, le calviniste déclare que le chrétien ne peut rien faire qui vienne de lui-même. La prière d’Épaphras était-elle de l’interférence humaine dont Dieu n’aurait pas tenu compte ?

« Mais quoique nous eussions été auparavant affligés et outragés à Philippes, comme vous savez, nous avons eu le courage, appuyés sur notre Dieu de vous annoncer l’Evangile de Dieu au milieu de grands combats » (1 Thessaloniciens 2:2).

Selon la théorie calviniste, le salut est facile, il faut simplement avoir gagné à la loterie divine et le reste vient tout seul. Alors pourquoi Paul a-t-il eu à soutenir de si grands combats et à subir autant d’épreuves ? Paul a déjà fait la liste des afflictions et des épreuves qu’il a traversées et par où il est passé en triomphant. Pourquoi Dieu a-t-Il permis qu’il soit traité ainsi si son salut lui était déjà garanti sans condition et que les gens qu’il touchait par l’Évangile étaient déjà choisis pour le salut irrésistible ? Il y a encore sur terre aujourd’hui des endroits où il faut du courage pour s’afficher en tant que chrétien, et nous savons que les persécutions vont se répandre davantage à mesure que les temps de la fin vont se dérouler. La décision de rester fermes dans la foi nous appartient. Heureusement, Dieu est fidèle pour nous soutenir et nous secourir.

« Car Dieu ne nous a point appelés à la souillure, mais à la sanctification. C’est pourquoi celui qui rejette ceci, ne rejette point un homme, mais Dieu, qui a aussi mis son Saint-Esprit en nous … Et c’est aussi ce que vous faites à l’égard de tous les frères qui sont par toute la Macédoine ; mais, mes frères, nous vous prions de vous perfectionner tous les jours davantage » (1 Thessaloniciens 4:7-8, 10).

Dans la fausse doctrine du calvinisme, où se trouve le besoin de sanctification et de perfectionnement quotidien de soi ? Pourquoi Paul avertit-il les croyants de ne pas rejeter Dieu si cela leur devient impossible dès la conversion ? Le calviniste, qui lit les Écritures d’une manière superficielle, arguera sans doute qu’il ne s’agit pas de convertis, mais de non-convertis. Remarquez que Paul emploie le pronom « nous » en parlant aux membres de l’Église de Thessalonique. Mais en admettant que ce pourrait être des non-convertis, pourquoi Paul les enjoindrait-il à ne pas rejeter Dieu s’ils sont déjà prédestinés à ne pouvoir faire autrement ? Dans un sens ou dans l’autre, la prédestination inconditionnelle frappe un mur face aux paroles de Paul qui s’adressait clairement à des gens possédant le libre arbitre.

« N’éteignez point l’Esprit » (1 Thessaloniciens 5:19).

Le calviniste dira : « Impossible ! » pour rester cohérent avec sa philosophie religieuse. Mais Paul donne un avertissement fort sérieux. Il nous met sévèrement en garde contre quelque chose de grave qui pourrait se produire, n’en déplaise à Calvin & Cie. Si nous ne travaillons pas à notre salut, c’est-à-dire, à le conserver, le Saint-Esprit va s’éteindre graduellement en nous. « Mais personne ne peut s’enlever le Saint-Esprit, voyons ! » rétorquera le calviniste. Pourtant, il est évident que Paul ne pouvait parler des non-convertis, car, pour « éteindre le Saint-Esprit », il faut d’abord l’avoir en soi. Seuls les enfants de Dieu l’ont en soi. Donc, seul un enfant de Dieu pourrait éteindre le Saint-Esprit en lui. Il perdrait son salut. Ce qui veut dire que Paul, parlant aux frères de Thessalonique, en signifiait la possibilité réelle.

Nous avons un exemple de perte de Saint-Esprit dans 1 Samuel 16:14 où il est écrit : « Et l’Esprit de l’Eternel se retira de Saül ; et le malin esprit envoyé par l’Eternel le troublait. » Lorsqu’une personne qui possède le Saint-Esprit se néglige et se met à retourner au monde – dans ce cas-ci, Saül avait transgressé un ordre de Dieu devant le peuple – elle éteint l’Esprit de Dieu et Il le lui retire. La perte de l’Esprit est possible et David, qui le comprenait, priait Dieu de ne pas le lui retirer : « Ô Dieu ! crée-moi un cœur net, et renouvelle au dedans de moi un esprit bien remis. Ne me rejette point de devant ta face, et ne m’ôte point l’Esprit de ta Sainteté » (Psaume 51:10-11).

Une personne dont le nom est écrit dans le Livre de Vie et qui vient à perdre le Saint-Esprit de Dieu, voit son nom effacé de ce Livre de Vie. David savait cela aussi, car il a écrit : « Mets iniquité sur leur iniquité ; et qu’ils n’entrent point en ta justice. Qu’ils soient effacés du Livre de vie, et qu’ils ne soient point écrits avec les justes » (Psaume 69:27-28).

Or, il y a de ces calvinistes déclarant que notre nom ne peut pas être effacé du Livre de Vie. Quelqu’un leur a-t-il signalé ce verset ? Et que dire de celui-ci : « Celui qui vaincra, sera vêtu de vêtements blancs, et je n’effacerai point son nom du Livre de vie, mais je confesserai son nom devant mon Père, et devant ses Anges » (Apocalypse 3:5) ? Et de celui-ci : « Et si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du Livre de cette prophétie, Dieu lui enlèvera la part qu’il a dans le Livre de vie, dans la sainte Cité, et dans les choses qui sont écrites dans ce Livre » (Apocalypse 22:19) ?

Les non-convertis de l’histoire, que la Bible appelle « les habitants de la terre », n’ont pas leur nom écrit dans le Livre de Vie, comme le souligne Apocalypse 13:8 : « De sorte qu’elle [la Bête] sera adorée par tous ceux qui habitent sur la terre, desquels les noms ne sont point écrits au Livre de vie de l’Agneau, immolé dès la fondation du monde » et « La bête que tu as vue, a été, et n’est plus, mais elle doit monter de l’abîme, et puis être détruite ; et les habitants de la terre, dont les noms ne sont point écrits au Livre de vie dès la fondation du monde, s’étonneront voyant la bête qui était, qui n’est plus, et qui toutefois est » (Apocalypse 17:8).

Mais nous avons vu que, lors de la Deuxième Résurrection, le Livre de Vie sera ouvert, vraisemblablement pour y inscrire des milliards d’autres noms. Revenons maintenant à la persévérance de ceux dont le nom est écrit dans le Livre de Vie depuis la fondation du monde et qui ne veulent pas qu’il soit effacé. Que doivent-ils faire ?

« C’est pourquoi, mes frères, demeurez fermes, et retenez les enseignements que vous avez appris, soit par notre parole, soit par notre épître » (2 Thessaloniciens 2:15).

Les chrétiens ont comme devoir de demeurer fermes dans la foi. Ils doivent agir ; c’est ce que l’on appelle les œuvres de la foi, à la différence des œuvres de la loi. Si le salut était irrémédiablement accordé de manière inconditionnelle, l’on n’aurait pas à se soucier de demeurer ferme et de faire des œuvres de la foi. Paul dirait plutôt : « Que Dieu soit ferme en vous, qu’Il retienne en vous les enseignements qu’Il vous a appris », et encore là il n’aurait pas besoin de le demander puisque cela s’opérerait automatiquement.

« Gardant la foi avec une bonne conscience, laquelle quelques-uns ayant rejetée, ont fait naufrage quant à la foi ; entre lesquels sont Hyménée et Alexandre, que j’ai livrés à Satan, afin qu’ils apprennent par ce châtiment à ne plus blasphémer » (1 Timothée 1:19-20).

Comme partout ailleurs, ce passage ne cadre vraiment pas avec le concept « une fois sauvé, toujours sauvé » ! Ceux qui sont convaincus qu’on ne peut perdre le salut une fois qu’on l’a reçu, ne peuvent saisir le message de Paul, ici. L’apôtre avait dû exclure de l’assemblée quelques personnes qui avaient perdu la foi. Si ces gens-là n’étaient pas des Élus, comment ont-ils pu faire naufrage quant à la foi, une foi qu’ils ne possédaient pas ? Et pourquoi Paul les auraient-ils livrés à Satan pour qu’ils apprennent à ne plus blasphémer et être ainsi réintégrés dans le Corps de Christ ? Si ce ne sont pas des Élus, ils n’apprendront pas à ne pas blasphémer.

Donc, ce sont des Élus qui ont perdu la foi et, dans une tentative ultime pour les sauver, Paul les exclut de l’Église pour les faire sérieusement réfléchir. Paul considérait ces personnes comme des membres du Corps de Christ qui s’étaient égarées et, en bon pasteur de Dieu, Paul voulait les secouer pour les ramener au pâturage.

« Elle sera néanmoins sauvée en mettant des enfants au monde, pourvu qu’elle persévère dans la foi, dans la charité, et dans la sanctification, avec modestie » (1 Timothée 2:15).

Parlant spécifiquement de la croyante dans l’Église, Paul dit qu’elle sera sauvée, au futur, vraisemblablement à la Résurrection, en y mettant toutefois une condition : il faut qu’elle persévère dans la foi, dans la charité et dans la sanctification, et ce avec modestie. Il est écrit ici noir sur blanc que le salut est conditionnel. Encore une fois, répétons-le : cette persévérance n’est pas une œuvre pour se mériter le salut ; il s’agit d’un baromètre indiquant où se situe le ou la chrétien(ne) dans son cheminement de conservation du salut. La personne qui se convertit, c’est-à-dire, qui accepte l’offre de salut du Père au ciel, reçoit le Saint-Esprit pour lui donner la capacité de conserver en elle cette perle de grand prix, mais elle doit ensuite remplir une condition, soit de travailler à son salut, c’est-à-dire, de garder jalousement cette perle précieuse jusqu’à la fin. Puis, Dieu transformera cette perle en vie éternelle. Cela est relativement simple à comprendre, mais il faut avoir la bonne assise, ce que les calvinistes et les arminiens ne sont pas allés chercher.

« Prends garde à toi, et à la doctrine, persévère en ces choses, car en faisant cela tu te sauveras, et ceux qui t’écoutent » (1 Timothée 4:16).

Une autre manifestation évidente du salut conditionnel. Paul dit clairement à Timothée qu’il se sauvera s’il persévère à prendre garde à la saine doctrine. Et non seulement lui, mais aussi ceux qui l’écoutent. Paul établit la condition du salut de façon nette, précise et sans équivoque. Ce n’est pas calviniste, c’est biblique. La possibilité existe bel et bien qu’en théorie l’on puisse perdre le salut en ne demeurant pas dans la saine doctrine et en ne persévérant pas dans la foi. Peut-on croire qu’il y ait eu des gens qui, ayant pourtant censément lu ce verset, puissent avoir concocté une doctrine « chrétienne » qui affirment exactement le contraire ?

« Je veux donc que les jeunes veuves se marient, qu’elles aient des enfants, qu’elles gouvernent leur ménage, et qu’elles ne donnent aucune occasion à l’adversaire de médire. Car quelques-unes se sont déjà détournées après Satan » (1 Timothée 5:14-15).

Paul s’adressait aux veuves de l’Église, pas aux non-converties. Il les enjoignait à éviter les pièges de Satan, ayant préalablement été témoin que plusieurs y étaient tombées. Comment cela aurait-il été possible dans le contexte calviniste où il est préconisé que le Saint-Esprit nous conduit comme des robots préprogrammés et qu’il nous est impossible de perdre le salut ? Et l’on sort le passage fétiche que l’on n’a pas compris :

« Et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne les peut ravir des mains de mon Père » (Jean 10:28-29).

Après avoir cité ce passage, on lui accole Romains 8:37-38 pour renchérir l’argument : « Car je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les Anges, ni les Principautés, ni les Puissances, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature, ne nous pourra séparer de l’amour de Dieu, qu’il nous a montré en Jésus-Christ notre Seigneur. » En citant ces versets, le calviniste prend pour acquis que la personne-même est nécessairement incluse dans la liste de ceux qui ne peuvent nous arracher des mains de Dieu. Mais ce n’est que son interprétation. Les passages ne disent pas cela. Vous avez lu des passages – et il y en a encore d’autres à venir – qui démontrent clairement que la personne-même peut glisser des mains de Dieu et se perdre. La Bible démontre donc que toute personne ou puissance extérieure à soi ne peut nous obliger à quitter la main de Dieu, mais, de par notre libre arbitre, nous pouvons personnellement nous enlever de la main de Dieu.

Les calvinistes se rendent-ils compte que, si le salut était inconditionnel, Satan se retrouverait au chômage et qu’il devrait se chercher un coin de l’univers pour se retirer avec ses démons ? En effet, que lui aurait-il servi de tenter Adam et Ève si leur sort final était déjà scellé d’avance ?

Or, Satan est bel et bien au travail« car le diable, votre adversaire, tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer »  nous dit l’apôtre, dans 1 Pierre 5:8. Oui, Satan sait qu’il ne peut nous arracher des mains de Dieu, mais il sait aussi qu’il peut chercher à nous influencer pour que nous quittions de nous-mêmes les mains de Dieu de par notre libre-choix. La possibilité existe.

Satan est « le Prince de la puissance de l’air, qui est l’esprit qui agit maintenant avec efficace dans les enfants rebelles à Dieu » (Éphésiens 2:2). Il lance ses ondes « radio » pour que nous les captions spirituellement et nous avons le choix de les écouter ou pas. Si nous n’avions pas le libre-choix, cela lui serait impossible.

Quel est son mode d’opération ? L’adversaire médit de nous, il parle de nos défauts devant Dieu pour nous nuire. Relisez le premier chapitre du livre de Job et voyez ce qu’il fait contre chacun d’entre nous. Si nous nous relâchons dans notre conduite, Satan cherchera à nous convaincre que nous devrions quitter la main de Dieu. Donc, nous ne devons pas lui en laisser l’occasion, nous dit Paul.

« Car c’est la racine de tous les maux que la convoitise des richesses, de laquelle quelques-uns étant possédés, ils se sont détournés de la foi, et se sont enserrés eux-mêmes dans plusieurs douleurs » (1 Timothée 6:10).

Au sein des peuples de la terre, un grand nombre de gens sont possédés par la convoitise des richesses, car la richesse achète le pouvoir. Mais ce n’est pas d’eux dont parle Paul, ici. Ce sont ceux qui ont eu la foi pour se convertir et qui, par la suite, se sont détournés de cette foi parce qu’ils n’ont pas combattu le désir charnel d’avoir des richesses. S’ils ne s’en sont pas repentis ultérieurement, ils ont perdu le salut en souffrant. Il est étrange que les calvinistes aient pensé qu’il est impossible de se détourner de la foi, s’ils ont lu ce verset.

« Combats le bon combat de la foi ; saisis la vie éternelle, à laquelle aussi tu es appelé, et dont tu as fait une belle profession devant beaucoup de témoins » (1 Timothée 6:12).

Toujours et encore cet appel au combat actif pour conserver la foi. Et Paul ajoute que Timothée doit ainsi s’emparer de la vie éternelle, donc accomplir une œuvre active et non passive. Combien de fois l’apôtre Paul l’a-t-il exprimé par de fortes exhortations, pourfendant par avance les fausses doctrines qui allaient succéder ? Le chrétien ne peut tout simplement pas se contenter de laisser aller les choses passivement, car ainsi, il ne pourra conserver le salut. C’est donc avec vigueur que Paul encourageait son disciple Timothée. Voyez la suite :

« Toi donc, endure les travaux, comme un bon soldat de Jésus-Christ. Nul qui va à la guerre ne s’embarrasse des affaires de cette vie, afin qu’il plaise à celui qui l’a enrôlé pour la guerre. De même, si quelqu’un combat dans la lice, il n’est point couronné s’il n’a pas combattu selon les lois. Il faut aussi que le laboureur travaille premièrement, et ensuite il recueille les fruits … Pour lequel [l’Évangile] je souffre beaucoup de maux, jusqu’à être mis dans les chaînes, comme un malfaiteur ; mais cependant la parole de Dieu n’est point liée … Si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, il nous reniera aussi. Si nous sommes des perfides, il demeure fidèle : il ne se peut renier soi-même … Etudie-toi de te rendre approuvé à Dieu, ouvrier sans reproche, enseignant purement la parole de la vérité » (1 Timothée 2:3-6, 9, 12-13, 15).

Ce ne sont pas les exhortations au combat chrétien qui manquent dans ce passage. Notez bien qu’il ne s’agit pas d’œuvres pour gagner le salut, mais pour le conserver. Paul compare le cheminement du chrétien au combat du soldat. Il dit également que, tel un cultivateur labourant son champ avant de goûter aux fruits de son travail, de même doit travailler le chrétien pour conserver le don qui lui a été fait du salut avant d’en bénéficier lors de la Résurrection. Depuis des millénaires, il se trouve des persécutions dans la vie des chrétiens et beaucoup souffrent pour leur foi. Si nous ne travaillons pas, si nous ne combattons pas, nous n’aurons pas la force de résister aux pressions du monde, à ses attraits et à ses activités malsaines, et éventuellement nous pourrions renier Jésus-Christ.

Alors Lui aussi nous reniera en nous retirant le salut qu’Il nous avait offert, car Il aura vu que notre choix a changé et que nous sommes retombés dans les ténèbres spirituelles. Il n’y a pas à sortir de là, car « comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut, qui ayant premièrement commencé d’être annoncé par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’avaient ouï ? » (Hébreux 2:3). La négligence peut assurément mener à la perte de notre salut. Bien entendu, cela s’avérerait une mise en garde complètement futile si notre salut était déjà pré-ordonné et prédéterminé par Dieu, car ce serait alors mettre en doute la capacité de Dieu de sauver. Or, Paul doutait plutôt de la volonté de certains membres de l’Église à vouloir persévérer avec fermeté dans la foi et il cherchait à les secouer de leur torpeur.

« Mais Christ comme Fils est sur sa maison ; et nous sommes sa maison, pourvu que nous retenions ferme jusques à la fin l’assurance, et la gloire de l’espérance … Mes frères, prenez garde qu’il n’y ait en quelqu’un de vous un mauvais cœur d’incrédulité, pour se révolter du Dieu vivant. Mais exhortez-vous l’un l’autre chaque jour, pendant que ce jour nous éclaire ; de peur que quelqu’un de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. Car nous avons été faits participants de Christ, pourvu que nous retenions ferme jusqu’à la fin le commencement de notre subsistance » (Hébreux 3:6, 12-14).

C’est définitif, Paul ne croyait pas en un salut inconditionnel et prédéterminé. Vous noterez qu’en s’adressant aux Juifs convertis de l’Église, il emploie le pronom « nous » en s’incluant dans les recommandations qu’il donne ; il n’y a donc pas de doute qu’il s’adressait à des disciples qu’il appelait « mes frères », ceux qui sont faits participants de Christ pour hériter la vie éternelle à Ses côtés. Aussi, il y a toujours cette condition de garder fermement la foi, c’est-à-dire, l’assurance et la gloire de l’espérance d’entrer dans la véritable subsistance.

« Craignons donc que quelqu’un d’entre vous[chrétiens hébreux connaissant la loi de l’ancienne alliance] négligeant la promesse d’entrer dans son repos [le Royaume, la vie éternelle] ne s’en trouve privé : car il nous a été évangélisé, comme il le fut à ceux-là[Israélites dans le désert] ; mais la parole de la prédication ne leur servit de rien, parce qu’elle n’était point mêlée avec la foi [qui vient avec le Saint-Esprit que les Israélites ne possédaient pas, sauf une poignée d’Élus] dans ceux qui l’ouïrent. Mais pour nous [chrétiens] qui avons cru, nous entrerons dans le repos [la vie éternelle], suivant ce qui a été dit : c’est pourquoi j’ai juré en ma colère, si jamais ils entrent en mon repos [le Royaume éternel] ; quoique ses ouvrages fussent déjà achevés dès la fondation du monde » (Hébreux 4:1-3).

Paul parle donc du Royaume de Dieu, la vie éternelle auprès de Christ, comme du « repos ». Ne nous avertit-il pas ici de craindre toute négligence, en nous comparant aux Israélites qui, en conséquence de leur propre négligence, perdirent le privilège d’entrer dans la terre promise et moururent au désert ? Mais nous, qui avons l’Esprit pour nous guider, perdrions bien davantage si nous ne nous en tenions à notre choix initial pour Dieu. La vie éternelle est en jeu ; nous pourrions en être privés. Croyant avec raison que nous ne nous sommes pas mérité le salut qui nous a été réservé à chacun d’entre nous avant la fondation du monde, les calvinistes en tirent toutefois la conclusion erronée que nous ne pouvons pas le perdre.

Or, ici, Paul est encore une fois clair, net et précis : le chrétien négligent perdra son salut s’il n’y travaille pas. Dans le contexte de la perte du salut, relisons un passage important que nous avons déjà étudié :

« Or il est impossible que ceux qui ont été une fois illuminés, et qui ont goûté le don céleste, et qui ont été faits participants du Saint-Esprit, et qui ont goûté la bonne parole de Dieu, et les puissances du siècle à venir ; s’ils retombent, soient changés de nouveau par la repentance, vu que, quant à eux, ils crucifient de nouveau le Fils de Dieu, et l’exposent à l’opprobre » (Hébreux 6:4-6).

Malgré ce que disent les calvinistes, cette parole de Paul inspirée par Dieu concerne les Élus de Dieu, membres de l’Église qui ont été illuminés par l’Évangile lequel ils ont goûté pour se nourrir spirituellement. Ils sont participants du Saint-Esprit, comme ils sont participants de Christ, tel que nous venons de le voir dans Hébreux 3:14. C’est de par leur propre choix qu’ils retombent, c’est-à-dire qu’ils retournent aux ténèbres de la mort spirituelle. Mais ce dernier choix est irrévocable et sans repentance, car Christ ne sera pas sacrifié une seconde fois pour eux.

S’ils rejettent le sacrifice unique de Jésus-Christ, ils perdent le salut. Point final. Ce passage n’a rien de calviniste et ceux qui prêchent cette théorie frauduleuse doivent le tordre et en changer le sens pour ne pas en être eux-mêmes écorchés. Cela commence à faire beaucoup de passages bibliques qui ne vont pas du tout dans le sens de la théorie de Calvin. Et en voici d’autres :

« Or nous souhaitons que chacun de vous montre jusqu’à la fin le même soin pour la pleine certitude de l’espérance. Afin que vous ne vous relâchiez point, mais que vous imitiez ceux qui par la foi et par la patience héritent ce qui leur a été promis » (Hébreux 6:11-12).

Remarquez la constance dans les propos de l’apôtre Paul. Pour lui, le salut est une espérance, mais les calvinistes le voient comme un fait accompli. Si c’était le cas, pourquoi Paul exhorterait-il les chrétiens à ne pas se relâcher ? Parce que Paul comprenait la possibilité de perdre le salut et mettait souvent les frères et sœurs en garde contre tout endormissement spirituel.

« Car si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés. Mais une attente terrible de jugement, et l’ardeur d’un feu [le feu de la géhenne, pas « l’enfer »] qui doit dévorer les adversaires. Si quelqu’un avait méprisé la Loi de Moïse, il mourait sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins[sentence sous l’ancienne alliance, première mort immédiate].De combien pires tourments pensez-vous donc que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, et qui aura tenu pour une chose profane le sang de l’alliance, par lequel il avait été sanctifié,[rendu saint par son incorporation dans l’Église de Christ par le Saint-Esprit]et qui aura outragé l’Esprit de grâce ?Car nous connaissons celui qui a dit : c’est à moi que la vengeance appartient, et je le rendrai, dit le Seigneur. Et encore : le Seigneur jugera son peuple [les membres du Corps de Christ]. C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. Or rappelez dans votre mémoire les jours précédents, durant lesquels après avoir été illuminés[tirés de la mort spirituelle ténébreuse à la vie lumineuse en Christ], vous avez soutenu un grand combat de souffrances[le combat du chrétien] » (Hébreux 10:26-32).

Les membres de l’Église de descendance hébraïque devaient subir des pressions énormes de leur voisinage pour que Paul les entretienne de la sorte. Encore une fois, d’entrée de jeu, Paul emploie le « nous » en disant « si nous péchons volontairement », en sous-entendant que la possibilité lui en était offerte aussi, lui, apôtre de Christ. Mais que voulait dire Paul par « pécher volontairement » ? Certains membres de l’Église croient avoir commis le péché impardonnable parce qu’ils étaient conscient que ce qu’ils faisaient était mal, mais ils l’ont fait quand même. Et, suite à cela, ils pensent que Dieu ne leur pardonnera pas, tant et si bien que, quoique repentants, ils tombent dans le désespoir, se croyant irrémédiablement perdus. Or, le fait même qu’ils se repentent montre qu’ils n’ont pas commis le péché impardonnable.

Y a-t-il des péchés qui soient si graves que Dieu ne peut pas les pardonner ? Qu’a dit le Christ ? « En vérité je vous dis, que toutes sortes de péchés seront pardonnés aux enfants des hommes, et aussi toutes sortes de blasphèmes par lesquels ils auront blasphémé » (Marc 3:28). Christ a ce pouvoir de pardonner les péchés : « Or afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés, (il dit au paralytique) : je te dis, lève-toi, charge ton petit lit, et t’en va en ta maison » (Luc 5:24). L’apôtre Jean Lui reconnaissait ce pouvoir : « Car c’est lui qui est la victime de propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde » (1 Jean 2:2). Tous les péchés de tout le monde peuvent être pardonnés !

Mais attention, pas pardonnés par avance, comme certains en ont déduit à cause de leur tendance calviniste ou arminienne. On ne peut pas être pardonné si l’on n’a pas demandé pardon. Dieu attend que nous nous présentions devant Lui repentants et humbles pour reconnaître notre faute et Lui demander d’appliquer le sang de Christ sur nous. C’est aussi pour cela que le péché impardonnable existe : le pécheur ne se présente pas devant Dieu pour être pardonné et donc, Dieu ne peut pas lui pardonner.

Or, Paul spécifie ensuite que le type de péché dont il parle fait en sorte qu’il ne reste plus de sacrifice pour lui. L’apôtre Jean a parlé de ce péché, en disant : « Il y a un péché à la mort ; je ne te dis point de prier pour ce péché-là. » (1 Jean 5:16). Il parle du péché qui mène à la seconde mort. C’est de ce péché dont il est question ici. Pour une meilleure compréhension de ce qu’on appelle « le péché impardonnable », nous vous suggérons de lire notre document D.572 Le combat du chrétien.

Dans le calvinisme, le péché impardonnable n’existe pas dans la vie du chrétien. Mais nous en voyons pourtant la réalité dans ce passage de Paul aux Hébreux. Une personne convertie qui commet un péché de façon délibérée, par défi à Dieu, parce qu’elle croit injuste que Dieu le lui interdise, ne cherchera plus le pardon et attendra le feu de la géhenne plutôt que de se plier à Dieu. Et Paul décrit ensuite cette attitude.

Comprenons tout de suite que Dieu pose une condition sine qua non : l’homme doit se repentir volontairement de son péché, se présenter devant Dieu et demander pardon. La personne qui commet un péché impardonnable, c’est celle qui refuse volontairement de se repentir et ainsi, ne se présente pas devant Dieu pour se faire pardonner.

Si le poids du péché d’une personne lui est si pesant qu’elle sombre dans une dépression spirituelle, il faudra que ses frères et sœurs dans le Seigneur viennent à son aide et plaident en sa faveur auprès de Dieu. Mais il ne s’agit pas du péché impardonnable, quoi qu’il pourrait y mener s’il n’est pas réglé.

« Si quelqu’un voit son frère pécher d’un péché qui n’est point à la mort, il priera pour lui, et Dieu lui donnera la vie ; savoir à ceux qui ne pèchent point à la mort. Il y a un péché à la mort ; je ne te dis point de prier pour ce péché-là » (1 Jean 5:16).

Précisons que la mort dont parle Jean est la seconde mort, pas la première que tout le monde doit traverser, même les Élus, et de laquelle tout le monde sera ressuscité. Jean spécifie bien que tous les péchés ne conduisent pas à la seconde mort… sauf un. Revenons au passage d’Hébreux 10.

C’est ce péché à la mort qu’explique Paul aux Hébreux. Pourquoi ce péché mène-t-il à la seconde mort ? Parce qu’il est fait de manière intentionnelle avec refus de s’en repentir. C’est ce qui fait que Dieu ne peut pas lui pardonner. La personne méprise la loi de Christ comme l’on avait jadis méprisé les lois de Moïse. Elle foule aux pieds le sacrifice de Christ par lequel elle avait pourtant été sanctifiée auparavant et elle outrage ainsi le Saint-Esprit qui l’habite (mais la quitte). Seul un converti remplit ces conditions ; les non-convertis n’ont pas encore connu le sacrifice de Christ, ils n’ont jamais été sanctifiés et n’ont pas eu le Saint-Esprit.

Un peu plus loin, Paul recommande à ces personnes de se rappeler les premiers temps de leur conversion, quand ils ont été tirés des ténèbres de la mort spirituelle et furent illuminés par l’Évangile de Christ. Ces personnes sont destinées au salut, mais elles finissent par se négliger au point d’éteindre le Saint-Esprit et elles ne se rappellent plus des pensées divines de la Parole qu’elles ont cessé de lire. Leurs propres pensées charnelles d’antan reprennent le dessus, et elles remettent en question la notion du bien et du mal en confondant les deux. Finalement, elles ne savent plus pourquoi Dieu interdit certaines choses et croient que Dieu est injuste de les en priver. Elles entrent en rébellion ouverte contre Dieu et Celui-ci ne peut les accepter dans Son Royaume. Il efface leur nom du Livre de Vie de l’Agneau et devra les exterminer, ce à quoi Il ne prend vraiment pas plaisir. Mais c’est le choix de cette personne. Apparemment, Calvin & Cie n’ont rien vue de tout cela.

« Ne perdez point cette fermeté que vous avez fait paraître, et qui sera bien récompensée » (Hébreux 10:35).

En continuité avec ce que Paul dit plus haut dans ce chapitre, il souligne encore la possibilité de perdre notre fermeté dans la foi. Il faut donc que l’Élu persévère avec fermeté dans le choix qu’il a fait de suivre Jésus-Christ avec foi en toutes choses. Non seulement héritera-t-il la vie éternelle, mais il récoltera aussi des récompenses : « Or voici, je viens bientôt ; et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon son œuvre » (Apocalypse 22:12). Ce verset apparaît étrange au calviniste convaincu que le croyant n’a rien à faire pour son salut. D’après lui, toutes les œuvres sont le fait de Dieu ; par conséquent, Il devrait être le seul récompensé, non ? « Et tant celui qui plante, que celui qui arrose[les pasteurs de Dieu], ne sont qu’une même chose ; mais chacun recevra sa récompense selon son travail » (1 Corinthiens 3:8).

« C’est pourquoi aussi nous nous efforçons de lui être agréables, et présents, et absents. Car il nous faut tous comparaître devant le Tribunal de Christ, afin que chacun remporte en son corps selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal » (2 Corinthiens 5:9-10).

« C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu’à ce que le Seigneur vienne, qui aussi mettra en lumière les choses cachées dans les ténèbres, et qui manifestera les conseils des cœurs ; et alors Dieu rendra à chacun sa louange » (1 Corinthiens 4:5).

Le calviniste doit demeurer perplexe quand il lit ces passages… « De quelles récompenses est-il question ? Quelles sont ces œuvres pour lesquelles Dieu nous louangera ? N’a-t-Il pas tout fait à notre place ? Veut-Il nous récompenser de n’avoir rien fait ? » Or, nous voyons que tout cela découle du libre arbitre de l’homme, de son libre choix d’avoir œuvré de bon cœur pour le Seigneur. On ne peut contourner ce fait. Dieu n’aurait aucune raison de récompenser une œuvre dont Il serait l’unique auteur en l’homme, autrement, il faudrait qu’Il Se récompense Lui-même. En fait, ce qui mêle les calvinistes, c’est qu’ils n’arrivent pas à faire la différence entre les œuvres de la loi et les œuvres de la foi.

« Or le juste vivra de la foi ; mais si quelqu’un se retire, mon âme ne prend point de plaisir en lui. Mais pour nous, nous n’avons garde de nous soustraire à notre Maître ; ce serait notre perdition ; mais nous persévérons dans la foi, pour le salut de l’âme » (Hébreux 10:38-39).

Nous serions curieux de voir comment un calviniste peut interpréter ce genre de passage parlant de persévérance et de la perdition d’une façon aussi limpide. Mais dans leurs messages et leurs écrits, ils se gardent bien de le relever et de le commenter. Paul y démontre qu’il est effectivement possible de se retirer du Corps de Christ en perdant la foi. Nous ne devons pas nous soustraire à notre Seigneur et Maître, mais nous devons savoir que c’est théoriquement possible. C’est pourtant simple à comprendre : nous recevons le don de la foi, mais si nous ne persévérons pas dans cette foi, nous la perdons et donc aussi le salut. Il n’y a pas d’interprétation personnelle à donner à ce passage de la Bible ; il parle de lui-même. Et Paul ne donne pas du tout l’impression qu’il croyait en un salut inconditionnel que l’on ne puisse rejeter.

« C’est pourquoi, considérez soigneusement celui qui a souffert une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne succombiez point en perdant courage. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’à répandre votre sang en combattant contre le péché » (Hébreux 12:3-4).

Selon les partisans du concept « une fois sauvé, toujours sauvé », Dieu nous commande entièrement et nous empêche de perdre le salut. D’après cette logique, il nous serait impossible de succomber en perdant courage, ou d’avoir à combattre jusqu’au sang contre le péché ou l’adversité. Mais Paul demeure constant avec la saine doctrine de Christ et il sait que le chrétien assoupi peut perdre son salut. Bien sûr que le Saint-Esprit nous aide, mais Il ne nous « possède » point, comme les mauvais esprits possèdent certaines personnes du monde. L’Esprit de Dieu nous habite sans interférer avec notre libre arbitre. Dieu nous a donné des talents et ce qu’il faut pour les développer. Il est Maître du temps et des circonstances et Il ne permet pas que nous soyons testés au-delà de nos forces. Il pourvoit au moyen de sortir de nos épreuves. Mais nous avons constamment le choix de faire ce que nous devons faire.

« Prenant garde qu’aucun ne se prive de la grâce de Dieu ; que quelque racine d’amertume bourgeonnant en haut ne vous trouble, et que plusieurs ne soient souillés par elle » (Hébreux 12:15).

Encore un avertissement de l’apôtre qui s’avérerait inutile si le chrétien ne pouvait perdre le salut, car une fois investi de la grâce de Dieu, il ne pourrait plus s’en départir. Dieu le lui imposerait. Paul rappelle sans cesse la prudence et la vigilance face aux pièges sataniques dans ce monde – ici, une quelconque racine d’amertume s’insinuant dans notre esprit.

« Obéissez à vos Conducteurs, et soyez-leur soumis, car ils veillent pour vos âmes, comme devant en rendre compte ; afin que ce qu’ils en font, ils le fassent avec joie, et non pas à regret ; car cela ne vous tournerait pas à profit » (Hébreux 13:17).

Autre verset qui sonne de façon discordante dans le contexte calviniste, car, en effet, pourquoi les pasteurs devraient-ils rendre compte des âmes qui leur sont confiées si les enfants de Dieu sont entièrement pris en charge par Lui qui ne leur accorde pas le libre arbitre ? Dans la théologie calviniste, les pasteurs ne devraient avoir aucune responsabilité vis-à-vis de leurs ouailles. Mais Paul ne voyait pas les choses de la même manière et n’oublions pas qu’il avait été instruit directement par Jésus-Christ.

« Et si le juste est difficilement sauvé, où comparaîtra le méchant et le pécheur ? Que ceux-là donc aussi qui souffrent par la volonté de Dieu, puisqu’ils font ce qui est bon lui recommandent leurs âmes, comme au fidèle Créateur » (1 Pierre 4:18-19).

Le calvinisme nous dit que le salut est inconditionnel, car il est complètement assuré et prédéterminé par Dieu qui met tout en place pour sécuriser la personne choisie. Celle-ci n’a donc qu’à se laisser vivre doucement et patiemment. Or, Pierre nous dit que le juste est difficilement sauvé – mais il n’y a rien de difficile à Dieu – parce qu’il souffre parfois de grandes persécutions. On n’a qu’à relire à cet effet les épreuves terribles qu’ont subies certains frères et sœurs, dans Hébreux 11:35-38. Ce n’est pas que Dieu veuille nous faire du mal, car nous avons déjà vu qu’Il n’est pas tenté par le mal. Mais Il Se sert du mal que Satan, ses hommes méchants, nos propres décisions et nos propres maladresses nous infligent afin de nous faire comprendre certaines précieuses leçons de vie. Or, ce serait impossible si nous n’avions pas le libre arbitre pour choisir. Cette liberté de penser que Dieu nous a donnée s’avère essentielle afin de grandir dans la foi et apprendre à réfléchir comme Jésus-Christ.

« C’est pourquoi, mes frères, étudiez-vous plutôt à affermir votre vocation, et votre élection ; car en faisant cela vous ne broncherez jamais. Car par ce moyen l’entrée au Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera abondamment donnée » (2 Pierre 1:10-11).

En parfait accord avec l’apôtre Paul, et en parfaite contradiction avec Calvin & Cie, l’apôtre Pierre voit des conditions incontournables au salut. En effet, lui aussi exhorte les disciples à s’affermir dans la foi pour ne pas broncher ou être ébranlés. Car c’est par ce moyen qu’il leur sera ensuite accordé d’entrer dans le Royaume de Dieu. S’ils ne s’affermissent pas eux-mêmes dans la foi, il y a danger de broncher, de devenir passif et d’éteindre le Saint-Esprit.

« Vous donc mes bien-aimés, puisque vous en êtes déjà avertis, prenez garde qu’étant emportés avec les autres par la séduction des abominables, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté. Mais croissez en la grâce et en la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. A lui soit gloire maintenant, et jusqu’au jour d’éternité, Amen ! » (2 Pierre 3:17-18).

Décidément, cette affaire de « salut inconditionnel » n’a pas de rapport avec ce que révèlent les apôtres. Ici, Pierre donne un grave avertissement aux frères et sœurs en Jésus-Christ, ceux de son époque comme ceux d’aujourd’hui. Il nous exhorte à être alertes et à ne pas nous laisser séduire, comme certains autres, par les attraits brillants des abominables pervers du monde qui ont exercé une pression séductrice sur ceux qui se sont ramollis. Ils pourraient déchoir de leur statut de sauvés sans avoir soupçonné le danger.

C’est pour cette raison qu’il faut étudier la Parole de Dieu avec plus de minutie afin de croître dans la connaissance et dans la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ. Aller une fois la semaine à l’assemblée de notre église préférée afin d’écouter les propos apparemment rassurants de notre pasteur favori n’est pas suffisant pour connaître Jésus-Christ et Ses instructions. Il faut vérifier soi-même ce qu’Il a dit et ce qu’Il a inspiré à Ses apôtres de dire.

Le risque de déchoir est réel, sinon Pierre ne l’aurait pas écrit. Il est invraisemblable que l’on ne sache pas comprendre cet enseignement si clair et si important.

« Bienheureux sont ceux qui font ses commandements, afin qu’ils aient droit à l’Arbre de vie, et qu’ils entrent par les portes dans la Cité » (Apocalypse 22:14).

En comprenant le symbolisme du livre de l’Apocalypse, nous savons que l’Arbre de vie représente le Saint-Esprit et que la Cité représente l’Épouse de Christ, c’est-à-dire, l’Église. Donc, celui qui veut observer les commandements de Christ a droit au Saint-Esprit et peut entrer dans l’Église, le Corps de Christ. Pour ce faire, il doit s’attendre à livrer un combat au travers de son cheminement de chrétien. Or, dans le calvinisme, peu importe que nous voulions observer ou non la loi de Christ, puisque nous sommes immanquablement sauvés de toute manière, car, par Son Esprit, Dieu nous contraint à obéir et nous n’avons pas le choix. Évidemment, ce concept ne peut procéder d’un Dieu d’amour, mais d’un Tyran suprême qui veut prouver Sa souveraineté sur Ses créatures.

Les innombrables passages des Écritures nous conseillant fortement de ne pas pécher sont inexplicables par la lorgnette du calvinisme. Car si l’on en croit cette interprétation du salut – et l’étrange compréhension de la souveraineté suprême de Dieu dans notre vie, sans compter l’absence de notre libre arbitre – tout cela ne nous amène qu’à une seule conclusion : tout péché que commet un chrétien après sa conversion a été, soit pré-ordonné par Dieu, ou alors Dieu n’a pas été en mesure de nous empêcher de pécher, ce qui sous-entendrait que nous avons un libre-choix, après tout.

Par conséquent, le calvinisme s’avère un blasphème contre Dieu, blasphème dont tous les partisans de Calvin devront se repentir un jour. L’Éternel Dieu ne pré-ordonne pas le mal : et s’Il voulait empêcher quelqu’un de pécher, ne croyez-vous pas qu’Il a toute la puissance pour ce faire ? Cependant, Il laisse à l’homme le choix de pécher ou non et d’en subir les conséquences.

Ce qu’il faut comprendre de l’obsession des calvinistes à assoir leur doctrine de l’Élection inconditionnelle sur la souveraineté de Dieu, c’est qu’il leur fallait une raison pour justifier ce phénomène d’inconditionnalité du salut. Il leur a donc semblé plus sécuritaire d’opter pour la souveraineté de Dieu car, en soi, elle ne peut être remise en question. En effet, Dieu est indiscutablement souverain et Il règne sur toute Sa création. Les Écritures sont claires là-dessus.

« Je crierai au Dieu souverain, au Dieu Fort, qui accomplit son œuvre pour moi » (Psaume 57:2). « Il m’a semblé bon de vous déclarer les signes et les merveilles que le Dieu souverain a faites envers moi » (Daniel 4:2). « Et il [le roi Nébuchadnetsar] fut chassé d’entre les hommes, et son cœur fut rendu semblable à celui des bêtes, et sa demeure fut avec les ânes sauvages ; on le paissait d’herbe comme les bœufs, et son corps fut arrosé de la rosée des cieux, jusqu’à ce qu’il connût que le Dieu souverain a puissance sur les Royaumes des hommes, et qu’il y établit ceux qu’il lui plaît » (Daniel 5:21).

« Car ce Melchisédec, était Roi de Salem, et Sacrificateur du Dieu souverain, qui vint au-devant d’Abraham lorsqu’il retournait de la défaite des Rois, et qui le bénit » (Hébreux 7:1). Même les démons reconnaissent la souveraineté de Dieu : « Et criant à haute voix, il dit : qu’y a-t-il entre nous, Jésus, Fils du Dieu souverain ? Je te conjure de la part de Dieu, de ne me tourmenter point » (Marc 5:7). « Et elle se mit à nous suivre, Paul et nous, en criant, et disant : ces hommes sont les serviteurs du Dieu souverain, et ils vous annoncent la voie du salut » (Actes 16:17).

Dieu règne sur toutes choses, car Il a tout créé : « C’est moi qui ai fait la terre, et qui ai créé l’homme sur elle ; c’est moi qui ai étendu les cieux de mes mains, et qui ai donné la loi à toute leur armée » (Ésaïe 45:12).

Ce n’est évidemment pas la souveraineté de Dieu qui est à remettre en question, mais l’interprétation que le calvinisme donne à la nature de l’action qu’exerce cette souveraineté sur le salut des hommes. Il va trop loin en affirmant que toute intervention de l’homme dans son salut serait une menace à la souveraineté de Dieu, une insulte à Sa Toute-puissance. Le fait que Dieu accorde le libre arbitre à l’homme ne vient aucunement diminuer Sa souveraineté. Le libre arbitre n’est pas une œuvre de la loi. Et il n’est pas un outil pour se mériter le salut. Il ne peut donc pas interférer avec la souveraineté de Dieu.

Ce dont les calvinistes ne semblent pas se rendre compte en faisant une pareille assertion, c’est qu’ils rabaissent Dieu au niveau de l’homme en Lui prêtant des sentiments tout humains, ce qui dépeint Sa souveraineté comme étant fort fragile.

Dieu S’est-Il créé des êtres – angéliques et humains – dans le but premier de démontrer Sa souveraineté ? Dieu a-t-Il vraiment à prouver Sa souveraineté ? Dans l’histoire de l’humanité, nous avons l’exemple d’hommes – des rois, des monarques, des empereurs – ayant régné sur des peuples, des nations, des empires. Certains furent bons et généreux, d’autres furent mauvais et tyranniques,

Un bon roi dénué de corruption veille sur son peuple de manière à lui procurer la protection, l’abondance, des lois justes et équitables respectant les droits et libertés des habitants de son royaume. Ce faisant, il n’a pas besoin de se préoccuper de la sauvegarde de sa souveraineté, car elle est automatiquement acquise par les soins qu’il apporte à son peuple. Celui-ci aime son roi et le respecte.

Tandis qu’un mauvais roi, avare, concupiscent, orgueilleux et conscient de ses faiblesses, craint son peuple parce qu’il sait que sa tyrannie risque de ne pas être tolérée bien longtemps. Il installe donc un système de loi oppressif pour rendre ses sujets esclaves et les prive de leurs droits. Il croit que c’est la seule façon d’assurer sa souveraineté.

Quel genre de Dieu servez-vous ? Dieu est assurément Roi sur Son univers, mais a-t-Il besoin de le prouver à tout moment ? À l’image des tyrans de jadis et d’aujourd’hui, Dieu veut-Il régner par la peur en réprimant sauvagement toute menace de révolte ?

N’est-il pas étrange de penser que Dieu aurait fait des êtres faits de matière physique temporaire, à l’intelligence fort limitée, dans le dessein premier de Se faire reconnaître comme Souverain ? Nous devons admettre qu’une grande majorité n’a même jamais su qu’Il existe. Pourquoi devait-Il S’attendre à ce qu’ils lui rendent reconnaissance ? N’aurait-il pas été plus sensé de créer des êtres déjà immortels et capables de L’adorer immédiatement en tant que leur Souverain ? Il l’a fait en créant les anges. Or, la rébellion de Lucifer et d’un tiers des anges prouve hors de tout doute qu’ils avaient le libre arbitre. Dieu ne les a pas forcés à prendre la bonne décision, Il ne les a pas empêchés de Se détourner de Lui. Mais ils doivent en subir les conséquences.

Dieu ne veut pas de quelqu’un se tenant à Ses côtés contre son gré. Sinon, il n’y a pas d’amour. Et Dieu est amour. Dieu ne demande que des êtres qui désirent se trouver en Sa compagnie, qui débordent de joie en Sa présence. Sinon, Dieu fera cesser l’existence de la personne rétive plutôt que de la voir malheureuse pour l’éternité.

Que vous en semble ? Le choix d’une personne face à l’offre de salut de Dieu est-il une menace à Sa souveraineté ? La personne qui choisit de dire « oui » à cette offre se la mérite-t-elle de ce fait ? Une fois le choix fait d’accepter ce don, la personne n’a-t-elle plus rien à faire ; peut-elle simplement se la couler douce en attendant passivement la Résurrection ?

Après lecture de ce document, vous devriez être maintenant en position de répondre sans difficulté à ces questions.

Que notre Dieu souverain vous secoure dans vos épreuves et vous soutienne dans votre affermissement de la foi. Notre Seigneur et Ses apôtres nous ont enjoints à être des serviteurs utiles et combattifs, à nous exhorter les uns les autres, à persévérer dans le bon combat. Suivez leurs conseils divinement inspirés et soyez vigilants face aux faux pasteurs, aussi célèbres soient-ils, qui vous endorment avec leurs conceptions erronées parce qu’ils n’ont pas compris le Plan de salut de Dieu pour les hommes et n’enseignent que des fadaises.

Travaillez à votre salut sans vous relâcher.




D.587 – Le Salut – Peut-on le mériter ? Une fois acquis, peut-on le perdre ? – Chapitre 3

LE LIBRE CHOIX EXISTE-T-IL ?

Par Roch Richer

CHAPITRE TROIS

Le libre arbitre

Dans le chapitre précédent, nous avons vu l’importance de bien comprendre la Deuxième Résurrection afin de saisir le Plan de salut de Dieu pour les hommes. Si cette compréhension échappe au disciple de Christ, cela a un impact inévitable sur toute sa théologie, qu’elle soit d’inspiration arminienne ou calviniste. Le concept du libre arbitre ou libre-choix de l’homme est fortement touché par cet élément clé, car il faut expliquer pourquoi autant d’êtres humains sont soi-disant voués à la perdition.

Rappelons brièvement les formulations calviniste et arminienne en ce qui a trait au libre arbitre. Il faut donner à l’arminianisme qu’il reconnaît le libre-choix de l’homme en établissant que l’élection est conditionnelle à la foi en Christ, mais il dit aussi que Dieu choisit de sauver ceux qui, selon Sa prescience, auront foi en Lui. Ce n’est pas exactement de l’élection. L’arminianisme dit également que l’homme est sujet à la dépravation totale et ne peut donc de lui-même se plier à la volonté divine et se sauver par ses propres efforts, à moins que son libre arbitre ne soit libéré par la grâce prévenante de Dieu.

L’arminianisme en déduit que Dieu répand partout Sa grâce et attend de voir qui va mordre à l’hameçon. Ce n’est évidemment pas la prédestination biblique où les Élus sont choisis d’avance par Dieu le Père. Ce ne sont pas les hommes qui choisissent Dieu, c’est Dieu qui choisit les hommes : « Nul ne peut venir à moi, si le Père, qui m’a envoyé, ne le tire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6:44). Dieu le Père décide qui va faire partie de l’élection, des prédestinés au salut. Il avait déjà écrit leurs noms dans le Livre de Vie avant la création du monde.

Donc, à la différence de ce que prône l’arminianisme par son élection universelle, Dieu choisit une personne et Son Esprit travaille en elle pour l’amener à la compréhension de l’offre du salut. Une fois que cette grâce a fait son œuvre pour habiliter l’homme à croire, ce dernier peut accepter de bon gré, mais il peut également résister à la grâce de Dieu, toujours en faisant usage de son libre arbitre. L’arminianisme croit avec raison que le vrai croyant peut en venir à se détacher de la foi et périr éternellement comme incroyant.

Le calvinisme prône l’élection inconditionnelle irrésistible. Parce que l’homme est né dans le péché, il n’a par nature aucune inclination à aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit et de toute sa force. Nous ne pouvons qu’être d’accord avec ce dernier point. Ce sont les conclusions qu’en tirent les calvinistes qui nous font tiquer. Car le calviniste en déduit que Dieu doit donc intervenir directement et tout faire Lui-même pour sauver ceux qu’Il a choisi de sauver, qu’ils le veuillent ou non. Car Dieu ne leur laisse pas le choix. C’est Lui qui prédétermine ceux qui seront sauvés par Sa volonté. L’homme n’a pas le libre arbitre et donc pas le choix, car cela, dit le calvinisme, serait compté comme étant une œuvre alors que le salut ne vient pas des œuvres mais de la grâce.

Nous allons voir par les Écritures que, en ce qui concerne le libre arbitre de l’homme, l’arminianisme a en partie raison, tandis que le calvinisme fait complètement fausse route. Le libre-choix de l’homme est au centre de l’appel de Dieu. La négation du libre arbitre, c’est le déni de la faculté de penser et d’agir de l’homme. Cela ne ferait de lui qu’un haut-parleur proférant des louanges dictées par Dieu. Quelle valeur cela pourrait-il avoir à Ses yeux ? Dieu Se louangeant Lui-même par personne interposée ! Dieu ne veut pas d’esclaves serviles ou de robots conditionnés et programmés. Dieu a créé l’homme en chair et en os pour l’amener à accepter volontairement et sans contraintes l’offre de salut que lui fait Dieu pour la vie éternelle.

Dieu n’appelle pas tout le monde pour l’instant, mais seulement quelques-uns qu’Il Se réserve comme sacrificature royale à la tête de laquelle Il installe Son Fils Jésus-Christ comme souverain Sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec. Le reste du monde doit attendre la Deuxième Résurrection pour obtenir l’opportunité de répondre à l’appel de Dieu.

Dans les Écritures, Dieu a souvent plaidé avec l’homme pour l’encourager à faire de bons choix, surtout en ce qui regarde le bien et le mal. Dieu n’empêche pas l’homme de faire le mal, mais Il le met fortement en garde contre les conséquences qu’entraîne le mal.

« Regarde, j’ai mis aujourd’hui devant toi tant la vie et le bien, que la mort et le mal. Car je te commande aujourd’hui d’aimer l’Eternel ton Dieu, de marcher dans ses voies, de garder ses commandements, ses ordonnances, et ses droits, afin que tu vives, et que tu sois multiplié, et que l’Eternel ton Dieu te bénisse au pays dans lequel tu vas pour le posséder. Mais si ton cœur se détourne, et que tu n’obéisses point à ces commandements, et que tu t’abandonnes à te prosterner devant d’autres dieux, et à les servir ; Je vous déclare aujourd’hui que vous périrez certainement, et que vous ne prolongerez point vos jours sur la terre, pour laquelle vous passez le Jourdain, afin d’y entrer et de la posséder. Je prends aujourd’hui à témoin les cieux et la terre contre vous, que j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction ; choisis donc la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité ; en aimant l’Eternel ton Dieu, en obéissant à sa voix, et en t’attachant à lui ; car c’est lui qui est ta vie, et la longueur de tes jours, afin que tu demeures sur la terre que l’Eternel a juré à tes pères, Abraham, Isaac, et Jacob, de leur donner » (Deutéronome 30:15-20).

Dans ce passage, il est tout à fait clair que c’est Dieu Lui-même qui commande à l’homme de choisir, d’exercer son libre arbitre. Pourquoi L’aurait-Il fait si le salut et la perdition sont inconditionnels et irrésistibles et que, dans ce contexte, l’homme ne possède pas de libre-choix ? Pourquoi Dieu a-t-Il passé des chapitres entiers à exhorter les enfants d’Israël à choisir entre le bien et le mal ? Une personne dont les pensées, les faits et les gestes sont entièrement dirigés par Dieu n’a pas besoin de ces recommandations ; et une personne immanquablement perdue ne peut être encouragée à faire le bien, ce serait une perte de temps puisque le salut ne lui est pas destiné. Nous voyons ici que Dieu commande à l’homme de choisir entre la vie et la mort, entre le bien et le mal. Il n’y a pas d’équivoque, Dieu ne pourrait pas suggérer cela à l’homme s’Il ne lui avait pas préalablement accordé le libre-choix.

Il est probable que David méditait ce genre de passages quand il a écrit : « Qui est l’homme qui craint l’Eternel ? L’Eternel lui enseignera le chemin qu’il doit choisir » (Psaume 25:12).

Dieu enseigne l’homme sur le chemin qu’Il lui demande de choisir. Il ne lui enseigne pas le chemin qu’Il exige qu’il prenne. Le choix appartient à l’homme. Si le calviniste avait raison, Dieu aurait évité d’utiliser le mot « choisir » dans toute la Bible.

« Lève-toi, et descends dans la maison d’un potier, et là je te ferai entendre mes paroles. Je descendis donc dans la maison d’un potier, et voici, il faisait son ouvrage, assis sur sa selle. Et le vase qu’il faisait de l’argile qui était en sa main, fut gâté, et il en fit encore un autre vase, comme il lui sembla bon de le faire. Alors la parole de l’Eternel me fut adressée, en disant : Maison d’Israël, ne vous pourrai-je pas faire comme a fait ce potier ; dit l’Eternel ? voici, comme l’argile est dans la main d’un potier, ainsi êtes-vous dans ma main, maison d’Israël. En un instant je parlerai contre une nation, et contre un Royaume, pour arracher, pour démolir, et pour détruire ; mais si cette nation contre laquelle j’aurai parlé se détourne du mal qu’elle aura fait, je me repentirai aussi du mal que j’avais pensé de lui faire. Et si en un instant je parle d’une nation et d’un Royaume, pour l’édifier et pour le planter ; et que cette nation fasse ce qui me déplaît, en sorte qu’elle n’écoute point ma voix, je me repentirai aussi du bien que j’avais dit que je lui ferais. Or donc parle maintenant aux hommes de Juda, et aux habitants de Jérusalem, en disant : ainsi a dit l’Eternel : voici, je projette du mal contre vous, et je forme un dessein contre vous ; abandonnez donc maintenant chacun sa mauvaise voie, et changez votre voie, et vos actions » (Jérémie 18:2-11).

Dans les plaidoyers calvinistes, l’on fait souvent référence aux vases de potier comme étant un symbole de chaque individu et pour dire que Dieu a créé des vases d’honneur, c’est-à-dire, des personnes qui seront sauvées, et des vases à usage vil, c’est-à-dire, des personnes condamnées, afin de prouver la prédétermination du sort éternel de chaque être humain. Or, dans ce passage du livre de Jérémie, nous voyons qu’il n’est pas question du salut individuel. Remarquez que le vase n’est pas ici le symbole d’un individu, mais d’une nation entière, d’un royaume dans son ensemble.

Dieu n’explique-t-Il pas ici qu’une nation qu’Il veut édifier et planter, et qui, de par son choix, se met à faire ce qui Lui déplaît va en subir de graves conséquences ? Tout comme une nation, que Dieu planifie de détruire, peut choisir de se détourner de ses mauvaises voies et trouver grâce aux yeux de Dieu ? Juda faisait le mal devant l’Éternel et Il projetait de lui rendre ce mal, mais Il exhorte la nation à se repentir. Dieu offre le choix à ce vase vil pour qu’il devienne un vase d’honneur. Son sort n’est pas prédéterminé, même s’il est prévu. Israël et Juda ont toujours eu le choix d’obéir ou non à l’Éternel Dieu. Le récit de l’Ancien Testament est la narration de leur alternance continuelle du bien au mal et du mal au bien.

« Que si le méchant se détourne de tous ses péchés qu’il aura commis, et qu’il garde tous mes statuts, et fasse ce qui est juste et droit, certainement il vivra, il ne mourra point. Il ne lui sera point fait mention de tous ses crimes qu’il aura commis, mais il vivra pour sa justice, à laquelle il se sera adonné. Prendrais-je en aucune manière plaisir à la mort du méchant, dit le Seigneur l’Eternel, et non plutôt qu’il se détourne de son train, et qu’il vive ? Mais si le juste se détourne de sa justice, et qu’il commette l’iniquité, selon toutes les abominations que le méchant a accoutumé de commettre, vivra-t-il ? il ne sera point fait mention de toutes ses justices qu’il aura faites, à cause de son crime qu’il aura commis, et à cause de son péché qu’il aura fait ; il mourra pour ces choses-là » (Ézéchiel 18:21-24).

Rappelons encore que le calvinisme amène l’hypothèse que Dieu choisit les individus qu’Il veut irrésistiblement sauver et que tous les autres sont automatiquement voués au feu éternel sans que personne n’ait son mot à dire. Tout est prédéterminé et l’on ne peut rien y faire. Nous sommes forcés au salut ou à la perdition, selon le caprice divin. Sauf qu’un passage des Écritures comme celui-ci fait littéralement voler en éclats cette absurde théorie humaine en démontrant que 1) l’homme possède bel et bien un libre arbitre et 2) il y a possibilité pour le croyant de perdre le salut que Dieu lui donne.

Dans ces versets, il n’est incontestablement pas question d’un salut ou d’une perdition inconditionnels. Le Seigneur met devant l’homme le choix de commettre le péché et d’en subir les conséquences, ou de faire le bien et d’obtenir la vie éternelle. Et voyez que les hommes que les calvinistes supposent être perdus à jamais se voient offrir par Dieu la possibilité de se repentir et d’être aussi sauvés. De même les justes, que les calvinistes considèrent sauvés sans retour en arrière, peu importe leurs actions futures, ont aussi le choix de se détourner de Dieu et de perdre le salut en mourant une seconde fois.

Si Dieu était calviniste, Il n’aurait pas inspiré ce passage qui fait la démonstration du libre arbitre de l’homme. Dieu dit ne prendre aucun plaisir à la mort du méchant et l’encourage à changer sa voie. Ce n’est pas du tout conséquent avec l’idée théorique calviniste où Dieu a fabriqué toute une foule de méchants expressément pour les perdre. En commettant l’iniquité, ne font-ils pas la « volonté » de Dieu qui les réserve pour la mort ? Ne contribuent-ils pas à démontrer qu’Il est « le Boss » ? Pourquoi Dieu serait-Il peiné de leur mort ? Il est facile de constater que le calvinisme est coïncé dans sa conception insensée.

En passant, la mort dont parle ce passage n’est pas la première mort, car tous, les bons et les méchants, doivent y passer. Et la vie dont parle Dieu est la vie éternelle dont ne pourra bénéficier le méchant. Voyons maintenant ce que dit la suite de ces versets :

« Quand le juste se détournera de sa justice, et qu’il commettra l’iniquité, il mourra pour ces choses-là ; il mourra pour son iniquité qu’il aura commise. Et quand le méchant se détournera de sa méchanceté qu’il aura commise, et qu’il fera ce qui est juste et droit, il fera vivre son âme » (Ézéchiel 18:26-27).

Sachant que l’homme est souvent dur d’oreille, lent à comprendre, et qu’il faut souvent lui répéter les mêmes choses, Dieu réitère brièvement les instructions données aux versets précédents. Il n’y a rien de calviniste dans cette exhortation divine qui tend plutôt à démontrer que le sort final de l’homme est l’effet de son choix personnel, qui se résume à accepter ou à refuser le salut que Jésus-Christ a mérité pour nous. Voilà donc ce qu’est le libre arbitre de l’homme : bien que nous ne puissions nous-mêmes payer l’amende de nos péchés sans nous priver de la vie éternelle, nous pouvons en être libérés parce que Dieu nous offre de la payer à notre place par le sacrifice qu’Il a fait sur la croix. Nous pouvons accepter cette offre gracieuse, ou nous pouvons la rejeter. Ce choix appartient à l’homme. Cependant, c’est Dieu qui décide quand présenter cette offre, pas l’homme. Étant Maître du temps et des circonstances, Dieu sait le moment le plus propice dans la vie d’une personne pour qu’elle comprenne bien quelle offre salutaire lui est faite. La décision du moment ne vient pas de l’homme, contrairement à ce qu’enseigne l’arminianisme, mais de Dieu. Ensuite, la décision d’accepter ou de refuser appartient à l’homme.

Cette capacité de choisir est la raison même pour laquelle Dieu a fait l’homme de chair, de sang et d’os, un être fait d’une matière éphémère et périssable. C’est durant notre vie physique que Dieu nous présente l’offre du salut et de la vie éternelle. Car, si nous acceptons cette offre et persévérons dans notre décision jusqu’à la fin de notre périple charnel, Dieu nous transformera en être spirituel immortel, à la ressemblance de Jésus-Christ ressuscité. Toutefois, si nous refusons cette offre et persistons dans notre décision jusqu’à la fin de notre condition charnelle, Dieu sera alors en mesure de nous faire périr instantanément en nous jetant dans le feu de la géhenne où nous serons anéantis sans laisser de trace. Nos péchés seront détruits et le souvenir même que l’on a de nous sera entièrement effacé de la mémoire des vivants. Le méchant sera comme s’il n’avait jamais existé. Mais ce n’est pas à cela que Dieu prend plaisir, comme nous venons de le lire.

Le calviniste qui nie le libre-choix de l’homme peut-il expliquer pourquoi Dieu fait passer les hommes par l’étape de la matière physique périssable ? Si Son but est d’avoir des sujets qui vénèrent Sa souveraineté, quelle est l’idée de la matière physique ? N’aurait-Il pas pu nous créer spirituels, prêts à L’adorer immédiatement ?

« C’est pourquoi je jugerai un chacun de vous selon ses voies, ô maison d’Israël ! dit le Seigneur. Convertissez-vous, et détournez-vous de tous vos péchés, et l’iniquité ne vous sera point en ruine. Jetez loin de vous tous les crimes par lesquels vous avez péché ; et faites-vous un nouveau cœur, et un esprit nouveau, et pourquoi mourriez-vous, ô maison d’Israël ? Car je ne prends point de plaisir à la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur l’Eternel. Convertissez-vous donc, et vivez » (Ézéchiel 18:30-32).

À nouveau, Dieu exhorte toute la maison d’Israël. Mais pourquoi plaide-t-Il avec les gens du peuple pour qu’ils se convertissent ? Si leur conversion était réglée d’avance et irrésistible, ne serait-il pas inutile et superflu de plaider ainsi ? Or, nous voyons que Dieu leur donne le choix et Il les exhorte à faire le bon choix, car Il n’aimerait pas les voir mourir et nous parlons ici de la seconde mort parce que tous les convertis de l’Ancien Testament sont morts également et attendent la résurrection à la vie éternelle. Dieu ne S’inquiète pas de la première mort, car elle sera vaincue par la vie impérissable. Mais de la seconde mort, il n’y a aucun retour possible.

Vous noterez que Dieu demande le détournement de l’homme de ses péchés tel que préconisé dans l’Église : par la conversion à Dieu, parce que c’est la seule manière possible. Celui qui se convertit reçoit un cœur nouveau dans lequel Dieu écrit Sa loi royale, la loi de Christ ; et un esprit nouveau, c’est-à-dire, le Saint-Esprit qui vient habiter en lui.

« Dis-leur : je suis vivant, dit le Seigneur l’Eternel, que je ne prends point plaisir en la mort du méchant, mais plutôt que le méchant se détourne de sa voie, et qu’il vive. Détournez-vous, détournez-vous de votre méchante voie ; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? » (Ézéchiel 33:11).

La répétition fait partie de la méthode d’enseignement. Ainsi, nous voyons encore une confirmation du libre arbitre de l’homme qui a le choix de se repentir ou non de ses mauvaises voies. Il n’y a donc point de prédestination irréversible. Il appartient à l’homme d’accepter librement l’offre de salut de Dieu et de persévérer dès lors dans la voie de la vertu. Poursuivons ce passage du prophète Ézéchiel :

« Toi donc, fils d’homme, dis aux enfants de ton peuple : la justice du juste ne le délivrera point, au jour qu’il aura péché, et le méchant ne tombera point par sa méchanceté, au jour qu’il s’en sera détourné ; et le juste ne pourra pas vivre par sa justice, au jour qu’il aura péché. Quand j’aurai dit au juste qu’il vivra certainement, et que lui, se confiant sur sa justice, aura commis l’iniquité, on ne se souviendra plus d’aucune de ses justices, mais il mourra dans son iniquité qu’il aura commise. Aussi quand j’aurai dit au méchant : tu mourras de mort ; s’il se détourne de son péché, et qu’il fasse ce qui est juste et droit ; si le méchant rend le gage, et qu’il restitue ce qu’il aura ravi, et qu’il marche dans les statuts de la vie, sans commettre d’iniquité, certainement il vivra, il ne mourra point. On ne se souviendra plus des péchés qu’il aura commis ; il a fait ce qui est juste et droit ; certainement il vivra » (Ézéchiel 33:12-16).

Où est-il question d’un sort final préréglé, dans ce passage ? Tout y est fondé sur le choix que l’homme doit faire devant Dieu. Comprenez qu’il ne s’agit pas de gagner le salut par ses propres œuvres, car la justice du juste ne le délivrera pas. Les péchés dont parle Dieu ici ne sont pas les fautes que nous commettons en transgressant une loi divine, après quoi nous nous repentons. Il s’agit de ce péché qui est impardonnable et dont la punition est fatale : la seconde mort. Le juste qui se détournera de Dieu et rejettera le salut subira cette deuxième mort et on ne se souviendra plus de ses œuvres de justice. Tandis que le méchant qui est frappé par l’Évangile et qui se repent en toute sincérité, choisissant de cesser ses mauvaises voies, sort des ténèbres pour entrer dans la lumière de Christ. Il aura la vie éternelle et on ne se souviendra plus de ses péchés.

Nous voyons que, non seulement les hommes ont-ils le libre arbitre, mais aussi qu’il est possible à un juste de perdre le salut s’il ne persiste pas dans son choix initial. Ainsi, le libre arbitre est étroitement lié à la possibilité de perdre le salut. Le calvinisme nie le libre arbitre parce qu’il enseigne qu’il est impossible de perdre le salut à celui que Dieu conduit de façon prédéterminée. Mais ni l’un ni l’autre de ces deux points n’est prouvable par les Écritures, comme nous le lisons ici.

« Et vous serez haïs de tous à cause de mon Nom ; mais quiconque persévérera jusques à la fin, sera sauvé » (Matthieu 10:22).

Autre petit verset qui passe sous le radar calviniste. Il montre que la perte du salut est possible et qu’il faut persévérer jusqu’à la fin pour être sauvé. Mais dans le calvinisme, ce n’est pas « quiconque » qui persévère, mais Dieu seul, car le croyant n’a pas le choix. Cette exhortation de Jésus est incongrue dans le calvinisme parce qu’elle implique le libre-choix du croyant et sa propre persévérance à la suite de laquelle seulement il sera sauvé.

« Malheur à toi, Corazin ! malheur à toi, Bethsaïda ! car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous, eussent été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties avec le sac et la cendre … Et toi Capernaüm, qui as été élevée jusques au ciel, tu seras abaissée jusque dans l’enfer ; car si les miracles qui ont été faits au milieu de toi, eussent été faits dans Sodome, elle subsisterait encore » (Matthieu 11:21, 23).

Dans la théologie de beaucoup d’églises pseudo-chrétiennes modernes, le sort de Tyr et de Sidon, ainsi que de Sodome et Gomorrhe, est scellé et elles vont toutes brûler dans le feu de la géhenne pour l’éternité. Mais, compris avec tout le Conseil de Dieu, ce n’est pas ce que dit ce passage, et il ne le sous-entend même pas. Si les miracles que Jésus a effectués à Corazin, à Bethsaïda et à Capernaüm avaient eu lieu à Tyr, Sidon, Sodome et Gomorrhe, celles-ci se seraient repenties de leurs mauvaises voies et auraient subsisté. Mais elles vivaient dans l’ignorance, et l’ignorance n’est pas condamnée par le feu de la géhenne. Les habitants de toutes ces villes seront ressuscités lors de la Deuxième Résurrection et ils auront l’opportunité de se convertir pour se fondre parmi les nations qui vivront éternellement sous le règne de Dieu. Autre point à noter, « l’enfer » dont parle Jésus ne signifie pas le feu de la géhenne, mais « le séjour des morts », c’est-à-dire, la tombe.

« Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et qu’il y en ait une qui se soit égarée, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf, pour s’en aller dans les montagnes chercher celle qui s’est égarée ? Et s’il arrive qu’il la trouve, en vérité je vous dis, qu’il en a plus de joie, que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont point égarées. Ainsi la volonté de votre Père qui est aux cieux n’est pas qu’un seul de ces petits périsse » (Matthieu 18:12-14).

Cette analogie de Christ servait de symbole de l’Église que le Pasteur conduit. Elle décrit une situation que le calvinisme dit impossible, puisque, d’après cette théologie, les chrétiens ne peuvent se perdre parce que l’homme aux cent brebis a clôturé son pâturage de telle sorte qu’aucune brebis ne peut s’échapper. Elles n’ont pas le choix de demeurer dans l’enclos. Or, Jésus a donné cette analogie pour démontrer qu’une brebis du Père peut s’égarer, et même se perdre pour de bon s’il arrive que le Pasteur ne la trouve pas, ce qui signifie qu’un croyant peut changer son choix et refuser de continuer sur la voie du salut. Si le Pasteur la retrouve et la ramène, Il aura sauvé une âme de la perdition. C’est ce que nous voyons à la suite de ce passage…

« Que si ton frère a péché contre toi, va, et reprends-le entre toi et lui seul ; s’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais s’il ne t’écoute point, prends encore avec toi une ou deux personnes ; afin qu’en la bouche de deux ou de trois témoins toute parole soit ferme. Que s’il ne daigne pas les écouter, dis-le à l’Eglise ; et s’il ne daigne pas écouter l’Eglise, qu’il te soit comme un païen et comme un péager » (Matthieu 18:15-17).

Encore un coup dur pour le calvinisme. Christ explique que, si un frère de l’Église – ce qui spécifie bien qu’il s’agit d’un membre converti du Corps de Christ – un Élu possédant le Saint-Esprit, commet une faute contre soi, nous pouvons le reprendre afin de lui faire comprendre son péché afin qu’il s’en repente.

Mais le frère peut se laisser gagner par l’orgueil et afficher une attitude rebelle en refusant de comprendre. Nous demandons alors à une ou deux autres personnes de l’Église d’entendre la cause afin de trancher le débat. Or, il se peut que le frère rebelle refuse toujours d’entendre raison, se rebiffe et ne veuille pas reconnaître son tort. Il s’agit maintenant d’un problème d’attitude qui dépasse la simple faute commise initialement. La cause sera finalement amenée devant toute l’Église. Mais si le comportement orgueilleux et récalcitrant de ce membre persiste, Jésus commande à l’Église de le chasser comme paîen de manière à ce qu’il n’affecte pas d’autres membres de l’Église. C’est donc le salut qui est en jeu, ici.

Dans le contexte calviniste, il serait inutile de tenter de sauver un frère de la perdition parce que celui-ci ne peut pas perdre son salut. Pourtant, plusieurs passages nous recommandent de prendre soin les uns des autres, de nous encourager, de nous exhorter, de prier les uns pour les autres… tout genre d’actions qui semblent superflues, voire inutiles, dans le calvinisme. Nous allons d’ailleurs voir ces passages plus loin. Le seul fait que notre Seigneur nous recommande de redresser un frère fautif prouve qu’il existe un réel danger de perdition pour le croyant. Par contre si ce « frère » n’en était pas un dès le départ, comme le suggère la théorie calviniste, et que, selon cette fausse logique, il ne peut obtenir le salut, quoi qu’il fasse, alors à quoi bon tenter de le ramener sur le droit chemin du salut ? Cette recommandation de Christ est en franche discordance avec le calvinisme. Si Dieu a déjà prédéterminé le salut ou la perdition d’une personne, tout le propos de Christ est oiseux, non ? On peut même affirmer que d’essayer de reprendre une personne déjà destinée à la perdition risquerait d’aller à l’encontre de la volonté de Dieu et donc Christ recommanderait quelque chose qui contredirait Son Père. Étant donné que cela est impossible, nous devons nécessairement en conclure que le calvinisme et sa négation du libre arbitre, ainsi que l’élection inconditionnelle, sont des faussetés sans fondement scripturaire.

« C’est pourquoi le Royaume des cieux est semblable à un Roi qui voulut compter avec ses serviteurs. Et quand il eut commencé à compter, on lui en présenta un qui lui devait dix mille talents. Et parce qu’il n’avait pas de quoi payer, son Seigneur commanda qu’il fût vendu, lui et sa femme et ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette fût payée. Mais ce serviteur se jetant à ses pieds, le suppliait, en disant : Seigneur ! aie patience, et je te rendrai le tout. Alors le Seigneur de ce serviteur, touché de compassion, le relâcha, et lui quitta [acquitta, effaça] la dette. Mais ce serviteur étant sorti, rencontra un de ses compagnons de service, qui lui devait cent deniers ; et l’ayant pris, il l’étranglait, en lui disant : paye-moi ce que tu me dois. Mais son compagnon de service se jetant à ses pieds, le priait, en disant : aie patience, et je te rendrai le tout. Mais il n’en voulut rien faire ; et il s’en alla, et le mit en prison, jusqu’à ce qu’il eût payé la dette. Or ses autres compagnons de service voyant ce qui était arrivé, en furent extrêmement touchés, et ils s’en vinrent, et déclarèrent à leur Seigneur tout ce qui s’était passé. Alors son Seigneur le fit venir, et lui dit : méchant serviteur, je t’ai quitté toute cette dette, parce que tu m’en as prié ; Ne te fallait-il pas aussi avoir pitié de ton compagnon de service, comme j’avais eu pitié de toi ? Et son Seigneur étant en colère le livra aux sergents, jusqu’à ce qu’il lui eût payé tout ce qui lui était dû. C’est ainsi que vous fera mon Père céleste, si vous ne pardonnez de tout votre cœur chacun à son frère ses fautes » (Matthieu 18:23-35).

Il est possible qu’à la première lecture de ce passage, l’on n’ait pas saisi que, par cette parabole, Christ illustre le Plan de salut de Dieu pour les hommes. Mais d’entrée de jeu, Christ dit : « Le Royaume des cieux est semblable à… » Jésus parle des deux façons d’effacer nos péchés et nous avons le choix. Cela contredit évidemment le genre de salut que prêche le calvinisme et nous allons voir pourquoi. Dieu ne tolérera pas de péchés non pardonnés, non effacés, dans Son Royaume, et il y a deux moyens de payer l’amende de nos péchés. Le premier, et bien sûr, le plus reconnu, du moins dans le christianisme, c’est par le sacrifice de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix.

Dans la parabole de Christ, le serviteur devait dix mille talents à son Seigneur, somme considérable qu’il n’était manifestement pas en mesure de rembourser. En tant qu’êtres humains pécheurs, nous sommes incapables de payer l’amende de nos péchés afin d’obtenir le salut et la vie éternelle. Dieu le sait parfaitement et a prévu de nous « quitter notre dette » en venant S’offrir en holocauste propitiatoire sur une croix, répandant Son sang à la mort pour couvrir l’amende, nous remettant ainsi la dette et nous rachetant pour Lui.

Or, il y a une seconde façon de payer la dette, et c’est en comprenant bien celle-ci que la première façon devient limpide. Il n’y a qu’une seule manière que l’homme peut payer lui-même la dette de ses péchés face à Dieu : en mourant. Pas de la première mort que même les croyants expérimentent. Non, mais la mort seconde, celle que subiront les méchants incorrigibles. Cette seconde mort efface tous les péchés du méchant devant Dieu. Mais le méchant ne vit plus pour en profiter, il cesse totalement d’exister : « Car les gages [ou salaire] du péché, c’est la mort ; mais le don de Dieu, c’est la vie éternelle par notre Seigneur Jésus-Christ » (Romains 6:23).

La vie éternelle est un don de Dieu nous provenant de l’œuvre sacrificielle de notre Seigneur Jésus-Christ. Ce n’est que par la mort que les péchés sont effacés. Mais la mort du méchant ne lui ouvre pas l’accès à la vie éternelle, car il meurt dans ses péchés. Tandis que le croyant à qui le sacrifice de Christ est appliqué ne meurt pas dans ses péchés puisqu’il est devenu sans tache ni ride, la justice de Christ lui étant imputée, et il entrera dans le Royaume divin pour bénéficier de la vie éternelle. Celle-ci n’est accessible que par la mort sacrificielle de Jésus-Christ qui est venu payer l’amende de nos péchés, Lui sans péché, par Sa propre mort d’une valeur infiniment supérieure à celle de tous les hommes qu’Il a créés. Notre propre mort ne nous donne pas accès à la vie éternelle ; elle ne pourrait qu’effacer nos péchés. C’est le sort qui attend les méchants qui ne voudront pas se repentir : Dieu va détruire leurs péchés en les anéantissant eux-mêmes par la seconde mort qui les fera retourner au néant d’où ils ont été tirés. Non seulement leurs péchés sont oubliés, mais leur existence même sera oblitérée de notre mémoire.

Voilà pourquoi il est absurde et anti-biblique de croire que les méchants vont vivre éternellement en rôtissant au feu sans se consumer. Car cela n’effacerait pas leurs péchés, mais les conserverait pour l’éternité. Afin que l’homme puisse accéder à la vie éternelle après sa mort, il faut qu’il meure sans péché, sans tache ni ride, et il n’y a qu’un seul moyen d’y arriver : appliquer sur soi le sacrifice de Christ, le seul homme ayant vécu une vie parfaite sans pécher et qui a accepté de mourir à notre place pour effacer nos péchés à nous. Ainsi, nous revêtons Sa justice, nous sommes sanctifiés et trouvés non-coupables. Et alors seulement nous sommes dignes de la vie éternelle.

Cependant, à tous ceux qui se réclament d’une quelconque variante du calvinisme, la parabole de Jésus démontre que le serviteur, à qui la dette a été gracieusement acquittée, n’a pas suivi l’exemple de son Seigneur, méprisant ainsi le don qui lui a été fait, et n’a pas voulu acquitter la somme minuscule que lui devait son compagnon de service. Après avoir été libéré de sa dette – en langage spirituel, après avoir été pardonné de ses péchés – il a continué à pécher et a fini par perdre sa quittance.

De même, le croyant qui reçoit le pardon de Dieu par Jésus-Christ, peut ensuite retomber dans une vie de péché sans s’en repentir et le salut lui sera ôté. Il payera sa dette par sa mort éternelle. Le calvinisme pourrait-il expliquer ce passage autrement sans faire preuve de mauvaise foi ?

« Or il est impossible que ceux qui ont été une fois illuminés, et qui ont goûté le don céleste, et qui ont été faits participants du Saint-Esprit, et qui ont goûté la bonne parole de Dieu, et les puissances du siècle à venir ; s’ils retombent, soient changés de nouveau par la repentance, vu que, quant à eux, ils crucifient de nouveau le Fils de Dieu, et l’exposent à l’opprobre » (Hébreux 6:4-6).

Voilà un passage crucial qui indique le libre arbitre de l’homme en rapport direct avec la possibilité pour le croyant de perdre son salut s’il ne persévère pas dans son choix initial lors de son appel. Il est évidemment question du péché impardonnable. Les véritables chrétiens sont illuminés par l’Évangile de Christ, appelé par ailleurs le Soleil de justice (Malachie 4:2), qui donne la connaissance du salut. Pour ce faire, ils doivent recevoir en eux le Saint-Esprit, ce qui les rend participants au Corps de Christ. S’ils retombent, c’est-à-dire, s’ils retournent aux ténèbres de la mort spirituelle de laquelle Dieu les avaient tirés, ils ne seront pas ramenés de nouveau par une seconde mort de Jésus-Christ, car ils font un choix irrévocable de rejeter Dieu, Son Esprit et Son salut.

Paul ne décrit pas une personne qui ne se convertit pas, car il ne serait pas alors question d’une recrucifixion de Jésus-Christ. Or, une personne qui accepte la crucifixion de Christ est bel et bien convertie et participe à la réception du Saint-Esprit. Mais d’une plante qui portait du fruit, elle est devenue de la mauvaise herbe…

« Car la terre [celui qui reçoit la semence de Christ, Sa Parole] qui boit souvent la pluie [l’eau vive du Saint-Esprit] qui vient sur elle [par l’action de Dieu], et qui produit des herbes propres à ceux par qui elle est labourée [Dieu laboure et émonde le chrétien], reçoit la bénédiction de Dieu [ultimement la vie éternelle] ; mais celle [la terre caillouteuse, le méchant] qui produit des épines et des chardons [les péchés et l’iniquité], est rejetée, et proche de malédiction [perte du salut] ; et sa fin est d’être brûlée [dans le feu de la géhenne, la mort seconde] » (Hébreux 6:7-8).

Paul utilise la parabole de Christ du semeur semant dans différents terrains comme avertissement concernant la perte du salut. Mais dans la perspective calviniste, cet avertissement est superflu parce que les chrétiens ne peuvent perdre le salut et les méchants ne peuvent l’obtenir, car la repentance leur est interdite. D’ailleurs, si on y pense, dans le calvinisme, tout appel à la repentance est un exercice futile étant donné que Dieu dirige tout, pensées et actions, et ne laisse aucun choix à l’homme. Or, la Bible foisonne d’appels à la repentance, à la persévérance, au combat, à la discipline spirituelle, à la fermeté dans la foi, et, dans le prochain chapitre, nous allons survoler cet aspect du salut, car il est étroitement relié au libre-choix et en découle.

 

 




D.586 – Le Salut – Peut-on le mériter ? Une fois acquis, peut-on le perdre ? – Chapitre 2

LE LIBRE CHOIX EXISTE-T-IL ?

Par Roch Richer

CHAPITRE DEUX

 

Les lecteurs assidus de la Parole de Dieu, en lisant le Chapitre Un qui résume les doctrines théoriques de l’arminianisme et du calvinisme, auront peut-être déjà distingué certaines faiblesses sérieuses au travers de leurs énoncés doctrinaux en porte-à-faux avec des passages bibliques qui leur seront venus à l’esprit. Ils se seront sentis inconfortables avec l’une ou l’autre de ces théories, ou même les deux. Laquelle est la bonne, la biblique, celle conforme à la Parole de Dieu ? En fait, aucune des deux.

Nous allons maintenant examiner soigneusement pourquoi en citant les Écritures à grand renfort. Avant tout, il ne faut pas se laisser impressionner par le « savant » déploiement théologique de ces hommes célèbres de la haute hiérarchie ecclésiastique. Ils pouvaient être sincères, ils pouvaient être d’une brillante intelligence, mais ils demeuraient des hommes. Et certains d’entre eux ne possédaient certainement pas le Saint-Esprit, constatant le fait qu’ils aient concocté des théories religieuses mensongères détournant les membres de l’Église de Christ de Sa saine doctrine.

Tout homme et toute femme qui a l’Esprit de Christ en soi est en mesure de comprendre les Écritures mieux que tous les érudits du monde qui ne sont possédés que par la passion du religieux, mais qui ne sont pas habités par l’Esprit. De plus, Dieu a promis qu’aux temps de la fin, la connaissance de Sa Parole allait augmenter.

Prenez l’exemple des apôtres. Le Seigneur S’est-Il tenu à la porte des synagogues pour attendre que les élèves des rabbins sortent avec leurs diplômes d’études du Talmud afin de choisir les douze plus charismatiques et prometteurs ? Non, Il Se promenait sur le bord de la grève et a choisi des pêcheurs de poissons ; Il a choisi aussi un péager, alors que ce métier était méprisé de la population judéenne. Dieu mit Son Esprit en eux et la différence fut frappante :

« Eux [les sacrificateurs, le capitaine du temple, les sadducéens, tous grands lettrés] voyant la hardiesse de Pierre et de Jean, et sachant aussi qu’ils étaient des hommes sans lettres, et idiots, s’en étonnaient, et ils reconnaissaient bien qu’ils avaient été avec Jésus » (Actes 4:13). Comment des hommes sans diplôme universitaire en théologie pouvaient-ils leur en montrer, à eux, les théologiens aguerris et versés dans les saintes lettres ? Le même sentiment de supériorité habite toujours aujourd’hui un bon nombre d’hommes d’églises.

Paul donna une réponse à cela : « Car, mes frères, vous voyez votre vocation, que vous n’êtes pas beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles de ce monde, pour rendre confuses les sages ; et Dieu a choisi les choses faibles de ce monde, pour rendre confuses les fortes ; et Dieu a choisi les choses viles de ce monde, et les méprisées, même celles qui ne sont point, pour abolir celles qui sont. Afin que nulle chair ne se glorifie devant lui » (1 Corinthiens 1:26-29).

Les théologiens de tous les siècles se sont glorifiés de leur savoir en méconnaissant qu’ils n’étaient souvent que des aveugles conduisant d’autres aveugles. Mais de tout temps, Dieu les confondit en inspirant des gens modestes à dévoiler Sa vérité. Prophètes, apôtres et disciples de Christ ne sortent pas des grands séminaires des hommes. Dieu est leur Instructeur.

Ce qui veut dire que ce n’est pas parce que de célèbres théologiens décrétèrent des théories au sujet du processus du salut divin qu’il n’y a plus rien à découvrir ou à corriger. Bien au contraire, le fait même que ces théories, adoptées par le grand courant de la chrétienté, aient été élaborées par des théologiens devrait plutôt éveiller notre suspicion, sachant que Paul a averti l’Église que des ministres de Satan allaient s’infiltrer dès son départ et amener un grand nombre de gens sur de fausses pistes et une théologie frauduleuse.

L’arminianisme et le calvinisme sont bel et bien des fraudes, des interprétations mal établies, fondées sur quelques versets bibliques dont le sens a été dénaturé. D’importants éléments clés de la saine doctrine sont obscurcis ou absents de leurs conceptions sotériologiques, ce qui influence leur interprétation de la prédestination, du libre-choix et tout le procédé du Plan de salut de Dieu pour les hommes. Par conséquent, ils comprennent mal la justice, l’amour et la souveraineté de Dieu et produisent des théories doctrinales qui, si elles sont poussées à leur limite logique, mènent à des impasses intolérables au point de vue biblique.

C’est exactement ce que nous allons faire : pousser leurs raisonnements doctrinaux à leur limite logique en apportant des passages bibliques qui viennent démolir leurs affirmations. Rappelons pour mémoire les cinq points de conception du salut des arminiens et des calvinistes :

Sujet Arminianisme Calvinisme
Élection, prédestination Conditionnelle et universelle Inconditionnelle pour la vie ou pour la mort
Libre arbitre Arbitrage libéré Pas de libre arbitre
Justification Illimité mais effective uniquement pour les Élus Limitée aux Élus
Conversion Offerte à tous aujourd’hui, résistible Sans moyen, irrésistible
Préservation et apostasie Persévérance avec possibilité d’apostasier Persévérance des saints effectuée uniquement par Dieu

 

La doctrine de la prédestination

Reprenons succinctement la description arminienne et la calviniste concernant la doctrine de la l’élection, dite aussi doctrine de la prédestination.

Arminianisme :

Rejet de la théorie d’une élection inconditionnelle. Élection conditionnelle offerte à tout le monde, donc universelle. La prédestination des Élus est expliquée comme n’étant pas la prédétermination de qui va croire, mais plutôt la prédétermination de l’héritage futur du croyant. Dieu ne choisirait pas d’avance qui croit, mais offre le salut et reçoit ceux qui l’acceptent.

Calvinisme :

De par la dépravation totale de l’homme, l’élection est inconditionnelle, car Dieu a par avance déterminé ce qu’Il veut faire de chaque homme. Il pré-ordonne les uns à la vie éternelle et les autres à la damnation éternelle. Tous les hommes n’ont pas le choix de leur condition finale.

Historiquement, le calvinisme semble avoir surgi avant l’arminianisme et celui-ci survient en réaction contre le calvinisme, voyant qu’il y avait quelque chose qui clochait dans la théologie de Calvin. Mais, lui manquant d’importants éléments de la saine doctrine de Christ, l’arminianisme n’a jamais pu vraiment mettre le doigt sur le bobo.

La première chose que nous allons établir ici, c’est le sens réel du mot « prédestination » en nous laissant guider par les Écritures. Comme nous le constatons souvent, Satan a détourné le sens véritable de ce mot pour tenter de cacher ce que la Bible entend par « prédestination ». Les arminiens croient qu’il s’agit du salut dans son ensemble qui a été prédéterminé par Dieu et que Celui-ci allait ensuite voir qui allait y adhérer. Que faire alors de l’affirmation biblique que le nom des Élus fut écrit dans le Livre de Vie avant même la fondation du monde (Apocalypse 17:8) ? Quant à eux, les calvinistes pensent que c’est Dieu qui a prédéterminé ceux qu’Il allait immanquablement sauver. Mais savez-vous ce que dit la Parole de Dieu ?

Le préfixe « pré » veut dire « avant », ce qui est légèrement différent de « à l’avance », mais la nuance est importante. Alors que les calvinistes sont convaincus que les Élus sont destinés ou choisis « à l’avance » pour le salut, et que les arminiens disent que c’est le salut qui est « destiné d’avance » à être offert à ceux qui vont choisir de croire, la Bible dit que les Élus, l’Église, sont « destinés au salut avant ». Mais qu’est-ce qui nous permet de penser que c’est le bon sens à donner au mot « prédestinés » ? La Bible l’explique elle-même en précisant qui sont les Élus, les membres actuels de l’Église de Christ.

« Il nous a de sa propre volonté engendrés par la parole de la vérité, afin que nous fussions comme les prémices de ses créatures » (Jacques 1:18).

« Ce sont ceux qui ne se sont point souillés avec les femmes, car ils sont vierges ; ce sont ceux qui suivent l’Agneau quelque part qu’il aille ; et ce sont ceux qui ont été achetés d’entre les hommes pour être des prémices à Dieu, et à l’Agneau » (Apocalypse 14:4).

Nous voyons dans ces deux passages bibliques que ceux qui composent l’Église de Christ, c’est-à-dire, les Élus, les prédestinés au salut, sont qualifiés de prémices. Pourquoi Dieu les appelle-t-Il des « prémices » ? Que veut dire « prémices » ?

Voici ce que le Dictionnaire Larousse donne comme définition : « 1) Premiers fruits de la terre, premiers-nés du bétail, offerts à la divinité. 2) Première manifestation de quelque chose, commencement. » Dans l’Ancien Testament, lorsque Dieu a régulé les sacrifices et les offrandes du peuple d’Israël, Il a fait plusieurs fois mention des premiers fruits de la terre et des premiers-nés du bétail comme étant des choses réservées à l’Éternel. Les ayant Lui-même créés, tous les fruits et tous les animaux appartiennent à Dieu, bien sûr, mais Il ne Se réservait que les tout premiers – les donnant ensuite comme alimentation au sacerdoce – pour que l’homme apprenne à Le vénérer et Il laissait le reste à la jouissance de l’homme.

Conséquemment, ce que nous voyons ici, c’est que l’Église des Élus est la portion de l’humanité que Dieu S’est réservée pour Soi comme prémices sanctifiées et mises à part dès l’époque présente, en commençant par Abel le juste. Comparativement à la population dans son ensemble, les Élus sont peu nombreux, et il y eut même, au sein de certaines civilisations, des endroits et des époques où il n’y en avait pas du tout.

La révélation que l’Église forme les prémices des appelés donne tout son sens a mot « prédestinés », il s’agit du Corps de Christ. Or, s’il y a des prémices de la création de l’homme, des gens appelés au salut avant les autres, et dont les noms sont déjà inscrits dans le Livre de Vie de l’Agneau, cela suggère fortement qu’il y aura éventuellement une plus grande moisson d’appelés, laquelle comprendra toutes les nations qui pourront, elles aussi, venir se prosterner devant le Seigneur.

« Car comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre que je m’en vais faire, seront établis devant moi, dit l’Eternel ; ainsi sera établie votre postérité, et votre nom.Et il arrivera que depuis une nouvelle lune jusqu’à l’autre, et d’un Sabbat à l’autre, toute chair viendra se prosterner devant ma face, a dit l’Eternel. (Ésaïe 66:22-23).

Remarquez bien qu’il s’agit d’une époque future où Dieu aura renouvelé les cieux et la terre, ce que l’on voit dans Apocalypse 21:1, c’est-à-dire, après le jugement du Grand Trône Blanc, lors de la Deuxième Résurrection.

Or, l’arminianisme et le calvinisme ont toujours eu pour interprétation que la Deuxième Résurrection est le moment où Dieu ressuscite tout le monde qui, au fil de l’histoire de l’humanité, ne s’est pas converti, depuis Adam et Ève jusqu’au dernier enfant né sur terre. Et d’après eux, tous sont destinés au feu de la géhenne, qu’ils appellent faussement « l’enfer ». Par conséquent, 99 % des êtres humains vont à la condamnation éternelle.

Voilà la grande erreur des sotériologies arminienne et calviniste. Et cette erreur grave a des répercussions sur tous les points de leur théologie. Pratiquement toutes les églises et dénominations dites chrétiennes enseignent que la Deuxième Résurrection, décrite dans Apocalypse 20:11-12, en est une de condamnation éternelle. Mais si vous examinez soigneusement leur exégèse, vous constatez qu’elles n’ont pas été en mesure de prouver bibliquement leur affirmation. Il faut que leurs membres prennent leurs dires pour acquis sans poser de question.

Pourtant, une bonne compréhension de la Deuxième Résurrection est essentielle dans l’étude exacte de la sotériologie réellement biblique. Cette connaissance a un impact marqué sur l’intelligence de tout le plan de salut de Dieu pour les hommes.

« Et à l’assemblée et à l’Eglise des premiers nés qui sont écrits dans les Cieux, et à Dieu qui est le juge de tous, et aux esprits des justes sanctifiés » (Hébreux 12:23).

L’Église est effectivement composée des prémices, c’est-à-dire, les premiers-nés d’entre les appelés. Tous les hommes sont destinés au salut : « Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus » (Matthieu 22:14). En lisant ce verset, à quoi pense un calviniste ? Il affirme que seuls les Élus sont appelés au salut ! Comment peut-il réconcilier cette parole de Christ avec sa théorie sans la faire s’effondrer ? Et que faire du passage qui suit :

« Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Car Dieu n’a point envoyé son Fils au monde pour condamner le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui » (Jean 3:16-17). Si Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, Il va les appeler, et pas seulement une petite poignée d’Élus. Le salut n’est donc pas seulement offert qu’aux Élus prédestinés, d’Abel à la Première Résurrection. Les Élus seront bien sûr les premiers à recevoir la vie éternelle en leur temps marqué, au Retour de Jésus-Christ, quand sonnera la dernière trompette, mais le Plan de salut ne s’arrêtera pas là. Il y a d’autres étapes à suivre. Ici, Christ parle bel et bien du salut de toute l’humanité. Mais pour comprendre cela, il faut d’abord avoir une vision exacte de ce que constitue la Deuxième Résurrection.

Fort malheureusement, les pseudo-églises chrétiennes dans leur ensemble ne possèdent pas cette vision intégrée dans leur théologie et ne l’enseigne donc pas ; leurs membres sont tenus dans le noir sur ce sujet d’une importance capitale. C’est le résultat qu’obtiennent les théologiens qui répandent le catholicisme, l’arminianisme et le calvinisme.

« Et ils disaient à la femme : ce n’est plus pour ta parole que nous croyons ; car nous-mêmes l’avons entendu, et nous savons que celui-ci est véritablement le Christ, le Sauveur du monde » (Jean 4:42).

Comment ces personnes, qui venaient tout juste pour la première fois de recevoir la Parole de l’Évangile de Christ, auraient-elles pu croire que le Christ était le Sauveur du monde si, en réalité, Il n’est venu que pour une partie infime du monde ? Le Seigneur a spécifié Lui-même : « Et moi, quand je serai élevé de la terre[i.e. crucifié], je tirerai tous les hommes à moi » (Jean 12:32). Manifestement, Jésus n’a pas dit qu’Il attirerait uniquement les Élus prédestinés à Lui. Il dit clairement que, par Son sacrifice sur la terre, le salut allait être offert à toute l’humanité, selon des étapes prédéterminées, la seconde étant la Deuxième Résurrection. Vous aurez noté que, toutes les fois que Jésus parle du salut offert, Il vise « tout le monde » ou « tous les hommes ». Si tel n’était pas le cas, pourquoi ne l’a-t-Il pas dit à la façon calviniste ?

« Et si quelqu’un entend mes paroles, et ne les croit point, je ne le juge point ; car je ne suis point venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde » (Jean 12:47). Jésus ne Se montre toujours pas calviniste, ici, ni arminien. Ce verset détruit les deux théories adverses. Les arminiens disent que tout le monde est appelé maintenant et devrait donc faire partie de l’Église. Or, l’Église est jugée maintenant et elle est composée seulement des prédestinés. Le monde n’est pas jugé maintenant ; cependant, il le sera lors de la grande moisson de la Deuxième Résurrection. Les calvinistes disent, quant à eux, que seulement 1 % de l’humanité est sauvé et que le reste périt, étant déjà jugé condamnable. Pourtant, Jésus dit ici qu’Il est venu, non pour ne sauver qu’un pourcent de la population, mais le monde, par Son sacrifice. Lors de la Deuxième Résurrection, l’humanité sera ressuscitée et alors Jésus la jugera selon son acceptation de Son Sacrifice.

Les calvinistes tentent bien de changer la signification du mot « monde » et de l’expression « tous les hommes » afin d’en restreindre la portée à une toute petite fraction de l’humanité. Toutefois, ils ne peuvent s’accrocher à rien dans les Écritures pour étayer leur assertion. La Bible ne leur donne pas raison, bien au contraire. Et à lire ces versets pourtant si clairs, on a le droit de se demander ce qui les motive à se cramponner de manière si butée.

L’apôtre Paul n’était assurément pas de l’avis des calvinistes, car il a dit : « Car cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur ; Qui veut que tous les hommes soient sauvés, et qu’ils viennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2:3-4). Paul ne spécifie évidemment pas que « tous les hommes » ne se réfère qu’aux Élus prédestinés et il est même présomptueux de seulement le sous-entendre sans d’autres versets qui le confirmeraient entièrement. Mais ces versets n’existent pas.

Donc, c’est dans l’esprit de ce que Paul dit ici à Timothée qu’il faut comprendre ce qu’il lui confie plus loin : « Car c’est aussi pour cela que nous travaillons, et que nous sommes en opprobre, vu que nous espérons au Dieu vivant, qui est le conservateur de tous les hommes, mais principalement des fidèles » (1 Timothée 4:10). Bien sûr que Dieu conserve tous les hommes – et particulièrement les Élus – parce que nous avons vu qu’Il veut que tous les hommes soient sauvés. Or, dans la théorie calviniste, Dieu ne veut pas conserver 99 % des êtres humains qu’Il a créés, Il veut les perdre ! Et si on demande au calviniste pourquoi Dieu a créé tant d’hommes et de femmes pour les perdre dans d’éternelles souffrances, il répond avec assurance que Dieu veut ainsi montrer Sa souveraineté…

« Le Seigneur ne retarde point l’exécution de sa promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y ait du retardement, mais il est patient envers nous, ne voulant point qu’aucun périsse, mais que tous se repentent »  (2 Pierre 3:9).

L’apôtre Pierre va dans le même sens que Paul. Les calvinistes tentent bien de restreindre l’expression « qu’aucun périsse » à la somme des Élus seulement, disant que Pierre sous-entendait que Dieu allait S’arranger pour que tous les Élus soient assurés du salut et leur donne à tous le repentir. Alors pourquoi le Seigneur Se montre-t-Il « patient envers nous » en attendant que nous nous repentions ? Est-ce donc seulement à nous, les Élus, qu’Il S’adresse par l’intermédiaire de Pierre ? « Car c’est lui qui est la victime de propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde »(1 Jean 2:2).

Dans le chapitre précédent, nous avons vu que « les calvinistes n’enseignent jamais en totalité l’élection inconditionnelle et son corollaire de la doctrine de la prédestination ». La raison devient de plus en plus évidente. Car en poussant leurs affirmations à leurs limites logiques, on constate que la théorie calviniste frôle le blasphème.

Selon Calvin, Dieu prédétermine le sort final de tous les hommes. Il en amène quelques-uns au salut, de force si c’est nécessaire (car l’homme n’aurait pas le libre arbitre), et tout le reste va à la perdition (les calvinistes croient au feu de « l’enfer » qui brûle éternellement les âmes sans jamais les consumer). D’après cette sotériologie, Dieu contrôle toutes les pensées, toutes les actions des hommes et tous les événements. En somme, et pour emprunter une analogie moderne, Dieu serait le Concepteur et le Programmeur et nous serions les ordinateurs. Et c’est Lui qui est au clavier.

Donc, s’il en est ainsi, comment le mal peut-il exister ? Un homme peut-il être responsable d’un péché si Dieu conduit sa pensée ? Si l’homme préalablement condamné à être perdu est créé pour pécher – puisqu’il faut bien qu’il soit pécheur pour être condamné – qui est responsable de ce péché ? La réponse est inévitable : selon le calvinisme, Dieu serait responsable des péchés des hommes, sauvés ou non, et Il serait par conséquent l’auteur du mal ! Logiquement, Dieu aurait installé le mal en Lucifer – car les anges n’auraient pas plus le libre arbitre que les hommes.

Voilà pourquoi « les calvinistes n’enseignent jamais en totalité l’élection inconditionnelle et son corollaire de la doctrine de la prédestination ». Ils doivent cacher ce qui s’avère la plus grande faille du calvinisme et, ne comprenant pas la fonction de la Deuxième Résurrection, ils se croient obligés d’avoir recours à cet expédient pour expliquer le sort des perdus.

Tous les cinq points (T.U.L.I.P.) du calvinisme subissent l’impact de cette mauvaise interprétation des Écritures. Or, voyez ce qu’a dit l’apôtre Jacques : « Quand quelqu’un est tenté, qu’il ne dise point : je suis tenté de Dieu ; car Dieu ne peut être tenté par le mal, et aussi ne tente-t-il personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise » (Jacques 1:13). Si Dieu influençait continuellement à pécher sous prétexte qu’Il a décidé que cette personne doit être perdue, c’est qu’Il tenterait sans cesse au mal. Le calviniste ne peut échapper au piège dans lequel l’amène sa théologie insidieuse, étant donné que, d’après lui, Dieu pré-ordonne toute pensée et toute action de l’homme, le privant de libre arbitre ou de libre-choix. Les perdus ne peuvent être tenus responsables des péchés qu’ils commettent, car ils ne font que ce que Dieu leur commande – dans leur cas, de pécher. La conclusion est inéluctable : Dieu aurait créé le mal. Bien sûr, puisqu’Il aurait créé des êtres humains avec l’idée de les faire périr à cause de leurs péchés ! L’apôtre Jacques n’a donc pas de justification pour dire que Dieu ne tente personne puisqu’Il n’est pas tenté par le mal, car, d’après le calvinisme, Dieu provoque les pécheurs à commettre le mal tous les jours. Qui croirons-nous donc : l’apôtre Jacques ayant écrit sous l’inspiration divine, ou Jean Calvin ayant écrit sous une autre inspiration qui fait de Dieu un Être malfaisant ?

Quant à l’arminien, qui ne saisit pas davantage la Deuxième Résurrection, il ne fait pas mieux que le calviniste et tente aussi de faire entrer les morceaux du casse-tête l’un dans l’autre au hasard, à grands coups de marteau. L’arminianisme prêche un salut conditionnel, certes, mais aussi universel, car, d’après lui, tous les hommes sont appelés maintenant au salut, depuis Adam et Ève. Apparemment, Dieu pourvoirait tout le monde de Sa grâce prévenante et les humains doivent aujourd’hui accepter ou refuser Son offre de salut. Cela sous-entend qu’au préalable, tous les hommes ont entendu parler de Jésus, de Son Évangile et, bien entendu, du sacrifice de Christ. Mais force est de constater que tel n’a pas été le cas.

« Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Mais comment invoqueront-ils celui en qui ils n’ont point cru ? et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont point entendu parler ? et comment en entendront-ils parler s’il n’y a quelqu’un qui leur prêche ? Et comment prêchera-t-on sinon qu’il y en ait qui soient envoyés ? ainsi qu’il est écrit : ô que les pieds de ceux qui annoncent la paix sont beaux, les pieds, dis-je, de ceux qui annoncent de bonnes choses ! » (Romains 10:13-15).

Pour l’arminien, la résistance à la grâce de Dieu consiste à ne pas vouloir écouter un chrétien qui insiste pour lui parler de « Jésus dans son cœur ». L’évangélisation de ces « missionnaires », dont l’approche est souvent irritante, suffit à repousser le non-croyant et sert de prétexte pour cataloguer de perdus ceux qui réagissent négativement à cet « appel » qui ne vient pas de Dieu. Or, la perdition n’a rien à voir avec la résistance aux « missionnaires ».

Depuis Adam et Ève, combien de milliards de gens n’ont jamais entendu parler ou même prononcer le nom de Jésus-Christ ? Et pourtant, en parlant de Lui, Pierre a dit : « Et il n’y a point de salut en aucun autre : car aussi il n’y a point sous le ciel d’autre Nom qui soit donné aux hommes par lequel il nous faille être sauvés » (Actes 4:12). Des peuples, des nations, des civilisations entières, ayant existés avant et après Jésus-Christ/homme, ont vécu sans avoir eu cette bonne nouvelle. Comment auraient-ils pu ? Il n’y avait personne d’envoyé vers eux. Pensez aux Aztèques, aux Mayas, aux Incas, aux autochtones d’Amérique avant l’arrivée des Européens. Pensez au monde pré-diluvien, aux empires de l’époque des prophètes, en Asie, en Afrique, partout où l’Évangile n’a jamais pu se rendre, ou qu’il n’existait pas encore. D’après l’arminianisme, Dieu va tous les condamner pour avoir ignoré ce qu’il leur était impossible de savoir.

Si Dieu a distribué Sa grâce sur toute la terre depuis Adam et Ève, à toutes les époques, dans le but de sauver tout le monde dès maintenant, nous devons en venir à la conclusion que Dieu a lamentablement échoué. Il n’a pas été capable d’influencer 99 % de la population mondiale et donc… Satan est plus fort que Dieu !

Vous admettrez que cela n’a aucun sens. Et nous ne pouvons que constater que, ni l’arminianisme, ni le calvinisme n’explique convenablement et bibliquement le Plan de Salut de Dieu pour les hommes.

La Bible dit néanmoins que Dieu a créé les hommes pour les sauver et leur donner la vie éternelle, devenant ainsi Ses enfants. Et c’est ce qu’Il va faire. La première étape fut le sacrifice de Jésus-Christ et Son sang versé qui permet d’effacer nos péchés. Ce sacrifice était planifié avant que Dieu ne crée l’univers. La seconde étape est l’appel des Élus qui sont destinés au salut avant les autres. L’étape suivante sera la Deuxième Résurrection prenant place après le règne millénaire de Jésus-Christ sur terre. La dernière étape sera l’extermination des rebelles incorrigibles qui refusent l’offre de salut.

LE JUGEMENT

Arminiens et calvinistes s’entendent pour dire que la Deuxième Résurrection est une condamnation des méchants, soit plus ou moins 99 % de la population, car, pour eux, jugement = condamnation.

Mais est-ce vrai ? Est-ce biblique ? Étudions d’abord cette question. Nous allons voir quelques passages des Écritures qui nous révèlent que le mot « jugement » n’est pas synonyme de « condamnation », de même que le verbe « juger » ne signifie pas automatiquement « condamner ».

« Mais l’Eternel sera assis éternellement ; il a préparé son trône pour juger ; et il jugera le monde avec justice, et fera droit aux peuples avec équité. Et l’Eternel sera une haute retraite à celui qui sera foulé, il lui sera une haute retraite au temps qu’il sera dans l’angoisse » (Psaume 9:7-8).

Il ne peut y avoir qu’un seul moment de l’histoire où cet événement puisse avoir lieu : à la Deuxième Résurrection, lorsque les nations de toute l’histoire de l’humanité seront ressuscitées pour se retrouver devant le Grand Trône Blanc de Jésus-Christ, au jour du Jugement que nous voyons décrit dans Apocalypse 20:11-12 que nous étudierons plus loin. Dans ce passage des Psaumes, vous remarquerez que le Christ jugera le monde entier et fera droit au peuple avec équité. Il ne s’agit donc pas d’une condamnation automatique, mais d’un juste jugement, une évaluation qui déterminera le sort de chacun. Le verdict viendra après le jugement.

« Il appellera les cieux d’en haut, et la terre, pour juger son peuple, en disant : Assemblez-moi mes bien-aimés qui ont traité alliance avec moi sur le sacrifice » (Psaume 50:4-5).

Ceci est une allusion directe au Corps de Christ, l’Église, les Élus prédestinés au salut, qui ont traité alliance avec Dieu sur le sang de Jésus-Christ. Dieu juge Son peuple maintenant : « Mais si quelqu’un souffre comme Chrétien, qu’il n’en ait point de honte, mais qu’il glorifie Dieu en cela. Car il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu ; or s’il commence premièrement par nous, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent point à l’Evangile de Dieu ? » (1 Pierre 4:16-17).

L’Église passe maintenant en jugement selon sa fidélité envers l’Évangile de Dieu. Le mot « jugement » vous semble-t-il avoir la signification de « condamnation » ? Assurément pas, car « il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, lesquels ne marchent point selon la chair, mais selon l’Esprit » (Romains 8:1). L’Église n’est pas condamnée parce qu’elle applique sur elle la justification et la sanctification qui nous viennent du sacrifice rédempteur de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, et le verdict de Son jugement est l’innocence, la non-culpabilité. Pourquoi le reste du monde ne pourrait-il pas bénéficier de cette grâce salvatrice et révélatrice lorsque le bon moment sera venu, à la Deuxième Résurrection ?

« Nous rugissons tous comme des ours, et nous ne cessons de gémir comme des colombes ; nous attendions le jugement, et il n’y en a point ; la délivrance, et elle s’est éloignée de nous. Car nos forfaits se sont multipliés devant toi, et chacun de nos péchés a témoigné contre nous ; parce que nos forfaits sont avec nous, et nous connaissons nos iniquités » (Ésaïe 59:11-12).

Dieu ne parle définitivement pas le même langage que les théologiens pseudo-chrétiens, car Il compare ici le jugement à une délivrance. Le prophète se languit de voir le jugement, mais il ne vient pas et il ne se sent pas délivré. Donc, le jugement est une délivrance ; et c’est précisément ce que sera le jugement du Grand Trône Blanc : une délivrance pour l’humanité. Poursuivons ce passage : « Qui sont de pécher et de mentir contre l’Eternel, de s’éloigner de notre Dieu, de proférer l’oppression et la révolte ; de concevoir et prononcer du cœur des paroles de mensonge. C’est pourquoi le jugement s’est éloigné et la justice s’est tenue loin ; car la vérité est tombée par les rues, et la droiture n’y a pu entrer » (Vs 13-14).

Ésaïe dit ici que les péchés du peuple ont éloigné le jugement en comparant celui-ci à la justice. Le sens du mot « jugement » est franchement différent de celui que lui donnent les théologiens d’églises. Eux disent que ce sont les péchés du monde qui lui apporteront le jugement ; alors qu’ici, le jugement s’éloigne de ceux qui commettent iniquité. Donc, le jugement de Dieu est délivrance et justice, et non pas uniquement condamnation.

Comme nous l’avons dit, le jugement vient d’abord, car il s’agit d’une évaluation des actions, un examen des paroles et des pensées d’une personne jugée selon les standards des Écritures. Puis, à la fin du jugement, le juge rend un verdict d’innocence ou de culpabilité. C’est la justice de Dieu dont nous serons témoins lors de la Deuxième Résurrection.

« Quand le juste se détournera de sa justice, et qu’il commettra l’iniquité, il mourra pour ces choses-là. Et quand le méchant se détournera de sa méchanceté, et qu’il fera ce qui est juste et droit, il vivra pour ces choses-là. Et vous avez dit : la voie du Seigneur n’est pas bien réglée ! Je vous jugerai, maison d’Israël, chacun selon sa voie » (Ézéchiel 33:18-20).

Portez attention à ce que Dieu dit, ici, vous qui croyez que « jugement » égale « condamnation ». Dieu juge aussi bien le juste que le méchant et celui qui se détourne du mal est jugé non-coupable.

« Et quand il surviendra quelque procès, ils assisteront au jugement, et jugeront suivant les lois que j’ai données ; et ils garderont mes lois et mes statuts dans toutes mes solennités, et ils sanctifieront mes Sabbats » (Ézéchiel 44:24).

Voilà le vrai sens du mot « jugement » : une évaluation, un examen, une audience, une estimation, une appréciation selon les lois que Dieu a données. Un jugement est effectué lors d’un procès où l’on examine les actions d’une personne en les évaluant selon les lois en vigueur. Puis, quand le jugement est terminé, le juge rend son verdict à savoir si la personne est innocente des charges portées contre elle, ou si elle est coupable des chefs d’accusation. Le jugement de Dieu est Son évaluation des actions d’une personne et de ses motifs profonds comparés aux instructions se trouvant dans les Écritures (le Code de Lois divin) données par Dieu. En ce moment, l’Église est la première à passer en examen de la sorte et elle est trouvée non-coupable, car les chefs d’accusation disparaissent par l’action du sacrifice de Jésus-Christ. C’est pour cela que, même jugés, les Élus sont innocentés.

« Ainsi a dit le Seigneur l’Eternel : Princes d’Israël, qu’il vous suffise ; ôtez la violence et le pillage, et faites jugement et justice ; ôtez vos extorsions de dessus mon peuple, dit le Seigneur l’Eternel » (Ézéchiel 45:9).

Voyez, les princes exerçaient leur violence et leurs extorsions sur le peuple, et Dieu leur commande de cesser cela en faisant plutôt jugement et justice. Alors qu’ils sont condamnables, Dieu leur ordonne de bien juger. Non pas de condamner, mais de juger justement.

« Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car de tel jugement que vous jugez, vous serez jugés ; et de telle mesure que vous mesurerez, on vous mesurera réciproquement. Et pourquoi regardes-tu le fétu qui est dans l’œil de ton frère, et tu ne prends pas garde à la poutre dans ton œil ? Ou comment dis-tu à ton frère : Permets que j’ôte de ton œil ce fétu, et voilà, tu as une poutre dans ton œil. Hypocrite, ôte premièrement de ton œil la poutre, et après cela tu verras comment tu ôteras le fétu de l’œil de ton frère » (Matthieu 7:1-5).

Y a-t-il contradiction entre cette parole de Christ qui semble dire de ne pas juger et celle qu’Il a inspirée à Paul qui nous exhorte à savoir juger ?

« Ne savez-vous pas que les Saints jugeront le monde ? or si le monde doit être jugé par vous, êtes-vous indignes de juger des plus petites choses ? Ne savez-vous pas que nous jugerons les Anges ? combien plus donc devons-nous juger des choses qui concernent cette vie ? » (1 Corinthiens 6:2-3).

Il n’y a pas contradiction, il y a complémentarité. Jésus nous enseigne qu’il nous faut être dignes de juger, sinon le jugement pourrait se retourner contre nous. Paul nous dit qu’un jour, nous serons dignes de juger le monde et les Anges. Beaucoup d’hypocrites scrutent les faits et gestes des autres pour tenter de les prendre en défaut à la moindre occasion, celle-ci ne servant que de prétexte à la critique et au rehaussement de leur image. Mais pendant qu’ils font cela, ils ne s’occupent pas d’eux-mêmes et de leurs propres défauts. Ils seront jugés aussi sévèrement qu’ils ont jugé les autres.

Il y a un jugement qui n’appartient qu’à Dieu. Voyant dans le fond du cœur des hommes, Il est le seul habilité à déterminer le sort final de chacun. Nous, nous pouvons juger des actions, mais pas du cœur qui motive les actions. C’est de cet autre jugement dont parle Paul, le jugement que nous pouvons et que nous devons faire : juger des choses, mais pas des personnes qui les font. Voilà pourquoi nous ne devons jamais présumer du sort final de quelqu’un. Dieu a laissé ce jugement à Jésus-Christ : « Car le Père ne juge personne, mais Il a donné tout jugement au Fils » (Jean 5:22).

Et c’est ce qu’Il va faire à la Deuxième Résurrection, comme nous le verrons plus loin.

« Et ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamné » (Luc 6:37). Nous voyons ici une des raisons pour lesquelles les théologiens d’églises ne comprennent pas la signification de la Deuxième Résurrection. Les gens sont prompts à juger dans le dessein de pouvoir condamner. Cela leur confère un semblant d’autorité et leur donne de l’importance. Et ainsi, sans preuves bibliques, « jugement » est devenu synonyme de « condamnation ». Beaucoup de pasteurs et d’évangélistes du passé – et même encore aujourd’hui – se servaient de cette condamnation pour rehausser leur prestige et se donner du pouvoir sur la congrégation. Jésus-Christ ne veut pas de ça dans Son Église.

« Car le Père ne juge personne ; mais il a donné tout jugement au Fils ; afin que tous honorent le Fils, comme ils honorent le Père ; celui qui n’honore point le Fils, n’honore point le Père qui l’a envoyé » (Jean 5:22-23). Notez bien : le jugement est remis au Fils afin que les hommes L’honorent ! Ce jugement ne peut pas être synonyme de « condamnation ».

« Et Jésus dit : je suis venu en ce monde pour exercer le jugement, afin que ceux qui ne voient point, voient ; et que ceux qui voient, deviennent aveugles » (Jean 9:39). À ceux qui croient que le jugement est une condamnation, comment peuvent-ils expliquer que Jésus dit ici qu’Il est venu juger ceux qui ne voient point, spirituellement parlant, afin qu’ils voient et comprennent l’Évangile ? Le jugement est donc bien ce qu’il est, c’est-à-dire, une mesure d’évaluation et non uniquement une condamnation immédiate et automatique. N’oubliez pas que la sentence vient après le jugement : coupable ou non-coupable. Dans ce passage, les aveugles qui recouvrent la vue sont jugés innocents, tandis que ceux qui croient voir sont rendus aveugles et jugés coupables.

« Car comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, aussi Dieu les a livrés à un esprit dépourvu de tout jugement, pour commettre des choses qui ne sont nullement convenables » (Romains 1:28). Dans ce verset, comme ailleurs, on ne saurait remplacer le mot « jugement » par le mot « condamnation » sans altérer gravement le sens de la Parole de Dieu et la rendre absurde. Ce que Paul dit, c’est que ceux qui ne connaissent pas Dieu sont livrés à un esprit incapable de porter un bon jugement sur les choses, une bonne appréciation des gens, une évaluation adéquate des circonstances pour les considérer à la lumière des faits. Bien sûr, cela contredit le sens donné sans jugement… au mot « jugement » par les églises du monde.

« Mais par ta dureté, et par ton cœur qui est sans repentance, tu t’amasses la colère pour le jour de la colère, et de la manifestation du juste jugement de Dieu : Qui rendra à chacun selon ses œuvres ; savoir la vie éternelle à ceux qui persévérant à bien faire, cherchent la gloire, l’honneur et l’immortalité. Mais il y aura de l’indignation et de la colère contre ceux qui sont contentieux, et qui se rebellent contre la vérité, et obéissent à l’injustice » (Romains 2:5-8).

Voilà un passage particulièrement révélateur en ce qui regarde le jugement de Dieu et démontre sa véritable fonction dans les Écritures. Il y a un jugement et deux verdicts opposés : un d’innocence et l’autre de culpabilité. Il s’agit de l’examen de la vie comportementale de chaque être humain, principalement lors de la Deuxième Résurrection, avant qu’il ou elle ne reçoive une sentence ou un décret final : soit la vie éternelle à ceux qui acceptent le salut de Dieu et choisissent la voie du bien ; soit la mort éternelle à ceux qui refusent le salut, se rebellent contre Dieu, ont un cœur dur et sans repentance et choisissent la voie du mal. C’est ce jugement qui va se produire à la Deuxième Résurrection, quand tous les êtres humains de l’histoire (sauf les ressuscités de la Première Résurrection déjà immortels) seront ramenés à la vie pour être évalués selon les Écritures.

« Non sans doute ! mais que Dieu soit véritable, et tout homme menteur; selon ce qui est écrit : afin que tu sois trouvé juste en tes paroles, et que tu aies gain de cause quand tu es jugé. Or si notre injustice recommande la justice de Dieu, que dirons-nous ? Dieu est-il injuste quand il punit ? (je parle en homme.) Non sans doute ! autrement, comment Dieu jugera-t-il le monde ? » (Romains 3:4-6).

Comment une personne pourrait-elle être condamnée si elle a gain de cause en ayant été trouvée juste dans ses propos parce qu’elle s’en tient aux Paroles de Dieu qui ne peut mentir ? Mais si elle s’en tient à son injustice, Dieu, qui juge avec une parfaite justice, ne sera pas injuste en la punissant, parce que Son jugement est juste pour tous.

« Car si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions point jugés. Mais quand nous sommes jugés, nous sommes enseignés par le Seigneur, afin que nous ne soyons point condamnés avec le monde » (1 Corinthiens 11:31-32).

Ce passage nous donne l’occasion de faire un petit exercice pratique. Si vous êtes de ceux qui croient que « juger » veut dire « condamner », prenez le temps de vérifier votre assertion en remplaçant dans ce passage les conjugaisons du verbe « juger » par le verbe « condamner ». Notez également que le mot « condamner » se trouve réellement en fin de citation pour montrer la différence entre les deux verbes, en disant que s’ils sont bien jugés, les saints ne sont cependant pas condamnés. Jugez vous-mêmes ensuite si le passage garde son sens initial : « Car si nous nous “condamnions” nous-mêmes, nous ne serions point “condamnés”. Mais quand nous sommes “condamnés”, nous sommes enseignés par le Seigneur, afin que nous ne soyons point condamnés avec le monde. »

Nous constatons que les phrases deviennent ridicules et changent de sens. Nous ne pouvons donc pas alterner les mots « juger » et « condamner », car ce ne sont pas des synonymes. Toutefois, l’on pourrait changer le mot « juger » par le mot « évaluer » ou « mesurer » en conservant son sens. Amusez-vous à faire le même exercice avec le passage que voici :

« Mes frères, nous devons toujours rendre grâces à Dieu à cause de vous, comme il est bien raisonnable, parce que votre foi s’augmente beaucoup, et que votre charité mutuelle fait des progrès. De sorte que nous-mêmes nous nous glorifions de vous dans les Eglises de Dieu, à cause de votre patience et de votre foi dans toutes vos persécutions, et dans les afflictions que vous soutenez ; qui sont une manifeste démonstration du juste jugement de Dieu ; afin que vous soyez estimés dignes du Royaume de Dieu, pour lequel aussi vous souffrez » (2 Thessaloniciens 1:3-5).

Encore ici, nous voyons que faire du mot « jugement » un synonyme de « condamnation » n’a aucun sens, car les saints subissaient des afflictions et des persécutions en vue de leur sanctification pour les rendre dignes d’accéder au Royaume de Dieu et c’était une manifeste démonstration du juste jugement de Dieu. Loin d’être une condamnation, ce jugement est au contraire un outil de perfectionnement et un examen qui, au final, mène à d’immenses bénédictions éternelles. Nous avons vu que l’Église est jugée maintenant, quotidiennement. Mais elle n’est pas trouvée coupable et elle sera sans tache ni ride lors de son entrée dans le Royaume. Il est donc navrant de voir les églises du christianisme moderne persister à croire que la Deuxième Résurrection ne peut être qu’une condamnation.

Or, nous allons voir que, lors de cette Deuxième Résurrection, les hommes et les femmes de toute l’histoire de l’humanité vont également avoir leur période de juste jugement de Dieu par lequel ils seront évalués selon leur attitude, leur comportement et leur libre-choix en regard de l’offre du salut. À la fin de cette période, viendra le verdict du sort final de chaque personne. Cet enseignement est biblique et aucun verset ne le contredit.

« Et comme il est ordonné aux hommes de mourir une seule fois, et qu’après cela suit le jugement… » (Hébreux 9:27). Si le mot « jugement » était synonyme de « condamnation », cela voudrait dire qu’il est ordonné que tous les hommes soient condamnés, ce qui inclurait tous les saints à partir d’Abel le juste jusqu’au dernier converti avant le retour de Christ. C’est évidemment un non-sens puisque l’Église n’est pas condamnée. Donc, le jugement dont il est question dans ce verset du livre aux Hébreux n’est définitivement pas une condamnation.

« Les nations se sont irritées, mais ta colère est venue, et le temps des morts est venu pour être jugés, et pour donner la récompense à tes serviteurs les Prophètes, et aux Saints, et à ceux qui craignent ton Nom, petits et grands, et pour détruire ceux qui corrompent la terre » (Apocalypse 11:18).

Ces morts dont parle ce verset et qui sont ramenés à la vie seront-ils condamnés parce qu’ils sont jugés ? Bien sûr que non, ce sont les prophètes et les saints qui se réveillent à la Première Résurrection ; ils reçoivent la récompense de la vie éternelle, car ils craignent le nom de Dieu. Le Seigneur jugera aussi ceux qui corrompent la terre et leur sentence sera leur destruction. Remarquez bien, Dieu ne les enverra pas dans un feu pour qu’ils brûlent éternellement sans se consumer, non, Il les détruira.

« Seigneur, qui ne te craindra, et qui ne glorifiera ton Nom ? car tu es Saint toi seul, c’est pourquoi toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi ; car tes jugements sont pleinement manifestés » (Apocalypse 15:4).

Lorsque les jugements de Dieu seront pleinement manifestés, est-ce que les nations vont périr sous le coup d’une condamnation globale ? Non, elles se présenteront devant le Seigneur pour se prosterner devant Lui en signe de soumission et d’adoration. Cet événement ne s’est encore jamais produit et reste à venir. Mais quand ? Bien sûr, il ne peut s’agir que de la Deuxième Résurrection où toutes les nations de l’histoire de l’humanité seront ressuscitées et évaluées selon les Écritures. Elles reconnaîtront pour la première fois leur Créateur et Rédempteur.

La Deuxième Résurrection

Après ce long préambule, vous demanderez sans doute quand aura lieu cette fameuse Résurrection de toute l’humanité. Où, dans la Bible, cet événement est-il décrit ? Eh bien, le voici :

« Bienheureux et saint est celui qui a part à la première résurrection ; la mort seconde n’a point de puissance sur eux, mais ils seront Sacrificateurs de Dieu, et de Christ, et ils régneront avec lui mille ans. Et quand les mille ans seront accomplis, Satan sera délié de sa prison … Et le Diable qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre … Puis je vis un grand trône blanc, et quelqu’un assis dessusJe vis aussi les morts grands et petits se tenant devant Dieu, et les Livres furent ouverts ; et un autre Livre fut ouvert, qui était le Livre de vie ; et les morts furent jugés sur les choses qui étaient écrites dans les Livres, c’est-à-dire, selon leurs œuvres » (Apocalypse 20:6-7, 10, 11-12).

La Première Résurrection aura lieu lors du Retour de notre Seigneur Jésus-Christ, Lequel mettra un terme aux gouvernements humains incapables de produire la paix. Cette Première Résurrection est destinée aux Élus de Dieu formant, depuis Abel le juste, l’Église de Christ, les prédestinés au salut, les premiers-nés de la Famille de Dieu, la sacrificature royale. Ils régneront sur terre en tant que rois sous l’autorité directe de Christ, le Roi des rois, pendant mille ans durant lesquels Satan et ses démons seront enfermés dans l’abîme. Au bout de ces mille ans, Satan sera relâché et tentera une dernière rébellion contre le Christ-Roi. Mais il sera à nouveau défait et jeté dans la géhenne.

Ensuite, Christ établira Son trône de justice pour porter un grand jugement et Il ressuscitera tous les êtres humains ayant vécu sur terre depuis Adam et Ève. Nous parlons ici de quelques dizaines de milliards d’hommes et de femmes ayant fait partie de nombreuses nations différentes, d’innombrables cultures, de toutes sortes de civilisations sous tout genre de régimes politiques et de toutes les conditions sociales. La forte majorité de ces êtres humains aura vécu une vie en n’ayant jamais su pourquoi elle avait existé.

Mais les voilà maintenant ressuscités à la vie, en pleine santé, entourés de personnes à l’aspect imposant, mais rassurant : les Élus de Christ. Et pour couronner leur surprise, ce Jésus, qui apposa si fortement Sa marque dans l’histoire, est maintenant assis sur un trône blanc grandiose et va régner sur eux en les instruisant enfin sur la raison de leur existence.

Des « livres » sont ouverts devant le Seigneur et devant la foule immense. Et un autre livre, appelé le « Livre de Vie » est installé bien en vue. Quels sont tous ces livres ? Dans la majorité des églises, comment en est-on venu à prendre pour acquis que ces livres contiennent toutes les actions, bonnes et mauvaises, que chaque être humain a posées dans sa vie antérieure et qu’il sera jugé, c’est-à-dire, condamné en fonction de ces actions ? Cette théorie, pour laquelle on est incapable de produire une seule preuve biblique, n’est basée que sur l’imagination délirante d’hommes pseudo-chrétiens toujours attachés aux coutumes païennes.

Nous pouvons un peu le comprendre de la part de l’Église catholique dont le « salut » est fondé sur les œuvres, mais qu’en est-il des églises protestantes qui proclament croire en la grâce seule ? Parce qu’il est bien dit que « les morts seront jugés sur les choses qui étaient écrites dans les livres ». S’il s’agit des œuvres des hommes et qu’ils sont jugés par leurs œuvres, alors le salut vient des œuvres de la loi et non pas par la foi, ce qui contredit complètement le reste de l’Évangile de Christ. Les arminiens et les calvinistes n’ont que cette fausse théorie qui puisse s’harmoniser avec leur conception de la Deuxième Résurrection comme en étant une de condamnation pour 99 % de la population d’êtres humains. Par conséquent, la véritable identité de ces livres leur échappe.

« Livres » est la traduction française du mot grec biblion qui veut aussi dire « rouleau », « parchemin ». Quant au mot « Livre » de Vie, il traduit biblios. Il saute aux yeux que biblion est à l’origine de notre mot « Bible ». Nous n’avons donc pas à chercher très loin pour comprendre que les livres qui seront ouverts devant la foule des ressuscités sont les livres de la Bible et que ces gens-là seront jugés d’après les choses qui y sont écrites, exactement de la même manière que les Élus de l’Église sont en ce moment jugés selon ce qui est écrit dans le même Évangile. Les hommes seront jugés de par leur réaction face à l’Évangile et ils auront le choix de l’accepter ou de le refuser. Ceux qui l’accepteront verront leur nom inscrit dans le Livre de Vie de l’Agneau.

Car en effet, pourquoi amener le Livre de Vie devant cette foule immense ? L’arminianisme et le calvinisme disent que les ressuscités de la Deuxième Résurrection sont destinés au feu de la géhenne. Pourquoi sortir le Livre de Vie, alors ? Parce que le jugement du Grand Trône Blanc n’est pas une condamnation et que beaucoup de gens de cette Résurrection vont se convertir et voir leur nom écrit dans ce Livre de Vie de l’Agneau. Mais ils seront auparavant évalués d’après les Paroles se trouvant dans les autres livres.

Jésus a dit : « Il est écrit ; que l’homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu » (Luc 4:4). Le pain maintient la vie physique, mais la Parole de Dieu donne la vie éternelle. Jésus Se référait à l’homme en général, pas à une infime partie de la population. Et lorsque Dieu donne un commandement, Il pourvoit toujours aux moyens de sa réalisation. Or, force est de constater que l’écrasante majorité de la population mondiale de l’histoire de l’humanité n’a jamais eu accès à cette Parole vivifiante. Rappelons-nous :

« Mais comment invoqueront-ils celui en qui ils n’ont point cru ? et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont point entendu parler ? et comment en entendront-ils parler s’il n’y a quelqu’un qui leur prêche ? Et comment prêchera-t-on sinon qu’il y en ait qui soient envoyés ? ainsi qu’il est écrit : ô que les pieds de ceux qui annoncent la paix sont beaux, les pieds, dis-je, de ceux qui annoncent de bonnes choses ! Mais tous n’ont pas obéi à l’Evangile ; car Esaïe dit : Seigneur, qui est-ce qui a cru à notre prédication. La foi donc est de l’ouïe ; et l’ouïe par la parole de Dieu » (Romains 10:14-17).

À la Deuxième Résurrection, les hommes et les femmes nouvellement revenus à la vie auront la Parole de Dieu devant eux en Personne et par écrit. L’Évangile leur sera enseigné pour la première fois, dans un très grand nombre de cas. Et osons croire que la plupart choisiront d’accepter l’offre gracieuse du salut et de la vie éternelle. À la fin du jugement, Dieu rendra Son verdict pour chaque être humain. Ceux qui auront fait le bon choix auront la vie éternelle, mais les rebelles qui ne veulent pas voir Dieu régner sur eux seront jetés dans l’étang de feu. C’est à ce moment-là que tous les autres rebelles de l’histoire seront également ressuscités pour recevoir leur sentence. C’est ce que nous lisons dans Apocalypse 20:13-15 :

« Et la mer rendit les morts qui étaient en elle, et la mort et l’enfer [la tombe, le séjour des morts] rendirent les morts qui étaient en eux ; et ils furent jugés chacun selon ses œuvres. Et la mort et l’enfer furent jetés dans l’étang de feu : c’est la mort seconde. Et quiconque ne fut pas trouvé écrit au Livre de vie, fut jeté dans l’étang de feu. »

Il s’agit de la Troisième Résurrection, celle des méchants qui, en toute conscience et dans l’exercice de leur libre-choix, rejettent Dieu en commettant le péché impardonnable, ce péché qui ne peut être effacé et pardonné parce que son auteur refuse de s’en repentir. Vous remarquerez ici, qu’il n’y a pas de livres d’ouverts et que l’on n’a pas sorti non plus le Livre de Vie. Bon nombre de gens croient que le verset 13 n’est qu’une répétition de ce qui se passe au verset 12, mais ce n’est pas le cas. Il s’agit bien des rebelles qui sont ressuscités afin de payer aussi l’amende de leurs péchés par leur mort éternelle, leur destruction totale et finale.

Le concept si répandu de « l’enfer éternel » où les âmes des méchants brûlent éternellement sans se consumer est un non-sens, car leurs péchés ne seraient alors jamais effacés, mais seraient éternellement entretenus. Ce qui sous-entend que le mal existerait pour toujours en quelque part dans l’univers, Dieu ne pouvant ou ne voulant pas l’enrayer. Toutefois, après Apocalypse 20:15, le mal cessera d’exister.

Dans le chapitre suivant de l’Apocalypse, nous voyons un nouveau ciel et une nouvelle terre sur laquelle Dieu le Père descend pour habiter avec toute l’humanité, c’est-à-dire, les Élus de la Première Résurrection, devenus l’Épouse de Christ, et les Sauvés de la Deuxième Résurrection. Plus loin dans ce chapitre, nous lisons quelque chose de fort intéressant :

« Et les nations qui auront été sauvées, marcheront à la faveur de sa lumière ; et les Rois de la terre y apporteront ce qu’ils ont de plus magnifique et de plus précieux. Et ses portes ne seront point fermées de jour ; or il n’y aura point là de nuit. Et on y apportera ce que les Gentils ont de plus magnifique et de plus précieux » (Apocalypse 21:24-26).

D’où croyez-vous que proviennent ces nations de sauvés, si ce n’est de la Deuxième Résurrection ? Notez que sur ces nations, il y a des Rois qui règnent : qui sont-ils ? Parlant à l’Église, l’apôtre Pierre a dit : « Mais vous êtes la race élue, la Sacrificature royale, la nation sainte, le peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 Pierre 2:9). L’Église forme la race des Élus, les prédestinés au salut, les prémices consacrées à Dieu, d’où son qualificatif de Sacrificature royale. Jésus-Christ est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Ces rois et ces seigneurs ne sont pas ceux du monde, mais l’Église de Christ, l’Israël de Dieu.

Les sauvés de la Deuxième Résurrection ne sont pas l’Israël de Dieu, mais les Gentils. Toutefois, ce titre n’aura plus rien de honteux et de péjoratif ; il ne sera plus synonyme de païen. Il établira simplement la distinction entre l’Épouse de Christ et les nations.

La Première Résurrection est de loin la meilleure (Hébreux 11:35), mais la Seconde sera aussi une grande bénédiction, et non pas la terrible condamnation sous-entendue par les théologiens de ce monde qui aiment faire peur aux membres pour assoir leur prestige.

Cette Deuxième Résurrection sera basée sur un élément que les calvinistes refusent de reconnaître : le libre arbitre de l’homme. Nous allons discuter de ceci dans le chapitre suivant.

 




D.585 – Le Salut – Peut-on le mériter ? Une fois acquis, peut-on le perdre ? – Chapitre 1

LE LIBRE CHOIX EXISTE-T-IL ?

Par Roch Richer

INTRODUCTION

« Prenez garde que personne ne vous gagne par la philosophie, et par de vains raisonnements conformes à la tradition des hommes et aux éléments du monde et non point à la doctrine de Christ. »

Colossiens 2:8

Très peu de gens prennent conscience que les doctrines autour desquelles se sont construites leurs églises dites chrétiennes ont été en grande partie influencées par les grands courants philosophiques de l’antiquité, principalement grecs et romains. L’apôtre Paul, qui a écrit cette mise en garde à l’adresse des frères et sœurs de Colosse, savait parfaitement de quoi il parlait, lui qui avait été instruit dans le judaïsme aux pieds de Gamaliel qui lui enseignait cette tradition des hommes – et que Christ avait pourfendue avec véhémence.

Nous pouvons relever un grand nombre de ces doctrines pseudo-chrétiennes qui polluent les églises et démontrer leur origine païenne. Dans la présente série de documents, nous allons plus particulièrement aborder la question du Plan de salut de Dieu pour les hommes, vaste sujet au centre de l’Évangile de Christ.

Comme l’on peut s’y attendre, il y a, au sein des églises, toutes sortes de sotériologies, c’est-à-dire, des conceptions de doctrines au sujet du salut et l’obtention de la vie éternelle. Mais les deux systèmes doctrinaux qui ressortent franchement du lot sont l’arminianisme et le calvinisme.

Nous commencerons par passer en revue ces théories en examinant leurs principales doctrines telles qu’elles se présentent dans leurs énoncés respectifs. Puis, nous allons relever les erreurs les plus flagrantes par rapport à ce que disent les Écritures en réalité.

CHAPITRE 1

L’arminianisme

L’arminianisme est un courant théologique protestant fondé au début du 17e siècle sur la base des idées du théologien néerlandais Jacobus Arminius, dont le nom d’origine était Hermann

       Jacobus Arminius

Armenzoon (1560-1609). Sa vision théologique exprimait une tentative de modération des doctrines du calvinisme, notamment sur l’interprétation de la prédestination.

Les vues arminiennes les plus centrales sont que la grâce divine, préparant la régénération, est universelle, et que la grâce justifiante, autorisant la régénération, est résistible, et donc, de par le libre-choix de l’homme, toute personne peut choisir, soit de résister à la grâce de Dieu, soit de lui céder. Jacobus Arminius rejeta la théorie de l’élection divine inconditionnelle calviniste. Il proposa plutôt une théorie de l’élection conditionnelle. Suite à son décès, les partisans d’Arminius rédigèrent une Remontrance (1618) comportant cinq articles exprimant leurs points de divergences avec le calvinisme plus strict de la ConfessioBelgica. En réplique aux cinq articles des Remontrants arminiens, les calvinistes émirent une publication portant le nom de Canons de Dordrecht (1618) composés de cinq points du calvinisme (T.U.L.I.P., dans leur appellation anglaise).

De nos jours, les partisans de l’arminianisme trouvent leur place dans un certain nombre de dénominations protestantes. Parfois, plusieurs autres théologies, comme le calvinisme, coexistent dans une même dénomination, sans doute dans le but de satisfaire à toutes les oreilles, ce qui démontre le flou théologique de ces églises.

Les cinq articles des Remontrants arminiens s’élaborent comme suit :

  1. Élection conditionnelle

Cet article rejette le fait que l’élection dans le Christ soit inconditionnelle. Il affirme plutôt que l’élection est conditionnelle à la foi en Christ et que Dieu choisit de sauver ceux qui, selon Sa prescience, auront foi en Lui.

  1. Expiation illimitée

Cet article rejette le principe de l’expiation limitée qui soutient que Christ n’est mort que pour ceux qu’Il a choisi de sauver, et affirme que le salut est destiné à tous (salut universel), mais se limite effectivement à ceux qui croient en Jésus-Christ.

  1. Dépravation totale

Cet article affirme que l’homme est sujet à la dépravation totale, c’est-à-dire qu’il est incapable de faire la volonté de Dieu et de se sauver par ses propres efforts, à moins que le libre arbitre ne soit libéré par la grâce prévenante de Dieu.

  1. Grâce prévenante et grâce résistible

Cet article rejette l’idée que la grâce justifiante de Dieu soit irrésistible. Il affirme qu’une fois que la grâce prévenante de Dieu a œuvré pour habiliter l’homme à croire, ce dernier peut résister à la grâce de Dieu en faisant usage de son libre arbitre.

  1. Préservation conditionnelle des saints

Cet article, plutôt que de rejeter catégoriquement la notion de persévérance des saints, affirme qu’elle est conditionnelle au fait que le croyant reste en Christ. Les auteurs ont explicitement déclaré qu’ils n’étaient pas sûrs de ce point et qu’une étude plus approfondie était nécessaire.

Entre 1610 et la procédure officielle du Synode de Dordrecht (1618), les Remontrants furent eux-mêmes pleinement convaincus que les Écritures enseignent que le vrai croyant est capable de se détacher de la foi et de périr éternellement en tant qu’incroyant. Ils formalisèrent leur point de vue dans l’Opinion des Remontrants (1618) qui fut leur position officielle durant le Synode de Dordrecht. Plus tard, ils exprimèrent cette même position dans la Confession de foi des Remontrants (1621).

Un des points principaux de divergence de l’arminianisme par rapport au calvinisme se trouve dans la conception de la souveraineté de Dieu. Le point de vue arminien sur la souveraineté de Dieu repose sur des postulats fondamentaux découlant de la nature de Dieu et de Son caractère, spécialement tel que révélé en Jésus-Christ. D’une part, l’élection divine doit être définie de telle sorte que Dieu ne soit en aucun cas, et ce même de façon seconde, l’auteur du mal. Cela ne correspondrait pas au caractère parfait de Dieu. D’autre part, la responsabilité de l’homme face au mal doit être absolument préservée. Ainsi, ces deux postulats requièrent que Dieu choisisse de manifester d’une manière spécifique Sa souveraineté en interaction avec Ses créatures. Cela demande, d’une part, que Dieu agisse selon un mode de providence divine limitée, c’est-à-dire, en exerçant délibérément Sa souveraineté sans prédéterminer chaque évènement. D’autre part, cela impose que l’élection divine soit de type « prédestination par prescience ».

De ce fait, la plupart des arminiens réconcilient le libre arbitre humain avec la prescience de Dieu de la manière suivante : Le libre arbitre humain est limité par le péché originel, bien que la grâce prévenante de Dieu rende à l’humanité la capacité d’accepter l’appel du salut de Dieu. La prescience de Dieu concernant l’avenir est exhaustive et complète, et donc l’avenir est certain et non subordonné à l’action humaine incertaine, ou contingence de l’homme. Dieu ne détermine pas l’avenir, Il le connaît. La certitude émanant de Dieu et la contingence humaine sont ainsi compatibles.

Ardent défenseur de l’arminianisme, le théologien Roger E. Olson a exprimé ces idées caractérisantes d’une manière concise et pratique :

« L’arminianisme […] est simplement un terme que nous utilisons en théologie pour désigner l’opinion défendue par certaines personnes déjà avant Arminius et de nombreuses autres après lui, selon laquelle les pécheurs qui entendent l’Évangile ont le libre arbitre pour accepter ou rejeter l’offre de la grâce de Dieu et que personne n’est exclu par Dieu de la possibilité du salut, à l’exception de ceux qui s’excluent librement. Mais le véritable arminianisme classique et historique inclut la conviction que ce libre arbitre est lui-même un don de Dieu par la grâce prévenante. »

Au sujet de la condition humaine, Arminius déclara que la dépravation de l’homme est totale. Suite à la chute d’Adam et Ève, « le libre arbitre de l’homme envers le véritable bien n’est pas seulement blessé, estropié, infirme, tordu et affaibli, mais il est aussi captif, détruit et perdu. Et ses forces ne sont pas seulement affaiblies et inutiles, à moins qu’elles ne soient assistées par la grâce, mais il n’a aucune sorte de forces à l’exception de celles suscitées par la grâce divine. »

Portée et nature de l’expiation

L’arminianisme affirme que l’expiation est destinée à tous : la mort de Jésus s’applique au monde entier, Jésus attire tout le monde vers Lui et tout le monde a la possibilité de recevoir le salut par la foi.

La mort de Jésus satisfait la justice de Dieu ; la peine pour les péchés des élus est intégralement payée par l’œuvre de Jésus à la croix. Ainsi, l’expiation de Christ est destinée à tous, mais nécessite que la foi soit effective. Arminius déclare que : « la justification, lorsqu’elle caractérise l’acte de jugement, est, soit une pure imputation de justice miséricordieuse […], soit l’homme est justifié devant Dieu […] selon la rigueur de la justice sans aucun pardon. » Arminius ne voyait que deux façons possibles de justifier le pécheur : 1) par notre adhésion absolue et parfaite à la loi ou 2) uniquement par l’imputation divine de la justice de Christ. Sur la condition de la foi, nous sommes placés en union avec Christ. Sur la base de cette union, nous recevons Sa mort et Sa justice.

L’arminianisme affirme le paiement substitutif de Jésus pour les péchés dont les effets sont limités aux Élus seuls. Arminius croyait en la nécessité et la suffisance de l’expiation du Christ par

Hugo de Groot qui prit ensuite le nom d’Hugo Grotius

substitution pénale. Hugo Grotius (1583-1645), théologien néerlandais partisan arminien, enseigna qu’elle était satisfaite d’une manière gouvernementale. En effet, il développa une vision particulière de l’expiation du Christ connue sous le nom de « théorie gouvernementale de l’expiation ». Il théorisa l’idée que la mort sacrificielle de Jésus s’était produite afin que le Père puisse pardonner tout en maintenant Son règne juste sur l’univers. Cette vue, qui fut développée par des théologiens tels que John Miley, est devenue dominante dans l’arminianisme wesleyen au 19e siècle.

Conversion de l’homme

Dieu prend l’initiative dans le processus du salut et Sa grâce s’adresse à tous. Cette grâce, souvent appelée « grâce prévenante » (ou pré-régénératrice) agit sur tous les peuples pour les convaincre de l’Évangile, les attirer fortement vers le salut et permettre la possibilité d’une foi sincère. Le théologien Picirilli déclara : « En réalité, cette grâce est si proche de la régénération qu’elle conduit inévitablement à la régénération si on ne lui résiste finalement pas ». L’offre de salut par la grâce n’agit pas de manière irrésistible, selon une méthode déterministe purement causale, mais plutôt selon une méthode d’influence et de réponse qui peut à la fois être acceptée ou refusée.

L’homme a un libre arbitre libéré pour répondre ou résister : le libre arbitre est accordé et limité par la souveraineté de Dieu, mais la souveraineté de Dieu permet à tous les hommes d’accepter l’Évangile de Jésus par la foi, tout en permettant à tous les hommes d’y résister.

La conversion est synergique, c’est-à-dire qu’elle met en commun l’action de Dieu et de l’homme. Comme l’a dit Roger Olson, « Le synergisme évangélique d’Arminius réserve tout le pouvoir, la capacité et l’efficacité du salut à la grâce, mais permet aux humains d’exercer la capacité accordée par Dieu d’y résister ou de ne pas y résister. La seule “contribution” des humains est la non-résistance à la grâce. »

Élection de l’homme

L’élection est conditionnelle : Arminius a défini l’élection comme « le décret de Dieu par lequel, de Lui-même, depuis l’éternité, Il a décrété qu’il fallait justifier en Christ les croyants et les accepter pour la vie éternelle ». Dieu seul détermine qui sera sauvé et Sa détermination est que tous ceux qui croient en Jésus par la foi seront justifiés. Selon Arminius, « Dieu ne considère personne en Christ, seulement si établi en Lui par la foi ».

Dieu prédestine les Élus à un avenir glorieux : selon l’arminianisme, la prédestination n’est pas la prédétermination de qui va croire, mais plutôt la prédétermination de l’héritage futur du croyant. Les Élus sont donc prédestinés à la filiation par l’adoption, la glorification et la vie éternelle.

La préservation de l’homme

Selon des considérations eschatologiques, Jacobus Arminius et les premiers Remontrants croyaient au « feu éternel » où les réprouvés sont jetés par Dieu au jour du jugement.

Vis-à-vis de ces considérations, la préservation est conditionnelle : tous les croyants sont pleinement assurés du salut à condition de rester en Christ. Le salut est conditionné par la foi, donc la persévérance est également conditionnée. Arminius croyait que les Écritures enseignent que les croyants sont gracieusement investis du pouvoir de Christ et du Saint-Esprit « pour lutter contre Satan, le péché, le monde et leur propre chair, et pour remporter la victoire sur ces ennemis ». En outre, Christ et l’Esprit sont toujours présents pour aider et assister les croyants à travers diverses tentations. Néanmoins, cette sécurité n’est pas inconditionnelle, mais conditionnelle, « pourvu qu’ils [les croyants] soient préparés pour la bataille, implorent Son aide et soient persévérants, Christ les préserve de la chute ».

Possibilité d’apostasie

Arminius croyait qu’un croyant peut apostasier (abandonner le Christ en s’attachant à nouveau à ce monde diabolique, en perdant une bonne conscience ou en ne gardant pas une saine doctrine). Pourtant, sur la période de temps où il s’exprima sur ce sujet, il le fit parfois avec circonspection par égards pour la foi de ses lecteurs. Par exemple, en 1599, il déclara que cette question devait être approfondie dans les Écritures. Arminius a aussi déclaré, dans sa Déclaration de sentiments (1607) : « Je n’ai jamais enseigné qu’un vrai croyant peut, totalement ou finalement, se détourner de la foi et périr ; cependant, je ne cacherai pas qu’il existe des passages de l’Écriture qui me paraissent revêtir cet aspect, et les réponses que j’ai pu considérer ne sont pas de nature à s’approuver sur tous les points, selon ma compréhension. »

Néanmoins, dans ses autres écrits, il exprima sa certitude concernant la possibilité d’apostasie. Arminius écrivit en 1602 : « qu’une personne qui est “intégrée” à l’Église du Christ peut résister à la suite du processus ». S’agissant des croyants, il dit : « Il peut suffire de les encourager dans cette connaissance qu’aucun pouvoir ni aucune intelligence ne peuvent les déloger du rocher, à moins qu’ils ne renoncent de leur plein gré à leur position ». Il continua en disant que l’alliance de Dieu (Jérémie 23) « ne contient pas en soi une impossibilité de se soustraire à Dieu, mais une promesse du don de la crainte qui les empêchera de s’éloigner de Dieu aussi longtemps que celle-ci sera dans leurs cœurs ». Il a aussi enseigné que si le roi David était mort dans ses péchés, il aurait été perdu. En 1602, Arminius écrivit que : « Un membre croyant du Christ peut devenir paresseux, céder au péché et mourir progressivement, cessant d’être un membre ».

Pour Arminius, certaines classes de péchés sont capables de faire chuter un croyant, en particulier le péché motivé par la malice. En 1605, Arminius écrivit : « Mais il est possible pour un croyant de tomber dans un péché mortel, comme on le voit avec David. Par conséquent, il peut tomber et, à ce moment, s’il mourrait il serait condamné. » On peut souligner qu’Arminius énonça clairement deux voies vers l’apostasie : 1) le « rejet » ou 2) le « péché malicieux ». Oropeza conclut pour sa part : « S’il existe une cohérence dans la position d’Arminius, il ne semble pas nier la possibilité d’une chute. »

Entre 1610 et la procédure officielle du Synode de Dordrecht (1618), les Remontrants furent eux-mêmes pleinement convaincus que les Écritures enseignent que le vrai croyant est capable de se détacher de la foi et de périr éternellement en tant qu’incroyant. Picirilli a déclaré : « Depuis cette époque, alors que la question fut de nouveau examinée, les arminiens enseignèrent que ceux qui sont vraiment sauvés doivent être mis en garde contre l’apostasie en tant que danger réel et possible. »

Irrémédiabilité de l’apostasie

Arminius soutenait que si l’apostasie provient d’un péché « malveillant », alors elle est pardonnable. Par contre, si elle provient d’un « rejet », elle ne peut l’être. Les Remontrants suivant Arminius croyaient que l’apostasie n’est pas irrémédiable en général ; toutefois, d’autres arminiens classiques, tels les baptistes libres, enseignent que l’apostasie est irrémédiable.

Arminianisme wesleyen

John Wesley (1703-1791) était entièrement d’accord avec la majorité de ce qu’Arminius enseignait. L’arminianisme wesleyen est de l’arminianisme classique additionné de perfectionnement

     John Wesley

wesleyen. On mentionne ci-après l’arminianisme wesleyen sur certains sujets spécifiques :

Nature de l’expiation

Steven Harper a proposé l’idée que l’expiation de Wesley serait un hybride de la théorie de la substitution pénale et de la théorie gouvernementale. Toutefois, selon d’autres théologiens, Wesley croyait en la substitution pénale de l’expiation. Historiquement, les arminiens wesleyens ont pu adopter, soit la théorie gouvernementale, soit la théorie pénale de l’expiation.

Préservation et apostasie de l’homme

Wesley a pleinement accepté le point de vue arminien selon lequel les véritables chrétiens pouvaient apostasier et perdre le salut, comme le montre clairement son célèbre sermon A Call to Backsliders. Harper le résume comme suit : « L’acte de pécher n’est pas en soi un motif de perte de salut […] La perte du salut est beaucoup plus liée à des expériences profondes et prolongées. Wesley voit deux voies principales qui pourraient entraîner une chute permanente de la grâce : péché non confessé et expression réelle de l’apostasie. » Wesley croyait que cette apostasie n’est pas irrémédiable. En parlant de ceux qui « ont fait naufrage par rapport à la foi » (1 Timothée 1:19), Wesley affirme que « pas un, ou cent seulement, mais je suis persuadé que plusieurs milliers […] innombrables sont les exemples […] de ceux qui étaient tombés, mais se tiennent maintenant debout. »

Perfection chrétienne

La position que typifie l’arminianisme wesleyen est la perfection chrétienne : selon l’enseignement de Wesley, les chrétiens pourraient atteindre dans cette vie-ci un état de perfection pratique, c’est-à-dire, une absence de tout péché volontaire, par l’aide du Saint-Esprit. La perfection chrétienne (ou la sanctification entière), selon Wesley, est « la pureté de l’intention, consacrant toute la vie à Dieu » et « la pensée qui était en Christ, nous permettant de marcher comme le Christ a marché ». « Elle consiste à aimer Dieu de tout notre cœur et notre prochain comme nous-mêmes. » C’est « un retour, non seulement à la faveur, mais également à l’image de Dieu », notre « être rempli de la plénitude de Dieu ». Il était clair pour Wesley que la perfection chrétienne n’implique pas la perfection de la santé physique ou une infaillibilité de jugement. Cela ne signifie pas non plus que l’on ne viole plus la volonté de Dieu, car des transgressions involontaires subsistent. Les chrétiens perfectionnés restent soumis à la tentation et ont toujours besoin de prier pour obtenir le pardon et la sainteté. Ce n’est pas une perfection absolue, mais une perfection en amour. En outre, Wesley n’enseigne pas le salut par la perfection, mais dit que « même la sainteté parfaite n’est acceptable pour Dieu que par Jésus-Christ ».

Voilà qui résume de manière condensée les caractéristiques doctrinales de l’arminianisme. Il existe évidemment de légères variations et des nuances au sein des diverses églises qui y adhèrent. Mais le noyau demeure dans les credo de ces dénominations.

Le calvinisme

Le calvinisme, ainsi nommé d’après Jean Calvin (1509-1564), et aussi appelé « tradition réformée », « foi réformée » ou « théologie réformée », est une doctrine théologique et une approche de la

     Jean Calvin

vie chrétienne reposant sur le principe de la souveraineté de Dieu en toutes choses. Le terme « calvinisme » fait aujourd’hui référence aux doctrines et pratiques de la plupart des Églises réformées, presbytériennes et congrégationalistes. Les doctrines de la prédestination et de la corruption totale représentent les points les plus notoires du calvinisme.

Jean Calvin joua un grand rôle dans l’élaboration des doctrines des Églises réformées, au point d’en être devenu le réformateur dominant. L’une des spécificités du calvinisme réside dans sa sotériologie (doctrine du salut). Celle-ci souligne l’incapacité de l’homme à obtenir le salut. Dieu est seul initiateur de toutes les étapes du salut, de la formation de la foi à toutes les décisions qui conduisent à suivre le Christ. Le calvinisme insiste donc sur l’importance de la grâce divine dans le salut, ainsi que sur les fruits de cette grâce, tant dans la vie du croyant que dans la société chrétienne. Cette doctrine fut solennellement formulée et codifiée lors du Synode de Dordrecht (1618-1619) qui vit le rejet d’une autre doctrine, soit l’arminianisme.

Le calvinisme est parfois identifié à l’augustinisme, car sa conception du salut, qui y occupe une place centrale, correspond à celle soutenue par Augustin (354-430), considéré comme le père de l’Église latine (catholique), dans le débat qui l’opposait au moine breton Pélage. Le calvinisme met un fort accent sur la bonté perpétuelle de la création originelle, mais aussi sur la ruine totale des réalisations humaines et la frustration de l’ensemble de la création, engendrée par le péché. Par conséquent, il considère le salut comme une nouvelle œuvre de création effectuée par Dieu, plutôt que comme la réussite de ceux qui sont sauvés du péché et de la mort.

Il existe plusieurs façons de présenter les caractéristiques de la théologie calviniste. La meilleure consiste sans doute à exposer les cinq points du calvinisme, bien qu’ils identifient davantage certaines divergences de sotériologie avec les autres chrétiens qu’ils ne résument sa doctrine dans son ensemble. Le calvinisme insiste sur la gloire de Dieu, Sa suprématie et Sa souveraineté en toutes choses.

La grâce souveraine

Le calvinisme défend l’idée de la ruine complète de la nature morale de l’humanité, avec la grâce divine comme seule possibilité d’accéder au salut. Il enseigne que l’humanité déchue est incapable de suivre Dieu aux niveaux moral et spirituel. Les hommes ne peuvent échapper à la condamnation devant Dieu, et seule l’intervention divine, suivant laquelle Il change leurs cœurs réticents, permet de faire passer les hommes de la rébellion à l’obéissance volontaire.

Selon cette conception, tous les hommes se trouvent à la merci de Dieu, qui agirait de manière juste s’Il les condamnait pour leurs péchés, mais qui a choisi de faire preuve de miséricorde envers certains. Une personne est ainsi sauvée et une autre condamnée. Celle-là ne l’est pas grâce à sa propre volonté, sa foi ou une quelconque autre vertu, mais parce que Dieu a choisi d’avoir pitié d’elle. Bien que cette personne doive croire aux Écritures, et les appliquer pour obtenir le salut, cette obéissance de la foi représente un don de Dieu. De cette manière, Dieu accomplit le salut des pécheurs en totalité et selon Sa souveraineté. Il n’y a pas de consensus entre les calvinistes quant à la prédestination à la damnation (doctrine de la réprobation) ou au salut (doctrine de l’élection).

En pratique, les calvinistes enseignent la grâce souveraine avant tout pour l’exhortation de l’Église, parce qu’ils pensent que cette doctrine démontre toute l’étendue de l’amour de Dieu, lequel a sauvé ceux qui ne pouvaient l’être, ni Le suivre. Elle permet d’abolir le sentiment de fierté et d’autonomie des hommes en mettant l’accent sur la totale dépendance des chrétiens vis-à-vis de la grâce de Dieu. De la même façon, la sanctification, dans la conception calviniste, implique une constante dépendance vis-à-vis de Dieu afin d’expier les perversités du cœur dominé par le péché et de favoriser la joie du chrétien.

Les cinq points du calvinisme

La théologie calviniste s’assimile parfois aux cinq points du calvinisme, ou doctrine de la grâce, une réponse point par point à ceux développés dans la Remontrance arminienne. Ils servent de résumé des décisions arrêtées lors du Synode de Dordrecht de 1619. Calvin n’a toutefois jamais utilisé lui-même un tel modèle ni combattu directement l’arminianisme.

Par conséquent, ces points constituent un résumé des différences entre calvinisme et arminianisme, et non un récapitulatif complet des œuvres de Calvin ou de la théologie des Églises réformées en général. En anglais, ils sont désignés par l’acronyme T.U.L.I.P. (Total depravity, Unconditionalelection, Limited atonement, Irresistiblegrace, Perseverance of the saints), même si l’ordre des points n’est pas le même que dans les Canons de Dordrecht.

Ces Canons affirment avant tout que Dieu peut sauver tout être humain dont Il a pitié et que l’impiété ou l’incapacité des hommes n’entravent pas Ses efforts.

  1. La corruption totale

La doctrine de la corruption totale (appelée aussi « dépravation totale » ou encore « incapacité totale ») explique qu’en conséquence de la chute de l’homme dans le péché, tout individu né dans le monde est esclave du péché. Les hommes n’ont pas par nature d’inclination à aimer Dieu de tout leur cœur, de tout leur esprit et de toute leur force, mais plutôt à servir leurs propres intérêts par rapport à ceux de leur prochain, et à rejeter la loi de Dieu. Ils ne peuvent, avec leurs seules facultés, choisir de suivre Dieu et d’être sauvés, parce qu’ils n’ont aucune disposition à le faire à cause du besoin de leur propre nature. Le terme « totale » dans ce contexte fait référence au péché qui affecte l’ensemble d’une personne, et non à l’idée que chaque individu ait autant de mal en lui que possible.

  1. L’élection inconditionnelle

Dans son ouvrage, L’institution de la religion chrétienne, Jean Calvin donna une formulation rigide de la prédestination ou l’élection : « Nous appelons prédestination le conseil éternel de Dieu par lequel Il a déterminé ce qu’Il voulait faire de chaque homme. Car Il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, et les autres à l’éternelle damnation. Ainsi, selon la fin à laquelle il est créé, nous disons qu’il est prédestiné à mort ou à vie. » [Institution III, xxi, 5.]

Ainsi, appelée aussi la double prédestination, cette doctrine affirme que, de toute éternité, le choix de Dieu d’amener à Lui certaines personnes ne se fonde pas sur leur vertu, leur mérite ou leur foi, il se fonde de manière inconditionnelle sur la seule miséricorde de Dieu.

La doctrine de l’élection inconditionnelle est parfois considérée comme la principale doctrine des Églises réformées, y compris par certains de ses membres. Cependant, ce jugement ne se vérifie pas dans les déclarations doctrinales de celle-ci. Les calvinistes n’enseignent jamais en totalité l’élection inconditionnelle et son corollaire de la doctrine de la prédestination, excepté comme une assurance pour ceux qui cherchent le pardon et le salut à travers le Christ, que leur foi n’est pas vaine, parce que Dieu a la capacité d’amener à l’accomplissement ceux qu’Il a choisi de sauver. Néanmoins, les non-calvinistes objectent que ces doctrines favorisent le découragement dans la recherche du salut.

  1. La rédemption particulière

La rédemption ou l’expiation particulière ou limitée enseigne la nature définitive et certaine, dans son dessein et dans sa réalisation, de l’expiation substitutive de Jésus. Cette doctrine suit la notion de souveraineté de Dieu dans le salut et la conception calviniste de la nature de la rédemption. Les calvinistes considèrent en effet la rédemption comme une substitution pénale : Jésus a subi le châtiment à la place des pécheurs. Et puisque cela constituerait une injustice de la part de Dieu de racheter les péchés de certains pour ensuite les condamner quand même pour ceux-ci, alors tous ceux qui ont bénéficié de l’expiation des péchés doivent de nécessité accéder au salut.

En outre, puisque, dans ce plan, Dieu savait qui serait sauvé, et puisque seuls les Élus le sont, alors il n’y a pas d’obligation pour le Christ d’expier tous les péchés en général, juste ceux des Élus. Les calvinistes ne croient cependant pas à une limitation de la rédemption dans sa valeur et son pouvoir. En d’autres termes, selon eux, Dieu aurait pu élire et racheter tout le monde. Mais la limitation de la rédemption réside en ce qu’elle n’a été destinée qu’à certains. Ainsi, les calvinistes croient que la rédemption est suffisante pour tous et efficace pour les Élus.

  1. La grâce irrésistible

La doctrine de la grâce irrésistible, ou grâce efficace, affirme que la grâce rédemptrice de Dieu agit avec efficacité pour ceux qu’Il a choisi de sauver, c’est-à-dire, les Élus. Au moment choisi par Dieu, elle triomphe de leur résistance à l’appel de l’Évangile, les amenant ainsi à la foi salvatrice.

Cette doctrine ne soutient pas qu’on ne puisse opposer une résistance à toute influence du Saint-Esprit de Dieu, mais que Celui-ci a le pouvoir de vaincre toute résistance et rendre son influence irrésistible et efficace. Ce qui revient pourtant au même. Alors, quand Dieu décide, dans Sa souveraineté, de sauver quelqu’un, cette personne sera sauvée avec certitude.

  1. Persévérance des saints

La persévérance (ou préservation) des saints porte aussi le nom de « sécurité éternelle ». Le terme « saints » est ici utilisé au sens biblique pour évoquer tous ceux placés à part par Dieu, et non dans le sens technique de la personne sanctifiée de manière exceptionnelle, canonisée ou « au ciel ». Selon cette doctrine, puisque Dieu est souverain et que Sa volonté ne connaît nulle entrave, ceux qu’Il a appelés à communier avec Lui persévéreront dans la foi jusqu’à la fin. Si certains s’en éloignent, alors, soit ils n’ont jamais reçu la vraie foi, soit ils retourneront vers elle.

Cette doctrine diffère un peu de celle de la grâce libre ou de la formule « une fois sauvé, toujours sauvé » qui est prêchée par certains évangéliques. Selon celle-ci, même en état d’apostasie, ou d’impénitence, un individu est bel et bien sauvé s’il a accepté le Christ à un moment donné dans sa vie. Dans la conception calviniste traditionnelle, l’apostasie d’une personne prouve qu’elle n’a jamais été sauvée.

La nature de l’expiation

Un autre sujet de désaccord avec l’arminianisme qui apparaît dans les cinq points réside dans la conception calviniste de la doctrine de l’expiation substitutive de Jésus en tant que peine pour les péchés des Élus. Augustin en particulier, ainsi qu’Anselme et Calvin lui-même ont développé cette conception. Les calvinistes affirment que si le Christ a subi la peine à la place d’un pécheur, alors celui-ci doit accéder au salut, puisque cela constituerait une injustice s’il se trouvait par la suite condamné pour des péchés rachetés.

La nature définitive et contraignante de cette conception consentante de l’expiation entraîne de fortes conséquences pour chacun des cinq points. Elle a mené les arminiens à adopter la théorie gouvernementale de l’expiation. Selon cette théorie, il n’y a pas de péchés ou de pécheurs particuliers, mais l’ensemble de ceux dont les péchés ont été rachetés comprend toute l’humanité. L’expiation, plutôt qu’un paiement de la dette des pécheurs, constitue donc un substitut à ce paiement, ce qui autorise Dieu à retirer par Sa grâce la punition d’un pécheur lorsque celui-ci fait acte de repentance et croit en l’Évangile.

Dieu est partout

Les théories qui ont trait à l’Église, à la famille et à la vie politique, toutes appelées de façon ambigüe « calvinisme », résultent d’une conscience religieuse imprégnée de la souveraineté de Dieu dans le cadre de ses alliances de création comme de rédemption. La bonté et le pouvoir de Dieu ont alors des applications libres et illimitées, et Ses œuvres prouvent que Dieu agit dans tous les domaines de l’existence, incluant les domaines spirituels, intellectuels et physiques, profanes ou sacrés, publics ou privés, sur terre ou au ciel.

Selon ce point de vue, le plan de Dieu œuvre dans chaque événement. Dieu, en tant que Créateur, règne de manière souveraine sur toutes choses, et en tant que Rédempteur, sur ceux qu’Il a sauvés. La dépendance absolue vis-à-vis du Christ ne se limite pas au sacré (simplement à l’Église ou à des gestes explicites de piété, comme la prière), mais s’étend aussi à toutes les tâches triviales et à vocation profane. Pour les calvinistes, bien que le Royaume rédempteur de Dieu dans l’Église reste distinct des domaines d’activités communes avec les non chrétiens, aucune partie de la vie ne dispose d’une vraie autonomie vis-à-vis du règne du Christ.

Voilà en ce qui concerne le bref tour d’horizon des principales doctrines de l’arminianisme et du calvinisme, considérées universellement comme les deux principales théories sotériologiques se partageant les églises protestantes. (La sotériologie catholique diffère de ces deux théories en ce qu’elle prêche un salut par les œuvres, considérant le sacrifice de Christ comme insuffisant pour servir d’expiation totale des péchés.)

Dans le deuxième chapitre, il sera temps de réviser les points arminiens et calvinistes pour en relever les faiblesses, parfois fort graves, par rapport à ce que disent réellement les Écritures.

 




D.581 – Un Dieu unique ou une trinité ? – Chapitre 3 – Le Saint-Esprit

Par Roch Richer

Chapitre 3

Le Saint-Esprit

Au sein des églises chrétiennes, lorsque l’on parle du Saint-Esprit, il vient toutes sortes d’images dans la tête des membres, images souvent soigneusement entretenues par la hiérarchie ecclésiastique. Un des symboles les plus répandus est celui d’une colombe, car il est inspiré des passages évangéliques racontant le baptême de Jésus par Jean-Baptiste.

« Or il arriva que comme tout le peuple était baptisé, Jésus aussi étant baptisé, et priant, le ciel s’ouvrit. Et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme celle d’une colombe ; et il y eut une voix du ciel, qui lui dit : tu es mon Fils bien-aimé, j’ai pris en toi mon bon plaisir » (Luc 3:21-22). Voyez aussi Matthieu 3:16 et Marc 1:10.

Vous remarquerez qu’il est dit que le Saint-Esprit descendit sous une forme corporelle qui ressemblait à une colombe, non pas comme une colombe comme telle. C’était la description la plus rapprochée de ce que pouvait avoir l’air cette forme corporelle sans doute unique en son genre et qui ne s’est jamais reproduite.

Parce que, lors de la Pentecôte suivant la résurrection de Jésus-Christ, l’Esprit descendit sur les apôtres et les disciples sous une forme différente : « Et comme le jour de la Pentecôte était venu, ils étaient tous ensemble dans un même lieu. Et il se fit tout à coup un son du ciel, comme est le son d’un vent qui souffle avec véhémence, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et il leur apparut des langues divisées comme de feu, qui se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et commencèrent à parler des langues étrangères selon que l’Esprit les faisait parler » (Actes 2:1-4).

Ici, l’Esprit avait la ressemble de langues de feu. Mais nous comprenons qu’il ne pouvait s’agir d’un feu véritable qui aurait brûlé le crâne des disciples. Ainsi, nous constatons que Dieu présente Son Esprit sous diverses formes qui nous font penser à des choses qui nous sont familières. Et nous voyons qu’il ne s’agit pas de la forme d’une personne dans aucun passage des Écritures. C’est à se demander comment les trinitaires en sont venus à faire du Saint-Esprit de Dieu la troisième Personne de leur trinité.

Alors, de quoi a l’air le Saint-Esprit ? Quelle est son apparence ? Il y a un passage qui pourrait nous donner un commencement d’indice, passage auquel vous n’avez peut-être jamais pensé à utiliser dans ce but : « Et alors le méchant sera révélé, mais le Seigneur le détruira par l’Esprit de sa bouche, et l’anéantira par son illustre avènement: » (2 Thessaloniciens 2:8). Ce verset est tiré de la version David Martin de 1744. Dans toutes les autres versions bibliques, dont la version David Martin de 1855, il est écrit « par le souffle de sa bouche ». Dans la version King James Autorisée, il est écrit « the spirit of hismouth ». Ce n’est pas une erreur de traduction, car les deux mots, « souffle » et « esprit », traduisent le même mot grec pneuma. Dieu nous a fait un clin d’œil afin que nous commencions à saisir ce qu’est Son Esprit.

Paul révèle la manière par laquelle Dieu détruira l’homme du péché, soit le dernier Antichrist : par le souffle, ou l’Esprit de Sa bouche. Réfléchissons. Quand vous avez lu ce passage pour la première fois, et sans doute toutes les fois subséquentes, il est fort probable qu’il vous est venu à l’esprit que Dieu allait envoyer une tempête si puissante qu’elle détruirait l’Antichrist. Une tempête est un souffle d’air très violent. C’est ce que vous prenez pour acquis et ne vous posez pas davantage de questions. Mais arrêtons-nous un instant et posons-nous la question : Est-ce que Dieu respire de l’air comme vous et moi ?

Dieu a-t-Il besoin d’air pour vivre ? Il a créé l’air ! Et cette couche d’air est confinée à la surface de la terre. Mais alors, que respire Dieu pour que Son souffle soit si puissant qu’il peut détruire ? Le verset que nous venons de citer, accompagné de la compréhension du mot grec pneuma nous démontre que Dieu respire Son Esprit !

En lisant ceci, beaucoup de gens seront étonnés, voire choqués. Mais persistez dans votre lecture et voyez combien d’autres passages viennent étayer cette affirmation. Oui, nous nous sommes fait royalement berner avec cette histoire de trinité vaguement enseignée dans la grande majorité des églises pseudo-chrétiennes modernes. L’Esprit est autre chose que ce qu’elles enseignent.

Commençons par examiner de quelle façon Dieu décrit Lui-même Son Esprit. Dans le chapitre précédent, nous avons vu que notre Seigneur Jésus-Christ était imprégné de l’Esprit de Dieu. Or, voici un passage qui dépeint cet Esprit qui L’habitait : « Mais il sortira un rejeton [Jésus-Christ] du tronc d’Isaï, et un surgeon croîtra de ses racines. Et l’Esprit de l’Eternel[1] reposera sur lui, l’Esprit de sapience[2] et d’intelligence[3], l’Esprit de conseil[4] et de force[5], l’Esprit de science[6] et de crainte[7] de l’Eternel. Et il lui fera sentir la crainte de l’Eternel, tellement qu’il ne jugera point sur la vue de ses yeux, et ne reprendra point sur l’ouïe de ses oreilles. Mais il jugera avec justice les chétifs, et il reprendra avec droiture, pour maintenir les débonnaires de la terre, et il frappera la terre par la verge de sa bouche, et fera mourir le méchant par l’esprit de ses lèvres » (Ésaïe 11:1-4). Vous noterez que « par l’esprit de ses lèvres » nous ramène à 2 Thessaloniciens 2:8.

Au verset 2 d’Ésaïe 11, nous comptons sept aspects ou caractéristiques de l’Esprit de Dieu, ce qui explique ce que nous pouvons lire dans Apocalypse 1:4 : « Jean aux sept Eglises qui sont en Asie, que la grâce et la paix vous soient données de la part de celui QUI EST, QUI ETAIT, et QUI EST A VENIR, et de la part des sept Esprits qui sont devant son trône » et « Ecris aussi à l’Ange de l’Eglise de Sardes : Celui qui a les sept Esprits de Dieu, et les sept étoiles, dit ces choses : Je connais tes œuvres ; c’est que tu as le bruit de vivre, mais tu es mort » (Apocalypse 3:1).

Les « sept Esprits de Dieu » ! Cela vous semble-t-il pouvoir s’accorder à une troisième Personne divine ? Non, l’Esprit émane de Dieu. Et nous voyons plutôt l’Esprit de Dieu dans toute son étendue et dans toutes ses capacités infinies. Soulignons que, dans les Écritures, le chiffre sept symbolise la perfection divine.

Ésaïe nous dit donc que Jésus-Christ allait être complètement homme dans Sa chair, mais complètement Dieu dans Son esprit. Car n’oublions pas que « toute plénitude de la Divinité habitait en lui corporellement » (Colossiens 2:9).

D’après les trinitaires, le Saint-Esprit est la troisième Personne d’une trinité. Est-ce elle qui déploie la puissance divine ? Si l’Esprit de Dieu est concentré dans cette troisième Personne, est-ce à dire que le Père et le Fils n’ont pas d’esprit ? Aussi farfelue cela semble-t-il, il faut poser cette question à laquelle nous mène le concept de la trinité. Voyons ce que disent les Écritures : « Or vous n’êtes point en la chair, mais dans l’Esprit ; si toutefois l’Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu’un n’a point l’Esprit de Christ, celui-là n’est point à lui. Et si Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché ; mais l’esprit est vie à cause de la justice. Or si l’Esprit de celui[le Père] qui a ressuscité Jésus des morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ des morts, vivifiera aussi vos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en vous » (Romains 8:9-11).

Dans ce passage, il y a combien d’Esprits qui habitent le chrétien ? Paul mentionne l’Esprit de Dieu, l’Esprit de Christ, Christ Lui-même, et enfin l’Esprit du Père. Étant donné que Dieu est censé être trois Personnes distinctes, sommes-nous habités par trois Esprits distincts ? Et par Christ Lui-même de surplus ? Finalement, y a-t-il trois Personnes qui habitent en nous ? Nous avons déjà vu, au chapitre 2 de cette série, que le Père et le Fils ont le même Esprit. Alors, pourquoi y aurait-il une troisième Personne qui s’appellerait « le Saint-Esprit » ? Quelle est son utilité ? Si Dieu le Père a un esprit en Lui, qu’est-il besoin d’une troisième Personne ? L’Esprit du Père n’est-Il pas assez puissant pour satisfaire à toutes Ses exigences ?

S’il vous plaît, ne nous arrivez pas avec votre argument de dernier recours : « Ceci est un mystère que nous ne pouvons pas comprendre, mais que nous devons accepter ». Comme si Dieu nous avait tenus dans l’ignorance à ce sujet dans toutes les Écritures. La trinité n’est pas un mystère, c’est un non-sens !

Nous allons passer en revue un certain nombre de passages où le Saint-Esprit est mentionné et demandez-vous s’il semble vraiment s’agir d’une Personne distincte ou si ce ne serait pas plutôt le moyen d’action d’un Dieu unique qui œuvre avec Sa Toute-puissance. Allons au tout début.

« Au commencement DIEU créa les cieux et la terre. Et la terre était sans forme, et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme ; et l’Esprit de Dieu se mouvait sur le dessus des eaux » (Genèse 1:1-2).

Ce n’est pas par simple poésie que Dieu emploie le verbe « mouvoir » en parlant du déplacement de Son Esprit. Tel une vapeur d’eau, ou un vent qui souffle, l’Esprit de Dieu se déplaçait au-dessus des eaux. Par Son Esprit, Dieu supervisait Sa création. La terre était encore informe et vide, un vaste océan sans rien d’autre. Mais Dieu allait créer l’habitat de l’homme en sept jours. Et pour ce faire, Il allait déployer Sa puissance spirituelle. De Sa bouche sortirait Sa Parole, Son Esprit.

Rappelez-vous de ce que nous avons vu plus haut, lors de la Pentecôte : « Et il se fit tout à coup un son du ciel, comme est le son d’un vent qui souffle avec véhémence, et il remplit toute la maison où ils étaient assis, et ils furent tous remplis du Saint-Esprit » (Actes 2:2, 4). Nous commençons à nous rendre compte de l’action de Dieu par Son Esprit. De Sa bouche sort Son Esprit et Sa Parole qu’Il répand où Il le désire et Sa volonté s’exécute. Ce sont les pensées de Dieu qui se réalisent. Par Son Esprit, Dieu crée, inspire, agit et peut même détruire. Ce n’est pas une Personne distincte de Lui, c’est Son propre Esprit, Son propre souffle.

Assurément, le mieux placé pour décrire le Saint-Esprit, c’est Celui qui le possède dans son entier : notre Seigneur Jésus-Christ. Voyons quelques-unes de Ses Paroles afin de déterminer si Sa description correspond à celle d’une Personne.

« Et vous êtes témoins de ces choses ; et voici, je m’en vais envoyer sur vous la promesse de mon Père. Vous donc demeurez dans la ville de Jérusalem, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la vertu d’en haut » (Luc 24:48-49). Cette promesse était la réception du Saint-Esprit que les disciples reçurent à la Pentecôte. Christ dit qu’ils allaient être « revêtus de la vertu » en provenance du Père au ciel. Le Saint-Esprit est donc une vertu dont Dieu nous revêt. Et par cette vertu, le Père et le Fils habitent en nous par Leur pensée. Cette vertu afflue en nous comme un courant d’eau vive qui nous imbibe. Lisons un passage pertinent qui nous démontre ce symbole :

« Or il y avait là une fontaine de Jacob ; et Jésus étant lassé du chemin, se tenait là assis sur la fontaine ; c’était environ les six heures. Et une femme Samaritaine étant venue pour puiser de l’eau, Jésus lui dit : Donne-moi à boire. Car ses Disciples s’en étaient allés à la ville pour acheter des vivres. Mais cette femme Samaritaine lui dit : Comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme Samaritaine ? car les Juifs n’ont point de communication avec les Samaritains. Jésus répondit, et lui dit : Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, tu lui en eusses demandé toi-même, et il t’eût donné de l’eau vive. La femme lui dit : Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond; d’où as-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que Jacob notre père, qui nous a donné le puits, et lui-même en a bu, et ses enfants, et son bétail ? Jésus répondit, et lui dit : Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; Mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura jamais soif ; mais l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. La femme lui dit : Seigneur, donne-moi de cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus ici puiser de l’eau. Jésus lui dit : Va, et appelle ton mari, et t’en viens ici. La femme répondit, et lui dit : Je n’ai point de mari. Jésus lui dit : Tu as bien dit : je n’ai point de mari. Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est point ton mari ; en cela tu as dit la vérité. La femme lui dit : Seigneur, je vois que tu es un Prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne-là, et vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer. Jésus lui dit : Femme, crois-moi, l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. Vous adorez ce que vous ne connaissez point ; nous adorons ce que nous connaissons ; car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en demande de tels qui l’adorent. Dieu est esprit ; et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. La femme lui répondit : Je sais que le Messie, c’est-à-dire le Christ, doit venir ; quand donc il sera venu, il nous annoncera toutes choses. Jésus lui dit : C’est moi-même, qui parle avec toi » (Jean 4:6-26).

Dans ce passage, comme dans plusieurs autres que nous allons étudier, Jésus compare le Saint-Esprit à de l’eau vive. C’est un don de Dieu et Son moyen de communication avec nous : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, et la charité de Dieu, et la communication du Saint-Esprit soit avec vous tous ; Amen ! » (2 Corinthiens 13:13). Par le Saint-Esprit, nous pouvons adorer Dieu qui est Esprit et Il connaît toutes nos pensées. Par Son Esprit, Dieu éveille notre connaissance dans les choses spirituelles :

« Mais ainsi qu’il est écrit : ce sont des choses que l’œil n’a point vues ; que l’oreille n’a point ouïes, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, lesquelles Dieu a préparées à ceux qui l’aiment. Mais Dieu nous les a révélées par son Esprit. Car l’Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu. Car qui est-ce des hommes qui sache les choses de l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même aussi nul n’a connu les choses de Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Or nous avons reçu non point l’esprit de ce monde, mais l’Esprit qui est de Dieu ; afin que nous connaissions les choses qui nous ont été données de Dieu ; lesquelles aussi nous proposons, non point avec les paroles que la sagesse humaine enseigne, mais avec celles qu’enseigne le Saint-Esprit, appropriant les choses spirituelles à ceux qui sont spirituels. Or l’homme animal ne comprend point les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, car elles lui sont une folie ; et il ne peut même les entendre, parce qu’elles se discernent spirituellement. Mais l’homme spirituel discerne toutes choses, et il n’est jugé de personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur pour le pouvoir instruire ? mais nous, nous avons l’intention de Christ. » (1 Corinthiens    2:9-16).

Voilà bien un des passages les plus importants pour comprendre la manière de Dieu de communiquer Ses pensés à Ses enfants. L’homme naît avec un esprit humain qui lui permet de comprendre les choses de l’homme, de son entourage, les choses physiques et morales de base. Cet esprit est en l’homme ; ce n’est pas une personne distincte de lui, nous nous entendons bien là-dessus. De plus, l’homme a été fait à l’image de Dieu. Alors pourquoi penser que l’Esprit de Dieu est un Personnage distinct de Lui ? Comme l’homme, l’Esprit de Dieu est en Lui, et Il l’exprime par Sa Parole.

Lorsque Dieu appelle quelqu’un, Il lui insuffle de Son Esprit pour que cette personne arrive à comprendre les choses qui sont de Lui et qui ne se discernent que spirituellement. Ce sont des choses que l’esprit humain n’est pas capable de saisir, mais avec l’aide de l’Esprit de Dieu, la compréhension de ces choses s’ouvre à la personne, car alors Dieu lui communique Ses pensées. L’Esprit en nous est comme des eaux vives qui déferlent à travers nous.

« Et en la dernière et grande journée de la Fête, Jésus se trouva là, criant, et disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce que dit l’Ecriture, des fleuves d’eau vive découleront de son ventre. (Or il disait cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car le Saint-Esprit n’était pas encore donné, parce que Jésus n’était pas encore glorifié.) » (Jean 7:37-39). Jésus cita ainsi, à partir de deux passages qu’Il avait inspirés à Ésaïe afin de symboliser le Saint-Esprit par des eaux vives :

« Voici, le Dieu Fort est ma délivrance, j’aurai confiance, et je ne serai point effrayé ; car l’Eternel, l’Eternel est ma force et ma louange, et il a été mon Sauveur. Et vous puiserez des fontaines de cette délivrance des eaux avec joie » (Ésaïe 12:2-3). Puis : « Holà, vous tous qui êtes altérés, venez aux eaux, et vous qui n’avez point d’argent, venez, achetez, et mangez ; venez, dis-je, achetez sans argent et sans aucun prix, du vin et du lait » (Ésaïe 55:1).

Le don le plus précieux qu’un homme ou une femme puisse recevoir de toute sa vie, c’est le don du Saint-Esprit, et il est gratuit ! « Si donc vous qui êtes méchants, savez bien donner à vos enfants de bonnes choses, combien plus votre Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ?» (Luc 11:13).

À plusieurs endroits dans les Écritures, il est écrit que le Saint-Esprit est un don que nous recevons. Comment s’imaginer que cela puisse s’appliquer à une Personne. Pouvons-nous croire qu’une Personne, dans son intégralité, soit un don que nous recevons ? « Et Pierre leur dit : Amendez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au Nom de Jésus-Christ, pour obtenir le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2:38). Ce don vient de Dieu ; c’est une goutte de Sa puissance qui nous remplit et nous relie à Dieu par la pensée. Il ne peut s’agir d’une Personne, car si le Saint-Esprit était la troisième Personne d’une trinité, comment nous habiterait-Il ? Par son esprit ? Nous devrions alors parler de l’Esprit du Saint-Esprit et Pierre n’aurait eu d’autre choix que d’écrire : « et vous recevrez le don de l’Esprit du Saint-Esprit », ce qui serait plutôt redondant…

Dans le chapitre précédent, nous avons étudié Luc 1:35 qui dit : « Et l’Ange répondant lui dit : Le Saint-Esprit surviendra en toi, et la vertu du Souverain t’enombrera [ou te couvrira de son ombre] ; c’est pourquoi ce qui naîtra de toi Saint, sera appelé le Fils de Dieu. » L’Ange Gabriel dit bien à Marie que c’est le Saint-Esprit qui survient en elle – le souffle de Dieu – et on L’appelle le Fils de Dieu. Or, selon le concept de la trinité qui, ne l’oublions pas, prône trois personnes distinctes en Dieu, cela ne se peut pas, car ce ne serait pas la « troisième Personne » qui est le Fils de Dieu, mais la « deuxième ».

Et si nous allons à Matthieu 1:18, voici ce qu’on lit : « Or la naissance de Jésus-Christ arriva en cette manière. Comme Marie sa mère eut été fiancée à Joseph, avant qu’ils fussent ensemble, elle se trouva enceinte par l’opération du Saint-Esprit. » Les partisans de la trinité semblent avoir un problème, ici. Et cela se confirme au verset 20 où on lit : « Mais comme il pensait à ces choses, voici, l’Ange du Seigneur lui apparut dans un songe, et lui dit : Joseph, fils de David, ne crains point de recevoir Marie ta femme ; car ce qui a été conçu en elle est du Saint-Esprit. »

C’est un problème de taille pour les trinitaires. Si le Saint-Esprit est la troisième Personne d’une trinité, c’est donc lui qui est le père de Jésus-Christ et non pas la « première Personne » ! Le Père ne serait pas le père de Jésus-Christ ? Nous voyons que le concept de la trinité n’a aucun sens et contredit la Parole de Dieu. En réalité, ce que le texte nous montre clairement, c’est que le Saint-Esprit est la puissance même du Père dont Il S’est servi pour mettre en Marie le Germe prophétisé depuis des siècles auparavant.

Pour mettre un clou supplémentaire au cercueil du feu concept de la trinité, nous voyons ce que le Seigneur a donné comme indice de la nature du Saint-Esprit : « Mais quand le Consolateur sera venu, lequel je vous enverrai de la part de mon Père, savoir l’Esprit de vérité, qui procède de mon Père, celui-là rendra témoignage de moi » (Jean 15:26). Le verbe « procéder » signifie « tirer son origine de ; résulter, découler de ». La troisième Personne d’une trinité n’est pas censée « procéder » de la première Personne, étant donné qu’elle est supposée exister depuis toujours. Décidément, rien n’est en faveur d’une trinité, dans les Écritures.

Allons voir un autre passage qui n’a de sens que si Jésus est l’Esprit. « Et je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, pour demeurer avec vous éternellement. Savoir l’Esprit de vérité, lequel le monde ne peut point recevoir ; parce qu’il ne le voit point, et qu’il ne le connaît point ; mais vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous » (Jean 14:16-17). Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit simultanément. Pourquoi Christ dit-Il que les disciples connaissent déjà le Saint-Esprit au moment où Il leur parle ? Parce que le Saint-Esprit… c’est LUI ! Il demeurait avec eux. Donc, connaissant Jésus, ils connaissaient automatiquement l’Esprit. Comme ils connaissaient automatiquement le Père en voyant Jésus, tel que nous l’avons déjà clarifié par l’étude de Jean  14:7:12. (14:7,12)

Dieu leur avait promis un Consolateur, Son Esprit, soit Christ en eux par la puissance de Sa pensée. Plus loin, dans l’Évangile de Jean, notre Seigneur élabore davantage : « Demeurez en moi, et moi en vous ; comme le sarment ne peut point de lui-même porter de fruit, s’il ne demeure au cep ; vous ne le pouvez point aussi, si vous ne demeurez en moi. Je suis le Cep, et vous en êtes les sarments ; celui qui demeure en moi, et moi en lui, porte beaucoup de fruit ; car hors de moi, vous ne pouvez rien produire » (Jean 15:4-5). Les trinitaires devraient se poser la question à savoir pourquoi Jésus, la soi-disant « deuxième Personne » de leur trinité, parle de cette façon. En effet, selon eux, celui qui demeure en nous, c’est la « troisième » Personne de la trinité, soit le Saint-Esprit. Étant une Personne distincte de Christ, il n’est pas censé être Christ. Alors sommes-nous habités par plusieurs Personnes ? Encore un endroit où la doctrine de la trinité se casse les dents.

Ce que Jésus nous dit est fort simple. Il demeure en nous par le moyen de Son Esprit, qui n’est pas une Personne, mais Sa puissance cérébrale infinie qu’Il nous transmet par un fluide spirituel qui coule en nous comme de l’eau vive. C’est ce contact privilégié qui nous permet également de demeurer en Lui. Ainsi, Christ est le Cep, c’est-à-dire, le tronc de la vigne, et nous sommes les sarments, c’est-à-dire, les branches que le Père a entées au Cep. Celui-ci nous communique Sa sève qui porte Ses pensées. Christ nous alimente spirituellement par la sève de Son Esprit et c’est ce qui nous fait porter des fruits pour la vie éternelle dans le Royaume. Sans cette sève – le Saint-Esprit – nous ne pouvons produire du fruit spirituel.

Ceci étant compris, il nous est plus facile de saisir certaines autres paroles du Christ sur lesquelles s’appuient les trinitaires pour faire croire à la personnification du Saint-Esprit : « Mais quand celui-là, savoir l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira en toute vérité ; car il ne parlera point de soi-même, mais il dira tout ce qu’il aura ouï, et il vous annoncera les choses à venir » (Jean 16:13). En ayant en tête que Dieu est une trinité de « trois Personnes distinctes », dont le Saint-Esprit, l’on peut très bien lire ce verset en croyant y voir effectivement la « Personne » du Saint-Esprit qui entre en nous pour nous dire ce que le Père et le Fils lui disent à l’oreille. Mais ce faisant, vous savez que nous contredisons tous les autres versets que nous avons vus jusqu’ici.

L’Esprit Saint est une sève, un fluide spirituel, une eau vive qui transporte la pensée de Dieu, Père/Fils, pour nous la communiquer. Cette eau vive ne parle pas d’elle-même, c’est un moyen de communication. Voyons une similitude : Si un ami à vous vous parle et vous dit, « La radio me dit qu’il fera beau temps toute la semaine », vous comprenez immédiatement que ce n’est pas l’appareil radio qui a dit cela à votre ami, mais une personne installée dans un studio de diffusion qui parlait dans son micro. La radio de votre ami n’a servi que d’instrument de transmission pour que la voix de l’animateur se rende jusqu’à lui.

Quand Dieu met Son Esprit dans une personne choisie, Il installe Son moyen de communication en cette personne afin d’avoir un contact direct et permanent avec elle. Ainsi, l’Esprit nous communique fidèlement la parole que Dieu nous inspire. « Et quand ils vous mèneront pour vous livrer, ne soyez point auparavant en peine de ce que vous aurez à dire, et n’y méditez point, mais tout ce qui vous sera donné à dire en ce moment-là, dites-le : car ce n’est pas vous qui parlez, mais le Saint-Esprit » (Marc 13:11). Si nous le comprenons bien, plusieurs passages jusqu’ici demeurés obscurs vous apparaîtront sous une nouvelle lumière. En voici quelques exemples :

« Car le Saint-Esprit vous enseignera dans ce même instant ce qu’il faudra dire » (Luc 12:12). Par le moyen du Saint-Esprit, Dieu vous communique ce que vous avez à dire dans les occasions de témoignage et vous serez étonnés de ce qui sortira de votre bouche : des arguments imparables appuyés sur les Écritures.

« Mais le Consolateur, qui est le Saint-Esprit, que le Père enverra en mon Nom, vous enseignera toutes choses, et il vous rappellera le souvenir de toutes les choses que je vous ai dites » (Jean 14:26).

« Mais quand celui-là, savoir l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira en toute vérité ; car il ne parlera point de soi-même, mais il dira tout ce qu’il aura ouï, et il vous annoncera les choses à venir » (Jean 16:13). Jésus nous instruit par Sa « radio spirituelle »,

« Jusqu’au jour qu’il fut élevé au ciel ; après avoir donné par le Saint-Esprit ses ordres aux Apôtres qu’il avait élus » (Actes 1:2).

« Et comme ils servaient le Seigneur dans leur ministère, et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : séparez-moi Barnabas et Saul, pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés » (Actes 13:2). Soulignons ici le fait que le Saint-Esprit dit « je les ai appelés ». Or, souvenez-vous de ce que Jésus a dit concernant l’appel : « Nul ne peut venir à moi, si le Père, qui m’a envoyé, ne le tire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour … Il leur dit donc : C’est pour cela que je vous ai dit, que nul ne peut venir à moi, s’il ne lui est donné de mon Père » (Jean 6:44, 65). Donc, lorsque Luc écrit « le Saint-Esprit dit », il parle du Père au ciel.

« Puis ayant traversé la Phrygie et le pays de Galatie, il leur fut défendu par le Saint-Esprit d’annoncer la parole en Asie » (Actes 16:6). « Défendu par le Saint-Esprit » signifie « défendu au moyen du Saint-Esprit ».

« Sinon que le Saint-Esprit m’avertit de ville en ville, disant que des liens et des tribulations m’attendent » (Actes 20:23).

« Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis Evêques, pour paître l’Eglise de Dieu, laquelle il a acquise par son propre sang » (Actes 20:28). Remarquez que le Saint-Esprit dit qu’Il S’est acquis l’Église par Son propre sang. Cela prouve à nouveau que Christ est l’Esprit.

« Qui nous étant venu voir, prit la ceinture de Paul, et s’en liant les mains et les pieds, il dit : Le Saint-Esprit dit ces choses : Les Juifs lieront ainsi à Jérusalem l’homme à qui est cette ceinture, et ils le livreront entre les mains des Gentils » (Actes 21:11).

« C’est pourquoi n’étant pas d’accord entre eux, ils se retirèrent, après que Paul leur eut dit cette parole : le Saint-Esprit a bien parlé à nos Pères par Esaïe le Prophète » (Actes 28:25).

« Or l’espérance ne confond point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Romains 5:5). Ce verset nous révèle tout particulièrement le procédé spirituel de Dieu en nous. Parce qu’Il a répandu Son Esprit en nous, Il peut ainsi répandre aussi Son amour dans nos cœurs. Le Saint-Esprit est la voie de transmission.

« Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience me rendant témoignage par le Saint-Esprit » (Romains 9:1).

« C’est pourquoi je vous fais savoir que nul homme parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit que Jésus doit être rejeté ; et que nul ne peut dire que par le Saint-Esprit, que Jésus est le Seigneur » (1 Corinthiens 12:3).

« Et n’attristez point le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la Rédemption » (Éphésiens 4:30).

« N’éteignez point l’Esprit » (1 Thessaloniciens 5:19). Les trinitaires croient-ils que l’on puisse éteindre une Personne divine ? N’oubliez pas que le Saint-Esprit peut aussi ressembler à une flamme de feu, donc, un fluide spirituel incandescent.

« Dieu leur rendant aussi témoignage par des prodiges et des miracles, et par plusieurs autres différents effets de sa puissance, et par les distributions du Saint-Esprit, selon sa volonté » (Hébreux 2:4). Dieu décide à qui Il distribue de Son Esprit et en quelle quantité. Or, on ne « distribue » pas une Personne.

« C’est pourquoi, comme dit le Saint-Esprit : aujourd’hui, si vous entendez sa voix » (Hébreux 3:7).

« Le Saint-Esprit faisant connaître par là, que le chemin des lieux Saints n’était pas encore manifesté, tandis que le premier Tabernacle était encore debout, lequel était une figure destinée pour le temps d’alors » (Hébreux 9:8). Le Saint-Esprit habitait déjà les hommes de Dieu de l’Ancien Testament et leur inspirait des actions, dont celle d’écrire des prophéties.

« Et c’est aussi ce que le Saint-Esprit nous témoigne, car après avoir dit premièrement… » (Hébreux 10:15).

« Car la prophétie n’a point été autrefois apportée par la volonté humaine, mais les saints hommes de Dieu étant poussés par le Saint-Esprit, ont parlé » (2 Pierre 1:21).

« Mais vous, mes bien-aimés, vous appuyant vous-mêmes sur votre très-sainte foi, et priant par le Saint-Esprit » (Jude 1:20).

Il est compréhensible que les trinitaires puissent lire ce genre de versets en croyant voir en l’Esprit de Dieu la troisième Personne de leur trinité. Mais pour cela, il faut faire abstraction de tous les autres passages, plus nombreux, où il est impossible de voir le Saint-Esprit comme une Personne distincte. Or, c’est ainsi que l’on construit une fausse doctrine : en pigeant quelques versets desquels ont dénature le sens et qui donnent à la dite doctrine un faux-semblant biblique. Tous les passages que nous venons de lire démontrent l’action de l’Esprit en nous et la connexion établie avec le Père et Fils, soit le procédé d’inspiration du seul et vrai Dieu unique.

C’est en soufflant sur les hommes que Dieu leur donne la vie terrestre et leur fournit un esprit humain ; puis, en soufflant sur Ses enfants pour leur fournir de Son Esprit en vue de la vie éternelle. « Et Jésus leur dit encore : Que la paix soit avec vous ! Comme mon Père m’a envoyé, ainsi je vous envoie. Et quand il eut dit cela, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit » (Jean 20:21-22). Jésus souffla sur Ses disciples afin de symboliser le Saint-Esprit qui allait venir sur eux lors de la Pentecôte suivante. « Recevez le Saint-Esprit » n’était pas une action immédiate, mais une recommandation voulant dire « Acceptez le Saint-Esprit, ne le refusez point », c’est-à-dire que, lorsque le temps serait venu, qu’ils se laissent imprégner par la puissance spirituelle de Dieu.

L’on peut rapprocher ce verset au récit de la Pentecôte quand un vent impétueux souffla sur eux (Actes 2:1-4) et à la destruction de l’Antichrist par le souffle, ou l’Esprit de la bouche de Dieu (2 Thessaloniciens 2:8). Tout cela nous semblerait bien étrange pour parler d’une troisième Personne au sein d’une trinité. Peut-on souffler sur quelqu’un pour y faire entrer quelqu’un d’autre ?

« Et les ayant assemblés, il leur commanda de ne partir point de Jérusalem, mais d’y attendre l’effet de la promesse du Père, laquelle, dit-il, vous avez ouïe de moi. Car Jean a baptisé d’eau, mais vous serez baptisés du Saint-Esprit, dans peu de jours » (Actes 1:4-5). Nous voyons à nouveau que le Saint-Esprit est comparé à l’eau. Jean-Baptiste baptisa par une substance physique fluide, Jésus baptise par une substance spirituelle fluide, l’eau vive de Son Esprit. Ce symbole ne peut s’appliquer à une Personne. L’Esprit de Dieu qu’Il imprègne dans une personne humaine a toute la puissance et la fluidité pour s’infiltrer dans le cerveau et le cœur de l’enfant converti. L’Esprit est le souffle et l’eau vive de Dieu.

« Mais vous recevrez la vertu du Saint-Esprit qui viendra sur vous ; et vous me serez témoins tant à Jérusalem qu’en toute la Judée, et dans la Samarie, et jusqu’au bout de la terre » (Actes 1:8). La vertu du Saint-Esprit : une puissance, un pouvoir, une propriété qui nous relie spirituellement à Dieu et nous octroie une capacité de compréhension qui nous était inconnue auparavant. Encore ici, l’on constate qu’il ne peut s’agir d’une Personne. La vertu du Saint-Esprit fait en sorte que Dieu vient habiter en nous par Sa pensée. C’est ainsi qu’opère le Seigneur. Si le Saint-Esprit était une Personne distincte, de quelle manière viendrait-il habiter en nous ? Par son esprit ? Nous avons déjà vu que c’est insensé.

« Mais c’est ici ce qui a été dit par le Prophète Joël : Et il arrivera aux derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes gens verront des visions, et vos Anciens songeront des songes. Et même en ces jours-là je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront » (Actes 2:16-18). Dans ce passage, nous voyons à deux reprises l’expression « je répandrai de mon Esprit sur ». On peut répandre sur quelque chose, ou sur quelqu’un, une substance fluide, comme de l’eau ou un liquide quelconque ; mais comment peut-on répandre sur quelqu’un une Personne ?

Pierre fut inspiré par l’Esprit d’utiliser les mêmes expressions que Dieu a soufflées dans l’oreille de Ses prophètes de l’Ancien Testament : « Car je répandrai des eaux sur celui qui est altéré, et des rivières sur la terre sèche ; je répandrai mon esprit sur ta postérité, et ma bénédiction sur ceux qui sortiront de toi » (Ésaïe 44:3). L’Esprit de Dieu est clairement symbolisé par l’eau que l’on répand, pas une Personne. « Et il arrivera après ces choses que je répandrai mon Esprit sur toute chair ; et vos fils et vos filles prophétiseront ; vos vieillards songeront des songes, et vos jeunes gens verront des visions. Et même en ces jours-là je répandrai mon Esprit sur les serviteurs et sur les servantes » (Joël 2:28-29).

Nous pouvons noter que Dieu utilise l’eau depuis longtemps pour symboliser Son Esprit dans lequel Il baigne Ses serviteurs et Ses servantes. L’huile d’olive sert aussi de symbole du Saint-Esprit, lors des onctions, car il s’agit aussi d’un liquide. Et vous remarquerez que Dieu dit que c’est Lui qui répandra Son Esprit, et non pas qu’Il demandera à une prétendue troisième Personne de se répandre elle-même sur Ses enfants. C’est bel et bien l’Esprit du Père – qui est également l’Esprit du Fils – entrant en action.

L’eau est le liquide le plus répandu sur terre et, un jour, l’Esprit sera répandu sur tous les hommes. Les passages d’Ésaïe et de Joël confirment les paroles de Christ de Jean 7:37-39 que nous avons déjà vues. Comparer une Personne (la troisième des trinitaires) à des eaux vives que Dieu répand sur Son peuple s’avère incohérent, même étrange. Cependant, savoir que le Saint-Esprit est la puissance de Dieu qui émane de Sa bouche et qui coule de Son sein, c’est-à-dire, de Sa Personne unique, cela redonne tout leur sens à une foule de versets bibliques et ils deviennent fort clairs… comme de l’eau de roche !

Incidemment, rappelons-nous que Dieu commanda à Moïse de faire sortir de l’eau vive du rocher d’Horeb (Exode 17:5-6) en le frappant, à l’image de ce que le Père fit en frappant notre Rocher, le Christ, pour qu’il en sorte l’eau du Saint-Esprit afin qu’il se répande sur nous. Il ne serait pas surprenant d’apprendre que Dieu a créé l’eau avec ses propriétés expressément pour qu’elle nous serve de symbole facile à comprendre, de manière à connaître comment Dieu utilise Son Esprit pour nous et en nous.

« Alors je me souvins de cette parole du Seigneur, et comment il avait dit : Jean a baptisé d’eau, mais vous serez baptisés du Saint-Esprit » (Actes 11:16). Le mot « baptiser » vient du mot grec baptizein qui signifie « immerger », c’est-à-dire, « tremper dans un liquide ». Alors nous pouvons affirmer que Jésus-Christ nous mouille, nous immerge de Son Esprit, fluide spirituel qui est répandu sur nous.

« Or vous n’êtes point en la chair, mais dans l’Esprit ; si toutefois l’Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu’un n’a point l’Esprit de Christ, celui-là n’est point à lui. Et si Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché ; mais l’esprit est vie à cause de la justice. Or si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus des morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ des morts, vivifiera aussi vos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en vous » (Romains 8:9-11).

Nous allons revoir ce passage étudié auparavant, mais sous la perspective du Saint-Esprit. Paul parle de 1) l’Esprit ; 2) l’Esprit de Dieu ; 3) l’Esprit de Christ ; et 4) l’Esprit du Père. Or, à l’évidence, Paul ne parle pas de plusieurs Esprits, ni d’une Personne-Esprit, mais d’un seul et même Esprit sous diverses manifestations et dans ses différents aspects. Et il prouve par la même occasion que le Père et le Fils sont deux aspects d’une seule et même Personne, car il dit que l’Esprit du Père, qu’il appelle également l’Esprit de Christ, a ressuscité le Fils. Souvenons-nous que le Père remplissait entièrement le corps de Son Fils et qu’Il entend faire la même chose avec nous : « Et parce que vous êtes enfants, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans vos cœurs, criant Abba, c’est-à-dire Père » (Galates 4:6).

Ces passages sont impossibles à saisir au travers de la fausse doctrine de la trinité, d’autant plus que Paul, dans ses épîtres, ne fait aucune allusion au Saint-Esprit en tant que Personne distincte de Dieu. Ce concept lui est tout-à-fait étranger, car, à son époque, cette doctrine ne faisait partie que du paganisme et ne s’était pas encore infiltrée dans la chrétienté mondaine.

« Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec soi, en ne leur imputant point leurs péchés, et Il a mis en nous la parole [Esprit de Christ] de la réconciliation » (2 Corinthiens 5:19). Dieu le Père était – et est toujours – en Christ de façon littérale. Comment ? Par Son Esprit qui immergeait entièrement le cœur de Jésus. Cet Esprit était aussi l’Esprit de Christ et le Père l’a mis en nous pour nous réconcilier à Lui, « l’Esprit de Christ en nos cœurs » (Galates 4:6).

« Mais quand la bonté de Dieu notre Sauveur, et Son amour envers les hommes ont été manifestés, Il nous a sauvés ; non par des œuvres de justice que nous eussions faites, mais selon la miséricorde ; par le baptême de la régénération, et le renouvellement du Saint-Esprit ; lequel Il a répandu abondamment en nous, par Jésus-Christ notre Sauveur » (Tite 3:4-6). Dieu a répandu avec abondance Son Esprit en nous et le renouvelle, et tout cela pas Son Fils. Encore une fois, le Saint-Esprit que Dieu peut répandre et renouveler ne peut s’appliquer à une Personne distincte de Lui. Comment le Christ peut-Il demeurer en nous ?

« Et celui qui garde Ses commandements demeure en Jésus-Christ, et Jésus-Christ demeure en lui ; et par ceci nous connaissons qu’Il demeure en nous, savoir, par l’Esprit qu’Il nous a donné » (1 Jean 3:24). Jésus-Christ n’habite pas corporellement en nous, il va sans dire, mais nous avons vu qu’Il répand sur nous les eaux vives de Son Esprit et nous communique ainsi Sa volonté et nous donne la capacité de l’accomplir. « Et quand Silas et Timothée furent venus de Macédoine, Paul étant poussé par l’Esprit, témoignait aux Juifs que Jésus était le Christ » (Actes 18:5).

« Et après que ces choses furent faites, Paul se proposa par un mouvement de l’Esprit, de passer par la Macédoine et par l’Achaïe, et d’aller à Jérusalem, disant : Après que j’aurai été là, il me faut aussi voir Rome » (Actes 19:21). Paul savait obéir aux impulsions du Saint-Esprit et écouter ce que Christ lui inspirait par le mouvement de Son Esprit en lui. Un mouvement du Saint-Esprit est une pensée que Dieu insuffle dans notre cerveau d’une manière subtile afin de ne pas interférer avec notre libre arbitre. Cependant, dépendant de la tâche que Dieu entend nous faire exécuter, Il peut Se montrer très persuasif. « Et maintenant voici, étant lié par l’Esprit, je m’en vais à Jérusalem, ignorant les chose qui m’y doivent arriver, sinon que le Saint-Esprit m’avertit de ville en ville, disant que des liens et des tribulations m’attendent » (Actes 20:22-23).

Certains autres passages semblent pourtant contredire ce que dit Paul : « Et ayant trouvé là des disciples, nous y demeurâmes sept jours. Or ils disaient par l’Esprit à Paul qu’il ne montât point à Jérusalem » (Actes 21:4). Les disciples de Tyr dirent à Paul, par l’Esprit, de ne pas se rendre à Jérusalem. Or, nous avons vu dans le passage précédent que Paul se disait lié par un mouvement de l’Esprit d’aller à Jérusalem. Puis, aux versets 10 à 14, nous lisons :

« Et comme nous fûmes là plusieurs jours, il y arriva de Judée un prophète, nommé Agabus, qui nous étant venu voir, prit la ceinture de Paul, et s’en liant les mains et les pieds, il dit : Le Saint-Esprit dit ces choses : Les Juifs lieront ainsi à Jérusalem l’homme à qui est cette ceinture, et ils le livreront entre les mains des Gentils. Quand nous eûmes entendu ces choses, nous et ceux qui étaient du lieu, nous le priâmes qu’il ne montât point à Jérusalem. Mais Paul répondit : Que faites-vous, en pleurant et en affligeant mon cœur ? Pour moi, je suis tout prêt, non-seulement d’être lié, mais aussi de mourir à Jérusalem, pour le nom du Seigneur Jésus. Ainsi, parce qu’il ne pouvait être persuadé, nous nous tûmes là-dessus, en disant : La volonté du Seigneur soit faite » (Actes 21:10-14).

Y a-t-il une contradiction ? L’Esprit pouvait-il inspirer deux choses opposées aux enfants de Dieu ? Par Son Esprit, Dieu avait montré à Paul que, s’il allait à Jérusalem, il serait lié et persécuté par les Juifs. Ce n’était pas une interdiction, mais un avertissement, car le choix demeurait à Paul. Puis, l’Esprit montra aussi aux disciples que Paul serait persécuté s’il se rendait à Jérusalem. Craignant donc pour la vie de l’apôtre, les disciples l’enjoignirent à éviter la capitale juive. Ensuite intervient le prophète Agabus et il annonce la prophétie sur ce qui allait survenir à Paul une fois rendu à Jérusalem. Mais dans tout cela, il n’y a aucun indice que l’Esprit ait défendu à Paul d’aller à Jérusalem. Il ne faisait qu’avertir l’apôtre de ce qui se passerait s’il s’y rendait. Les disciples ne comprenaient pas tout ce qui arrivait et ils croyaient de leur devoir de pousser Paul à rester avec eux pour ne pas être martyrisé. En vérité, le Saint-Esprit avertissait Paul afin que celui-ci se prépare à affronter les épreuves en cherchant en Dieu la force spirituelle d’accepter cette mission difficile.

Comme Jésus qui, dès le début de Son Pastorat, connaissait par Ses Écritures le sort qui attendait le Messie à Sa première venue sur terre, et Il était préparé. De la même manière, Paul sut ce qui l’attendait dans la ville de Jérusalem et il accepta d’avance les persécutions au nom de Jésus-Christ. L’Esprit de Dieu, quoique persuasif, n’agit pas par coercition, mais par inspiration, sans nous obliger. Ensuite, à nous d’assumer les conséquences de nos décisions.

Paul savait déjà qu’il ne mourrait pas à Jérusalem, car il était inspiré d’aller à Rome. D’ailleurs, Christ le lui confirma quand l’apôtre fut emprisonné à Rome : « Et la nuit suivante, le Seigneur se présenta à lui, et lui dit : Paul, aie bon courage : car comme tu as rendu témoignage de moi à Jérusalem, tout de même il faut que tu me rendes aussi témoignage à Rome » (Actes 23:11).

Conclusion

Lorsque nous étudions les Écritures sans aucun préjugé et que nous rassemblons les passages concernant la nature de Dieu, Ses interventions, ses manifestations, Ses œuvres, nous arrivons à une conclusion évidente : Dieu est un Être unique qui Se présente aux hommes sous divers aspects selon le temps et les circonstances dont Il est le Maître et dans un Plan parfaitement coordonné.

Il est insultant pour Lui que les hommes Lui prêtent l’apparence d’un dieu à trois têtes ou qu’ils nient la divinité d’un de Ses aspects. En vérité, la vaste majorité des êtres humains ne savent pas Qui est Dieu, ni ce qu’Il est. Et la raison est fort simple : Dieu ne S’est pas encore manifesté à chacun d’eux personnellement. Mais cela viendra.

Le Plan de Salut de Dieu pour les hommes exigeait qu’Il vienne en personne sur terre pour sacrifier Sa vie physique et Son sang infiniment précieux afin de nous sauver Lui-même de manière que nous soyons réconciliés à Lui et que nous puissions hériter de la vie éternelle. L’homme a volontairement été créé incapable de se sauver par lui-même, par ses œuvres.

Ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre constatent le désastre qu’est en train de devenir le monde. Mais il y a encore un bon nombre de gens qui croient toujours que l’homme peut et doit se sortir de la catastrophe dans lequel il s’est mis. Ils ne comprennent pas l’incapacité de l’homme et pourquoi Dieu l’a créé ainsi.

L’homme doit plutôt reconnaître sa grande faiblesse, son ignorance et ses limites étroites, et se tourner vers son Créateur pour faire appel à Son aide. Alors Dieu répandra sur lui Son Esprit et lui expliquera le chemin du Salut.

Que notre Seigneur vous guide dans l’apprentissage de Ses Écritures.




D.580 – Un Dieu unique ou une trinité ? – Chapitre 2 – Notre Seigneur Jésus-Christ

Par Roch Richer

Chapitre 2

Notre Seigneur Jésus-Christ

Dans le document précédent, nous avons examiné ce que l’Éternel Dieu dit de Lui-même. Nous avons vu qu’Il déclare haut et fort qu’Il est le seul vrai Dieu et que, hors Lui, il n’y a pas d’autre Dieu.

Mais un jour, un certain homme se nommant Jésus, disant être le Christ, ou le Messie, c’est-à-dire, le Sauveur, est arrivé sur la scène terrestre en Se qualifiant de Fils de Dieu. Les sacrificateurs, les anciens et les scribes, scandalisés de ce qu’Il Se prenait pour le Fils de Dieu, en tirèrent le prétexte voulu pour l’assassiner en le faisant clouer sur une croix. Si certains d’entre eux crurent rendre un service à l’Éternel Dieu, d’autres agirent par envie, orgueil et jalousie, ignorant toutefois que le Dieu du ciel avait déjà tout planifié l’affaire afin d’exécuter la partie la plus importante de Son Plan de Salut pour l’humanité.

Alors, qui était ce Jésus né à Nazareth ? Était-Il le Messie annoncé depuis des siècles par les prophètes ? Et ce Messie pouvait-Il n’être qu’un simple homme ? « Messie » voulant dire « Sauveur », comment le sacrifice d’un simple homme aurait-il pu racheter les péchés de tous les autres hommes ? Il aurait fallu que cet homme ne commette aucun péché de toute sa vie. Était-ce possible ?

Depuis Adam et Ève, tous les hommes naissent avec un esprit que la Bible appelle « selon la chair », c’est-à-dire « charnel ». Or, voici ce que dit l’apôtre Paul à ce sujet : « Car ceux qui sont selon la chair, sont affectionnés aux choses de la chair ; mais ceux qui sont selon l’Esprit, sont affectionnés aux choses de l’Esprit. Or l’affection de la chair est la mort ; mais l’affection de l’Esprit est la vie et la paix. Parce que l’affection de la chair est inimitié contre Dieu ; car elle ne se rend point sujette à la Loi de Dieu ; et aussi ne le peut-elle point. C’est pourquoi ceux qui sont en la chair ne peuvent point plaire à Dieu » (Romains 8:5-8). L’affection de la chair vient du fait que l’on se laisse guider par l’esprit charnel. L’esprit de l’homme est incapable de se soumettre à la Loi de Dieu et, par conséquent, tous les êtres humains pèchent. « C’est pourquoi comme par un seul homme le péché est entré au monde, la mort y est aussi entrée par le péché ; et ainsi la mort est parvenue sur tous les hommes, parce que tous ont péché » (Romains 5:12).

Vu que tous les hommes ont péché depuis Adam, aucun ne pouvait être digne de racheter tous les autres êtres humains par le sacrifice de son sang. Or, il est pourtant écrit : « Et presque toutes choses selon la Loi sont purifiées par le sang ; et sans effusion de sang il ne se fait point de rémission » (Hébreux 9:22). Mais alors, quel sang utiliser pour la rémission de tous les péchés du monde ? Quel sang pouvait avoir une valeur supérieure à toute l’humanité créée par Dieu et souillée par Satan ?

Le sang de Dieu !

Avant la fondation du monde, Dieu avait déjà Son Plan de Salut tout prêt. Il allait Se manifester dans la chair, porter le nom de « Jésus-Christ » et servir d’Agneau expiatoire sacrifié en répandant Son sang pour payer l’amende de nos péchés. C’était amplement suffisant. « Sachant que vous avez été rachetés de votre vaine conduite, qui vous avait été enseignée par vos pères, non point par des choses corruptibles, comme par argent, ou par or ; mais par le précieux sang de Christ, comme de l’agneau sans défaut et sans tache, déjà ordonné avant la fondation du monde, mais manifesté dans les derniers temps pour vous » (1 Pierre 1:18-20).

Avant même que Dieu crée l’homme, déjà l’Agneau à sacrifier, Jésus-Christ, faisait partie du Plan : « De sorte qu’elle [la Bête] sera adorée par tous ceux qui habitent sur la terre, desquels les noms ne sont point écrits au Livre de vie de l’Agneau, immolé dès la fondation du monde » (Apocalypse 13:8). Dieu n’a pas décidé de sacrifier le sang d’un autre, soit la deuxième Personne d’une trinité. Il S’est proposé quelque chose d’inouï : venir Lui-même sur terre répandre Son propre sang ! Étant donné que Dieu réside hors du temps, Il Se voyait déjà dans Sa manifestation physique et cela Lui a immédiatement plu : « Père, mon désir est touchant ceux que tu m’as donnés, que là où je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, laquelle tu m’as donnée ; parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde » (Jean 17:24).

Évidemment, avant la création de l’univers, il s’agissait de la Parole de Dieu : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu ; et cette parole était Dieu : Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et sans elle rien de ce qui a été fait, n’a été fait. En elle était la vie, et la vie était la Lumière des hommes » (Jean 1:1-4). Quoiqu’un des mieux connus, ce passage est aussi l’un des moins compris. Parce que la majorité des gens le lisent en ayant en tête le concept d’une trinité, ils méconnaissent sa signification véritable.

N’ayant qu’une vision préconçue et faussée, ils ne se questionnent pas à savoir si ce passage peut être interprété d’une autre façon qui serait plus en accord avec le reste des Écritures, le Conseil de Dieu, c’est-à-dire, la Parole de Dieu, la Bible. Car, remarquez que, si Jean 1:1-4 ne confirme ni n’infirme le concept de la trinité, il y a cependant d’autres passages bibliques qui s’avèrent plus tranchés sur la question, comme nous allons le voir.

Tout d’abord, assurons-nous que cette Parole de Dieu est bien Jésus-Christ. Nous lisons donc au verset 14 : « Et la Parole a été faite chair, elle a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, qui a été une gloire, comme la gloire du Fils unique du Père, pleine de grâce et de vérité. »  Si la Parole a été faite chair et « que Dieu a été manifesté en chair » (1 Timothée 3:16), et que la Parole manifestée en chair est le Fils de Dieu, la conclusion est inéluctable : Jésus-Christ fut Dieu dans un corps humain. Jésus est ainsi une manifestation physique, et donc visible, de Dieu qui, dans Sa manifestation de Père, demeure entièrement spirituel et, par conséquent, invisible à nos yeux.

Qu’a fait Dieu, avant la fondation du monde, en préparation du sacrifice de l’Agneau divin ? Il a créé un Germe, c’est-à-dire, en langage moderne, un Embryon fécondé par la puissance de Son Esprit et qu’Il a tenu prêt pour le moment de Sa manifestation sur terre.

« Et parle-lui, en disant : Ainsi a parlé l’Eternel des armées, disant : Voici un homme, duquel le nom est Germe, qui germera de dessous soi, et qui bâtira le Temple de l’Eternel » (Zacharie 6:12). Dans l’Ancien Testament, « Germe » est le nom que Dieu donne à l’homme qui allait fonder Son Église. Dans le Nouveau Testament, on ne trouve pas le mot « germe », car on n’en a pas besoin depuis la naissance de Jésus.

« Ecoute maintenant, Jéhosuah, grand Sacrificateur, toi, et tes compagnons qui sont assis devant toi, parce que ce sont des gens qu’on tient pour des monstres, certainement voici, je m’en vais faire venir Germe, mon serviteur ! » (Zacharie 3:8). Germe allait devenir le nouveau souverain Sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec pour remplacer les sacrificateurs, les lévites qui, rendus exécrables, Le crucifièrent.

« En ces jours-là, et en ce temps-là je ferai germer à David le Germe de justice, qui exercera le jugement et la justice en la terre » (Jérémie 33:15). Il s’agit cette fois, bien sûr, de la seconde venue de Christ. Il deviendra le Roi de toute la terre : « Voici, les jours viennent, dit l’Eternel, que je ferai lever à David un Germe juste, qui régnera comme Roi ; il prospérera, et exercera le jugement et la justice sur la terre » (Jérémie 23:5).

« En ce temps-là le Germe de l’Eternel sera plein de noblesse et de gloire, et le fruit de la terre plein de grandeur et d’excellence, pour ceux qui seront réchappés d’Israël » (Ésaïe 4:2). Les réchappés d’Israël, ce sont le reste, ou le résidu dont Dieu parle en désignant les convertis, que ce soit d’Israël ou des nations des Gentils.

Là, posons-nous les questions suivantes : si la Parole est la deuxième Personne d’une trinité, pourquoi alors L’appeler « Germe » dans l’Ancien Testament ? À en croire les trinitaires, n’est-ce pas une Personne distinctes n’ayant pas eu de commencement ? Pourquoi l’Éternel parle-t-Il d’elle en employant le mot « Germe », c’est-à-dire, ne l’oublions pas, « embryon » ? Dieu aurait-Il commandé à la Parole, « deuxième Personne divine », d’entrer complètement dans un embryon infime et d’attendre que le Père le dépose dans le ventre d’une jeune vierge ? C’est pourtant le genre de non-sens auquel les trinitaires sont forcés de croire.

Comprendre que Dieu n’est pas une trinité de trois Dieux va nous aider à saisir ce qui s’est réellement passé.

« Qu’il y ait donc en vous un même sentiment qui a été en Jésus-Christ. Lequel étant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une usurpation d’être égal à Dieu. Cependant il s’est anéanti lui-même, ayant pris la forme de serviteur, fait à la ressemblance des hommes ; et étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, et a été obéissant jusques à la mort, à la mort même de la croix » (Philippiens 2:5-8).

Lors de Sa résurrection, Jésus a hérité d’un corps glorieux aux possibilités sans limites. Dieu le Père est ce Jésus dans un corps humain. Il aurait pu Se manifester sur terre dans ce corps glorieux dès le commencement et ce n’eut point été une usurpation ; Il aurait été égal en puissance à Sa manifestation spirituelle, comme Il l’est devenu depuis Sa résurrection. Mais cela n’aurait pas servi Son Plan de salut. Dieu a donc consenti à habiter un corps humain ordinaire en anéantissant toute Sa puissance et en devenant à la ressemblance des hommes extrêmement limités. Cela Lui a fourni l’opportunité d’apprendre l’obéissance, car : « Quoiqu’il fût le Fils de Dieu, il a pourtant appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes » (Hébreux 5:8). N’ayant personne au-dessus de Lui, Dieu n’a jamais eu à obéir à quiconque. Mais Dieu ne souffre pas d’orgueil et Il a accepté de S’humilier en prenant chair humaine en Jésus-Christ. Si Jésus avait préalablement été une deuxième Personne dans une trinité, n’aurait-Il pas éternellement obéi à la Première Personne ? Conséquemment, Il n’aurait pas eu à apprendre l’obéissance sur terre, car la question ne se serait jamais posée.

Mais le Fils est le Père venu sur terre afin de Se montrer aux hommes : « Dieu ayant anciennement parlé à nos pères par les Prophètes, à plusieurs fois, et en plusieurs manières, nous a parlé en ces derniers jours par son Fils [Jésus, Emmanuel, Dieu parmi nous], qu’il a établi héritier de toutes choses ; et par lequel il a fait les siècles [Il a créé le temps] ; et qui étant la splendeur de sa gloire, et l’empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, ayant fait par soi-même la purification de nos péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les lieux très-hauts » (Hébreux 1:1-3).

Christ fut la splendeur de la gloire de Dieu et l’empreinte physique de la Personne de Dieu : « Lequel est l’image de Dieu invisible, le premier-né de toutes les créatures » (Colossiens 1:15), « Desquels le Dieu de ce siècle a aveuglé les entendements, c’est-à-dire, des incrédules, afin que la lumière de l’Evangile de la gloire de Christ, lequel est l’image de Dieu, ne leur resplendît point » (2 Corinthiens 4:4). Christ est la véritable image vivante, humainement corporelle, du Dieu spirituel invisible. Il n’est assurément pas une deuxième Personne dans une trinité de Dieux.

Chose paradoxale, les hommes ont tendance à croire que c’est Dieu qui est à l’image des êtres humains et qu’Il ne pourrait donc pas être à la fois au ciel et sur terre, car un homme ne pourrait être à deux endroits en même temps. Ce faisant, ils ne se rendent pas compte qu’ils amoindrissent énormément la puissance et les capacités infinies de Dieu. Or voici ce que Jésus nous a dit à ce sujet : « Car personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, savoir le Fils de l’homme qui est au ciel » (Jean 3:13). Comment Jésus aurait-Il pu affirmer, au présent, être au ciel s’Il est une Personne séparée du Père ? L’affirmation n’est possible que si Jésus est l’incarnation du Père sur terre. Dieu, au moment de cette Parole de Christ, était le Père au ciel et, en même temps, le Fils sur terre et ce, par le partage d’un seul et même Esprit.

Paul l’a déclaré avec précision : « Prenez garde que personne ne vous gagne par la philosophie, et par de vains raisonnements conformes à la tradition des hommes et aux éléments du monde et non point à la doctrine de Christ. Car toute la plénitude de la Divinité habite en lui corporellement » (Colossiens 2:8-9). Les raisonnements des hommes les amènent à concevoir toutes sortes de théories et de philosophies religieuses uniquement basées sur la réflexion de l’esprit humain incapable de percevoir ce qui est spirituel. Ils émettent donc des éléments théoriques bien en dessous de la vérité, et tout cela dans le but de fuir leurs obligations d’obéissance à Dieu, de manière à poursuivre leur mauvais train de vie. Voilà pourquoi ils se sont forgé un florilège d’idées fausses sur ce qu’est Dieu et Jésus-Christ. Or, ce que nous venons de lire devrait être limpide : par Son Esprit, Dieu habitait complètement Jésus-Christ, comme Il l’a dit : « Voici mon serviteur que j’ai élu, mon bien-aimé, qui est l’objet de mon amour, je mettrai mon Esprit en lui, et il annoncera le jugement aux nations » (Matthieu 12:18). L’Esprit de Christ était l’Esprit de Dieu dans son entièreté. Il n’y avait donc aucune place pour un esprit humain et charnel en Jésus ; Il n’en avait évidemment pas besoin. « Car celui que Dieu a envoyé annonce les paroles de Dieu ; car Dieu ne lui donne point l’Esprit par mesure » (Jean 3:34). Et cela explique pourquoi, même tenté en toute chose, comme nous, Jésus n’a jamais péché, car, étant Dieu dans la chair, Il avait la capacité de ne jamais pécher.

Dans un passage dévastateur pour les trinitaires, Jésus révéla une criante vérité à Ses disciples quant à la nature de Sa relation avec le Père. Lisons Jean 14:7 à 11 en y intercalant des commentaires : « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ; mais dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Cela semblait pourtant clair, mais n’oubliez pas que les apôtres n’avaient pas encore reçu le Saint-Esprit et ils n’arrivaient pas à saisir l’instruction qu’Il leur donnait. Continuons : « Philippe lui dit : Seigneur ! montre-nous le Père, et cela nous suffit. » Philippe n’avait pas compris ce que Christ venait tout juste de dire, alors Jésus Se montra encore plus spécifique : « Jésus lui répondit : je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m’as point connu ? » Vous, lecteur, lectrice, avez-vous saisi ?!! Jésus dit carrément que Le voir, c’est automatiquement voir le Père ! Évidemment, puisqu’Il est le Père manifesté dans la chair ! « Philippe, celui qui m’a vu, a vu mon Père ; et comment dis-tu : montre-nous le Père ? » C’était l’évidence même ! Philippe avait Dieu le Père en face de lui. Cela sautait aux yeux, et pourtant, encore aujourd’hui, un grand nombre de croyants ne comprennent pas cette Parole de Dieu. « Ne crois-tu pas que je suis en mon Père, et que le Père est en moi ? » Cette Parole n’est pas à interpréter comme n’étant qu’une façon allégorique de dire que le Père et le Fils vivent en parfaite symbiose. Il s’agit de bien davantage. C’est littéral : le Père vit en dedans de Jésus-Christ et vice versa. Dans les deux manifestations de Dieu, il n’y a qu’un seul et même Esprit, une seule pensée. Lorsque Christ parlait, c’était littéralement le Père qui parlait par Lui. « …les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais le Père qui demeure en moi, est celui qui fait les œuvres. » N’est-ce pas d’une clarté saisissante ? Dieu faisait Son œuvre au moyen de Jésus, Son véhicule, Son instrument physique, et Il parlait par Sa bouche. « Croyez-moi que je suis en mon Père, et que le Père est en moi, sinon, croyez-moi à cause de ces œuvres. »

Il semble que le cerveau humain ait beaucoup de difficulté ou de réticence à concevoir l’unicité de Dieu. Mais il est prêt à accepter un mensonge aussi grossier et absurde que le concept de trinité. Jésus n’a jamais été la deuxième Personne d’une trinité divine. Il est venu au monde en tant qu’homme, à la ressemblance de tous ceux qui naissent dans la chair : « Car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé, et que vous avez cru, que je suis issu de Dieu. Je suis issu du Père, et je suis venu au monde [Germe fut implanté dans le ventre de Marie, puis Il naquit] ; et encore, je laisse le monde, et je m’en vais au Père » (Jean 16:27-28). « Issu de Dieu » ou « issu du Père », c’est la même chose.

« Jésus donc criait dans le Temple enseignant, et disant : et vous me connaissez, et vous savez d’où je suis ; et je ne suis point venu de moi-même, mais celui qui m’a envoyé, est véritable, et vous ne le connaissez point. Mais moi, je le connais : car je suis issu de lui, et c’est lui qui m’a envoyé » (Jean 7:28-29). Dans ce passage, relevons deux points que les gens survolent sans les voir. D’abord, Jésus dit qu’Il n’est pas venu de Lui-même. S’Il était une deuxième Personne dans une trinité, cela voudrait dire qu’Il a été forcé, obligé de venir sur terre. Le Père a-t-Il commandé à la Parole de Se rendre sur terre, à l’intérieur d’un embryon pour ensuite Se donner en sacrifice ? S’Il n’avait pas été obligé, Il serait venu de Lui-même, non ?

Bien sûr en évacuant de notre esprit le concept néfaste de la trinité, il n’y a pas ce genre d’imbroglio, car l’on sait alors que Dieu a décidé Lui-même de venir sur terre en prenant un corps de chair humaine. Ce corps n’est pas venu de lui-même, il est issu de Dieu qui l’a nommé « Jésus », « le Christ », « Emmanuel », « Dieu parmi nous ».

Quant au second point, Jésus affirme être issu du Père. S’Il avait été une deuxième Personne divine éternelle, Il ne serait pas issu du Père étant donné Son caractère éternel. Il ne serait pas né de Dieu, mais de Lui-même, ce que les Écritures n’avalisent pas. Comment aurait-Il pu appeler la « première Personne » Son Père ? Mais selon la Bible, Dieu a créé un Germe issu de Lui et l’a habité en tant que Sa manifestation physique, Son prolongement dans le monde terrestre ; Il en a fait Son Fils Premier-né et Son Temple : « Jésus répondit, et leur dit : abattez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. Et les Juifs dirent : on a été quarante-six ans à bâtir ce Temple, et tu le relèveras dans trois jours ! Mais il parlait du Temple, de son corps » (Jean 2:19-21).

Que Jésus dise qu’Il pouvait relever le Temple de Son corps ne peut s’expliquer que d’une seule manière : Il était le Père qui a ressuscité ce corps. S’il avait été une deuxième Personne dans une trinité, Il aurait dû dire : « …dans trois jours, mon Père le relèvera ».

Voici maintenant un autre petit verset qui en dit long et va dans le sens de ce que nous voyons partout ailleurs dans les Écritures. « Et Jésus leur dit : en vérité, en vérité je vous dis, avant qu’Abraham fût, je suis » (Jean 8:58). Les pharisiens venaient de citer Abraham ; alors Jésus leur dit qu’Il était vivant avant même Abraham. Rappelons qu’Il était apparu à Abraham sous la forme d’un certain Melchisédec, souverain Sacrificateur du Très-Haut, et dont Paul a dit qu’Il était sans père, sans mère, sans généalogie. Il vaut la peine que nous lisions ce passage : « Car ce Melchisédec, était Roi de Salem [la Jérusalem céleste], et Sacrificateur du Dieu souverain, qui vint au-devant d’Abraham lorsqu’il retournait de la défaite des Rois, et qui le bénit, et auquel Abraham donna pour sa part la dîme de tout. Son nom signifie premièrement Roi de justice [titre qui n’appartient qu’à Dieu – Germe de justice], et puis il a été Roi de Salem [Roi de la Jérusalem céleste], c’est-à-dire, Roi de paix [encore un titre exclusif à Dieu]. Sans père, sans mère, sans généalogie [seul le Dieu unique est ainsi parce qu’Il n’est issu de personne, car], n’ayant ni commencement de jours, ni fin de vie, mais étant fait semblable au Fils de Dieu, il demeure Sacrificateur à toujours » (Hébreux 7:1-3).

Ce Melchisédec n’était manifestement pas un homme ; et puisqu’Il n’avait pas eu de commencement de jours, ce ne pouvait être que Dieu Lui-même. Il apparut à Abraham sous une forme humaine qui ressemblait… à qui ? À Jésus-Christ ! Comme si Dieu avait testé par avance ce dont Il aurait l’air dans Son corps de Rédempteur ! Ainsi, Abraham se trouva en présence physique de Dieu par ce Melchisédec qui était, en l’occurrence infiniment plus âgé que lui.

Alors, lorsque Jésus dit aux pharisiens « avant qu’Abraham fut, je suis », Il ne faisait que reprendre Sa propre Parole qu’Il avait dite à Moïse, plusieurs siècles auparavant : « Et Dieu dit à Moïse : JE SUIS CELUI QUI SUIS. Il dit aussi : tu diras ainsi aux enfants d’Israël : celui qui s’appelle JE SUIS, m’a envoyé vers vous » (Exode 3:14).

Si Dieu n’a pas de commencement de jours, qu’Il S’appelle « Je suis » et qu’Il n’a pas de fin de vie, cela équivaut à dire : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, dit le Seigneur, QUI EST, QUI ETAIT, et QUI EST A VENIR, le Tout-Puissant » (Apocalypse 1:8). Jésus le répète dans Apocalypse 21:6, puis dans Apocalypse 22:13 où Il ajoute quelque chose : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » Jésus-Christ affirme qu’Il est le premier ? Allons voir ce que dit l’Éternel dans l’Ancien Testament :

« Ainsi a dit l’Eternel, le Roi d’Israël et son Rédempteur, l’Eternel des armées ; je suis le premier, et je suis le dernier ; et il n’y a point d’autre Dieu que moi. Et qui est celui qui ait appelé comme moi, qui m’ait déclaré, et ordonné cela, depuis que j’ai établi le peuple ancien ? qu’ils leur déclarent les choses à venir, les choses, dis-je, qui arriveront ci-après. Ne soyez point effrayés, et ne soyez point troublés ; ne te l’ai-je pas fait entendre et déclaré dès ce temps-là ? et vous m’en êtes témoins ; y-a-t-il quelque autre Dieu que moi ? certes il n’y a point d’autre Rocher ; je n’en connais point … Ainsi a dit l’Eternel ton Rédempteur, et celui qui t’a formé dès le ventre ; je suis l’Eternel qui ai fait toutes choses, qui seul ai étendu les cieux, et qui ai par moi-même aplani la terre » (Ésaïe 44:6-8, 24).

Ce passage est littéralement parsemé de preuves indiquant que Jésus-Christ est le seul vrai Dieu et qu’une trinité n’existe pas, sauf dans le monde imaginaire des hommes. Vous voyez ici que l’Éternel Dieu Se donne des titres et des qualificatifs qui appartiennent à Jésus-Christ : Rédempteur, le Premier et le Dernier, le Rocher. En déclarant qu’il n’y a pas d’autre Dieu que Lui, tout en disant qu’il n’y a pas d’autre Rocher que Lui, l’Éternel affirme ainsi qu’il n’y a pas d’autre Dieu que Jésus-Christ, notre Rédempteur et le Rocher de notre Salut.

Mais dans le cadre d’une trinité, que devient le Père ? Cela est impossible à expliquer par les trinitaires. Ce passage atteste explicitement que le Père est Jésus-Christ. Ésaïe le comprenait très bien, car il avait été inspiré d’écrire auparavant : « Car l’enfant nous est né, le Fils nous a été donné, et l’empire a été posé sur son épaule, et on appellera son nom, l’Admirable, le Conseiller, le Dieu Fort et puissant, le Père d’éternité, le Prince de paix » (Ésaïe 9:6). Si Jésus était la seconde Personne d’une trinité, Il ne pourrait pas porter le nom de « Père » parce que ce titre appartiendrait déjà à la « première Personne de la trinité ». Voilà donc une preuve additionnelle que le Christ est le Père dans un corps humain.

Reprenons l’analyse d’Ésaïe 44:6-8, 24. Nous voyons que le prophète décrit le principe de l’unicité divine : Dieu est l’unique Dieu, Il est le Roi, Il est le Rédempteur, Il est le Premier et le Dernier. Ces qualificatifs sont tous repris par Jésus-Christ dans le Nouveau Testament, car Il dit : « Ceux-ci combattront contre l’Agneau ; mais l’Agneau les vaincra ; parce qu’il est le Seigneur des Seigneurs, et le Roi des Rois ; et ceux qui sont avec lui, sont du nombre des appelés, des élus et des fidèles » (Apocalypse 17:14). Et : « Et sur son vêtement et sur sa cuisse étaient écrits ces mots : LE ROI DES ROIS, ET LE SEIGNEUR DES SEIGNEURS » (Apocalypse 19:16). Paul a décrit Jésus ainsi à Timothée : « De garder ce commandement, en te conservant sans tache et irrépréhensible, jusques à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ, laquelle le bienheureux et seul Prince, Roi des Rois, et Seigneur des Seigneurs, montrera en sa propre saison » (1 Timothée 6:14-15).

Nous voyons ensuite que Dieu est le seul Rédempteur. Or, « Rédempteur » veut dire « qui rachète, qui réhabilite » et, dans le dictionnaire, on nomme Jésus-Christ réputé être le Rédempteur. Mais si le mot « Rédempteur » apparaît une quinzaine de fois dans l’Ancien Testament, tous pour qualifier l’Éternel Dieu, il n’apparaît toutefois pas dans le Nouveau. Au lieu de cela, un grand nombre de passages disent que Jésus-Christ fut l’Agneau de Dieu ayant versé Son sang dans le but de racheter et de réhabiliter les hommes. Tout l’Évangile tourne autour de cet événement qui est le plus important du Plan de Salut de Dieu.

Puis, le Christ a dit : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier » (Apocalypse 1:11). Et Jean a écrit par la suite : « Et lorsque je l’eus vu, je tombai à ses pieds comme mort, et il mit sa main droite sur moi, en me disant : ne crains point, je suis le premier, et le dernier » (v. 17). Enfin, pour spécifier qu’il s’agissait bien de Lui, Christ a dit : « Ecris aussi à l’Ange de l’Eglise de Smyrne : Le premier et le dernier, qui a été mort, et qui est retourné en vie, dit ces choses » (Apocalypse 2:8). Et Il termine Son récit prophétique en disant : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apocalypse 22:13).

Alors, dans la trinité, qui a raison, le Père ou le Fils ? Car les deux Se réclameraient de la même chose et revendiqueraient l’exclusivité de ces titres. Comment cela serait-il possible puisqu’ils seraient deux Personnes distinctes ? Qui est le « premier » ? Ils ne peuvent l’être tous les deux, le titre de « premier » ne pouvant être détenu que par une seule Personne. Qui est le seul « Rédempteur » ? Qui est le Roi ? Comment le Père pourrait-Il être le « Père » si Son Fils est le « premier » ? Force est de constater que le concept de la trinité mène à des impasses insolubles…

Nous devons reconnaître le fait que tous ces « problèmes » s’évanouissent facilement, en admettant que la Sainte Bible ne parle toujours, d’un couvert à l’autre, que d’une seule et unique Personne divine qui Se manifeste de diverses façons selon les besoins du Plan de Dieu.

Puis, Dieu dit, au verset 24 d’Ésaïe 44, qu’Il est le seul à avoir étendu les cieux et qu’Il a aplani la terre Lui-même. Or, nous voyons, dans Jean 1:1-3 : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu ; et cette parole était Dieu : Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et sans elle rien de ce qui a été fait, n’a été fait. » Plus loin, nous constatons que cette Parole a été faite chair et qu’elle a habité parmi nous sous le nom de Jésus-Christ. « Et pour mettre en évidence devant tous quelle est la communication qui nous a été accordée du mystère qui était caché de tout temps en Dieu, lequel a créé toutes choses par Jésus-Christ » (Éphésiens 3:9).

Maintenant, veuillez bien lire ce qui suit : « Rendant grâces au Père, qui nous a rendus capables de participer à l’héritage des Saints dans la lumière ; Qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres, et nous a transportés au Royaume de son Fils bien-aimé. En qui nous avons la rédemption par son sang, savoir, la rémission des péchés. Lequel est l’image de Dieu invisible, le premier-né de toutes les créatures. Car par lui ont été créées toutes les choses qui sont aux Cieux [« qui seul ai étendu les cieux » – Ésaïe 44:24] et en la terre [« qui ai par moi-même aplani la terre » – idem], les visibles et les invisibles, soit les Trônes, ou les Dominations, ou les Principautés, ou les Puissances, toutes choses ont été créées par lui, et pour lui. Et il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent par lui » (Colossiens 1:12-17).

Lorsque Jésus-Christ a créé toutes choses, c’était sous forme de la Parole. A-t-Il créé toutes choses sous la commande du Père ? Tenez compte de ce que Dieu a dit dans Ésaïe 44:7 : « Et qui est celui qui ait appelé comme moi, qui m’ait déclaré et ordonné cela ? » Personne n’a commandé à Dieu de créer toutes choses. Donc, Jésus-Christ est le Dieu Tout-Puissant. Dans ce passage de Paul aux Colossiens, Jésus est clairement présenté comme le Rédempteur, le seul vrai Dieu ayant pris une chair humaine et devenant, de ce fait, Sa propre image visible, car, dans Sa manifestation de Père, « Dieu est esprit » (Jean 4:24) et ne pouvait être en mesure de verser Son sang pour nos péchés qu’en prenant l’apparence humaine.

Il est le Créateur de toutes choses et pourtant, Il est le Premier-né des créatures rachetées, vu qu’Il a été ressuscité il y a quelque 2 000 ans. Il est avant toute chose, donc, le Premier, l’Alpha. Dans Hébreux 1:1-2, nous lisons : « Dieu ayant anciennement parlé à nos pères par les Prophètes, à plusieurs fois, et en plusieurs manières, nous a parlé en ces derniers jours par son Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses; et par lequel il a fait les siècles; » C’est en effet au cours de la semaine de la Création (Genèse 1) que Dieu a créé le Temps. Il est aussi écrit, des versets 8 à 10 : « Mais il est dit quant au Fils : ô Dieu ! ton trône demeure aux siècles des siècles, et le sceptre de ton Royaume est un sceptre d’équité : Tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité ; c’est pourquoi, ô Dieu [le Fils] ! ton Dieu [le Père] t’a oint d’une huile de joie [l’Esprit en toute plénitude] par-dessus tous tes semblables. Et dans un autre endroit : toi, Seigneur, tu as fondé la terre dès le commencement, et les cieux sont les ouvrages de tes mains. »

Par l’examen de tous ces passages qui se recoupent et se complètent les uns les autres, nous avérons la constante affirmation que Dieu est un Être unique, une seule Personne, qui a un jour revêtu la chair humaine, celle-là même qu’Il avait créée pour l’homme, en Se faisant Jésus-Christ par Sa Parole et la puissance infinie de Son Esprit. Ainsi, Jésus est le Père dans Son aspect physique humain et dans lequel Il a mis Son Esprit. Mais ces versets ne sont jamais cités par les trinitaires, soit parce qu’ils ne les comprennent pas, soit qu’ils les rejettent parce qu’ils constituent un danger pour leur concept, et ils s’enferment dans leur fausse notion étroite d’un Dieu en trois Personnes.

Venons-en maintenant à la naissance de Jésus : « Et l’Ange répondant lui dit : le Saint-Esprit surviendra en toi, et la vertu du Souverain t’enombrera [ou “te couvrira de son ombre”] ; c’est pourquoi ce qui naîtra de toi Saint, sera appelé le Fils de Dieu » (Luc 1:35). Dans cette annonce de la conception de Christ en Marie, l’Ange dit bien que c’est le Saint-Esprit qui survient en elle et que ce Saint-Esprit sera appelé le Fils de Dieu. Dans le concept de la trinité, c’est une impossibilité, car selon cette théorie, le Fils et le Saint-Esprit sont censés être deux Personnes distinctes. Mais selon la vérité biblique, Christ est le Saint-Esprit : « Or le Seigneur est cet Esprit-là ; et où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Corinthiens 3:17).

Il n’y a qu’une manière de comprendre ce qui a été déposé dans le ventre de Marie de façon à se trouver en parfaite harmonie avec toutes les Écritures. Dieu a inséré un embryon complet, de Son entière fabrication, dans l’utérus vierge de Marie. Pour ce faire, Dieu a recouru à Son infinie puissance, Son Esprit, non pas une Personne, mais une Puissance. Et cette puissance remplit l’embryon qui grandit par la suite, naquit, devint un enfant, puis un adulte. Cette puissance en Jésus Lui permit de passer au travers de toutes les attaques, de toutes les tentations et ce, sans aucune défaillance, car cette puissance, c’était Dieu agissant en Christ et parlant par Lui.

Jésus a parfois repris des choses qui furent d’abord émises par l’Éternel de l’Ancien Testament. Par exemple, Il a dit : « Car le Père ne juge personne ; mais il a donné tout jugement au Fils » (Jean 5:22). C’est d’ailleurs Lui, le Fils, qui sera assis sur le Grand Trône blanc du jugement de la Deuxième Résurrection (Apocalypse 20:11). Or, dans Psaume 9:7-8, nous lisons : « Mais l’Eternel sera assis éternellement ; il a préparé son trône pour juger ; et il jugera le monde avec justice, et fera droit aux peuples avec équité. » L’Éternel de l’Ancien Testament était la Parole de Dieu qu’entendaient les prophètes. Ce même Éternel S’est fait chair et fut vu et entendu par les apôtres et les disciples. Dieu Se manifesta d’abord en Parole, ensuite en chair et en os.

Étant donné que l’Ancien Testament regorge de passages où l’Éternel Se déclare le seul vrai Dieu, un Être divin unique, et qu’Il sera Celui qui S’assoira sur Son Trône pour juger, et que ce même jugement a été donné à Jésus-Christ, il n’y a donc qu’une seule conclusion possible : Jésus-Christ est le seul et unique Dieu.

Mais peut-être vous poserez-vous la question : « Jésus a dit que c’est le Père qui Lui a donné le jugement, comment peuvent-Ils ne pas être deux Personnes distinctes ? »

Le seul et unique Dieu de l’Ancien Testament est devenu Père et Fils lors de la naissance de Jésus dans le Nouveau Testament.

Cela permit à Jésus de dire des choses qui eussent été incompréhensibles autrement, comme lorsqu’Il dit à Ses disciples : « Je contemplais Satan tombant du ciel comme un éclair » (Luc 10:18). Cet événement fut décrit par Ésaïe (14:15), c’est-à-dire, bien avant que le corps de Jésus soit suscité. Mais si Jésus était avant Abraham, Il précédait encore davantage Ésaïe, car Il n’eut pas de commencement de jours.

Quand Jésus a dit à Nicodème : « Car personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, savoir le Fils de l’homme qui est au ciel » (Jean 3:13), Il parlait de façon littérale. Dieu était à la fois au ciel en tant que Père et sur la terre en tant que Fils. Ceci entendu, lisons cette autre affirmation qu’Il lança à la foule qui Le suivait : « A cause de ceci le Père m’aime, c’est que je laisse ma vie, afin que je la reprenne. Personne ne me l’ôte, mais je la laisse de moi-même ; j’ai la puissance de la laisser, et la puissance de la reprendre ; j’ai reçu ce commandement de mon Père » (Jean 10:17-18).

Les trinitaires ont-ils conscience de l’impasse dans laquelle les met ce passage ? Certes, tout le monde peut comprendre que Jésus avait le pouvoir de donner ou laisser Sa vie. Mais qu’en est-il de la reprendre ? Comment la soi-disant deuxième Personne d’une trinité pouvait-elle se ressusciter elle-même, puisqu’elle était morte ? Seul le Père au ciel pouvait Le ressusciter. Mais si ce Père est la première Personne d’une trinité, Christ ne peut pas dire qu’Il a la puissance de Se ressusciter, c’est-à-dire, de reprendre la vie de par Lui-même. Il lui eut donc fallu dire : « Le Père a la puissance de me redonner la vie. » Les morts ne peuvent se ressusciter eux-mêmes.

Si le Père et le Fils étaient deux Personnes distinctes, nous ne pouvons que concevoir que c’est le Père qui a ressuscité le Fils, et non pas le Fils qui S’est ressuscité Lui-même. Mais alors, le passage de Jean 10:17-18 semble gravement contradictoire et, conséquemment, soit que Jésus S’est trompé ou a menti, soit que le concept de trinité est faux. Or, nous savons que Christ ne ment jamais. Et nous savons aussi avec certitude que c’est bien le Père qui a ressuscité Jésus-Christ des morts :

« Mais aussi pour nous, à qui aussi il sera imputé, à nous, dis-je, qui croyons en celui [le Père] qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur » (Romains 4:24).

« Or si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus des morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ des morts, vivifiera aussi vos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en vous » (Romains 8:11).

« Sachant que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi par Jésus, et nous fera comparaître en sa présence avec vous » (2 Corinthiens 4:14).

Assurément, le Père a ressuscité Jésus-Christ. Alors pourquoi Jésus a-t-Il dit avoir la puissance de Se ressusciter ? Il ne peut avoir menti et Il ne S’est pas trompé non plus, mais le concept de la trinité fait comme si et en donne l’apparence. Encore ici, l’unicité de Dieu explique parfaitement l’assertion de Christ qui a sans aucun doute émis cette Parole pour démolir de faux concepts comme celui de la trinité – de même que la vision trompeuse des Témoins de Jéhovah. Et ce passage devient clair et limpide tout en s’harmonisant tout-à-fait avec les Saintes Écritures. Revoyons à nouveau Jean 3:13 : « Car personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel ; savoir, le Fils de l’homme qui est au ciel. » Comment Jésus est-Il descendu du ciel ? Sous la forme d’un « Germe », un embryon humain dans lequel Dieu a habité de par Son Esprit immortel. Le corps de Jésus était mortel, mais Son Esprit était immortel, étant celui du Père. Qu’est-Il arrivé quand Jésus était sur la croix, juste avant de mourir ? « Et Jésus criant à haute voix, dit : Père, je remets mon esprit entre tes mains ! Et ayant dit cela, il rendit l’esprit » (Luc 23:46).

L’Esprit de Jésus était immortel et retourna à Dieu dans Sa manifestation de Père. Seul le corps humain de Christ mourut. Le corps que Dieu avait créé pour l’habiter et venir sur terre était maintenant sans vie. Mais trois jours et trois nuits plus tard, Dieu transforma ce corps qui gisait dans le sépulcre de Joseph d’Arimathée et y réinséra Son Esprit, le même Esprit, mais dans un corps renouvelé, fait de matière spirituelle, immortelle et céleste. Nous ne voyons donc qu’un seul Dieu ayant habité un corps humain physique ultérieurement transformé en corps immortel. C’est avec ce corps immortel que Jésus-Christ est aujourd’hui assis à la droite de Dieu.

Ainsi, Jésus avait parfaitement raison de dire qu’Il pouvait reprendre la vie, et c’est d’ailleurs ce qu’Il a fait.

Voici une autre affirmation de Jésus qui met les trinitaires en boîte : « Et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne les peut ravir des mains de mon Père. Moi et le Père sommes un » (Jean 10:28-30). Jésus dit que les chrétiens sont protégés entre Ses propres mains parce que le Père les Lui a donnés à garder. Mais du même souffle, Christ dit que les chrétiens sont entre les mains du Père et que personne ne peut les en tirer. Comment est-ce possible ? D’après le concept de la trinité, qui des deux soi-disant Personnes divines a les chrétiens entre ses mains ? Christ Se contredit-Il ? Pas du tout, Il donne immédiatement la réponse à cette énigme : « Moi et le Père sommes un » !

Cela vous rappelle-t-il un important verset que les faussaires ont banni de leurs versions bibliques frauduleuses ? Revoyons 1 Jean 5:7 : « Car il y en a trois dans le Ciel qui rendent témoignage, le Père, la Parole, et le Saint-Esprit ; et ces trois-là ne sont qu’un. » Le Père et le Fils ne sont qu’une seule et même Personne divine possédant un Esprit qui est saint et puissant.

Quelques versets plus loin, dans Jean 10, Jésus dit : « Mais si je les fais [les œuvres de Son Père], et que vous ne vouliez pas me croire, croyez à ces œuvres ; afin que vous connaissiez et que vous croyiez que le Père est en moi, et moi en lui » (Jean 10:38). Ce verset ne révèle son sens véritable que pris de manière littérale ; mais pour cela, il faut rejeter le concept d’une trinité. Le Père habite littéralement en Christ, lequel est Son image visible. Christ est le Père dans la chair. Le Père fait Son œuvre par le Christ. Cette interprétation est la seule qu’aucun autre verset ne vient contredire.

Voyons maintenant un passage que beaucoup de gens trouvent intrigant, car ils sont imprégnés de la préconception trinitaire qui fausse leur perception. Le soir où le Christ devait être livré aux principaux sacrificateurs et aux pharisiens par la trahison de Judas Iscariot, une compagnie de soldats et des huissiers se présentèrent à Lui pour le prendre. « Et Jésus sachant toutes les choses qui lui devaient arriver, s’avança, et leur dit : qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus le Nazarien. Jésus leur dit : c’est moi. Et Judas qui le trahissait, était aussi avec eux. Or après que Jésus leur eut dit : c’est moi, ils reculèrent, et tombèrent par terre. Il leur demanda une seconde fois : qui cherchez-vous ? Et ils répondirent : Jésus le Nazarien. Jésus répondit : je vous ai dit que c’est moi ; si donc vous me cherchez, laissez aller ceux-ci » (Jean 18:4-8).

Sans s’en rendre compte, cette cohorte, guidée par Judas, accomplit la prophétie que l’on retrouve dans Psaume 27:2 et qui dit : « Lorsque les méchants, mes adversaires et mes ennemis, m’ont approché, se jetant sur moi pour manger ma chair, ils ont bronché et sont tombés. » Mais pourquoi ont-ils reculé et tombé en entendant Jésus dire « c’est moi » ? Ici, la version française ne rend pas tout-à-fait ce que Jésus a dit. Dans la version King James Autorisée, Jésus dit : « I am he ». Le « he » est en italique dans le texte, ce qui veut dire, soit qu’il ne se trouve pas dans tous les manuscrits originaux grecs, soit qu’il s’agit d’un ajout destiné à respecter la stylistique de la langue anglaise. Donc, dans le texte grec original, Jésus répond : « Je suis », ce qui est une référence directe au Dieu de l’Ancien Testament qui Se présenta à Moïse par ce nom sans équivoque : « Et Dieu dit à Moïse : JE SUIS CELUI QUI SUIS. Il dit aussi : tu diras ainsi aux enfants d’Israël : celui qui s’appelle JE SUIS, m’a envoyé vers vous » (Exode 3:14). Jésus avait tout-à-fait raison de dire qu’Il était Je suis puisqu’Il est le Dieu unique. Mais aux yeux des soldats, des huissiers, des sacrificateurs et des anciens venus Le chercher, cela constituait un blasphème invraisemblable. Ils en furent tellement choqués qu’ils en tombèrent à la renverse, accomplissant la prophétie l’ayant prédit.

Christ a toujours affirmé Sa divinité, de par Sa naissance et de par Sa provenance. Ses disciples la reconnurent, même avant d’avoir reçu le Saint-Esprit. Ils comprirent qu’Il était Dieu Lui-même venu en chair humaine. Après Sa résurrection, Il apparut plusieurs fois à Ses apôtres, mais à la première de ces fois, l’apôtre Thomas n’y était pas et demeura incrédule devant les autres qui lui affirmèrent que Christ leur était apparu. La seconde fois, Jésus S’adressa directement à Thomas qui dut reconnaître qu’il s’agissait bien du Seigneur. Lisons le passage et la réaction de Thomas.

« Puis il dit à Thomas : mets ton doigt ici, et regarde mes mains, avance aussi ta main, et la mets dans mon côté ; et ne sois point incrédule, mais fidèle. Et Thomas répondit, et lui dit : Mon Seigneur, et mon Dieu ! » (Jean 20:27-28).

Dans toutes les versions bibliques, les bonnes comme les mauvaises, le mot « Dieu » est écrit avec un D majuscule. On ne peut s’y méprendre, Jésus EST Dieu ! Même la fausse bible des Témoins de Jéhovah n’a pas osé mettre un d minuscule, comme elle l’a pourtant fait dans Jean 1:1. C’est dire la clarté du texte grec original. Toutefois, les Témoins ont trouvé une maladroite porte de sortie en déclarant qu’au moment de dire « et mon Dieu », Thomas se serait détourné de Jésus en levant la tête au ciel et en s’adressant au Dieu céleste. Cette supposition est enfantine et même malhonnête, car strictement rien dans le texte ne permet d’avancer cette hypothèse farfelue basée sur une fausse présupposition. Les Témoins ne sont peut-être pas trinitaires, mais cette religion maçonnique refuse de reconnaître Jésus en tant que Dieu unique manifesté en chair.

Or, la Bible est catégorique à ce sujet. Elle qualifie ce genre de dénégation comme étant antichristique. 1 Jean 4:2-3 dit : « Connaissez à cette marque l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu en chair, est de Dieu. Et tout esprit qui ne confesse point que Jésus-Christ est venu en chair, n’est point de Dieu ; or tel est l’esprit de l’Antechrist, duquel vous avez ouï dire qu’il viendra ; et il est même déjà maintenant au monde. » On pourrait arguer que ce seul passage ne confirme pas spécifiquement que Jésus est Dieu, mais seulement qu’Il est venu en chair.

Or, que veut dire « venu en chair ». Normalement, ce n’est pas ce que l’on dit d’un homme. Les hommes naissent en chair en provenance du néant. Seul Jésus est venu en chair, en provenance de Dieu, car Il est issu du Père. Et si nous complétons ce passage par celui-ci, nous voyons qui est Jésus : « Et sans contredit, le mystère de la piété est grand, savoir, que Dieu a été manifesté en chair, justifié en Esprit, vu des Anges, prêché aux Gentils, cru au monde, et élevé dans la gloire » (1 Timothée 3:16).

Il est indubitablement question de Jésus-Christ, ici. Et Paul dit qu’Il est « Dieu manifesté en chair ». Jésus est donc une manifestation de Dieu ! Pas une Personne distincte de Dieu. Dans le chapitre précédent, nous avons étudié ce verset et nous avons constaté que les auteurs des fausses versions bibliques se sont sentis obligés de l’altérer subtilement afin de cacher aux lecteurs le fait que Jésus fut Dieu venu sur terre en forme d’homme. Il s’agit d’une faute grave et ces falsificateurs auront assurément à en répondre. Et la fraude ne s’arrête évidemment pas là.

« Desquels sont les pères, et desquels selon la chair est descendu Christ, qui est Dieu sur toutes choses, béni éternellement ; Amen ! » (Romains 9:5). Ce verset ne laisse aucun doute quant à la nature divine de Jésus-Christ, Dieu manifesté en chair. Mais les Témoins de Jéhovah persistent à le nier. Voyez comment ils traduisent le texte par le moyen de leurs manuscrits frauduleux : « …eux à qui appartiennent les ancêtres et de qui le Christ [est issu] selon la chair : Dieu, qui est au-dessus de tout, [soit] béni éternellement ! Amen. » Vous aurez noté que l’on a pris soin de détacher Dieu de Christ en enlevant « qui est ».

Dans la Préface de son édition de 1984, la bible des Témoins de Jéhovah, appelée Traduction du monde nouveau, reconnaît ceci :

« En 1969, le Comité de traduction [des Témoins de Jéhovah] fit publier une version interlinéaire intitulée The Kingdom Interlinear Translation of the Greek Scriptures. Cette version donne, sous le texte révisé par Westcott et Hort (édition de 1948), une traduction mot à mot en anglais. »

Wextcott et Hort furent deux charlatans anglais qui fabriquèrent des « manuscrits bibliques » dont se sont servis par la suite des théologiens véreux pour lancer sur le marché des versions bibliques dénaturées. Westcott et Hort étaient des occultistes faisant partie de sociétés secrètes ésotériques. Ils n’étaient pas chrétiens. Ce qui convenait parfaitement aux disciples de C.T. Russell, l’inventeur des Témoins de Jéhovah, car celui-ci était également un occultiste notoire, grand-maître franc-maçonnique au 33e degré dans la région de Chicago, USA. Il n’est pas besoin d’élaborer davantage sur les raisons pour lesquelles les Témoins de Jéhovah et leur bible ne sont pas chrétiens.

Arrêtons-nous un instant sur un autre verset qui révèle la divinité de Jésus : « Et que nous ne tentions point Christ, comme quelques-uns d’eux l’ont tenté, et ont été détruits par les serpents » (1 Corinthiens 10:9). À quel événement l’apôtre Paul faisait-il référence ? Il dit simplement ici que les Israélites de l’époque de Moïse ont tenté Christ. Pourtant, nous lisons, dans le passage de Nombres 21:6 : « Et l’Eternel envoya sur le peuple des serpents brûlants qui mordaient le peuple ; tellement qu’il en mourut un grand nombre de ceux d’Israël. » Le texte dit bien que c’est l’Éternel, Celui qui a dit et répété une multitude de fois qu’Il est seul et unique, qui envoya les serpents contre le peuple. Paul se serait-il trompé à ce point en associant cet événement à Christ ?

Un peu plus loin, dans Nombres 21:8, nous lisons ceci : « Et l’Eternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant, et mets-le sur une perche ; et il arrivera que quiconque sera mordu, et le regardera, sera guéri. » Notez bien que l’Éternel a ici prédit Sa crucifixion ultérieure et l’a rappelée par la suite, juste avant Sa mise en croix : « Or comme Moïse éleva le serpent au désert, ainsi il faut que le Fils de l’homme soit élevé ; afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:14-15). D’une merveilleuse clarté.

Dans les épîtres de Paul, celui-ci citait souvent le Père et le Fils dans ses salutations. En voici un exemple : « Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ. Béni soit Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes, et le Dieu de toute consolation » (2 Corinthiens 1:2-3). Nombre de gens qui croient en la trinité voient dans cette présentation deux Personnes divines bien distinctes, mais est-ce vraiment le cas ? Parce qu’il y aurait lieu de croire à une contradiction eu égard aux autres passages bibliques que nous avons déjà étudiés et qui établissent l’unicité évidente de Dieu.

Alors, que voulait dire Paul ? S’il avait cru à une trinité divine, vous remarquerez que, dans ce passage comme dans toutes ses autres présentations, l’apôtre « oublie » de mentionner le Saint-Esprit, ce qui s’avère étrange, considérant l’indissociabilité que les trinitaires donnent à leur trio de Dieux. (Voyez également Romains 1:7 ; 1 Corinthiens 1:3 ; Galates 1:3 ; Éphésiens 1:2 ; Philippiens 1:2 ; Colossiens 1:2 ; 1 Thessaloniciens 1:1 ; 2 Thessaloniciens 1:2 ; 1 Timothée 1:2 ; 2 Timothée 1:2 ; Philémon 1:3 et les autres épitres, comme Jacques 1:1 ; 2 Pierre 1:2 ; 2 Jean 1:3 et Jude 1:1.)

Non, l’apôtre Paul ne faisait nullement allusion aux deux premières Personnes d’une trinité. Il démontrait plutôt par quels aspects Dieu S’était manifesté à nous pour nous apporter le Salut. Dans Son amour, Dieu nous a d’abord suscités, créés ; puis, Il nous a rachetés des péchés qui nous avaient séparés de Lui, et cela a pu se faire « car Dieu était en Christ réconciliant le monde avec soi, en ne leur imputant point leurs péchés, et il a mis en nous la parole [Christ] de la réconciliation. » (2 Corinthiens 5:19). Christ fut Dieu dans la chair. Dieu est littéralement EN Christ et cela Lui a réconcilié le monde. Dieu a mis en nous la Parole, pas la troisième Personne d’une trinité, mais bien Christ, Sa manifestation physique et visible, au moyen de Son Esprit, c’est-à-dire, Sa puissance agissante.

« Et parce que vous êtes enfants, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans vos cœurs, criant Abba, c’est-à-dire Père » (Galates 4:6). L’Esprit de Christ, ou l’Esprit de Dieu, c’est le même Esprit émanant d’un Dieu unique. Paul avait une compréhension consistante de Dieu. Il la transmit à son protégé Timothée à qui il confia : « Mais j’ai obtenu grâce, afin que Jésus-Christ montrât en moi le premier toute sa clémence, pour servir d’exemple à ceux qui viendront à croire en lui pour la vie éternelle. Or au Roi des siècles, immortel, invisible, à Dieu seul sage soit honneur et gloire aux siècles des siècles, Amen ! » (1 Timothée 1:16-17). Paul parle d’abord de Christ ; puis, sans transition, il mentionne le Roi des siècles, ce que sera Christ à Son retour ; ensuite, Paul par de « Dieu seul sage ». Si Dieu et le Christ sont deux Personnes distinctes et que le Père est Dieu, et que Jésus est Dieu, lequel est le SEUL sage ? Cela pourrait sous-entendre que l’autre Personne ne l’est pas, n’est-ce pas ? Dans ce passage, Paul parle spécifiquement de Jésus-Christ qui lui a montré toute Sa clémence ; il s’en suit donc logiquement qu’il parle toujours de Christ en le qualifiant de Roi des siècles et de Dieu seul sage. Ainsi, selon Paul, Dieu le Père et Dieu le Fils ne sont qu’une même et unique Personne.

Et Paul explique plus loin à Timothée : « Car il y a un seul Dieu, et un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, savoir Jésus-Christ homme » (1 Timothée 2:5). Les Écritures du Nouveau Testament soulignent à plusieurs reprises que Jésus est Dieu. Ici, Paul, en parlant du Père, dit qu’Il est le seul Dieu ; puis, parlant de Jésus, il dit qu’Il est le seul Médiateur entre Dieu et les hommes. De quelle façon ? Le même Dieu est Médiateur sous Sa forme d’homme, c’est-à-dire, Jésus-Christ, Emmanuel, Dieu parmi nous.

Rien ne vient contredire le fait biblique que le Père et le Fils sont une seule et même Personne, l’Un étant Dieu sous Son aspect spirituel invisible, l’Autre étant le même Dieu sous Son aspect physique visible ; et ce dernier aspect fait le pont entre Dieu Tout-puissant et les hommes qu’Il a créés. Christ est le Médiateur, la Parole de réconciliation.

Christ est le Médiateur parce qu’Il est le Sauveur des hommes. Dieu sauve les hommes. Paul l’explique en ces termes à son assistant Tite : « Mais qu’il a manifestée en son propre temps, savoir sa parole [Christ, Dieu dans la chair lors de la naissance de Jésus sur terre], dans la prédication qui m’est commise, par le commandement de Dieu notre Sauveur : à Tite mon vrai fils, selon la foi qui nous est commune ; que la grâce, la miséricorde, et la paix te soient données de la part de Dieu notre Père, et de la part du Seigneur Jésus-Christ, notre Sauveur » (Tite 1:3-4).

Encore un problème de taille pour les trinitaires : Qui est le Sauveur ? Le Père ou le Fils ? Paul ne fait visiblement pas la différence que font les trinitaires. Pour Paul, Dieu, c’est-à-dire, le Père, et Jésus-Christ sont le Sauveur. Cela ne se peut pas s’il y a plusieurs Personnes en Dieu. Et Paul va même répéter cela plus loin dans son épître : « Mais quand la bonté de Dieu notre Sauveur, et son amour envers les hommes ont été manifestés [par le sacrifice de Jésus-Christ], il nous a sauvés ; non par des œuvres de justice que nous eussions faites, mais selon la miséricorde ; par le baptême de la régénération, et le renouvellement du Saint-Esprit ; lequel il a répandu abondamment en nous par Jésus-Christ notre Sauveur » (Tite 3:4-6).

Il est encore plus clair que Paul, en se référant à Dieu, parle du Père qui a agi par Jésus-Christ, c’est-à-dire qu’Il nous a sauvés par Sa manifestation charnelle sacrifiée pour nos péchés. Ce genre de passage anéantit le concept de la trinité et la doctrine démoniaque faisant de Jésus un « petit dieu ». Les témoins de Jéhovah prétendent que Jésus est l’incarnation de l’ange Michel à qui Dieu aurait donné la mission de sauver les hommes. Mais que font-ils des passages que voici :

« Car auquel des Anges a-t-il jamais dit : tu es mon Fils, je t’ai aujourd’hui engendré ? Et ailleurs : je lui serai Père, et il me sera Fils ? Et encore, quand il introduit dans le monde son Fils premier-né, il est dit : et que tous les Anges de Dieu l’adorent. Car quant aux Anges, il est dit : Faisant des vents les Anges, et de la flamme de feu ses Ministres. Mais il est dit quant au Fils : ô Dieu ! ton trône demeure aux siècles des siècles, et le sceptre de ton Royaume est un sceptre d’équité … Et auquel des Anges a-t-il jamais dit : assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour le marchepied de tes pieds ? » (Hébreux 1:5-8, 13).

Comment les Témoins de Jéhovah peuvent-ils tenter de justifier leur fausse théorie suggérant que Jésus est l’Ange Michel incarné ? Ce passage est si évident qu’ils n’ont pas osé le changer dans leur bible. De plus, adorer un ange est de l’idolâtrie et seuls Satan et ses démons la recherchent. Les Anges de Dieu ne le permettent pas.

Dans la vision apocalyptique de l’apôtre Jean, un ange s’entretenait avec lui pour lui faire des révélations. Jean était fort impressionné et il dit : « Alors je me jetai à ses pieds pour l’adorer ; mais il me dit : garde-toi de le faire ; je suis ton compagnon de service, et le compagnon de tes frères qui ont le témoignage de Jésus, adore Dieu ; car le témoignage de Jésus est l’Esprit de prophétie » (Apocalypse 19:10).

Plus tard, un des sept anges qui portaient les fioles s’avança vers Jean pour lui décrire la Sainte Cité : « Et moi Jean, je suis celui qui ai ouï et vu ces choses ; et après les avoir ouïes et vues, je me jetai à terre pour me prosterner aux pieds de l’Ange qui me montrait ces choses. Mais il me dit : garde-toi de le faire ; car je suis ton Compagnon de service, et le Compagnon de tes frères les Prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce Livre ; adore Dieu » (Apocalypse 22:8-9).

Par contraste, Jésus acceptait volontiers de Se faire adorer. Beaucoup de gens se jetaient à Ses pieds, et rappelons cet épisode où Marie-Magdeleine Lui lavait les pieds de ses larmes et les essuyait avec ses cheveux tout en répandant sur Lui un parfum de haute qualité ; cela constituait un geste remarquable d’adoration et de demande de pardon que seul Dieu peut accorder. (Voir Jean 12:3 ; Matthieu 26:7-13 et Marc 14:3-9.)

Marie-Magdeleine reconnaissait en Jésus-Christ son Dieu et son Sauveur, comme l’apôtre Pierre, d’ailleurs : « Siméon Pierre, serviteur et Apôtre de Jésus-Christ, à vous qui avez obtenu une foi de pareil prix avec nous, par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ »  (2 Pierre 1:1). Pierre ne fait aucune distinction entre Dieu, par ailleurs appelé le Père, et Jésus-Christ. Ce qu’il comprenait fort bien, c’est que Dieu est devenu notre Sauveur en prenant chair humaine sous la forme de Jésus-Christ.

C’est aussi de cette manière que nous devons comprendre la véritable nature de notre Seigneur Jésus-Christ, le Dieu unique qui est venu sur terre dans un corps humain de chair et de sang, dans lequel habitait l’Esprit divin, afin d’offrir ce sang précieux pour la rémission de nos péchés et nous réconcilier à Lui de manière à ce que nous soyons trouvés dignes d’accéder à la vie éternelle et de jouir de Sa présence aux siècles des siècles.

Que toute gloire lui soit rendue !

Dans le prochain chapitre, nous allons examiner les passages bibliques qui nous diront si le Saint-Esprit est la troisième Personne d’une trinité ou la Puissance même de Dieu dans Son action.

À suivre…




D.579 – Un Dieu unique ou une trinité ? – Chapitre 1 – L’Éternel Dieu

Par Roch Richer

Chapitre 1

L’Éternel Dieu

La Bible nous éclaire d’entrée de jeu sur l’origine de toutes choses. En effet, elle débute en disant : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre ». L’univers a donc été créé par un Être divin possédant la puissance infinie d’exécuter toute Sa volonté.

Bien sûr, l’humanité étant ce qu’elle est, elle a vogué plus souvent qu’autrement dans le déni et a cherché à expliquer l’origine de l’univers par le moyen de toutes sortes de causes, soit en impliquant une multitude de dieux, soit des extraterrestres à l’intelligence supérieure à l’homme, ou encore une longue et lente évolution des espèces, sans Dieu, guidée seulement par le hasard.

Mais la complexité parfaitement coordonnée de tous les éléments vivants ou inertes de la matière physique composant cet univers montre la main d’un Être pensant supérieur ayant régi l’apparition de cette matière. Il est d’ailleurs ironique de savoir que ceux-là mêmes qui ont mis de l’avant la théorie de l’évolution n’y croyaient pas, sachant qu’il s’agissait d’un mensonge énorme. Mais ils étaient poussés par une élite mondialiste à tromper le monde dans le but de faire disparaître le culte rendu au Dieu Créateur. On sent évidemment l’influence soufrée de Satan en dessous de cette dénégation de Dieu.

De son côté, la Bible dit que c’est Dieu qui a créé les cieux et la terre. Mais Qui est cet Être possédant une pareille puissance ? Étant donné que seule la Bible révèle l’existence de Dieu, nous allons la fouiller pour découvrir ce que ce Dieu dit de Lui-même. Dans la Genèse, nous voyons que Dieu a parlé à Adam et Ève en personne, mais sans donner de détail sur la manifestation qu’Il employa. Plus loin dans les Écritures et dans le temps, Dieu parla avec Noé. Encore là, il n’est pas spécifié de quelle manière.

Avec Abraham et Moïse, Dieu parla face à face. En effet, dans Genèse 12:7, Dieu entra en contact avec le Chaldéen nommé Abram en lui apparaissant afin de lui faire part des promesses qu’Il entendait faire au futur patriarche. Nous ne savons toutefois pas quelle apparence Dieu prit. Cependant, dans Genèse 14, Dieu Se présente à Abraham sous l’apparence de Melchisédec, Sacrificateur du Dieu Fort, sans aucun doute une préfigure de ce dont Il aurait l’air en tant que Jésus-Christ. Ensuite, au chapitre 15, la Parole de Dieu est adressée à Abraham dans une vision. Au chapitre 17, Dieu apparut de nouveau à Abraham pour lui réitérer Ses promesses. Au chapitre 18, Dieu vient visiter Abraham en compagnie de deux de Ses anges et lui fait la promesse qu’il lui naîtrait un fils de Sara. Il avait alors apparence humaine.

Vous aurez bien remarqué, au fil du récit biblique, que Dieu emploie toujours le pronom « je » en Se référant à Lui-même. Et Il le fait tout au long des Écritures par la suite. N’est-ce pas étrange de Sa part, s’il s’agit de trois Personnes distinctes ? Comme si Dieu ne Se souciait pas que cela puisse nous induire en erreur en pensant qu’il n’y a, en réalité, qu’une seule et unique Personne divine au lieu d’une trinité…

Les partisans de la trinité s’objecteront probablement en citant Genèse 3:22 qui dit : « Et l’Eternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, sachant le bien et le mal ». Ici, Dieu emploie le pronom « nous » et les trinitaires en ont tiré une conclusion qui les conforte : Dieu est trois Personnes. Mais cette conclusion n’est-elle pas un peu hâtive ? Si « Dieu/trois Personnes » dit « nous » à cet endroit pour signifier Sa « trinitude », pourquoi ne le fait-Il pas dans tous les endroits de la Bible où il est question de Lui ? Pour être conséquentes avec elles-mêmes, ces trois Personnes divines ne devraient-elles pas toujours utiliser le « nous » en parlant d’elles, afin de pas confondre les lecteurs ?

Non, Genèse 3:22 ne veut pas dire que Dieu est une trinité. Mais alors, ce « nous » implique qui au juste ? À qui Dieu parlait-Il, s’Il est la seule et unique Personne divine ? Il faut toujours consulter les Écritures dans leur entièreté pour obtenir des réponses fiables aux questions que nous soulevons.

« Puis je regardai, » dit l’apôtre Jean, « et j’entendis la voix de plusieurs Anges autour du trône [de Dieu], et des animaux, et des Anciens, et leur nombre était de plusieurs millions » (Apocalypse 5:11). Jean eut une vision intemporelle du trône céleste de Dieu qui est entouré d’une myriade d’anges qu’Il a créés avant la fondation du monde universel. Ces anges étaient donc présents lors de la création du ciel, de la terre et de l’homme. Quand Dieu parla à Job de Sa création, Il dit : « Sur quoi sont plantés ses pilotis ? ou qui est celui qui a posé la pierre angulaire pour la soutenir, quand les étoiles du matin se réjouissaient ensemble, et que les fils de Dieu chantaient en triomphe ? » (Job 38:6-7).

C’est donc aux myriades d’anges que Dieu S’adressait dans Genèse 3:22, car eux aussi connaissaient le bien et le mal parce qu’ils avaient fait le choix du bien, alors que Satan et sa horde de démons avaient choisis le camp du mal.

Toutefois, partout ailleurs dans les Écritures, Dieu parle à des hommes, principalement à Ses prophètes et à Ses apôtres, et Il emploie le pronom « je ». Nous en voyons un des meilleurs exemples quand Dieu Se présenta à Moïse. Dans Exode 3:14, nous lisons : « Et Dieu dit à Moïse : JE SUIS CELUI QUI SUIS. Il dit aussi : tu diras ainsi aux enfants d’Israël : celui qui s’appelle JE SUIS, m’a envoyé vers vous. »

Imaginez : trois personnes de la même famille qui se présenteraient à vous ne diraient évidemment pas « je suis » en parlant d’eux trois, mais bien « nous sommes » ; c’est de la plus fondamentale logique. Mais on voudrait nous faire croire que la logique ne s’applique pas à Dieu et que les « trois Personnes divines » se sont présentées à Moïse en se nommant « Je Suis ». Essayez d’appliquer ce même illogisme en lisant le passage suivant : « Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face » (Exode 20:3). Trois Dieux peuvent-ils parler de « ma face » plutôt que de « nos faces » sans manquer de cohérence ?

Que les trinitaires le reconnaissent ou non, ils ont d’autres dieux devant la face de Dieu. Ils en ont même des images taillées, ou statues, des images murales et des icônes qu’ils adorent dans leurs temples et leurs églises, sans vouloir comprendre que Dieu a dit : « Tu ne te feras point d’image taillée, ni aucune ressemblance des choses qui sont là-haut aux cieux [Dieu, les anges, le trône de Dieu, etc.], ni ici-bas sur la terre [les hommes, les animaux], ni dans les eaux sous la terre [les animaux marins]. Tu ne te prosterneras point devant elles [i.e. les représentations de ces choses], et ne les serviras point ; car je suis l’Eternel ton Dieu, le Dieu Fort, qui est jaloux, punissant l’iniquité des pères sur les enfants, jusqu’à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent » (Exode 20:4-5).

Dans cette Parole, avez-vous l’impression que Dieu parle au nom de trois Personnes ? Au contraire, l’unicité de Sa nature nous apparaît de façon péremptoire. Les images des églises catholiques et protestantes, comme le « christ en croix » montrant un homme malingre aux cheveux longs, ne sont-elles pas des images taillées basées sur l’imagination des hommes qui, en fin de compte, ignorent complètement de quoi avait l’air le Christ ? Et ils se prosternent devant ces statues et ces crucifix. Ils ont aussi fait de Marie la « Reine des cieux » qu’ils adorent et prient comme à une déesse, car à les croire elle serait la « Mère de Dieu », donc plus élevée que Dieu, alors que l’Éternel n’a ni mère ni père ! En fait, les catholiques ont quatre dieux dans leur trinité, « l’immaculée conception » étant au-dessus des autres. C’est leur délimitation de la « Sainte Famille ».

De toute évidence, Moïse ne voyait pas Dieu de la même manière, car il en parlait toujours comme d’une seule Personne. Dans les passages suivants, notez que Moïse ne parle de Dieu qu’en utilisant seulement le singulier

« Seigneur Eternel, tu as commencé de montrer à ton serviteur ta grandeur et ta main forte ; car qui est le Dieu Fort au ciel et sur la terre qui puisse faire des œuvres comme les tiennes, et dont la force soit comme tes forces ? » (Deutéronome 3:24). Puis, Moïse se montre encore plus clair : Dieu est un Être unique, une seule Personne :

« Ce qui t’a été montré, afin que tu connusses que l’Eternel est celui qui est Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre que lui » (Deutéronome 4:35).

Il n’y avait pas non plus de confusion dans l’esprit de David. Il savait que Dieu est un Être unique et non pas trois Personnes distinctes : « C’est pourquoi tu t’es montré grand, ô Eternel Dieu ! car il n’y en a point de tel que toi, et il n’y a point d’autre Dieu que toi, selon tout ce que nous avons entendu de nos oreilles » (2 Samuel 7:22). « Ô Eternel ! il n’y en a point de semblable à toi, et il n’y a point d’autre Dieu que toi selon tout ce que nous avons entendu de nos oreilles » (1 Chroniques 17:20). Tout ce que David avait entendu parler concernant l’Éternel Dieu ne référait qu’à une Personne unique et sans pareille.

Or, ce que les trinitaires refusent d’admettre, sans être en mesure d’expliquer pourquoi ce refus, c’est que trois Personnes en Dieu sont inévitablement trois Dieux. Le calcul est élémentaire et la conclusion logique est implacable. Les trinitaires sont donc polythéistes. Et ils donnent prétexte à toutes les autres religions non chrétiennes de discréditer toute l’Église de Christ au complet en l’accusant de polythéisme et qu’elle ne devrait pas se dire monothéiste. Pourtant, comme nous le voyons, la Bible n’enseigne que le monothéisme.

Salomon, fils de David, élevé dans le véritable monothéisme, reconnaissait parfaitement lui aussi l’unicité de Dieu, comme d’ailleurs tous les prophètes avant et après lui, ainsi que les apôtres ayant touché la plume. Dans tout ce que ces hommes ont écrit, sous l’inspiration directe de Dieu, il n’y a pas la moindre allusion à trois Personnes en Dieu.

« Il dit : Ô Eternel Dieu d’Israël ! il n’y a point de Dieu semblable à toi dans les cieux en haut, ni sur la terre en bas ; tu gardes l’alliance et la gratuité envers tes serviteurs, qui marchent de tout leur cœur devant ta face … Afin que tous les peuples de la terre connaissent que c’est l’Eternel qui est Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre » (1 Rois 8:23, 60).

En s’exprimant dans ses Psaumes, David ne laissait aucun doute quant à sa croyance en un Dieu unique et sans équivalent, c’est-à-dire, un seul Être et non pas trois Personnes étrangement fusionnées dans une trinité d’Êtres : « Seigneur, il n’y a aucun entre les dieux qui soit semblable à toi, et il n’y a point de telles œuvres que les tiennes » (Psaume 86:8). Les dieux dont parle David étaient les idoles que les nations s’étaient fabriquées suivant leur imagination. Il ne s’agissait pas de dieux réels, car ils n’existaient pas. « Car tu es grand, et tu fais des choses merveilleuses, tu es Dieu, toi seul » (v. 10).

Croyez-vous que David se servait d’une « image » spiritualisée pour s’adresser à trois Personnes ? Dieu était-Il donc incapable d’inspirer David et tous les autres écrivains des Écritures à expliquer correctement le concept d’une trinité, si celui-ci était la vérité ? Pourquoi Dieu Se serait-Il exprimé d’une manière qui semble trompeuse ? La réponse est simple : en vérité, il n’y a pas trois Dieux ou un collectif de trois Personnes soudées en une « trinité ». Car si tel était le cas, croyez-le bien, Dieu aurait parfaitement su l’exprimer sans aucune ambigüité.

Voyons encore ce que l’Éternel inspirait à Ses prophètes : « Maintenant donc, ô Eternel notre Dieu ! délivre-nous de la main de Sanchérib, afin que tous les Royaumes de la terre sachent que toi seul es l’Eternel » (Ésaïe 37:20).

Les défenseurs de la trinité tiennent-ils compte de tout le Conseil de Dieu pour établir leur croyance ? Évidemment non, car ils auraient à s’expliquer sur des passages vraiment problématiques pour eux, comme celui-ci : « Vous êtes mes témoins, dit l’Eternel, et mon serviteur aussi, que j’ai élu ; afin que vous connaissiez, et que vous me croyiez, et que vous entendiez [dans le sens de comprendre] que c’est moi. Il n y a point eu de Dieu Fort avant moi, qui ait rien formé, et il n’y en aura point après moi. C’est moi, c’est moi qui suis l’Eternel, et il n’y a point de Sauveur que moi. C’est moi qui ai prédit ce qui devait arriver, c’est moi qui vous ai délivrés, et qui vous ai fait entendre l’avenir et il n’y a point eu parmi vous de dieu étranger qui ait fait ces choses ; et vous êtes mes témoins, dit l’Eternel, que je suis le Dieu Fort. Et même j’étais dès qu’il y a eu de jour, et il n’y a personne qui puisse délivrer de ma main ; je ferai une chose, et qui est-ce qui m’en empêchera ? » (Ésaïe 43:10-13). Il est tout de même assez extraordinaire de voir jusqu’à quel point Dieu insiste sur Sa singularité, Son unicité ! Remarquez : en prenant pour acquis la trinité, ce passage révélateur demeure obscur. Mais en étudiant ce qu’il dit réellement, l’on voit un Dieu qui nous enseigne Ses manifestations, pas Ses Personnes. En substance, l’Éternel prophétisa Sa venue subséquente parmi les enfants d’Israël. « Mon serviteur que j’ai élu » – Jésus-Christ – « soyez mes témoins et comprenez qu’il s’agit de moi ! » Et Dieu de répéter encore et toujours qu’Il est le seul et unique Dieu Fort. Il n’est ni deux ni trois Personnes.

Il donne une preuve supplémentaire ensuite en disant : « C’est moi, c’est moi qui suis l’Eternel, et il n’y a point de Sauveur que moi. » Dieu dit qu’Il est Son propre serviteur (Jésus-Christ dans la chair) et qu’Il est ainsi le seul Sauveur. Nous savons tous que Jésus-Christ est mort sur la croix pour nous sauver. Pourquoi l’Éternel de l’Ancien Testament dit-Il qu’Il est le Sauveur si ce n’est qu’Il est Lui-même Jésus-Christ ? Nous élaborerons ce sujet particulier dans un autre chapitre.

Dieu savait assurément que les hommes fabriqueraient de fausses doctrines comme celle de la trinité – doctrine qui sévissait depuis au moins l’époque de Nemrod et de Sémiramis de la Babylone ancienne. Voilà pourquoi Il a pris soin d’insister avec beaucoup de vigueur et de répéter  abondamment qu’Il est l’unique Personne divine et qu’il n’y en a pas d’autre. Il est le seul Créateur de même que le seul Sauveur.

« Je suis l’Eternel, et il n’y en a point d’autre ; il n’y a point d’autre Dieu que moi. Je t’ai ceint, quoique tu ne me connusses point. Afin qu’on connaisse depuis le soleil levant, et depuis le soleil couchant, qu’il n’y a point d’autre Dieu que moi. Je suis l’Eternel, et il n’y en a point d’autre … Car ainsi a dit l’Eternel qui a créé les cieux, lui qui est le Dieu qui a formé la terre, et qui l’a faite, lui qui l’a affermie ; il ne l’a point créée pour être une chose vide, mais il l’a formée pour être habitée. Je suis l’Eternel, et il n’y en a point d’autre … Déclarez, et faites approcher, et même qu’on consulte ensemble ; qui est-ce qui a fait entendre une telle chose dès longtemps auparavant ? qui l’a déclarée dès lors ? n’est-ce pas moi l’Eternel ? or il n’y a point d’autre Dieu que moi ; il n’y a point de Dieu Fort, Juste et Sauveur, que moi » (Ésaïe 45:5-6, 18, 21).

Si Dieu avait parlé au nom de trois Personnes, Il aurait dit « nous » au lieu de « moi ». « Il n’y a point d’autre Dieu que moi » ne peut signifier qu’une chose : Dieu est unique et la seule Personne divine. On voit encore ici que Dieu insiste avec beaucoup de persistance sur Son unicité et Son pouvoir de Se réclamer seul Dieu. Comment aurait-Il pu être plus clair ? Dieu l’a déclaré à Ésaïe et aux autres prophètes en prévision des doctrines mensongères qui allaient plus tard se répandre dans presque tout le christianisme, dont la principale est sans contredit la « trinité », faux concept destiné à déformer la nature de Dieu, Ses caractéristiques et surtout Son éventail de manifestations.

À la lecture de ces passages de la Bible, on ne pourra reprocher à Dieu de ne pas avoir suffisamment appuyé sur Son unicité. Tous les prophètes disent la même chose, ainsi que les apôtres après eux. De plus, Jésus-Christ l’a déclaré sans mystère, car Il est ce même Dieu manifesté dans la chair. « Et sans contredit, le mystère de la piété est grand, savoir, que Dieu a été manifesté en chair, justifié en Esprit, vu des Anges, prêché aux Gentils, cru au monde, et élevé dans la gloire » (1 Timothée 3:16).

Ce passage de la première épître de Paul à son fidèle assistant est une plaie vive et mortelle infligée à la doctrine de la trinité et à la doctrine des Témoins de Jéhovah qui ne croient pas que Jésus soit Dieu. Pourtant, c’est une traduction fidèle des Textes Reçus originaux. Mais dans leur parodie d’Écritures, voici ce que les Témoins de Jéhovah (TdJ) ont écrit : « Oui, il faut l’avouer, il est grand, le saint secret de cette piété : “Il a été manifesté dans la chair, a été déclaré juste dans l’esprit, est apparu aux anges, a été prêché parmi les nations, a été cru dans [le] monde, a été enlevé dans la gloire. »

Vous aurez remarqué que plusieurs changements viennent altérer la bonne compréhension du passage. En le lisant, qui pourrait dire que Dieu est venu en chair sur terre sous le nom de Jésus-Christ ? La bible catholique de Jérusalem et la version Louis Segond ont pratiquement le même phrasé flou avec le pronom « il » ou le démonstratif « celui », tous deux impersonnels, pour remplacer « Dieu », car il apparait trop évident aux yeux des catholiques et des TdJ que Dieu et Jésus-Christ sont une seule et même Personne, Jésus-Christ étant Dieu Lui-même ayant revêtu une chair humaine.

Dans Ésaïe 46:9, il est écrit : « Souvenez-vous des premières choses qui ont été autrefois : car c’est moi qui suis le Dieu Fort, et il n’y a point d’autre Dieu, et il n’y a rien qui soit semblable à moi. » En plus de répéter encore une fois qu’Il est le seul vrai Dieu, l’Éternel affirme ici qu’il n’y a rien ni personne qui soit semblable à Lui. Il n’y a donc point de deuxième ou de troisième Personne qui Lui soit semblables. Or, dans une soi-disant « trinité », les trois Personnes devraient être semblables les unes aux autres, n’est-ce pas ? Mais nous ne le dirons jamais assez : Dieu est le seul Être divin.

Ainsi, Dieu S’est manifesté en chair parce qu’Il avait annoncé par Ésaïe : « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe ; voici, une Vierge sera enceinte, et elle enfantera un fils, et appellera son Nom EMMANUEL » (Ésaïe 7:14). Nous voyons l’accomplissement de cette prophétie dans le premier chapitre de l’Évangile selon Matthieu, ainsi que la signification du nom « d’Emmanuel » : « Or tout ceci est arrivé afin que fût accompli ce dont le Seigneur avait parlé par le Prophète, en disant : Voici, la Vierge sera enceinte, et elle enfantera un fils ; et on appellera son nom Emmanuel, ce qui signifie, DIEU AVEC NOUS » (Matthieu 1:22-23). Dieu manifesté en chair pour être avec les hommes ! Dieu ne pouvait Se présenter devant les hommes dans toute Sa gloire, et c’est ce dont Il a informé Moïse quand celui-ci a demandé à voir Sa gloire : « Puis il dit : Tu ne pourras pas voir ma face ; car nul homme ne peut me voir, et vivre » (Exode 33:20). Dieu a donc planifié de Se faire un corps humain qu’Il allait revêtir pour visiter Ses créatures et accomplir la partie cruciale de Son Plan de Salut.

Il a ainsi accompli les prophéties qu’Il annonçait : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et délivré son peuple » (Luc 1:68). L’Éternel Dieu de l’Ancien Testament, le seul et unique Être divin, vint sur terre dans la chair pour délivrer Ses Élus de leurs péchés. Manifestement, Zacharie, père de Jean-Baptiste, en proclamant cette louange, n’avait en tête qu’une seule et unique Personne divine. Il comprenait que son fils était le prophète du Très-Haut, né pour annoncer la venue du Dieu Sauveur.

À la fin du monde, qui va venir régner sur terre en installant le Royaume des cieux ? « En vérité je vous dis, qu’il y a quelques-uns de ceux qui sont ici présents, qui ne mourront point, jusqu’à ce qu’ils aient vu le Fils de l’homme venir en son règne » (Matthieu 16:28). Il est évident pour toute la chrétienté que c’est Jésus-Christ qui va régner sur terre dans le Royaume. Mais voyez un détail additionnel qui apparaît dans le passage parallèle de Luc 9:27 : « Et je vous dis, en vérité, qu’entre ceux qui sont ici présents, il y en a qui ne mourront point jusqu’à ce qu’ils aient vu le règne de Dieu. » Ici, Jésus parle du règne de Dieu. Croyez-vous qu’il y ait contradiction ? Si oui, il est probable que vous ne compreniez pas pourquoi Dieu a fait écrire quatre évangiles par quatre hommes différents.

Précisons avant tout que ce ne sont pas les Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean, mais l’Évangile de Dieu directement inspiré au moyen de Son Esprit Saint. Ce que nous aurions tendance à considérer comme des contradictions, telle que la différence que nous voyons dans les deux passages précités, sont en fait des précisions volontairement inscrites par Dieu dans un but de clarification de la saine doctrine divine. Dans ce cas-ci, nous voyons que le règne de Jésus-Christ est le règne de Dieu, ce qui conforte encore l’affirmation biblique que Dieu n’est qu’une seule Personne, Dieu et le Fils de l’homme étant un. C’est ce que l’apôtre Paul a savamment expliqué à sa manière aux membres de l’Église de Philippes :

« Qu’il y ait donc en vous un même sentiment qui a été en Jésus-Christ. Lequel étant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une usurpation d’être égal à Dieu. Cependant il s’est anéanti lui-même, ayant pris la forme de serviteur, fait à la ressemblance des hommes ; et étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, et a été obéissant jusques à la mort, à la mort même de la croix » (Philippiens 2:5-8).

Paul décrit ce que Dieu a planifié avant les âges, avant même la fondation du monde, c’est-à-dire, racheter les hommes de leurs péchés en venant sur terre répandre Son âme à la mort, comme l’a prophétisé Ésaïe : « C’est pourquoi je lui donnerai son partage parmi les grands, et il partagera le butin avec les puissants, parce qu’il aura épandu son âme à la mort, qu’il aura été mis au rang des transgresseurs, et que lui-même aura porté les péchés de plusieurs, et aura intercédé pour les transgresseurs » (Ésaïe 53:12).

Pour effectuer cela, Dieu S’est fabriqué un corps de chair et de sang dans lequel Il est venu côtoyer les hommes faits à Son image. Et ce corps fut Sa propre image physique, et de ce fait, visible, car Dieu, dans Sa nature spirituelle, est conséquemment invisible : « lequel [Jésus-Christ] est l’image de Dieu invisible, le premier-né de toutes les créatures » (Colossiens 1:15), car Christ/homme a vu Son corps ressuscité et monter au ciel en tant que Premier-né de Dieu le Père. Donc, Jésus/homme fut le prolongement physique et visible de Dieu devenu ainsi Père. Le Père et le Fils sont toutefois animés d’un seul et unique Esprit puisque le Fils procède directement du Père. Un seul Esprit pour les deux manifestations de Dieu.

Dans ses salutations aux Églises, Paul mentionne souvent le Père et Son prolongement, Jésus-Christ/homme. Ainsi, ce qui semble aux yeux des hommes charnels deux Êtres distincts, sont en réalité deux aspects distincts du même Être divin unique : le Père dans Sa dimension spirituelle et le Fils, c’est-à-dire, le Père dans Sa dimension physique, Son image visible.

Reprenons Colossiens 1:15 en allant jusqu’au verset 17 : « Lequel est l’image de Dieu invisible, le premier-né de toutes les créatures. Car par lui ont été créées toutes les choses qui sont aux Cieux et en la terre, les visibles et les invisibles, soit les Trônes, ou les Dominations, ou les Principautés, ou les Puissances, toutes choses ont été créées par lui, et pour lui. Et il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent par lui. »

Ce passage contient une foule d’informations prouvant que Jésus n’est pas une deuxième Personne distincte dans une trinité de Dieux, mais bien l’unique Dieu Lui-même. Après avoir établi qu’Il est l’image visible du Dieu invisible, remarquez ensuite que ce Jésus-Christ est le Créateur de toutes choses. Or, nous avons vu que Dieu dit, dans de nombreux passages de l’Ancien Testament, qu’Il est le Créateur de toutes choses. Si le Père et le Fils étaient deux Personnes distinctes, il y en a une des deux qui mentirait en Se disant le Créateur de toutes choses. De plus, si Christ est avant toutes choses, comment pourrait-Il être aussi avant le Père ?

En comprenant correctement ce passage, la conclusion saute aux yeux : le Père et le Fils sont la même Personne divine Se manifestant sous deux aspects différents.

Paul l’exprima avec constance et certains des passages qu’il a écrits s’avèrent gênants pour les traducteurs des fausses versions bibliques. Lisons le passage suivant qui a été fidèlement traduit par David Martin des Textes Reçus : « Or lui-même Jésus-Christ, notre Seigneur, et notre Dieu et Père, qui nous a aimés, et qui nous a donné une consolation éternelle, et une bonne espérance par sa grâce, veuille consoler vos cœurs, et vous affermir en toute bonne parole, et en toute bonne œuvre  » (2 Thessaloniciens 2:16-17).

Dans ces versets, Paul mentionne Jésus-Christ et Le qualifie de Dieu et Père. Il utilise ses verbes au singulier pour bien signifier qu’il parle d’une seule Personne. Les verbes sont-ils réellement conjugués au singulier dans le Texte Reçu original ou s’agit-il d’une erreur ? Dans la Version King James Autorisée, les verbes sont également au singulier et nous savons que cette version est tirée aussi des Textes Reçus. Mais dans les autres versions, comme la Jérusalem catholique et la Louis Segond, qui ne s’inspirent pas du Texte Reçu, mais des manuscrits alexandrins gnostiques, les verbes sont au pluriel.

Version de Jérusalem : « Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, ainsi que Dieu notre Père, qui nous a aimés, et nous a donné, par grâce, consolation éternelle et heureuse espérance, consolent vos cœurs et les affermissent en toute bonne œuvre et parole. »  Le Fils et le Père sont présentés comme deux Personnes distinctes ; puis, « a aimés » et « a donné » sont des actions uniquement attribuées au Père ; mais ensuite, les verbes pluriels « consolent » et « affermissent » sont appliqués au Fils et au Père comme étant deux Personnes. Et aucune explication n’est offerte pouvant justifier ce changement.

Quant à la version Louis Segond avec commentaires Scofield, les versets se lisent comme suit : « Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, et Dieu notre Père, qui nous a aimés et qui nous a donné par sa grâce une consolation éternelle, et une bonne espérance, consolent vos cœurs et vous affermissent en toute bonne œuvre et en toute bonne parole. » La même façon de traduire a été suivie afin d’éviter que le lecteur comprenne l’unicité de la Personne divine. Mais une note de marge a été ajoutée et voici ce qu’elle dit : « litt. console… et affermisse ; cp 1 Th. 3:11 »

Par cette note, les traducteurs de la Louis Segond confirment que le Texte Reçu est authentique et ils reconnaissent leur forfait ! Ils savent que le texte original met les verbes au singulier et atteste ainsi que Jésus est le Père, mais ils ne purent tolérer cette contradiction envers leur fausse doctrine de la trinité.

Étudions également 1 Thessaloniciens 3:11 auquel ils se réfèrent. Dans la Bible David Martin, il est écrit : « Or notre Dieu et notre Père, et notre Seigneur Jésus-Christ, veuille nous ouvrir le chemin pour nous rendre auprès de vous. » Il est net dans l’esprit de Paul que Dieu, le Père et le Seigneur Jésus-Christ sont trois manifestations d’une seule et même Personne, car sinon, l’on devrait croire que Dieu et le Père sont deux Personnes différentes, ce qui est absurde. Et si l’on rajoute le Saint-Esprit en tant qu’Individu divin séparé, nous nous retrouvons avec une « quadrité » et non plus avec une trinité.

Évidemment, ce verset est encore trafiqué dans la version de Jérusalem catholique : « Que Dieu lui-même, notre Père, et notre Seigneur Jésus aplanissent notre chemin jusqu’à vous. » Et toujours pas de note explicative pour rendre compte de ce changement subtil mais important. Dans la Louis Segond : « Que Dieu lui-même, notre Père, et notre Seigneur Jésus, aplanissent notre route pour que nous allions vers vous ! » Même fraude, mais avec une note marginale qui se lit comme suit : « **Dans le grec, le verbe est au singulier, ce qui implique l’unité entre le Père et le Fils ; voir 2 Th. 2:17. » Cette note sibylline avoue que le texte grec original met le verbe au singulier, mais ne donne aucune raison de l’avoir traduit au pluriel en français. Donc, « impliquer l’unité » ou l’unicité, « entre le Père et le Fils » serait une mauvaise chose puisque cela ébranlerait sérieusement le concept de la trinité. C’est tout ce que l’on peut conclure de cette note. La forfaiture est commise sans explication parce que sa raison est inavouable sans se faire accuser d’ajouter ou de soustraire aux Écritures. Les versions bibliques frauduleuses sont des ouvrages honteux de falsification de la Parole de Dieu.

Voici maintenant l’exemple le plus célèbre – et vous êtes sans doute déjà au courant. Il se trouve dans la première épître de Jean, chapitre 5, aux versets 7 et 8 : « Car il y en a trois dans le Ciel qui rendent témoignage, le Père, la Parole, et le Saint-Esprit ; et ces trois-là ne sont qu’un. Il y en a aussi trois qui rendent témoignage sur la terre, savoir l’Esprit, l’eau, et le Sang ; et ces trois-là se rapportent à un. »

Pour les adeptes de la trinité, ce passage est sans doute un des plus problématiques de la Bible originale. Il en est de même pour les Témoins de Jéhovah (TdJ), mais pour une raison différente. Le verset 7 dit carrément que le Père, la Parole et le Saint-Esprit sont trois aspects, trois caractéristiques de la même Personne divine. Si cela signifiait qu’il y a trois Personnes en Dieu, pourquoi alors les auteurs des versions corrompues l’ont-ils enlevé ? Il n’y aurait pas de raison. Ce passage prouve que Dieu est une Personne unique et, de plus, il montre sans l’ombre d’un doute que la Parole, Jésus-Christ, est Dieu, ce que ne digèrent pas les TdJ qui disent que Jésus n’est pas Dieu, mais « un dieu ».

Commençons notre examen de ces versets en citant la Traduction du monde nouveau des TdJ : « 7 Car il y en a trois qui rendent témoignage : 8 l’Esprit, et l’eau, et le sang, et les trois sont d’accord. » Voici maintenant la version catholique de Jérusalem : « 7 Il y en a ainsi trois à témoigner : 8 l’Esprit, l’eau, le sang, et ces trois-là sont d’accord. » Enfin, la version Louis-Segond : « 7 Car il y en a trois qui rendent témoignage : 8 l’Esprit, l’eau, et le sang, et les trois sont d’accord. »

Comme vous pouvez le constater, en vérité, on est loin des textes originaux. Tout lecteur sérieux et le moindrement attentif peut s’apercevoir que quelque chose ne va pas dans ces versets ridiculement courts, comparativement aux autres versets de la Bible. Le verset 7 est indubitablement absent parce que, en réalité, on a tronqué le verset 8 en mettant sa première partie en remplacement du verset 7 authentique. C’est en lisant le vrai passage complet qu’on se rend compte de la fraude monumentale. L’affaire est d’ailleurs si gênante que la bible de Jérusalem a ressenti le besoin d’offrir un semblant d’explication en bas de page, et qui se lit comme suit :

« Le texte des vv. 7-8 est surchargé dans la Vulg. par une incise (ci-dessous entre parenthèses) absente des manuscrits grecs anciens, des vieilles versions et des meilleurs manuscrits de la Vulg., et qui semble une glose marginale introduite plus tard dans le texte : “Car il y en a trois qui témoignent (dans le ciel : le Père, le Verbe et l’Esprit Saint, et ces trois sont un ; et il y en a trois qui témoignent sur terre) : l’Esprit, l’eau et le sang, et ces trois sont un.” »

Une incise est une proposition générique courte insérée dans une autre. Mais repassons ce petit chef-d’œuvre de falsification des Écritures. Qu’est-ce qui leur permet d’avancer que le texte est « surchargé par une incise … absente des manuscrits grecs anciens, des vieilles versions et des meilleurs manuscrits de la Vulgate » ? De quels manuscrits grecs anciens parle-t-on ? Et quels sont les meilleurs manuscrits de la Vulgate ? Et si cette « incise » est véritablement absente des manuscrits grecs authentiques de la Parole de Dieu, pourquoi ressentir le besoin d’en parler ici ? Si l’incise est une fraude, pourquoi en rendre compte dans une note ?

Tout d’abord, cette « incise » n’en est pas une ; ce passage fait partie intégrante de la Parole de Dieu (plus de 5 000 documents originaux conservés au fil des siècles). Mais elle n’apparaît pas dans les « manuscrits grecs anciens » dont parle la bible de Jérusalem, car il s’agit des quelques manuscrits alexandrins gnostiques corrompus découverts récemment (moins d’une dizaine de documents frauduleux) que l’on veut faire passer pour authentiques parce qu’ils sont plus vieux que les manuscrits du Texte Reçu. Mais en quoi leur ancienneté leur confère-t-elle plus de crédibilité ? Ces manuscrits ne se sont pas détériorés parce que les chrétiens de l’Église de Christ ne les consultaient pas. Et ils ne les consultaient pas parce qu’ils les savaient peu fiables, faussés, en provenance d’Alexandrie, fabriqués par des copistes juifs trempant dans des croyances gnostiques païennes. Donc, n’étant pas utilisés, ces manuscrits se conservèrent plus longtemps que les manuscrits authentiques fiables de la Parole de Dieu que les chrétiens utilisaient régulièrement et recopiaient périodiquement après usure.

Par conséquent, plus de 5 000 manuscrits rendent correctement le texte de la Bible et ce passage particulier de l’épître de Jean, tandis que les manuscrits frauduleux l’omettent et/ou le trafiquent. C’est de la logique la plus élémentaire, mais les loups ravisseurs qui occupent les hauts postes de la hiérarchie ecclésiastique de la chrétienté se garderont bien de vous le dévoiler.

Terminons ce chapitre par deux passages se trouvant à la toute fin des Écritures et où un phénomène semblable se produit encore.

« Et je ne vis point de Temple en elle ; parce que le Seigneur Dieu Tout-puissant et l’Agneau en est le Temple » (Apocalypse 21:22).

Le verbe « être » est à la troisième personne du singulier, ce qui démontre bien que Dieu le Père et l’Agneau est la même Personne. La bible de Jérusalem a préféré contourner le problème en reformulant le verset : « De temple, je n’en vis point en elle ; c’est que le Seigneur, le Dieu Maître-de-tout, est son temple, ainsi que l’Agneau. » Vous remarquerez que l’on a gardé le verbe au singulier, mais ce faisant, on a pris soin de déplacer l’Agneau après le verbe et ainsi on ne peut attribuer le verbe qu’au Père. La version Louis Segond a suivi le même modèle, étant inspirée des mêmes manuscrits. Idem pour la traduction des Témoins de Jéhovah.

Chose intéressante, on peut constater que les copistes des manuscrits alexandrins frauduleux – et par extensions les traducteurs desdits manuscrits – ont commis des « erreurs » en négligeant de modifier certains passages dont celui-ci que nous voyons dans Apocalypse 22:3-4. Lisons d’abord la Bible David Martin :

« Et toute chose maudite ne sera plus, mais le trône de Dieu et de l’Agneau sera en elle, et ses serviteurs le serviront ; et ils verront sa face, et son Nom sera sur leurs fronts. »

Après avoir spécifié Dieu et l’Agneau, les articles sont au singulier. Cela s’harmonise avec toutes les Écritures et il est impossible d’y voir une trinité. Ce qui est toutefois étonnant, c’est que la version Louis Segond respecte les manuscrits originaux sans trop les déformer : « Il n’y aura plus d’anathème. Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville ; ses serviteurs le serviront et verront sa face, et son nom sera sur leur front. » Il est ainsi confirmé que Dieu et l’Agneau est une même Personne.

On ne s’étonnera pas non plus de voir que les TdJ respectent le singulier des articles, car ils ne croient pas à la trinité. Mais ils ont néanmoins laissé le fait que l’Agneau est Dieu. Leur traduction demeure quand même infidèle aux manuscrits authentiques : « Et il n’y aura plus aucune malédiction. Mais le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans [la ville], et ses esclaves le serviront par un service sacré ; et ils verront sa face, et son nom sera sur leur front. » Qu’il nous soit permis de vous contredire, Témoins, mais les serviteurs de Dieu ne seront pas des « esclaves ». Veuillez aussi remarquer que « par un service sacré » a été rajouté.

Par contre, les traducteurs de la bible de Jérusalem ont été moins « négligents » dans leur œuvre de falsification et ont osé camoufler l’unicité de Dieu : « De malédiction, il n’y en aura plus ; le trône de Dieu et de l’Agneau sera dressé dans la ville, et les serviteurs de Dieu l’adoreront ; ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. »  Le simple fait d’avoir ajouté « de Dieu » après « les serviteurs » empêche le lecteur de percevoir l’unicité de Dieu. Ainsi, le sous-entendu d’une trinité est implicitement suggéré.

Les traducteurs de la bible des TdJ et ceux de la bible de Jérusalem ne tiennent nullement compte du sérieux avertissement que donne le Seigneur aux versets 18 et 19 du même chapitre : « Or je proteste à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce Livre, que si quelqu’un ajoute à ces choses, Dieu fera tomber sur lui les plaies écrites dans ce Livre. Et si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du Livre de cette prophétie, Dieu lui enlèvera la part qu’il a dans le Livre de vie, dans la sainte Cité, et dans les choses qui sont écrites dans ce Livre. »

En lisant ces sévères mises en garde, comment les copistes et les traducteurs des multiples versions bibliques corrompues ont-ils pu ne pas trembler devant la perspective de la punition que leur vaudra leurs mauvaises actions ? Que leur venait-il à l’esprit en lisant ces lignes divinement menaçantes ? Dieu ne pouvait-Il pas être assez clair pour qu’ils se mêlent de « l’aider » à formuler Sa doctrine ? Ils verront un jour ce qui les attend…

Dans le prochain chapitre, nous étudierons des passages qui font plus spécifiquement la lumière sur le statut et la nature de notre Seigneur Jésus-Christ.

Donc, à suivre…




D.578 – Un Dieu unique ou une trinité – Introduction

Par Roch Richer

Introduction

Tout au long de son histoire, l’homme s’est posé cette question : Qui est Dieu ? Ou de manière plus vague, peut-être : Qu’est-ce que Dieu ? Un grand nombre de philosophes de toutes les civilisations et de toutes les cultures ont tenté de répondre à cette question. Des sages et des hommes religieux ont lancé toutes sortes d’idées et formé un nombre incroyable de religions. Mais comparativement bien peu d’entre eux ont vraiment consulté la Personne concernée, c’est-à-dire, Dieu Lui-même afin d’avoir une réponse sans équivoque. Or, depuis Moïse, il y a des Écritures qui révèlent le vrai Dieu. Celui-ci les a inspirées à des hommes qui devinrent Ses prophètes et Ses messagers sur terre.

« Dieu ayant anciennement parlé à nos pères par les Prophètes, à plusieurs fois, et en plusieurs manières, nous a parlé en ces derniers jours par son Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses » (Hébreux 1:1-3). Donc, si nous voulons savoir qui est Dieu, il est des plus judicieux de s’en remettre aux prophètes, aux apôtres et surtout à Jésus-Christ qui est l’empreinte de la Personne de Dieu (v. 3). Autrement dit, c’est en s’armant de la Sainte Bible que nous pouvons répondre à cette question. Dieu ne S’est révélé nulle part ailleurs. Et si beaucoup de livres et de textes divers ont été rédigés à propos de la Divinité, seuls ceux qui se rapportent fidèlement à la Parole de Dieu ont de la valeur. Tous les autres ne sont que de la propagande imaginative destinée à tromper. Car beaucoup d’écrivains religieux ne possédaient pas, et ne possèdent pas aujourd’hui, le Saint-Esprit de Dieu pour les guider dans la vérité, et ils se laissent, consciemment ou non, influencer par les idées tordues de Satan, le Diable, qui trouve intéressant de fausser la nature de Dieu, de l’amoindrir et même de la cacher aux yeux des hommes.

Au fil des siècles, un invraisemblable éventail de propagande a été répandu dans les diverses organisations religieuses et a teinté les cultures humaines en poussant les hommes à rendre culte à toute une panoplie de faux dieux qui n’ont jamais existé que dans l’imagination fertile des hommes.

Malheureusement, les églises qui se disent aujourd’hui chrétiennes ne font pas exception, loin de là, et elles ont bientôt cédé aux pressions de loups ravisseurs infiltrés qui ont changé la saine doctrine de Dieu pour la remplacer par de fausses doctrines empruntées au paganisme.

S’érigeant en autorités suprêmes de l’Église, ces ministres de Satan ont dénaturé la Parole de Dieu et ont obligé par l’intimidation les membres de leurs congrégations à croire aveuglément à leurs dogmes frauduleux et à leur doxa mensongère rédigés dans un langage alambiqué dont le but est de cacher leur vide de sens.

Car l’œil vraiment attentif finit par apercevoir que leurs différentes doctrines ne forment pas un tout parfaitement homogène, comme peut l’être la saine doctrine de l’Évangile de Christ, mais plutôt un ramassis hétéroclite d’éléments qui ne se soutiennent pas les uns les autres et qui souvent se contrecarrent tout en contredisant le Discours divin coordonné à la perfection.

Nous faisons face à l’affrontement entre, d’une part, la pensée humaine de ceux qui se sont haussés au niveau « d’autorités théologiques » grâce au soutien de nombreux suppôts de Satan et, d’autre part, la pensée divine écrite qui inspire des hommes ayant préalablement reçu le Saint-Esprit de Dieu afin de comprendre la signification spirituelle exacte de Saintes Écritures qui échappent complètement à l’entendement des hommes charnels précités.

Les campagnes de propagande mensongère auxquelles nous assistons sans notre consentement et que nous voyons étalées dans les médias et le monde politique d’aujourd’hui ne datent pas d’hier et ne sont que la continuité de ce qui s’exerce depuis bien longtemps dans les cercles du monde religieux. Dès les tout débuts de l’Église primitive, l’Adversaire, le Diable, le lion rugissant cherchant à dévorer, s’est mis à tourner autour des congrégations fondées par Christ et Ses apôtres. L’Église lui apparut comme un ennemi potentiel implacable. Satan s’est rapidement mis en branle et a lancé l’attaque sur deux fronts : 1) la hiérarchie de l’Église et 2) la Parole écrite de Dieu.

Inspiré de Dieu, l’apôtre Paul prophétisa cette attaque, car il écrivit : « Car tels faux Apôtres sont des ouvriers trompeurs, qui se déguisent en Apôtres de Christ. Et cela n’est pas étonnant : car Satan lui-même se déguise en Ange de lumière. Ce n’est donc pas un grand sujet d’étonnement si ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice ; mais leur fin sera conforme à leurs œuvres » (2 Corinthiens 11:13-15).

Une fois infiltrés dans le clergé, qu’allaient faire ces hommes malveillants ? « Or l’Esprit dit expressément qu’aux derniers temps quelques-uns se révolteront de la foi, s’adonnant aux Esprits séducteurs, et aux doctrines des Démons ; enseignant des mensonges par hypocrisie, et ayant une conscience cautérisée » (1 Timothée 4:1-2).

Assurément, le Saint-Esprit avait prévenu Paul de ce qui allait arriver dans les siècles subséquents, et Paul prit soin d’en avertir les frères : « Car je sais qu’après mon départ il entrera parmi vous des loups très dangereux, qui n’épargneront point le troupeau. Et qu’il se lèvera d’entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des doctrines corrompues dans la vue d’attirer des disciples après eux » (Actes 20:29-30).

Réfléchissons un instant à ces paroles. D’après Paul, et sous l’inspiration directe du Seigneur, au sein même des congrégations qu’il avait fondées, il allait se lever des pasteurs mal intentionnés, mais fort probablement charismatiques, se présentant en hommes de Dieu pieux et savants dans les Écritures, et qui prendraient en charge la direction du troupeau. Cette prise en main a bel et bien eu lieu au fil des siècles suivants, alors que des hommes avides de prestige et de pouvoir s’emparèrent des commandes de l’Église et en chassèrent peu à peu les véritables enfants de Dieu. Ils cherchèrent à donner de l’expansion à cette nouvelle mouture de l’Église (qui n’était déjà plus l’Église) et ordonnèrent des conciles afin d’établir la stratégie permettant d’attirer des disciples après eux. Ces hommes sans scrupules et surtout sans l’Esprit-Saint pour les conduire ne se soucièrent pas de l’Évangile de Christ et introduisirent des doctrines corrompues, tirées du paganisme que la plupart d’entre eux n’avaient jamais délaissé.

Or, une de ces doctrines païennes concernait la nature de la Divinité. Il fallait tenter d’introduire la vision païenne, fort ancienne et acceptée des civilisations précédentes, d’une trinité divine, et l’adapter aux enseignements de la Sainte Bible chrétienne. Ainsi, les nouveaux convertis au « christianisme » ne seraient pas dépaysés, retrouvant presqu’intact leur culte à leurs vieilles idoles. Ainsi, les renégats à la tête de ce christianisme altéré pourraient continuer à adorer leurs faux dieux sans éveiller les soupçons.

Drapés de leur manteau d’autorité intouchable, ces nouveaux théologiens, les « pères de l’église », statuèrent que Dieu est formé d’un trio de Personnes divines – Père, Fils et Saint-Esprit – et nommèrent cela la « Trinité ». Depuis lors, la vaste majorité des croyants ont adopté ce dogme qu’ils n’arrivent pas à comprendre et encore moins à expliquer et tous ceux qui s’opposaient furent qualifiés d’hérétiques (nous dirions aujourd’hui « complotistes ») et un grand nombre furent brûlés au bûcher ou torturés par toutes sortes de procédés. Les méthodes de coercition de l’homme ont peut-être changé au fil des siècles, en se raffinant dans l’horreur, mais les buts visés par la haute hiérarchie n’ont pas changé, et nous voyons encore aujourd’hui l’application de diverses méthodes imposant une multitude de mensonges à faire avaler au peuple. Depuis des milliers d’années, le modus operandi inspiré par Satan opère dans le cœur des hommes mauvais assoiffés de puissance et incapables de se plier aux vraies doctrines de Dieu.

Aujourd’hui plus que jamais, les églises sont infestées de loups ravisseurs qui induisent les membres en erreur et les rendent incapables de discerner la vérité biblique. Même des vrais pasteurs de Dieu s’y sont laissés prendre et enseignent sincèrement une théologie bancale. Oh, ils citent de vrais versets de la Bible, mais ils ne se servent pas de toute la Parole de Dieu pour couvrir un sujet. Ils délaissent une grande partie de la Bible, car il y a des passages qui contredisent leurs enseignements et leurs professeurs de théologie ne leur ont pas appris à faire appel à tout le Conseil de Dieu, c’est-à-dire, la Bible au complet. Les « pères de l’église », qui ont succédé aux apôtres et aux premiers chrétiens, ont agi de manière contraire au procédé scripturale enseigné par Dieu pour étudier Sa Parole. Alors que notre Seigneur et Ses apôtres nous ont montré qu’il nous faut adapter notre compréhension à ce que disent les Écritures, ces premiers loups ravisseurs ont tenté d’adapter les Écritures à leur vision personnelle païenne préconçue et inspirée du diable.

Ce qui nous amène au second front de l’attaque de Satan contre l’Église : la falsification des Écritures. Car celles-ci étant rédigées avec un raffinement et une précision tels qu’il est impossible de les utiliser pour soutenir une fausse doctrine, il a fallu au diable qu’il rédige sa propre version des Écritures. La Parole de Dieu étant sous la protection divine, Satan ne pouvait y toucher. Il ne suffisait pas aux faux docteurs d’ignorer les versets gênants et de les biffer de leur théologie, ils croyaient devoir se forger leurs propres « manuscrits anciens » en y apportant toutes les modifications nécessaires afin de cacher la vérité et d’étayer leurs doctrines corrompues.

Satan ne peut détruire la vérité, car Dieu est la Vérité ; et il ne peut toucher à la Parole de Dieu, car la Parole est Dieu. Cependant, il a pu confectionner des faux manuscrits qui, en fin de compte, ne constituent pas les Écritures saintes divinement inspirées, mais ont un air juste assez crédible pour passer comme telles aux yeux des yeux non avertis. Ils empêchent ainsi les croyants d’avoir accès à la vérité. Donc, les versions bibliques corrompues se sont multipliées, surtout depuis le dernier siècle, et elles inondent le marché religieux. Pendant ce temps, la vraie Parole de Dieu dans une version intègre est beaucoup plus difficile à trouver.

La nature véritable de Dieu est un des éléments les plus importants de la saine doctrine et les chrétiens ont grand intérêt à la bien comprendre afin de savoir Qui est leur Créateur et Qui est leur Sauveur. Lorsque Dieu dit qu’Il est le seul et unique Dieu, Il entend exactement ce qu’Il dit.

Pour dissimuler le fait que Dieu est une seule et unique Personne S’étant manifesté de plusieurs façons, les faux docteurs ont manipulé les Écritures, enlevant des versets, et même des passages complets, en remplaçant des mots par d’autres qui, bien que semblables, changent le sens d’un verset, en ôtant d’autres mots et en reformulant des versets pour qu’ils aillent dans le sens de leurs idées préconçues. Tout cela sous le prétexte fallacieux de « moderniser » la Sainte Bible.

Vous vous demandez sans doute pourquoi des « théologiens » auraient fait une chose pareille. Pourquoi tromper les croyants ? De plus, si c’était vrai, ne l’aurait-on pas compris dès le départ ? N’est-ce pas prendre la masse des croyants pour des naïfs ? Pour répondre à ces questions, rappelons d’abord ce qu’a dit Paul à leur sujet : « Car tels faux apôtres… » commence-t-il par dire dans 2 Corinthiens 11:13 ; mais de qui parle-t-il ? Voyons au verset 4 : « Car si quelqu’un venait qui vous prêchât un autre Jésus que nous n’avons prêché ; ou si vous receviez un autre Esprit [celui de Satan] que celui que vous avez reçu [le Saint-Esprit], ou un autre Evangile [celui inscrit dans les manuscrits frauduleux] que celui que vous avez reçu, feriez-vous bien de l’endurer ? » Donc, ces faux apôtres, s’étant emparés des postes ecclésiastiques élevés de l’Église, « sont des ouvriers trompeurs, qui se déguisent en apôtres de Christ » ; ils se font passer pour des hommes de Dieu ayant autorité sur les croyances dogmatiques, « et cela n’est pas étonnant ; car Satan lui-même [leur vrai maître] se déguise en ange de lumière. Ce n’est donc point un grand sujet d’étonnement si ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice » en portant toutes sortes de titres religieux plus ronflants les uns que les autres, mais n’ayez crainte et soyez patients, car Dieu agira à leur égard et « leur fin sera conforme à leurs œuvres. »

Ces faux ministres ont donc pour père et maître le Diable, car celui-ci leur a promis mers et monde s’ils lui obéissaient dans son plan de démolition. Il les a infiltrés dans les congrégations originelles de l’Église dans le but qu’ils forment une « cinquième colonne » au sein même du christianisme et ces églises ont rapidement cessé d’être des Églises de Dieu pour devenir des églises mondaines paganisées.

Mais les vérités divines des Saintes Écritures n’ont jamais disparu, conservées qu’elles furent par la main protectrice de Dieu, leur Auteur, qui les a préservées soigneusement pour tous Ses enfants tout au long des siècles. Nous allons jeter un regard objectif sur un maximum de passages bibliques qui évoquent de près ou de loin la nature de Dieu en tant que Père, Parole et Saint-Esprit.